Cellou Dalein Diallo accuse Doumbouya de l’avoir « exclu du fichier électoral »

À Conakry, le ton est monté d’un cran. L’ancien Premier ministre guinéen, Cellou Dalein Diallo, a choisi les colonnes de Jeune Afrique pour lâcher une bombe politique. Dans un récit amer, il raconte comment, selon lui, le général Mamadi Doumbouya, chef de la junte au pouvoir depuis septembre 2021, l’aurait délibérément écarté du fichier électoral. Une manière, accuse-t-il, de l’empêcher de briguer la présidence.

« Mamadi Doumbouya sera candidat. Et il ne veut pas m’avoir comme adversaire », tranche-t-il sans détour. L’opposant détaille même la méthode : une simple rature sur les listes électorales, mais aux conséquences immenses. « La dernière trouvaille, c’est de dire : on va le sortir du fichier », lâche-t-il, amer.

Des pressions jusque dans les ambassades

Diallo ne s’arrête pas là. Il raconte s’être présenté à l’ambassade de Guinée à Abidjan pour tenter de s’enrôler. Mais, dit-il, les instructions venues de Conakry étaient claires : « Je suis allé, j’ai essayé, mais les ordres étaient fermes. Je n’ai pas pu. » Une mise à l’écart assumée, qui selon lui illustre une volonté du régime de verrouiller le processus électoral.

Le fantôme du dossier Air Guinée

Comme si cela ne suffisait pas, l’opposant voit ressurgir une vieille affaire : le dossier Air Guinée. On l’accuse de s’être approprié une maison qui appartiendrait à l’État. Pour Diallo, il ne s’agit que d’une manœuvre politique. « Ils veulent salir mon nom et justifier mon éviction », assure-t-il.

« Le peuple se battra »

Face à ce qu’il décrit comme une dictature rampante, l’opposant appelle à la résistance populaire. « Le peuple de Guinée a trop souffert. Il va se battre pour que cette dictature ne dure pas », prévient-il.

Ces accusations, qui viennent alourdir un climat déjà électrique, marquent une nouvelle escalade. À l’approche de la présidentielle, une question hante désormais Conakry : le pouvoir répondra-t-il à ces graves allégations, ou laissera-t-il planer le doute sur la crédibilité du scrutin ?

Cellou Dalein Diallo accuse Doumbouya de préparer un “deuxième coup d’État”

L’ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo a lancé un avertissement sans équivoque au régime du général Mamadi Doumbouya. Invité sur le plateau de France 24 ce mercredi, le leader des Forces vives de Guinée a annoncé son intention de s’opposer par « tous les moyens légaux » au référendum constitutionnel prévu le 21 septembre prochain.

Diallo accuse le président de la transition de se préparer à « perpétrer un deuxième coup d’État » contre le peuple guinéen. Il justifie cette position ferme par la rupture des engagements pris par Doumbouya lors de sa prise de pouvoir il y a quatre ans.

« Dès qu’il a voulu commettre le parjure, la confiance s’est rompue », a déclaré l’ancien Premier ministre, faisant référence à la charte de la transition que le colonel Doumbouya « avait juré de respecter ». Cette charte, selon Diallo, protégeait les libertés fondamentales et engageait le leader de la junte à ne pas participer aux futures élections.

Le président de l’UFDG a également dénoncé les conditions d’organisation du scrutin. « Ce référendum est organisé par son administration, son ministre de l’Administration du territoire – un général – et ses préfets, tous militaires ». Dans ce contexte, estime-t-il, « aucune chance existe que ce vote reflète la volonté réelle du peuple ».

Face à ce qu’il qualifie de « mascarade », les Forces vives de Guinée ont opté pour le boycott. Diallo rappelle que la culture de la fraude électorale reste « fortement ancrée » dans le pays, où « on a l’habitude de proclamer des résultats sans rapport avec la vérité des urnes ».

Nul doute que cette prise de position intensifiera les tensions politiques en Guinée à l’approche du référendum. Le régime du général Doumbouya devra maintenant composer avec une opposition déterminée à contester sa légitimité — par tous les moyens que le droit lui permet.

Transition guinéenne : le CNT et les États-Unis scellent leur dialogue stratégique

Dans une Conakry marquée par l’attente et les incertitudes, le Président du Conseil National de la Transition (CNT), Dr Dansa Kourouma, a accueilli mardi après-midi Mary Daschbach, Chargée de Mission et Cheffe de Mission des États-Unis en Guinée. Une rencontre sobre mais lourde de symboles, à l’heure où le pays s’apprête à franchir un tournant décisif : le référendum constitutionnel du 21 septembre prochain.

Guinée–États-Unis : un dialogue stratégique au cœur de la transition

Sous les dorures du CNT, une poignée de main chaleureuse a scellé le début des discussions. Le diplomate américain et le président de l’organe transitoire ont exploré ensemble les enjeux d’une transition scrutée avec attention, aussi bien par les Guinéens que par la communauté internationale.

Les échanges ont abordé le contenu du projet de nouvelle Constitution, pierre angulaire du processus en cours, mais aussi la coopération bilatérale entre la Guinée et les États-Unis. Mary Daschbach a réaffirmé l’engagement de Washington à soutenir la Guinée, à la fois dans ses efforts de développement et dans la promotion des droits humains. Elle a également salué le dialogue inclusif mené avec les différentes forces vives, signe d’un cheminement vers plus de stabilité et de prospérité.

Une étape décisive pour la transition guinéenne

En réponse, Dr Dansa Kourouma a rappelé l’importance historique et stratégique des relations entre la Guinée et les États-Unis, relations construites patiemment au fil des régimes successifs. Selon lui, cette audience ne relève pas d’une simple formalité diplomatique, mais incarne un moment charnière, où la transition guinéenne se joue autant dans les débats nationaux que dans l’attention portée par les partenaires internationaux.

Entre promesses de réformes et attentes citoyennes, la Guinée s’avance vers un rendez-vous déterminant. Le CNT et ses alliés, au premier rang desquels figurent les États-Unis, portent désormais la responsabilité de guider ce processus vers un avenir de stabilité, de légitimité et de confiance retrouvée.

Guinée-Ghana : Morissanda Kouyaté présente les condoléances après le crash d’hélicoptère

Le 12 août 2025 à Conakry, le ministre guinéen des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Guinéens de l’étranger, Dr Morissanda Kouyaté, s’est rendu à l’ambassade du Ghana pour signer le livre des condoléances. Ce geste marque la compassion et la solidarité de la Guinée à la suite du décès tragique de Dr Edward Omane Boamah, ministre ghanéen de la Défense, et Alhaji Dr Ibrahim Murtala Mohammed, ministre de l’Environnement, ainsi que plusieurs cadres ghanéens, dans un crash d’hélicoptère survenu la semaine dernière.

Condoléances officielles de la Guinée

Au nom du président Général Mamadi Doumbouya, le chef de la diplomatie guinéenne a adressé les condoléances les plus attristées du gouvernement et du peuple de Guinée à leurs homologues ghanéens. Il a également prié pour que le Tout-Puissant Allah accorde le repos éternel aux âmes des disparus.

