Scandale électoral en Guinée : 14,5 milliards envolés, les entrepôts jamais construits

En déplacement à N’zérékoré, le ministre de l’Administration du Territoire a levé le voile sur un vaste dossier de détournement de fonds CENI lié à la construction d’entrepôts électoraux jamais réalisés depuis 2010.

 

À N’zérékoré, à l’occasion de l’inauguration d’un nouvel entrepôt de stockage de matériels électoraux, le ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, Ibrahima Khalil Condé, a mis en lumière un vaste dossier de détournement de fonds CENI portant sur un montant de 14,5 milliards de francs guinéens par région.

Le ministre a indiqué que des enveloppes financières avaient été octroyées à l’ancienne Commission électorale nationale indépendante (CENI) dès 2010 afin de permettre l’édification de magasins de stockage dans les huit régions administratives du pays. Pourtant, plus d’une décennie plus tard, ces infrastructures prévues n’ont jamais vu le jour, laissant planer de lourds soupçons de détournement fonds CENI.

Il a également rappelé qu’en l’absence de ces entrepôts, les autorités électorales étaient contraintes de conserver le matériel électoral dans des camps militaires, une solution de fortune révélatrice du manque d’infrastructures appropriées.

Ibrahima Khalil Condé a toutefois salué la dynamique actuelle qui a permis la construction de nouveaux dépôts modernes, conçus spécifiquement pour assurer la protection et la conservation sécurisée des équipements et documents électoraux. Ces nouvelles réalisations visent à tourner définitivement la page des dysfonctionnements liés au détournement fonds CENI et à renforcer la crédibilité du processus électoral.

Accusée de détournement , la ministre Zenab Nabaya décide de saisir la justice

Alors que le parquet de Kaloum a ouvert une enquête pour faire toute la lumière sur la prétendue affaire de détournement de plus de 200 milliards de francs guinéens, la ministre de l’Enseignement technique et de la formation professionnelle, mise en cause par Guineenews, a décidé de poursuite le site d’informations.

‘’Je ne peux accepter d’être accusée et condamnée dans une campagne publique de dénigrement délibérée et assumée, déclenchée par un article paru sur un site d’informations’’, a-t-elle annoncé lundi sur sa page Facebook.

Ajoutant que ‘’j’ai donc décidé, moi-même, de saisir la justice pour réparer certes l’énorme préjudice que j’ai subi avec les miens, mais aussi pour me rétablir dans mes droits, surtout pour préserver mon honneur, celui du gouvernement auquel j’appartiens ainsi que l’image de marque de notre pays.

Se disant ‘’convaincue de son innocence’’, elle précise que son avocat Me Dinah Sampil fera les diligences nécessaires, avant de souligner qu’il ‘’revient désormais à mes détracteurs d’apporter toutes les preuves des graves accusations portées contre moi, afin d’édifier la justice et l’opinion publique’’.

La semaine dernière, après la publication de l’article l’accusant de détournement de plus de 200 milliards, la ministre de l’Enseignement technique, de la Formation professionnelle et de l’Emploi a réagi aux accusations portés à son encontre . A ses « détracteurs »,  Zenab Nabaya Dramé leur a lancé : « Prenez mon poste, mais ne touchez pas à mon honneur ! » et a laissé entendre qu’elle ne se reproche de rien.

‘’Que Dieu aide le pays et le Président à se débarrasser enfin du mal du carriérisme et des intrigues qui minent l’administration et font depuis toujours le malheur de la Guinée’’, avait-elle réagi à chaud, tout en rassurant que ‘’le moment venu, la vérité sera connue de tous et Dieu rendra justice’’.

Notons que, dans  un communiqué publié jeudi dernier, le gouvernement a dénoncé des informations diffamatoires contre la ministre de l’Enseignement technique et de la formation professionnelle.