Yéro Baldé : « Un million d’emplois, l’école pour tous et la justice indépendante »

Le stade de Lambanyi, à Conakry, vibrait ce samedi aux couleurs du Front Démocratique de Guinée (FRONDEG). Des milliers de partisans, drapeaux au vent, ont acclamé Abdoulaye Yéro Baldé, candidat à la présidentielle du 28 décembre 2025. Il y a lancé sa campagne autour d’une promesse phare : créer un million d’emplois pour les jeunes dès son premier mandat.

L’ancien ministre de l’Enseignement supérieur, déterminé, a présenté sa vision d’une Guinée « debout ». Selon lui, le pays peut vaincre la pauvreté grâce à ses ressources naturelles et humaines. « Avec ce que Dieu nous a donné, aucune raison ne justifie que notre jeunesse erre sans travail », a-t-il affirmé. Il a cité l’eau, l’agriculture, le tourisme et les mines comme moteurs clés de son projet économique.

Dans son discours, Yéro Baldé a placé l’éducation au cœur de sa stratégie. « Sans une école forte, pas de nation forte », a-t-il martelé. Il veut garantir l’égalité des chances entre zones rurales et urbaines. Il a aussi insisté sur l’éducation des filles, qu’il juge essentielle au progrès national. Les enseignants occuperont une place centrale ; il souhaite qu’ils comptent parmi les fonctionnaires les mieux traités.

Le candidat a ensuite défendu l’indépendance de la justice. « Je donnerai du pouvoir et de la liberté aux magistrats pour que chaque citoyen obtienne justice », a-t-il assuré. Il répond ainsi aux attentes d’un système judiciaire souvent critiqué.

Le social occupe aussi une part importante de son programme. Il veut améliorer le système de santé pour alléger les charges des familles, surtout celles des mères. Il promet aussi un meilleur accès à l’eau, à l’électricité et aux infrastructures de base. « La Guinée a les moyens de répondre aux besoins essentiels de sa population », a-t-il insisté.

Dans un contexte politique tendu, Yéro Baldé a appelé à une campagne apaisée. « Défendons nos idées par des arguments, pas par la provocation », a-t-il exhorté. Pour lui, l’unité nationale reste « plus précieuse que tout ».

Il a également encouragé les électeurs à rester vigilants. « Rien n’est gagné d’avance. Sécurisez vos votes, mobilisez-vous massivement. » Un message clair dans un pays marqué par de longues années de défis démocratiques.

Selon lui, ce scrutin représente une rupture après « 67 ans d’indépendance marqués par l’absence d’eau, d’électricité, d’éducation et d’emploi pour les jeunes ». Il affirme que la pauvreté « n’est pas une fatalité » et que la Guinée peut « émerger sur la scène internationale » d’ici cinq ans.

Face à une population jeune en quête d’avenir, Abdoulaye Yéro Baldé parie sur la transformation du potentiel guinéen en emplois concrets et en services accessibles. Reste à convaincre que la promesse du million d’emplois dépasse le simple slogan et peut devenir le socle d’une Guinée renouvelée.

La HAC fixe les règles pour une couverture médiatique électorale sans dérive

La campagne venait à peine de commencer que déjà, les médias ont été rappelés à l’ordre.
Ce vendredi 28 novembre 2025, le siège de la Haute autorité de la communication a vibré d’un calme tendu. Autour de la table, les responsables des associations de presse et les directeurs de médias privés attendaient les mots du président de la HAC, Boubacar Yacine Diallo.
Ils n’ont pas été déçus : le ton était ferme, l’enjeu clair. La couverture médiatique électorale devra être irréprochable.

Dès les premières minutes, il a posé le cadre.
Les médias privés devront garantir un accès équitable à tous les candidats validés par la Cour suprême. Pas de favoritisme, pas d’antenne offerte à certains et refusée à d’autres. « C’est la loi. C’est la démocratie. » Le message est simple, mais l’avertissement est réel.