Décharge de Dar-es-Salam : Doumbouya valide le projet de transformation

Le président Mamadi Doumbouya a rencontré lundi son Premier ministre au palais de la Colombe. Au centre des échanges : la fermeture et la transformation de la décharge de Dar-es-Salam.

Bah Oury a profité de cette audience pour présenter le bilan de son séjour à Abidjan. Il y avait représenté le chef de l’État lors du 65ᵉ anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire. Il y a aussi visité l’ancienne décharge d’Akouédo, fermée en 2018 et reconvertie en un vaste parc urbain de plus de 100 hectares. Ce nouvel espace est devenu un véritable poumon vert au cœur d’Abidjan.

« Nous voulons faire la même chose pour Dar-es-Salam », a affirmé le Premier ministre. Selon lui, le président Doumbouya a donné son accord de principe pour engager cette transformation. L’objectif : offrir à la capitale un cadre de vie propre, assaini et agréable.

Pour la Primature, cette rencontre reflète la volonté du chef de l’État de renforcer la collaboration entre les institutions, d’assurer le suivi des projets majeurs et de mettre le développement durable au service du bien-être des citoyens.

Nouvelle Constitution guinéenne : MOSACCOD lance une tournée de sensibilisation en Gambie et au Sénégal

Le Mouvement Saran Chérif pour la Continuité du Général Mamadi Doumbouya (MOSACCOD), conduit par son coordinateur Oumar Sacko, mène une campagne de sensibilisation en Gambie. Son but principal : informer les ressortissants guinéens sur le projet de nouvelle Constitution.

Lors d’un meeting citoyen organisé avec le consul général de Guinée en Gambie, le colonel Ibrahima Nabi Youla, la délégation a exposé les points clés du texte constitutionnel. Elle a aussi répondu aux questions du public et distribué des exemplaires du projet.

Vers un référendum mieux informé le 21 septembre

Oumar Sacko a souligné que cette tournée vise à améliorer la compréhension du texte. Il souhaite ainsi favoriser une large participation lors du référendum du 21 septembre 2025. « Nous voulons que chaque Guinéen de la diaspora prenne une décision éclairée », a-t-il affirmé.

Après la Gambie, MOSACCOD se rendra à Dakar, au Sénégal, pour poursuivre la campagne auprès de la communauté guinéenne.

Un soutien fort des autorités diplomatiques

Le consul général Ibrahima Nabi Youla a salué cette initiative. Il a rappelé le rôle crucial de la diaspora dans les grandes décisions nationales. « La mobilisation de la diaspora pour le référendum est un levier essentiel du développement du pays », a-t-il déclaré.

Les Forces vives lancent une mobilisation contre le référendum Constitutionnel

Les Forces vives de Guinée (FVG) accusent le général Mamadi Doumbouya de vouloir rester au pouvoir. Selon elles, cela viole la Charte de la transition. Elles affirment que le projet de Constitution favoriserait sa candidature. Cette orientation irait à l’encontre des textes de transition et de la Charte africaine de la démocratie.

Réunies en plénière, elles dénoncent un « agenda de confiscation du pouvoir ». À son arrivée, Mamadi Doumbouya avait promis de respecter la Charte. Il avait également garanti son application stricte.

Manifestations annoncées pour le 5 septembre

Les FVG annoncent des manifestations dès le 5 septembre. Leur but est d’empêcher le référendum constitutionnel prévu pour le 21 septembre. Elles refusent toute participation à « une initiative légitimant cette dérive autoritaire ».

Elles accusent aussi la junte de corruption et de détournement de fonds publics. D’autres griefs portent sur de graves violations des droits humains. Selon elles, au moins 60 manifestants ont été tués. Elles évoquent également des disparitions forcées et des détentions arbitraires. La presse ferait, elle aussi, l’objet d’un musèlement croissant.

Un climat politique explosif

Depuis le coup d’État de septembre 2021, le pays est dirigé par le CNRD. Cette junte militaire est menée par Mamadi Doumbouya. La transition devait durer deux ans. Elle a pourtant été prolongée. Cette décision renforce les soupçons de maintien au pouvoir au-delà des engagements pris.

Les Forces vives appellent la population à défendre la démocratie. Elles demandent aussi à la communauté internationale de soutenir ce combat. À l’approche du scrutin, la tension monte. Le contexte reste marqué par la répression et la fermeture de médias.

Bah Oury ouvre la voie à une candidature de Mamadi Doumbouya en 2025

À six semaines du référendum constitutionnel prévu le 21 septembre, le Premier ministre Bah Oury a relancé le débat sur l’avenir politique du président de la transition, Mamadi Doumbouya. Interrogé par RFI, il a reconnu que le projet de nouvelle Constitution n’excluait pas une candidature du chef de la junte à la future présidentielle.

« Les dispositions qui vont être proposées au peuple par référendum le 21 septembre n’interdisent pas sa candidature », a-t-il déclaré, laissant ainsi la porte ouverte à une entrée en lice de Mamadi Doumbouya en 2025.

Inquiétudes sur une possible dérive autoritaire

Cette déclaration confirme une hypothèse redoutée depuis des mois par les partis politiques et la société civile : celle d’un maintien du général Doumbouya au pouvoir, en dépit de ses promesses initiales de transition apolitique.

Arrivé au pouvoir par un coup d’État en septembre 2021, Mamadi Doumbouya s’était engagé à rendre le pouvoir aux civils. Mais près de quatre ans plus tard, les élections ont été sans cesse repoussées, et les réformes constitutionnelles semblent désormais taillées sur mesure pour prolonger le pouvoir militaire.

Si Bah Oury affirme que la présidentielle se tiendra fin 2025, les observateurs restent sceptiques. Le référendum de septembre apparaît désormais comme une étape déterminante, non seulement pour refonder les institutions, mais aussi pour éclaircir les ambitions politiques du général Doumbouya.

Mamadi Doumbouya attendu à Bouaké pour l’indépendance ivoirienne : un geste fort pour l’unité régionale

Le général Mamadi Doumbouya, président de la transition guinéenne, se rend ce jeudi à Bouaké, dans le centre de la Côte d’Ivoire, pour participer aux festivités du 65e anniversaire de l’indépendance du pays. Jeune Afrique a révélé l’information.

Ce déplacement marque la deuxième visite officielle de Doumbouya en Côte d’Ivoire depuis son arrivée au pouvoir en septembre 2021. En octobre 2023, il s’était déjà entretenu avec le président Alassane Ouattara à Abidjan.

Bouaké au cœur d’une stratégie d’unité nationale

Pour la première fois, les autorités ivoiriennes choisissent Bouaké comme ville hôte des célébrations de l’indépendance. Cette décision reflète une volonté claire de renforcer l’unité nationale et de rapprocher l’État des régions de l’intérieur.

À cette occasion, plusieurs dirigeants africains feront le déplacement. Parmi eux :

  • Brice Clotaire Oligui Nguema, président de la transition gabonaise

  • John Dramani Mahama, ancien président du Ghana

Leur présence traduit une mobilisation régionale en faveur de la coopération et de la stabilité en Afrique de l’Ouest.

