Guinée : un appel solennel à la vérité et à la justice lancé au Président

Après la prestation de serment du Président de la République, le premier président de la Cour suprême a livré une…

Après la prestation de serment du Président de la République, le premier président de la Cour suprême a livré une adresse solennelle, appelant le Chef de l’État à placer la vérité et la justice au cœur de son mandat.

 

Dans la seconde partie de son allocution, prononcée après avoir pris acte du serment du Président de la République, le premier président de la Cour suprême a adressé une série de recommandations solennelles au nouveau locataire du palais Mohamed V.

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Prenant la parole devant les autorités constituées et le peuple de Guinée, Fodé Bangoura a d’abord insisté sur le poids exceptionnel de la responsabilité qui incombe désormais au Chef de l’État. Il l’a invité à dépasser les simples rapports administratifs, à rechercher sans relâche la vérité dans sa profondeur et à faire de la justice le socle de son action.

S’adressant au Président de la République, le magistrat a rappelé que la Constitution de 2025, socle du renouveau démocratique, ne se limite pas à conférer des attributs de pouvoir, mais impose avant tout des obligations majeures. Le Chef de l’État y est consacré comme l’incarnation même de la continuité de l’État.

Dans une Guinée marquée par sa diversité et les fractures du passé, le Président devient, selon lui, le symbole vivant de l’unité nationale. Sa personne s’efface derrière la fonction afin de garantir la permanence de l’État en toutes circonstances. Il est appelé à demeurer le garant intransigeant de l’indépendance nationale, de l’intégrité territoriale et du respect scrupuleux de la loi fondamentale.

En tant que gardien de la Constitution, le Chef de l’État doit veiller à son application rigoureuse ainsi qu’au respect des engagements internationaux de la Guinée. Il lui revient également, en qualité d’arbitre suprême, d’assurer le fonctionnement harmonieux des pouvoirs publics, afin que l’exécutif, le législatif et le judiciaire concourent pleinement au bien commun.

Abordant les prérogatives exécutives, Fodé Bangoura a rappelé que le Président de la République est investi de la mission de définir et conduire la politique de la nation. À ce titre, il détient le pouvoir réglementaire, dirige l’administration et signe ordonnances et décrets. Mais ce pouvoir implique aussi une responsabilité humaine, notamment dans le choix des hauts responsables civils et militaires appelés à servir l’État.

Chef suprême des armées, le Président détient l’autorité ultime sur les forces de défense et de sécurité, qu’il exerce notamment à travers la présidence du Conseil supérieur de la défense nationale. Il porte ainsi la lourde responsabilité de la sécurité des citoyens, dans un environnement international jugé incertain.

En cas de menaces graves contre la nation, la Constitution lui confère des pouvoirs exceptionnels de gestion de crise. Toutefois, a insisté le premier président de la Cour suprême, ces pouvoirs demeurent strictement encadrés par le droit, la force devant toujours rester au service de la légalité.

Évoquant les relations avec le Parlement bicaméral, Fodé Bangoura a souligné la nécessité d’un équilibre institutionnel. Si le Chef de l’État partage l’initiative des lois et dispose du pouvoir de dissolution de l’Assemblée nationale, il est surtout appelé à privilégier la concertation, notamment avec le Sénat, dont l’avis éclaire les nominations aux hautes fonctions.

S’agissant du pouvoir judiciaire, le magistrat a rappelé au Président son devoir de protection de l’indépendance de la justice, sans ingérence, avec l’appui du Conseil supérieur de la magistrature. Il conserve également, en ultime recours, le droit de grâce, expression de l’humanité de l’État.

Premier diplomate de la nation, le Président de la République est enfin chargé de conduire la politique étrangère, de négocier et ratifier les traités, et d’accréditer les ambassadeurs appelés à porter la voix de la Guinée à l’international.

Dans un ton empreint de gravité, Fodé Bangoura a présenté le Chef de l’État comme un bâtisseur. Une mission à la fois noble et exigeante, car gouverner revient à construire non avec des matériaux, mais avec l’espérance des peuples et l’avenir de la nation.

Il l’a exhorté à rester attentif à la souffrance des plus humbles, à refuser les illusions des rapports officiels et à poursuivre sans relâche la quête de la vérité. Garantir la justice, regarder au-delà de la gestion quotidienne et viser l’idéal de liberté et de dignité doivent, selon lui, guider l’action présidentielle.

« Si vous tenez la ligne, l’histoire retiendra que vous n’avez pas seulement exercé le pouvoir, mais que vous l’avez fondé sur des socles durables », a conclu le premier président de la Cour suprême, avant d’adresser les félicitations de l’institution judiciaire et ses vœux de plein succès au Chef de l’État.

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