Il reconnaît aux médias leur liberté éditoriale. Mais il en rappelle aussitôt les limites.
Liberté, oui.
Déséquilibre, non.
Toute information doit être traitée dans le respect de l’éthique, de la déontologie et surtout de l’équilibre entre candidats. Même les recettes publicitaires doivent s’aligner sur ces principes. Il cite l’exemple ivoirien : un coût de diffusion identique pour chaque candidat. Une façon de couper court aux privilèges achetés.

La salle écoute. Certains acquiescent. Car le président n’en est pas à sa première mise en garde.
Il rappelle les sanctions prises lors du référendum. Et prévient : toute violation sera sanctionnée sans délai. « Durant une campagne, tout peut basculer très vite », souffle-t-il. Chacun mesure le poids de ces mots.

Émissions interactives et risques de dérapage

La HAC s’attaque ensuite à un point sensible : les émissions interactives, ces rendez-vous quotidiens qui façonnent l’opinion.
Désormais, les auditeurs ne pourront plus faire de la propagande pour ou contre un candidat. L’interdiction est nette. Les émissions restent autorisées, mais elles devront être solidement encadrées.

Autre source de dérive : les interventions de personnes affirmant parler au nom d’un candidat. « Vérifiez, exigez un mandat clair. »
Le président dénonce ces individus qui s’improvisent représentants, parfois pour escroquer, parfois pour manipuler les antennes. La HAC veut mettre fin à ce désordre.

L’intelligence artificielle dans le viseur

Puis vient un sujet nouveau, mais central : l’usage de l’intelligence artificielle.
Boubacar Yacine Diallo ne laisse aucune zone grise.
La diffusion d’images truquées, de sons manipulés ou de propos générés par IA est désormais strictement interdite. Trop de risques pour la vérité. Trop de dangers pour la campagne.
Et les médias devront surveiller leurs plateformes numériques avec autant de sérieux que leurs antennes traditionnelles.

Dans un dernier appel, presque solennel, il rappelle la mission première de la presse.
Exemplarité. Neutralité. Rigueur.
« Tous les candidats sont Guinéens. Tous aspirent à diriger le pays. Vous devez garantir une information équilibrée et crédible. »

Dans cette salle silencieuse, chacun comprend : la couverture médiatique électorale ne sera pas un simple exercice journalistique. Ce sera un test de responsabilité, un défi démocratique.

Une campagne électorale sous contrôle militaire

CONAKRY – Quatre ans après son coup d’État, le général Mamadi Doumbouya entame sa conquête légitime du pouvoir. Ce vendredi 28 novembre marque le coup d’envoi officiel de la campagne pour l’élection présidentielle du 28 décembre en Guinée, un scrutin dont le chef de la junte part grand favori face à huit adversaires politiques marginalisés ou inexpérimentés.

Le paradoxe est saisissant : celui qui avait promis de « rendre le pouvoir aux civils » après son putsch de septembre 2021 se présente aujourd’hui en candidat, bénéficiant de tous les avantages du pouvoir en place. Les poids lourds historiques de la politique guinéenne – Cellou Dalein Diallo, Sidya Touré et Alpha Condé – ont été écartés de la course par des « raisons juridiques », tandis qu’un jeune opposant, Aliou Bah, croupit en prison.

Une campagne sous contrôle

La situation atteint son comble dans l’organisation même de la campagne : le Premier ministre Bah Oury, en fonction, dirigera personnellement la campagne du général Doumbouya, assisté de deux ministres. Les autorités justifient cette implication en affirmant que « le gouvernement restera loin des débats », un argument qui peine à convaincre sur la neutralité de l’État.

Le chef de la junte pourra également compter sur le soutien du mouvement « Génération pour la modernité et le développement » (GMD), dont les initiales correspondent étrangement à celles du général, créant une ambiguïté soigneusement entretenue.