Une visite à forte portée géopolitique

En se rendant à Bouaké, Mamadi Doumbouya montre clairement son engagement pour l’intégration régionale. Ce déplacement vise également à renforcer les liens bilatéraux entre la Guinée et la Côte d’Ivoire, dans un contexte où l’instabilité politique secoue plusieurs pays voisins.

Abidjan souhaite jouer un rôle clé dans la stabilisation régionale et l’accompagnement des transitions politiques. Ce 65e anniversaire apparaît donc comme une plateforme diplomatique majeure, à la fois pour la Côte d’Ivoire et pour ses partenaires ouest-africains.

Aliou Bah depuis sa cellule : « Ici fait partie de mon parcours »

Pour la première fois depuis sa condamnation, Aliou Bah, président du Mouvement démocratique libéral (MoDel), s’adresse publiquement à ses partisans et au peuple guinéen. Incarcéré à la Maison centrale de Conakry, l’opposant a choisi la page Facebook officielle de son parti pour exprimer sa position avec sérénité.

Dans ce message, il refuse toute victimisation. « Certains sont partis d’ici pour être présidents et d’autres sont partis de la présidence pour se retrouver ici », écrit-il, avant d’ajouter : « Je considère qu’ici faisait partie de mon parcours… donc je dis al hamdoulilah. »

Aliou Bah prison : une expérience vécue comme un apprentissage

Plutôt que de se plaindre, Aliou Bah voit sa détention comme une étape de vie. Il affirme avoir rencontré, derrière les barreaux, des individus marquants : « Des personnes ressources que je n’aurais peut-être pas croisées en étant libre, car nos chemins étaient parallèles. »

Refusant l’étiquette de prisonnier, il conclut avec philosophie :

« La Maison centrale fait partie de la Guinée, donc c’est une étape de ma route. Et tant que mon esprit et ma conscience sont libres, je me considère libre. »

Alpha Condé accuse : « Conakry se noie, le pouvoir regarde ailleurs »

Inondations à Conakry : Alpha Condé pointe un « échec monumental du pouvoir »

Les inondations à Conakry, survenues ces dernières 24 heures, ont endeuillé la capitale guinéenne et relancé les critiques contre les autorités. Parmi les voix les plus virulentes, celle de l’ancien président Alpha Condé, qui a exprimé sa solidarité aux victimes tout en accusant sévèrement le régime en place.

Dans un message publié sur sa page Facebook, le fondateur du RPG ne mâche pas ses mots : « Ce qui vous arrive n’est pas une fatalité, mais la conséquence directe des choix égoïstes d’un pouvoir qui vous a abandonnés ». Il dénonce un manque de volonté politique, une corruption systémique et l’incapacité à anticiper un phénomène pourtant récurrent.

Selon lui, les inondations à Conakry sont devenues une tragédie saisonnière, non pas à cause de la pluie, mais à cause de « l’inaction » et du « mépris des citoyens ». Il fustige l’absence d’investissements durables dans les infrastructures d’assainissement, et accuse les autorités de détourner l’argent public pour entretenir une communication de propagande.

« Ce n’est pas la pluie, c’est l’inaction »

Alpha Condé appelle à regarder la réalité en face. Chaque année, les mêmes quartiers sombrent sous les eaux, les mêmes familles pleurent leurs morts. Pourtant, rien ne change. « Ce qui est choquant, ce n’est pas la pluie, c’est l’inaction », écrit-il. Il va plus loin en parlant d’un « scandale » : « L’argent existe, mais il est utilisé pour glorifier un putschiste et étouffer les libertés ».

Malgré la gravité de la situation, l’ancien chef d’État termine sur une note d’espoir, en saluant le courage des Guinéens. Il croit en la capacité du peuple à surmonter ces épreuves : « Le peuple de Guinée finira par se relever. Votre courage ne sera pas vain. »

Conseil des ministres en Guinée : rentrée solennelle sous le signe du Kindely et de la refondation

Le Conseil des ministres en Guinée s’est ce jeudi 31 juillet 2025, tenu sous la présidence du Général Mamadi Doumbouya, au lendemain de la nomination du nouveau gouvernement. Cette session marque la reprise officielle de l’action gouvernementale dans un esprit de solennité et de responsabilité.

À cette occasion, les ministres ont prêté serment devant le chef de l’État, réaffirmant leur engagement à servir exclusivement l’intérêt supérieur de la Nation. Cette cérémonie symbolise leur adhésion aux principes de la refondation en cours et leur volonté de concrétiser la vision présidentielle par des actes concrets.

Le Kindely mis à l’honneur au cœur du Conseil

Fidèle à sa démarche de valorisation des cultures nationales, le Président de la République a placé cette rentrée sous le signe du Kindely, tissu traditionnel emblématique de la Basse Guinée. Tous les membres du gouvernement ont arboré cette tenue, renforçant ainsi le lien entre gouvernance, identité et patrimoine culturel.

Recensement, photos officielles et dotation logistique

En marge du Conseil, le président Mamadi Doumbouya s’est fait recenser dans le cadre du RGPH (Recensement général de la population et de l’habitat), montrant l’exemple en matière de civisme.

Il a ensuite reçu les nouveaux ministres pour une séance de photos officielles. Enfin, sur ses instructions, le Ministre, Directeur de Cabinet de la Présidence a procédé à la remise des véhicules de fonction aux membres du gouvernement, leur permettant de démarrer immédiatement leurs missions.

Remaniement en Guinée : Qui sont les nouvelles figures fortes du gouvernement Bah Oury ?

Le remaniement ministériel du mardi 29 juillet 2025 en Guinée a apporté un souffle nouveau à l’équipe du Premier ministre Bah Oury. Si la majorité des ministres ont été reconduits, cinq personnalités ont fait leur entrée dans le gouvernement, avec des profils aussi divers que stratégiques. Tour d’horizon de ces nouvelles figures, entre technocratie, expertise internationale et reconversion politique.

Mourana Soumah, pilier économique et stratège discret

Nouvel homme fort des Finances, Mourana Soumah incarne la rigueur budgétaire et la stabilité. Ancien Directeur général du Trésor, cet expert a participé à la digitalisation des paiements publics et à la création du Compte Unique du Trésor. Technocrate pur jus, son arrivée marque la volonté du président Doumbouya de renforcer la gouvernance économique et d’accélérer les réformes de la transition.

Mariam Ciré Sylla, l’expérience internationale au service de l’agriculture

Derrière ce nom peu connu du grand public se cache une véritable globe-trotteuse du développement. Après 18 ans passés entre l’Afrique, l’Europe et les États-Unis, cette experte en finance et stratégie commerciale a récemment représenté la Banque mondiale en Namibie. En tant que ministre de l’Agriculture, Mariam Ciré Sylla pourrait insuffler une dynamique inédite de partenariat public-privé et favoriser l’innovation dans un secteur clé pour la souveraineté alimentaire guinéenne.

