Au lendemain de sa victoire au scrutin du 28 décembre 2025, le président élu Mamadi Doumbouya a lancé un appel solennel aux Guinéens. Il les exhorte à se rassembler pour bâtir une Guinée nouvelle, fondée sur la paix, la justice et la prospérité partagée.
Dès la proclamation des résultats, le chef de l’État a invité « toutes les filles et tous les fils de notre nation, de l’intérieur comme de la diaspora » à s’unir autour d’un objectif commun. Il a promis une Guinée souveraine, politiquement et économiquement, et tournée vers un avenir durable.
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Mamadi Doumbouya affirme tendre « la main à toutes les filles et à tous les fils du pays » afin de construire ensemble un projet national inclusif.
Cellou Dalein Diallo ouvert au dialogue, sous conditions
Cet appel n’est pas resté sans réaction. Interrogé lundi par RFI, l’ancien Premier ministre et président de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo, s’est dit favorable au dialogue. Une position constante, selon lui.
« J’ai toujours prôné le dialogue pour éviter ce qui nous est arrivé. Malheureusement, il n’a jamais été accepté. Les autorités ont plutôt réprimé toutes les voix discordantes », a-t-il déclaré.
L’opposant précise toutefois que son ouverture est conditionnelle. Il se dit prêt à discuter uniquement si le dialogue porte sur le retour effectif à l’ordre constitutionnel, la restauration des libertés publiques et le respect des droits humains.
Une élection contestée et une défiance persistante
Cellou Dalein Diallo reste cependant très critique vis-à-vis du régime en place. Selon lui, la Guinée vit sous un système où « il n’y a pas de liberté, il n’y a pas de démocratie ».
Il qualifie de « mascarade » aussi bien le référendum que l’élection présidentielle. Pour l’ancien Premier ministre, l’abstention massive observée lors du scrutin constitue un désaveu clair du pouvoir. « Les Guinéens ne se sont pas déplacés pour voter, malgré des chiffres proclamés qui n’ont rien à voir avec la réalité », affirme-t-il.
Plus sévère encore, Cellou Dalein Diallo accuse la junte militaire au pouvoir depuis le 5 septembre 2021 de vouloir « confisquer le pouvoir par la ruse et la violence ».
Entre main tendue et crise de confiance
L’appel à l’unité lancé par Mamadi Doumbouya se heurte donc à une profonde crise de confiance. Si le dialogue est évoqué par les deux camps, les conditions posées par l’opposition traduisent un fossé politique encore béant.
Dans une Guinée marquée par des années de transition et de tensions, la question centrale demeure : l’unité nationale peut-elle se construire sans consensus sur la légitimité du processus politique ?
L’avenir du pays dépendra désormais de la capacité du pouvoir à transformer les discours d’apaisement en actes concrets.