Des candidats sans envergure

Face à lui, huit candidats se présentent sans véritable espoir de victoire. Parmi eux, trois novices en politique – Mohamed Chérif Tounkara, Mohamed Nabé et Abdoulaye Yéro Baldé – et cinq autres qui n’ont jamais dépassé 4% des suffrages dans leurs tentatives précédentes.

Une innovation notable : l’octroi d’une subvention étatique de 2 milliards de francs guinéens (environ 200 000 euros) à chaque candidat, une première dans l’histoire du pays. Une mesure qui ne suffira probablement pas à compenser le déséquilibre fondamental de cette campagne.

Le scrutin s’annonce comme la consécration démocratique d’un pouvoir militaire déterminé à se maintenir, quatre ans après avoir renversé le régime d’Alpha Condé au nom de la lutte contre « la confiscation du pouvoir ».

Yéro Baldé lève le voile sur le financement public de sa campagne

CONAKRY – Alors que la plupart des candidats à l’élection présidentielle du 28 décembre ont gardé le silence, Abdoulaye Yéro Baldé a fait le choix de la transparence. Le candidat du Front Démocratique de Guinée (FRONDEG) a annoncé, ce jeudi 27 novembre, avoir reçu de la Direction Générale des Élections (DGE) un chèque de 2 milliards de francs guinéens au titre de l’aide publique aux campagnes électorales.

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Cette subvention, remise mercredi 26 novembre à ses représentants par la directrice générale des élections Djénabou Touré, s’inscrit dans le cadre de l’article 274 du Code électoral. Elle vise à permettre aux candidats « d’aborder la campagne dans de bonnes conditions », selon les termes de la DGE.

Un engagement de transparence

Dans une déclaration officielle, le candidat Baldé a tenu à rassurer sur l’utilisation de ces fonds publics. « Ces ressources provenant directement des contribuables guinéens seront gérées avec la plus grande rigueur et dans une transparence totale », a-t-il affirmé.

Le candidat s’est engagé à ce que « chaque dépense effectuée dans le cadre de notre campagne réponde aux principes d’intégrité et de responsabilité », faisant de cette gestion vertueuse un avant-goût de la gouvernance qu’il promet s’il est élu.

Une aide complémentaire pour vulgariser le projet de société

Cette manne publique de 2 milliards GNF viendra « en complément aux ressources déjà mobilisées par le candidat et ses équipes », précisant qu’elle contribuera notamment à « la vulgarisation du projet de société » du FRONDEG.

Le parti a profité de cette annonce pour réitérer son attachement aux principes de « transparence et de redevabilité » qu’il souhaite placer au cœur de l’action gouvernementale, estimant cette approche « essentielle pour garantir que les ressources mobilisées par l’État profitent réellement aux populations ».

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Alors que les autres candidats ont préféré ne pas révéler le montant reçu, la démarche de Yéro Baldé contraste avec l’opacité habituelle entourant le financement des campagnes électorales en Guinée, marquant peut-être un tournant dans les pratiques politiques nationales.

l’État débloque l’argent de la campagne présidentielle

CONAKRY – L’État a officiellement mis la main à la poche pour soutenir la campagne présidentielle. Ce mardi 25 novembre, conformément au Code électoral, l’aide financière publique a été remise aux différents candidats en lice pour l’élection du 28 décembre prochain. Une cérémonie protocolaire, présidée par la directrice générale des élections, Djenabou Touré, qui marque l’entrée dans la phase active de la compétition électorale.

Cet appui de l’État, dont le montant n’a pas été dévoilé au public, est destiné à permettre aux candidats « d’aborder la campagne dans de bonnes conditions », selon les explications de la DGE. Son octroi est strictement encadré par les articles 274, 281, 282 et 283 du Code électoral, qui définissent les conditions d’attribution et les obligations de justification des dépenses, afin de garantir une utilisation transparente des fonds publics.