Namory Camara, de l’aéroport à l’énergie nationale

Ingénieur et manager, Namory Camara a modernisé l’aéroport de Conakry à la tête de la SOGEAC. Il y a introduit le wifi gratuit, lancé de vastes travaux d’extension et augmenté le trafic passager de 15 % en un an. Désormais ministre de l’Énergie, il est attendu pour impulser la même vision moderniste dans un secteur stratégique encore marqué par les délestages chroniques.

Mamadou Cellou Baldé, l’ex-opposant devenu ministre

Ancien député de Labé sous les couleurs de l’UFDG, Mamadou Cellou Baldé a longtemps incarné une opposition active. Mais sa rencontre avec le président Doumbouya, sans l’aval de son parti, a changé la donne. Déchu de l’UFDG, il réapparaît comme ministre de la Jeunesse, symbole d’un virage politique assumé. Cette nomination suscite débat à Labé, son fief, mais pourrait séduire une jeunesse avide de changement.

Laye Sékou Camara et Fassou Théa, deux techniciens à la manœuvre

Ingénieur électro-énergéticien, Laye Sékou Camara prend le contrôle du ministère des Infrastructures, avec pour mission de relancer les grands chantiers. Quant à Fassou Théa, ancien conseiller à la Primature, il hérite du ministère de la Pêche, secteur clé pour les zones côtières du pays.

Mamadi Doumbouya dévoile un nouveau gouvernement sous la houlette de Bah Oury

La Guinée entre dans une nouvelle phase de son histoire politique. Ce mardi 29 juillet 2025, le Président de la transition, le Général Mamadi Doumbouya, a procédé à une reconfiguration complète du gouvernement, par décret lu sur la RTG par le Général Amara Camara. Ce remaniement intervient sous la direction du Premier ministre Bah Oury.

Continuité et changement au cœur du nouveau gouvernement guinéen 2025

Au total, plusieurs ministres ont été confirmés, notamment dans des postes stratégiques. Parmi eux :

  • Yaya Kairaba Kaba reste ministre de la Justice,

  • Aboubacar Sidiki Camara conserve la Défense,

  • Ibrahima Kalil Condé est maintenu à l’Administration du Territoire,

  • Dr Morissanda Kouyaté reste aux Affaires étrangères.

D’autres figures clés sont également reconduites : Jean-Paul Cedy à l’Enseignement préuniversitaire, Aminata Kaba à la Formation professionnelle, Ousmane Gaoual Diallo aux Transports et comme porte-parole du gouvernement, ou encore Charlotte Daffé à la Promotion féminine.

En parallèle, de nouveaux profils font leur entrée. C’est le cas de Mouna Soumah, nommée ministre de l’Économie et des Finances, ou encore Mariam Ciré Sylla, désormais ministre de l’Agriculture. Namory Camara, ancien DG de la SOGEAC, prend la tête du ministère de l’Énergie. À noter également la nomination de Mamadou Cellou Baldé, ancien député, au ministère de la Jeunesse.

Un équilibre entre expérience, technocratie et relance politique

Avec ce nouveau gouvernement, Mamadi Doumbouya et Bah Oury cherchent manifestement à stabiliser la transition tout en insufflant un nouveau souffle. Le profil de certains ministres indique une volonté de renforcer les secteurs productifs, comme les mines, l’énergie, l’agriculture, mais aussi de repositionner la Guinée sur le plan régional, à travers la diplomatie et la sécurité intérieure.

Le nouveau gouvernement compte 34 membres, dont deux secrétaires généraux avec rang de ministre. Il combine des ministres technocrates, des figures politiques aguerries, et des anciens reconvertis à des postes stratégiques. Une formule qui devra répondre à des attentes sociales élevées et à un contexte sous-régional tendu.

Transition politique en Guinée : le revirement stratégique de Cellou Baldé

La transition politique en Guinée, amorcée depuis l’arrivée du CNRD au pouvoir, continue de bouleverser l’échiquier politique national. Parmi les figures les plus marquantes de ce reformatage, Cellou Baldé incarne à lui seul la mue stratégique de plusieurs opposants.

Longtemps considéré comme l’un des critiques les plus virulents du régime transitoire, l’ex-député de Labé et cadre de l’UFDG a progressivement troqué la confrontation contre un positionnement conciliant. Ce changement de cap, tout sauf anodin, illustre les dynamiques d’alliances fluctuantes qui rythment la vie politique guinéenne.

D’un discours tranchant à une posture d’allié

En 2023, Baldé dénonçait avec fermeté ce qu’il appelait les « dérives autoritaires » du CNRD. À l’Assemblée générale de l’UFDG, il s’inquiétait de la durée incertaine de la transition et appelait au retour à l’ordre constitutionnel.

Mais depuis début 2025, le ton a changé. Présent lors de rassemblements pro-CNRD à Boké, puis à Mamou, il adopte un langage d’ouverture. À Labé, il appelle désormais les populations à « sortir de l’opposition systématique » et à « accompagner la dynamique en cours ».

Une stratégie politique calculée

Ce repositionnement n’est pas sans calcul. Alors que la transition politique en Guinée se prolonge, Baldé se rapproche du pouvoir central. Il accompagne la vulgarisation du projet de nouvelle Constitution et s’affiche avec des ministres de la transition, notamment à Labé, fief symbolique de l’UFDG.

Son engagement dans cette zone stratégique ne semble pas fortuit. Il affaiblit ainsi l’ancrage de Cellou Dalein Diallo dans sa propre base et se positionne comme une alternative interne crédible.

Une constante de la politique guinéenne : l’opportunisme

Cette trajectoire rappelle d’autres basculements, comme celui de Mouctar Diallo en 2020, lors de la campagne pour le troisième mandat d’Alpha Condé. Elle révèle surtout un mal récurrent de la classe politique : l’absence de ligne claire, souvent dictée par des considérations de survie politique plus que par des convictions.

Cellou Baldé, hier pourfendeur du régime, devient aujourd’hui l’un de ses plus zélés promoteurs. Une illustration frappante de la manière dont la transition politique en Guinée redessine, parfois brutalement, les postures des acteurs politiques.

Sommet sur les systèmes alimentaires : la Guinée affine sa stratégie avant Addis-Abeba

À quelques jours du 2ᵉ Sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires, prévu du 27 au 29 juillet 2025 à Addis-Abeba, la Guinée accélère sa préparation. Ce mercredi, le Premier ministre Bah Oury a présidé l’ouverture de l’atelier national de validation du Rapport pays, à Conakry.

Cette rencontre marque une étape clé dans l’élaboration de la feuille de route nationale pour des systèmes alimentaires durables, inclusifs et résilients.

Nutrition, inclusion et souveraineté alimentaire

Le représentant du Programme alimentaire mondial (PAM), Cyridion Usengumuremyi, a réaffirmé l’engagement du système onusien. Il promet un soutien actif dans la mobilisation de ressources, le renforcement des capacités, et la promotion de politiques fondées sur la science.

De son côté, Bah Oury a insisté sur l’enjeu de la nutrition, la qualifiant de « levier fondamental du développement humain ». Il appelle à intégrer pleinement le couple nutrition-vaccination dans les politiques publiques, aux côtés de l’éducation.

Vers une nouvelle économie alimentaire en Guinée

Pour le Premier ministre, la lutte contre la malnutrition passe par une production accrue, gage de souveraineté et de sécurité alimentaires. Il insiste sur la nécessité d’impliquer le ministère de l’Industrie et du Commerce dans cette dynamique.

Il appelle également à encourager l’économie locale : groupements féminins, ateliers de transformation, initiatives communautaires. Ces efforts doivent désormais s’inscrire dans une vision structurée et durable, capable d’assurer un avenir nutritionnel sain aux générations futures.

Nouvelle Constitution en Guinée : Bah Oury veut tourner la page des mandats à vie

Le Premier ministre Bah Oury a lancé, mardi 22 juillet au Palais du Peuple, la campagne de vulgarisation du projet de nouvelle Constitution en Guinée. Dans son discours, il a insisté sur une volonté ferme : mettre fin aux dérives liées à la soif de pouvoir.

« Ce qui nous a causé du tort par le passé, c’est la volonté de se cramponner au pouvoir. Le nouveau texte consacre des intangibilités pour empêcher toute tentative de contournement de la loi. »

L’objectif est clair : interdire toute prolongation de mandat au-delà des deux autorisés.

Pour une alternance pacifique et durable

Selon Bah Oury, cette mesure vise à garantir la paix et la stabilité dans le pays. Finies les crises électorales sanglantes et les violences post-électorales. Le chef du gouvernement appelle à un changement de culture politique.

« Il faut que l’alternance devienne une réalité régulière, sans qu’on se jette des pierres ou qu’on s’entretue », a-t-il déclaré devant les participants.

Une avancée démocratique pour la Guinée

Pour Bah Oury, cette nouvelle Constitution guinéenne représente une étape décisive dans l’histoire du pays. Il évoque les années de souffrance électorale, les morts, les tensions et l’instabilité.

« C’est une avancée majeure pour ceux qui ont connu cette longue période de sang versé à chaque élection. »

Le nouveau fichier électoral ravive les tensions à l’approche du référendum

Le fichier électoral biométrique, récemment présenté à Conakry, devait marquer un tournant vers le retour à l’ordre constitutionnel en Guinée. Il sera utilisé pour la première fois lors du référendum de septembre 2025 sur l’adoption d’une nouvelle Constitution. Pourtant, loin de faire consensus, ce fichier alimente déjà de vives polémiques politiques.

Selon les autorités, plus de 6,7 millions d’électeurs ont été enrôlés, y compris au sein de la diaspora. Le ministre de l’Administration du territoire, Ibrahima Kalil Condé, a salué un processus « réussi », fruit d’une mobilisation nationale et diplomatique, affirmant que le fichier électoral biométrique mettra fin aux crises électorales récurrentes.

Mais dans les rangs de l’opposition et de la société civile, le doute domine. Le Forum des Forces Sociales de Guinée (FFSG) conteste la régularité des chiffres, particulièrement ceux de la région de Kankan, qui dépasse 2 millions de recensés, devançant Conakry, pourtant plus peuplée. Le vice-coordinateur du FFSG, Boubacar Biro Barry, dénonce un fichier « opaque et instrumentalisé », qu’il accuse d’être une manœuvre pour « imposer un fait accompli ».

Vers un processus électoral sous haute tension ?

Les critiques se multiplient. Le président du Bloc Libéral, Faya Millimono, parle d’une « machine de fraude bien huilée » et réclame un audit indépendant, depuis l’appel d’offres jusqu’à l’enrôlement. Le RPG Arc-en-ciel, parti d’Alpha Condé, rejette tout bonnement le processus et exige la fin de la transition, considérant que la junte n’a plus aucune légitimité.

Quant à Rafiou Sow du Parti pour le Renouveau et le Progrès (PRP), il soulève de nombreuses zones d’ombre. Plusieurs figures majeures de l’opposition, comme Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré, n’ont pas pu être enrôlées. Pour lui, ce fichier sert à exclure des électeurs de manière ciblée. Il appelle à un dialogue politique inclusif, sans quoi « aucune élection crédible ne pourra avoir lieu ».

Le fichier électoral guinéen devait être une garantie de transparence et de stabilité. Il risque au contraire de devenir le principal foyer d’une nouvelle crise électorale. À moins d’une volonté politique forte pour ouvrir un cadre de dialogue, le référendum de septembre pourrait raviver les tensions et compromettre un retour paisible à l’ordre constitutionnel.

Amadou Oury Bah consulte ses prédécesseurs à Conakry

Dans le cadre de la vulgarisation du projet de nouvelle Constitution en Guinée, le Premier ministre Amadou Oury Bah a convié ce mercredi 17 juillet 2025, à Conakry, cinq de ses prédécesseurs à une réunion stratégique à la Primature. Cette rencontre s’inscrit dans une démarche de concertation nationale engagée depuis la transmission officielle du texte au Président Mamadi Doumbouya par le Conseil National de la Transition (CNT).

L’objectif est clair : favoriser une appropriation collective des nouvelles dispositions constitutionnelles avant le référendum prévu pour le 21 septembre 2025.

Une dynamique inclusive saluée par les anciens Premiers ministres

Au nom de ses pairs, Louncény Fall a salué l’initiative :

« Ce n’est pas la première fois que le Premier ministre reçoit ses prédécesseurs. C’est une bonne habitude républicaine que nous encourageons. »

Les anciens Premiers ministres ont reçu une copie officielle du projet constitutionnel. Au-delà de l’analyse du texte, les discussions ont porté sur le climat de paix et de stabilité nationale, enjeu majeur à quelques semaines d’un scrutin crucial.

Une mobilisation citoyenne pour l’intérêt supérieur de la nation

À la question de leur implication dans la vulgarisation de la Constitution en Guinée, Louncény Fall a affirmé sans détour :

« Bien sûr, en tant que Guinéens, nous sommes tous concernés. Il en va de l’intérêt supérieur de la nation. »

Le gouvernement mise sur cette approche inclusive pour faire de ce projet une œuvre collective, portée par toutes les couches sociales.

Élections en Guinée : le gouvernement confirme sa préparation pour six scrutins

Le ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation a réceptionné ce mercredi 16 juillet des palettes de planches destinées à l’impression locale des cartes électorales. Ce geste marque une étape décisive dans la préparation des élections en Guinée.

Selon le ministre, le général à la retraite Ibrahima Kalil Condé, ce matériel couvre jusqu’à six scrutins à venir, dont le référendum prévu le 21 septembre 2025.

« C’est une preuve concrète que le référendum voulu par le président de la République est bel et bien une réalité. C’est une ligne rouge, infranchissable », a-t-il affirmé.

Production locale et respect du calendrier électoral

Djenab Touré, directrice générale des Affaires politiques et de l’administration électorale, a précisé que 20 palettes de planches ont été réceptionnées pour l’impression locale des cartes des électeurs.

« Nous avons la ferme volonté de respecter les délais fixés par le décret présidentiel », a-t-elle assuré.