Une cérémonie sous le signe de l’apaisement

Si les sommes distribuées restent confidentielles, l’ambiance, elle, a été rendue publique. À l’issue de la rencontre, il a été rapporté que

« les candidats ont unanimement salué l’impartialité de la Directrice générale des élections et la transparence dont elle fait preuve dans la conduite du processus électoral en cours ».

Cette note de satisfaction générale, rare dans un contexte électoral souvent tendu, pourrait signaler une trêve apaisée au sein de la classe politique, du moins en ce qui concerne la gestion technique du processus. La DGE, Djenabou Touré, apparaît ainsi comme un pivot de confiance dans une période cruciale pour la démocratie guinéenne.

Un cadre légal pour une campagne sous surveillance

Le fait que les montants n’aient pas été divulgués, bien que conforme à la pratique, laisse planer une certaine opacité sur l’équité financière de la campagne à venir. Cependant, le cadre légal impose une reddition des comptes a posteriori, qui permettra de s’assurer que l’argent public a bien été utilisé pour financer les activités de campagne et non à d’autres fins.

Cette étape formelle lance officiellement la course au financement de la campagne. Elle place tous les candidats sur une ligne de départ partagée, tout en laissant dans l’ombre les disparités potentielles que pourraient combler les financements privés.

Cellou Dalein Diallo porte plainte contre l’État Guinéen devant la CEDEAO

CONAKRY – L’opposant historique Cellou Dalein Diallo intensifie son action juridique à l’international. Ce lundi 24 novembre 2025, ses avocats ont saisi la Cour de justice de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Ils défendent deux affaires emblématiques : la démolition de sa résidence à Dixinn en 2022 et le dossier judiciaire lié à l’ancienne compagnie Air Guinée.

Les conseils accusent l’État guinéen de violer les droits fondamentaux de leur client. Ils demandent à la Cour de constater la « spoliation » de son domicile et de juger la procédure de la CRIEF dans l’affaire Air Guinée comme abusive.

Un recours motivé par l’absence de garanties juridiques

Cette saisine s’inscrit dans une stratégie plus large. Elle fait suite à un premier recours déposé le 5 novembre, concernant le refus de l’inscrire sur les listes électorales. La défense explique que la justice locale ne peut garantir un procès équitable.

« Les recours internes n’ont aucune chance de prospérer, compte tenu de l’absence de garanties juridiques en Guinée », affirment les avocats. Selon eux, les procédures engagées contre Cellou Dalein Diallo relèvent d’un véritable déni de justice.

Face à cette impasse, ses avocats estiment qu’il doit « passer à une phase supérieure ». Ils dénoncent une « violation persistante » de ses droits et affirment que « l’État guinéen a enfreint les droits de l’homme reconnus à Monsieur Diallo par la loi nationale et les instruments juridiques internationaux ».

La décision finale appartient désormais à la Cour de la CEDEAO. Elle doit constater le harcèlement politico-judiciaire dont il est victime et en tirer toutes les conséquences. Cette décision sera suivie de près par la classe politique ouest-africaine.

Bah Oury, l’Architecte de la Légitimation

CONAKRY – Dans le paysage médiatique guinéen, le Premier ministre Bah Oury est désormais plus qu’un chef de gouvernement ; il est devenu le narrateur en chef d’une candidature qui cherche sa légitimité. Depuis sa nomination à la tête de la campagne du candidat Mamadi Doumbouya, il multiplie les plateaux, martelant un argumentaire où le bilan et la peur du chaos se mêlent pour justifier l’inattendu.

L’exercice est délicat : il s’agit d’expliquer pourquoi le général Doumbouya, qui s’était engagé à ne pas se présenter après le coup d’État du 5 septembre 2021, brigue aujourd’hui la présidence. Face à la caméra de Télésud, Bah Oury a esquivé le paradoxe pour forger une nouvelle vérité. Il a évoqué des « échanges personnels » avec le chef de l’État, invoquant un « engagement patriotique » supérieur. Le souvenir des « liesses de joie » de 2021 est convoqué non pas pour rappeler une promesse, mais pour souligner que le pays a « connu une évolution ».