Vers un processus électoral renforcé

Cette étape confirme que les élections en Guinée se dérouleront selon le calendrier prévu, avec une autonomie accrue dans la production du matériel électoral. Le gouvernement réaffirme ainsi son engagement à garantir la transparence et la crédibilité des prochains scrutins.

Guinée-Japon : Un nouvel élan dans la coopération bilatérale avec 400 millions de yens pour la sécurité

La coopération bilatérale Guinée-Japon s’intensifie. Ce mercredi 16 juillet 2025, une cérémonie de signature d’échanges de notes s’est tenue au ministère des Affaires étrangères à Conakry. L’événement a réuni de hautes autorités guinéennes, dont le ministre des Affaires étrangères Dr Morissanda Kouyaté, le ministre de la Sécurité, Général Bachir Diallo, et le ministre du Plan Ismaël Nabé.

400 millions de yens pour la sécurité et la protection civile

À travers cet accord, le Japon accorde une aide de 400 millions de yens – soit près de 6,8 milliards de francs guinéens – destinée à améliorer les capacités de la Guinée en matière de sécurité publique et de protection civile. Cette enveloppe permettra notamment l’acquisition d’équipements modernes pour renforcer les interventions sur le terrain.

Un partenariat exemplaire entre Conakry et Tokyo

Ce geste du Japon traduit le dynamisme des relations entre la Guinée et le Japon, marquées par la confiance et la solidarité. La coopération bilatérale Guinée-Japon continue ainsi de se déployer dans des secteurs stratégiques, au bénéfice direct des populations.

Morissanda Kouyaté en mission diplomatique pour défendre la transition

Ce mardi 8 juillet 2025, le ministère guinéen des Affaires étrangères a accueilli une cérémonie officielle. À cette occasion, le projet de nouvelle Constitution en Guinée a été remis aux diplomates accrédités à Conakry. Cet acte symbolique marque une avancée majeure dans la transition en cours, entamée après la chute d’Alpha Condé en septembre 2021.

« Le 5 septembre n’est pas un simple coup d’État »

Face aux ambassadeurs, le ministre Morissanda Kouyaté est revenu sur les fondements du changement. Il a défendu la prise de pouvoir du général Mamadi Doumbouya, affirmant qu’elle ne pouvait être qualifiée de coup d’État ordinaire.

« Ce n’était pas une banale prise de pouvoir, mais un sursaut patriotique. Une volonté irrésistible de sauver la Guinée », a-t-il soutenu.

Il a même parlé de « coup anti-coup d’État », expliquant que l’ancien régime avait piétiné la Constitution jusqu’à la vider de son essence. Ce contexte, selon lui, justifie l’intervention militaire du 5 septembre 2021.

Un texte pour refonder l’État, pas suspendre la démocratie

En remettant la nouvelle Constitution en Guinée, Kouyaté a insisté sur l’objectif du processus : reconstruire des institutions légitimes et durables. La transition, a-t-il dit, n’est pas une parenthèse autoritaire, mais un projet de refondation nationale.

Il a invité les diplomates à transmettre le texte à leurs gouvernements respectifs, dans un esprit de transparence et de coopération.

Le Maroc salue la démarche constitutionnelle

Parmi les diplomates présents, l’ambassadeur du Maroc, Issam Taib, a pris la parole. Il a salué les efforts du Conseil national de la transition (CNT) et la volonté de dialogue affichée par les autorités guinéennes.

« Cette Constitution reflète les idéaux et les principes de la Guinée et des Guinéens », a-t-il déclaré.

Même s’il n’avait pas encore lu le texte complet, le diplomate marocain s’est dit convaincu de sa portée symbolique et politique. Il a aussi réaffirmé le soutien du Royaume au projet Simandou 2040, un axe majeur de développement.

Dernière ligne droite : vulgariser et convaincre

Avec cette remise officielle, la phase de vulgarisation de la nouvelle Constitution en Guinée commence. Le gouvernement veut mobiliser toutes les énergies, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. Le soutien de partenaires comme le Maroc renforce la crédibilité du processus.

Mais une question cruciale reste posée : cette transition constitutionnelle débouchera-t-elle sur une stabilité durable pour la Guinée ?

Congrès UFDG 2025 suspendu : bras de fer entre le parti et l’État guinéen

Ce n’est plus une rumeur : le congrès extraordinaire de l’UFDG, initialement prévu le 6 juillet 2025, est officiellement suspendu. La décision a été annoncée ce vendredi 4 juillet par la direction nationale du parti dirigé par Cellou Dalein Diallo.

L’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) entend désormais porter l’affaire devant la Cour suprême, pour contester la décision du ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation (MATD), jugée « illégale et arbitraire ».

Le ministère avait exigé que le parti suspende son congrès, en invoquant une décision judiciaire en faveur de Ousmane Gaoual Diallo, ancien cadre de l’UFDG, qui devait être réintégré avant toute procédure élective. Une injonction perçue par la direction du parti comme une ingérence grave dans la vie des formations politiques.

Atteinte aux droits fondamentaux ?

Dans sa déclaration, l’UFDG dénonce une violation manifeste de l’État de droit, des libertés d’association et de réunion, ainsi que de l’autonomie des partis politiques. Elle affirme que ces principes sont pourtant garantis par la Charte de la Transition et la Charte des partis politiques.

En attendant l’issue du recours déposé devant la Cour suprême, le parti appelle ses militants à rester mobilisés et vigilants pour défendre ses droits et préserver les acquis démocratiques en Guinée.

Le congrès UFDG 2025 reste donc en suspens, dans un climat de tension politique et juridique qui pourrait peser lourd sur la suite de la transition guinéenne.

Congrès UFDG 2025 : Cellou Dalein défie l’injonction du ministère

À quelques jours du congrès UFDG 2025, prévu le 6 juillet, un conflit ouvert oppose Cellou Dalein Diallo, président de l’Union des Forces démocratiques de Guinée (UFDG), au ministère de l’Administration du territoire. En cause : l’injonction ministérielle exigeant la réintégration d’Ousmane Gaoual Diallo au sein du parti, sous peine de suspension du congrès.

Dans un courrier daté du 30 juin 2025, envoyé depuis Abidjan, Cellou Dalein a dénoncé une décision « partiale et infondée », accusant le ministère de s’appuyer uniquement sur les accusations du Mouvement des Réformateurs de l’UFDG (MR-UFDG), qualifié de « courant illégal sans existence juridique ».

Une injonction contestée sur le fond et la forme

Le ministère, dirigé par le général Ibrahima Kalil Condé, a sommé l’UFDG de suspendre son congrès jusqu’à la réintégration d’Ousmane Gaoual Diallo, actuel porte-parole du gouvernement, et l’ouverture d’un dialogue avec toutes les franges internes du parti. Le gouvernement évoque le non-respect des statuts, une décision judiciaire non exécutée, et un risque de troubles à l’ordre public.

Mais pour Cellou Dalein, ces arguments sont juridiquement infondés. Il rappelle que la légalité du congrès UFDG 2025 a été confirmée par le jugement n°235 du Tribunal de Dixinn en date du 23 mai, autorisant formellement l’organisation de l’événement.

Un conflit entre justice et administration

La direction de l’UFDG souligne que si le jugement évoquait effectivement la réintégration d’Ousmane Gaoual Diallo, cette partie a été contestée en appel. En revanche, la tenue du congrès n’a pas été remise en cause. Pour le parti, l’injonction administrative constitue donc une immixtion illégale dans ses affaires internes, contraire à la Constitution guinéenne et à la Charte des partis politiques.

« Le ministère tente d’obtenir par voie administrative ce que la justice n’a pas validé », dénonce la direction du parti.

L’UFDG considère le MR-UFDG comme un groupe dissident ayant rompu avec la ligne politique officielle, ce qui le disqualifie comme interlocuteur légitime.

Un climat politique sous tension

Cette affaire survient dans un contexte où le régime de transition dirigé par le CNRD est accusé de restreindre les libertés politiques. Déjà en mars 2025, l’UFDG dénonçait des tentatives de déstabilisation de la part du pouvoir, notamment via la cooptation de cadres comme Ousmane Gaoual.

Malgré les pressions, le congrès UFDG 2025 reste maintenu selon Cellou Dalein, qui affirme agir dans le strict respect des statuts internes et du cadre légal. Il appelle le ministère à revenir sur sa décision, tout en maintenant sa volonté de préserver l’unité du parti sans céder aux injonctions politiques.

La nouvelle Constitution exclura-t-elle Cellou Dalein et Sidya Touré ?

Le projet de nouvelle Constitution guinéenne, officiellement remis au président de la transition Mamadi Doumbouya, promet de bouleverser le paysage politique national, notamment en ce qui concerne les conditions d’éligibilité à la présidentielle en Guinée. Le texte, qui doit encore faire l’objet d’une large campagne de vulgarisation avant le référendum prévu le 21 septembre 2025, établit des critères stricts qui pourraient exclure certaines figures emblématiques de l’opposition.

Des critères d’âge et de présence physique redoutables

Selon l’article 45 du projet de Constitution, tout candidat à la présidence devra :

  • Être de nationalité guinéenne ;

  • Résider principalement en République de Guinée ;

  • Jouir de ses droits civils et politiques ;

  • Être en bonne santé physique et mentale, certifiée par un collège de médecins assermentés ;

  • Avoir entre 40 et 80 ans ;

  • Fournir une déclaration de patrimoine ;

  • Être présenté par un parti politique ou à titre indépendant, sous condition de parrainage.

L’article 48, quant à lui, ajoute une exigence de présence :

« Tout candidat est tenu d’être présent sur le territoire national depuis le dépôt de sa candidature jusqu’à la proclamation des résultats définitifs, sauf cas de force majeure dûment constaté par la Cour constitutionnelle. »

Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré menacés

Avec ces nouvelles conditions d’éligibilité à la présidentielle en Guinée, deux poids lourds de la vie politique pourraient se voir écartés de la course.

Cellou Dalein Diallo, président de l’UFDG, bien qu’ayant l’âge requis (il a 72 ans), est toujours en exil. S’il ne revient pas à temps ou si la Cour ne reconnaît pas un cas de force majeure, il ne pourra pas se présenter.

Quant à Sidya Touré, leader de l’UFR, c’est la limite d’âge qui pourrait lui être fatale. À plus de 80 ans en 2025, il serait directement exclu, même s’il remplissait toutes les autres conditions.

Une réforme controversée mais structurante

Si le texte est adopté tel quel, il représentera une rupture nette avec les pratiques politiques antérieures. Pour certains, ces mesures renforceront la crédibilité des institutions. Pour d’autres, elles visent à écarter subtilement des opposants majeurs, sans les nommer.

Alors que le référendum constitutionnel s’annonce décisif, la question reste entière :
la refondation constitutionnelle en Guinée renforcera-t-elle la démocratie ou redessinera-t-elle les règles pour verrouiller la compétition ?

Une nouvelle Constitution redéfinit le mandat présidentiel et crée une Cour spéciale

La nouvelle Constitution guinéenne, dévoilée ce lundi 30 juin 2025, propose un profond réaménagement du cadre électoral. L’article 44 fixe désormais le mandat présidentiel à 7 ans, renouvelable une seule fois, par suffrage universel direct à deux tours. Ce mandat commence à l’investiture et peut être écourté selon les conditions définies aux articles 161 et 162 du texte.

Des critères d’éligibilité stricts pour briguer la présidence

L’article 45 impose des conditions précises à tout candidat à la magistrature suprême :

  • Être guinéen et résident principal en Guinée,

  • Avoir entre 40 et 80 ans,

  • Jouir de ses droits civils et politiques,

  • Être en bonne santé, avec certificat médical à l’appui,

  • Déclarer son patrimoine sur l’honneur,

  • Être présenté par un parti politique ou obtenir les parrainages requis en tant qu’indépendant.

Une loi organique précisera les modalités d’application de ces critères.

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Calendrier électoral et obligations des candidats

Le décret présidentiel fixe la date de l’élection présidentielle entre 120 et 90 jours avant la fin du mandat en cours. Les candidats doivent déposer leurs dossiers 55 jours avant le vote, et la liste définitive est publiée 45 jours avant le scrutin. La campagne électorale dure 30 jours et s’arrête 48 heures avant le jour du vote.

Chaque candidat devra rester sur le territoire national durant tout le processus, sauf cas de force majeure reconnu par la Cour constitutionnelle.

Une Cour spéciale de justice pour encadrer les abus au sommet de l’État

La nouvelle Constitution guinéenne crée également une Cour Spéciale de Justice de la République, compétente pour juger :

  • Le président de la République,

  • Le Premier ministre,

  • Les ministres.

Elle interviendra en cas de haute trahison ou de tout autre crime ou délit commis dans l’exercice des fonctions.

Ce qui constitue une « haute trahison »

Selon le projet, le chef de l’État est coupable de haute trahison s’il :

  • viole son serment,

  • participe à des violations graves des droits humains,

  • fait l’apologie du terrorisme ou de la haine,

  • compromet l’environnement ou les intérêts nationaux.

Procédure de mise en accusation : un encadrement strict

Un dixième des députés issus de groupes parlementaires différents peut initier une mise en accusation, mais le Parlement réuni en Conseil de la nation doit approuver à la majorité des deux tiers.
En cas de culpabilité, le président est déchu de ses fonctions ; en cas d’acquittement, il reprend ses fonctions immédiatement.

Une réforme constitutionnelle majeure

La nouvelle Constitution guinéenne marque une volonté de réformer la gouvernance, en allongeant la durée du mandat présidentiel et en instaurant une responsabilité pénale au plus haut niveau de l’État. Elle ouvre un débat crucial sur l’équilibre entre stabilité politique et préservation des principes démocratiques.

Remaniement ministériel en Guinée : cinq super-ministères éclatés par décret

Le 30 juin 2025, un décret présidentiel diffusé sur la RTG a annoncé un important remaniement ministériel en Guinée.
Sur proposition du Premier ministre, cinq super-ministères sont désormais scindés en dix départements distincts, en attendant la nomination de nouveaux ministres.