Le bilan et la pression régionale : les deux piliers de la justification

Le premier pilier de son plaidoyer est celui des réalisations. Il dresse un portrait flatteur du régime, évoquant un bilan « particulièrement élogieux » en matière de transformations économiques, sociales et de réformes. Selon lui, ce sont ces succès qui auraient poussé les Guinéens à « solliciter expressément » la candidature de Doumbouya, présentant sa décision comme une réponse à un appel populaire.

Le second pilier, plus stratégique, est géopolitique. Le Premier ministre a brandi la carte de l’instabilité régionale. « Nous sommes voisins de pays qui sont dans une situation particulièrement difficile », a-t-il argué, dans une référence à peine voilée au Mali, au Burkina Faso et à la Guinée-Bissau. Dans ce contexte, assurer la stabilité de la Guinée et consolider les réformes deviendrait un impératif qui dépasse les « considérations personnelles » du chef de l’État. La candidature de Doumbouya n’est plus un choix, mais une nécessité de sécurité nationale.

La promesse de 2021, sacrifiée sur l’autel de la « raison d’État »

Le récit est ainsi construit : face à l’urgence, l’engagement personnel doit s’effacer. Bah Oury l’a clairement affirmé : « ces arguments ont prévalu sur les considérations personnelles et individuelles » du lendemain du 5 septembre. L’ancienne promesse est ainsi reléguée au rang d’anecdote face à la grande histoire de la stabilité et de la continuité.

En se faisant le porte-voix de cette nouvelle ligne, Bah Oury ne défend pas seulement un candidat ; il tente de réécrire la genèse de cette candidature. Il transforme une décision politique controversée en un acte de salut public, où la raison d’État vient silencieusement remplacer la parole donnée. Le débat n’est plus sur la rupture d’un engagement, mais sur la gestion d’un risque. Un changement de narratif aussi audacieux que crucial pour la suite.

Yéro Baldé et la Marche Guinéenne vers l’Espoir

CONAKRY – Samedi dernier, l’air autour du siège du Front démocratique de Guinée (Frondeg) était différent. Chargé non pas de la tension politique habituelle, mais d’une énergie palpable, celle de l’espérance. Une marée humaine de militants et de sympathisants s’y était donné rendez-vous, répondant à l’appel de l’ancien ministre et candidat à la présidentielle, Abdoulaye Yéro Baldé. Et devant cette foule acquise à sa cause, le leader a dessiné les contours d’une Guinée rêvée, mais qu’il présente comme à portée de main.

La scène était plus qu’un meeting ; c’était un symbole. Visiblement ému par l’affluence, Yéro Baldé y a vu la confirmation d’une intuition profonde. « La présence massive des militants et sympathisants m’a profondément touché et confirmé une conviction : la Guinée est prête pour un nouveau départ », a-t-il lancé, faisant de ce rassemblement bien plus qu’un show politique, mais le symptôme d’une nation entière en quête de renouveau.

Le Serment d’une « Guinée Normale »

Face à son auditoire, le candidat n’a pas seulement fait des promesses, il a planté le décor d’une vie quotidienne transformée. Il a parlé d’une « Guinée normale ». Deux mots, simples, mais qui résonnent comme une ambition forte après des années de turbulences.

Dans cette Guinée qu’il appelle de ses vœux, l’éducation est de qualité, la santé est digne et l’agriculture, modernisée, « devient enfin productive et capable de nourrir notre pays ». C’est un projet de société ancré dans le concret, qui s’adresse directement aux préoccupations des familles.

Une Ambition pour Tous : Jeunes, Femmes, Familles

Le récit d’Abdoulaye Yéro Baldé a ensuite pris l’ampleur d’un projet national. Il a dépeint une nation où l’exil n’est plus une fatalité pour la jeunesse, une terre où les femmes « avancent avec les mêmes opportunités », et où chaque foyer « retrouve la sérénité, la dignité et l’espoir ». Un discours qui cherche à reconstruire le pacte social et à redonner de la fierté.

« Votre mobilisation est un signal fort », a-t-il asséné, transformant l’enthousiasme de la foule en légitimité politique. « Elle dit clairement que notre peuple aspire à un changement sérieux, crédible et porté par le travail, la rigueur et l’intégrité. »

Avant de se quitter, dans une atmosphère de communion, le candidat a chaleureusement remercié ses partisans. Il a scellé ce moment par une promesse, devenue slogan : « ensemble, nous bâtirons une Guinée fière et digne qui construit son avenir ». Le chapitre de la campagne est ouvert, et Yéro Baldé en a écrit les premières lignes avec les visages de ceux qui croient en son histoire.

Le coup de balai de Mamadi Doumbouya

CONAKRY – Le président de la Transition, le général Mamadi Doumbouya, a procédé à un remaniement ciblé du corps diplomatique guinéen. Par décret rendu public ce mercredi, trois nouveaux ambassadeurs ont été désignés pour porter les couleurs de la Guinée à l’étranger, signe d’une reprise en main stratégique des représentations extérieures.

Trois visages pour incarner la nouvelle diplomatie guinéenne

Parmi les nominés figure une personnalité bien connue du paysage politique : Aïcha Nanette Conté, ancienne ministre, hérite du portefeuille délicat de l’Union européenne. Elle représentera également la Guinée auprès de la Communauté européenne de l’énergie atomique, tout en cumulant ces fonctions avec celle d’ambassadrice en Belgique. Un poste clé qui exigera de naviguer avec finesse dans les arcanes bruxelloises.

Nassan Kaba, ancienne contrôleur général de la police, reçoit une mission sensible : représenter Conakry en Libye. Un pays en reconstruction où les enjeux sécuritaires et migratoires sont brûlants. Son profil issu des forces de l’ordre pourrait s’avérer précieux dans ce contexte volatile.

Enfin, Daouda Soumah, jusqu’alors chargé d’affaires, voit sa position régularisée et élevée au rang d’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire auprès du Gabon. Une promotion qui récompense sans doute un travail discret mais efficace dans ce pays frère.

Une diplomatie en recomposition

Ces nominations s’inscrivent dans la « dynamique de réorganisation » engagée par les autorités de la Transition. Après des mois de stabilité relative, le pouvoir opère un mouvement ciblé, visant des postes aussi bien stratégiques (Union européenne) que sensibles (Libye).

Le message est clair : la Guinée de la Transition entend affirmer sa présence sur la scène internationale avec des profils expérimentés, capables de défendre ses intérêts dans un contexte régional et international complexe.

Ces ambassadeurs incarneront désormais la nouvelle diplomatie guinéenne – une diplomatie qui se veut sans doute plus offensive, plus technique, et résolument tournée vers l’avenir. Leur tâche sera de taille : faire entendre la voix de Conakry dans un monde en pleine recomposition.

Le CNT ne paie pas ses factures d’électricité : simple constat ou véritable scandale ?

Conakry,  lundi 17 novembre. La confidence est tombée dans l’hémicycle comme un couperet. Facinet Sylla, ministre du Budget, face aux conseillers nationaux, a levé un coin du voile sur un paradoxe troublant : ceux qui font les lois sont parfois les premiers à les enfreindre. Le Conseil national de la transition (CNT) lui-même ferait partie des mauvais payeurs de l’Electricité de Guinée (EDG).

« On a bien électrifié cet édifice avec toutes ces lampes, même de l’avion, on peut voir le Palais du peuple, mais les factures ne sont pas payées », a lâché le ministre, sous les regards sans doute embarrassés de certains élus. La remarque, apparemment improvisée, sonne comme une mise en cause directe de l’institution censée incarner la moralisation de la vie publique.

Le Palais du peuple dans le noir ?