Cette réorganisation redéfinit profondément l’architecture de l’exécutif guinéen.

Les cinq ministères concernés par la réforme

Conformément au décret D/2025/XXX/PRG-CNRD-SGG, les restructurations suivantes sont actées :

  1. Agriculture et Élevage séparés en :

    • Ministère de l’Agriculture

    • Ministère de l’Élevage

  2. Énergie, Hydraulique et Hydrocarbures deviennent :

    • Ministère de l’Énergie

    • Ministère de l’Hydraulique et des Hydrocarbures

  3. Commerce, Industrie et PME scindés en :

    • Ministère du Commerce

    • Ministère de l’Industrie et des Petites et Moyennes Entreprises

  4. Jeunesse et Sports divisés en :

    • Ministère de la Jeunesse

    • Ministère des Sports

  5. Culture, Tourisme et Artisanat éclatés en :

    • Ministère de la Culture et de l’Artisanat

    • Ministère du Tourisme

Une transition en douceur avant de nouveaux visages

En attendant la nomination officielle des nouveaux ministres, les départements concernés continueront d’être dirigés par les ministres actuels, comme le prévoit le décret du 5 mars 2024.

Ce remaniement ministériel en Guinée s’inscrit dans une dynamique de spécialisation administrative, avec pour objectif affiché une meilleure efficacité dans l’action publique.

Mandat présidentiel en Guinée : stabilité durable ou dérive autoritaire ?

Le mandat présidentiel en Guinée pourrait bientôt passer de cinq à sept ans.
Cette proposition figure dans le projet de nouvelle Constitution présenté le 29 juin 2025 par le Dr Dansa Kourouma, président du Conseil National de la Transition (CNT).

Selon lui, cette prolongation vise à renforcer la stabilité politique, réduire les tensions électorales et économiser des ressources publiques.

« Cinq ans sont insuffisants pour bâtir un pays aux institutions fragiles », a-t-il déclaré, plaidant pour une gouvernance structurée et moins sujette aux échéances électorales fréquentes.

Des motivations économiques et sécuritaires en débat

Le Dr Kourouma avance aussi des arguments budgétaires.
Une élection présidentielle en Guinée coûte près de 500 milliards de francs guinéens.
En espaçant les scrutins, un mandat présidentiel de sept ans permettrait de dégager des marges budgétaires pour le développement.

Il affirme également que cette durée réduirait les tensions préélectorales, souvent synonymes de violences dans la sous-région ouest-africaine.

Mandat présidentiel en Guinée : entre réforme institutionnelle et crainte d’un recul démocratique

La proposition puise sa légitimité dans les consultations nationales de 2022, où la demande d’un mandat prolongé aurait été exprimée par une partie de la population.

Mais cette réforme soulève des inquiétudes. Pour certains observateurs, elle pourrait ouvrir la voie à une concentration du pouvoir, voire à une dérive autoritaire.

Alors, stabilité renforcée ou verrouillage du pouvoir ? La question divise.
Les forces politiques, la société civile et les partenaires internationaux seront-ils prêts à valider ce changement structurel ?

Guinée élue vice-présidente à la Conférence mondiale sur le financement du développement

Séville (Espagne), 30 juin 2025 – La Guinée a été élue ce lundi à l’un des postes de vice-présidence de la 4ᵉ Conférence internationale sur le financement du développement, tenue à Séville. Ce choix consacre le leadership diplomatique croissant de Conakry sur les grandes questions économiques mondiales.

Conduite par le Premier ministre Amadou Oury Bah, la délégation guinéenne s’est vu confier ce rôle stratégique dès l’ouverture des travaux. Une reconnaissance saluée par le chef du gouvernement, au nom du président de la République, le Général Mamadi Doumbouya.

Une reconnaissance internationale du leadership guinéen

Cette élection à la vice-présidence confirme la crédibilité que la Guinée s’est forgée dans les enceintes multilatérales. Elle permettra à la délégation guinéenne de peser davantage dans les discussions sur les mécanismes de financement du développement durable, dans un contexte marqué par l’urgence des Objectifs de Développement Durable (ODD).

Pour Dr Morissanda Kouyaté, ministre des Affaires étrangères, cette position offrira à la Guinée « un rôle actif dans la définition des priorités financières globales » et dans la recherche de solutions durables pour les pays du Sud.

Séville, un tournant pour les ODD

À seulement cinq ans de l’échéance des ODD, le monde fait face à un déficit annuel estimé à 4 000 milliards de dollars pour atteindre ses objectifs. António Guterres, Secrétaire général de l’ONU, a appelé à des solutions novatrices : allègement de la dette, meilleure mobilisation des ressources internes et coopération fiscale renforcée.

Le Roi Felipe VI d’Espagne, hôte de la conférence, a invité les participants à faire de Séville un point d’inflexion vers « des engagements concrets » pour un multilatéralisme efficace.

À Séville, la Guinée s’affirme à la conférence mondiale sur le financement du développement

Séville, Espagne – Le Premier ministre guinéen a représenté, ce dimanche 30 juin 2025, le président Mamadi Doumbouya à la 4ᵉ Conférence internationale sur le financement du développement, organisée par l’Organisation des Nations Unies. L’événement réunit près de 70 chefs d’État et de gouvernement, ainsi que 4 000 délégués issus des institutions financières internationales, du secteur privé et de la société civile.

Dans la capitale andalouse, le chef du gouvernement guinéen a été convié au dîner officiel offert par le Roi Felipe VI d’Espagne et la Reine Letizia, en l’honneur des dirigeants présents à ce sommet stratégique sur le financement du développement.

Une délégation guinéenne engagée sur les réformes économiques mondiales

La délégation guinéenne, conduite par le Premier ministre, comprend plusieurs figures clés du gouvernement :

  • Dr Morissanda Kouyaté, ministre des Affaires étrangères,

  • Mourana Soumah, ministre de l’Économie et des Finances,

  • Facinet Sylla, ministre du Budget,

  • Ismael Nabé, ministre du Plan et de la Coopération internationale,

  • Rose Pola Pricemou, ministre des Postes et de l’Économie numérique,

  • ainsi que les ambassadeurs Mohamed Dabo (ONU) et Famoi Mara (Espagne).

La Guinée entend jouer sa partition dans la refonte du système mondial de financement du développement, à travers des propositions axées sur l’équité fiscale, la souveraineté économique et le soutien accru aux pays du Sud.

Le « Compromis de Séville » : une déclaration pour la justice financière

Porté par le Secrétaire général de l’ONU António Guterres, ce sommet vise à combler le déficit annuel de 4 000 milliards de dollars qui freine l’atteinte des Objectifs de développement durable (ODD) dans les pays du Sud.

Le Compromis de Séville, projet de déclaration finale, propose :

  • un triplement des capacités de prêt des banques multilatérales,

  • une coopération renforcée contre l’évasion fiscale,

  • et une représentation accrue des pays en développement dans les instances décisionnelles internationales.