La solution proposée par le ministre a de quoi surprendre par sa radicalité : « Peut-être que EDG, dans son efficacité, devait venir couper le courant ici. C’est tout ce qu’il lui reste à faire. » Une suggestion qui en dit long sur l’exaspération face à des pratiques ancrées depuis des décennies.

Pendant que le ministre s’exprimait, les luminaires du Palais du peuple brillaient de tous leurs feux. Ironie du sort : cette électricité qui illumine la démocratie guinéenne ne serait pas entièrement payée. Le symbole est fort, peut-être même trop.

Gando Barry, le converti de l’énergie

Face à ce constat accablant, Facinet Sylla a tenu à rendre un homnage appuyé à Gando Barry, le directeur général d’EDG. Un « monsieur qui a passé toute sa carrière dans le secteur du budget et de l’économie », et que le président Mamadi Doumbouya a « bien fait de choisir ».

Les chiffres avancés sont éloquents : le recouvrement est passé « de moins de 1 million de dollars à presque 6 millions de dollars ». Une performance qui permettrait de « diminuer la charge que l’État supporte à travers son budget par des subventions ».

Une mentalité de la gratuité

Mais au-delà des institutions, c’est toute une mentalité que le ministre dénonce. « Dès que c’est l’État qui produit quelque chose, ça doit être gratuit », constate-t-il, amer. Pire : « Si vous ne trichez pas, on dit que vous êtes un maudit dans les quartiers. »

Le tableau dressé est sans appel : complicité d’agents pour éviter la pose de compteurs, refus systématique de s’acquitter des factures, pression sociale contre les « trop honnêtes ». Autant de comportements qui « mettent du temps pour changer ».

L’école, remède ultime ?

La solution, selon le ministre, serait à chercher du côté de l’éducation : « Ce changement commence dès l’école primaire jusqu’à l’université. » Un aveu que la bataille des mentalités ne se gagnera pas en un seul mandat.

Alors que la Guinée tente de se reconstruire après des années de transition, la question des factures impayées du CNT pourrait sembler anecdotique. Elle est pourtant symptomatique d’un mal plus profond : la difficulté à instaurer une culture de redevabilité, même au plus haut niveau de l’État.

Entre les lumières du Palais du peuple et les factures dans l’ombre, la Guinée devra choisir. La transition sera-t-elle seulement politique, ou aussi morale ? La réponse, peut-être, se trouve dans le prochain relevé de compteur.

Présidentielle guinéenne : Yéro Baldé dévoile son état-major de campagne

Conakry, ce mardi 18 novembre 2025. L’équation présidentielle commence par l’art de choisir ses lieutenants. Abdoulaye Yéro Baldé, candidat à l’élection du 28 décembre, vient de dévoiler les premiers noms de son état-major de campagne. Deux hommes, deux profils complémentaires, chargés d’incarner sa promesse d’alternance.

Aboubacar Sidiki Kaba prend les rênes de la direction de campagne. Spécialiste des ressources humaines formé entre le Québec et l’Inde, cet expert en gestion des talents porte un regard de sociologue sur la politique. Docteur en administration, son parcours dans les institutions internationales lui a enseigné une vérité : la performance d’une nation se mesure à sa capacité à faire grandir ses talents.

À ses côtés, Joseph Maxime Bilivogui endosse le rôle de directeur adjoint. L’homme est un enfant de l’économie réelle. Entrepreneur minier, président d’Everest Holding S.A., il connaît le poids des investissements et le langage des chantiers. Son engagement en faveur de la jeunesse, à travers la CJDD, dessine les contours d’une conviction : l’entreprise doit être une école de leadership.

La compétence au service de l’alternance

Le choix de ces deux techniciens n’est pas anodin. Il dessine une campagne qui veut se penser comme un projet de gouvernance. Kaba l’organisateur et Bilivogui l’entrepreneur forment un binôme improbable mais cohérent. L’un incarne l’expertise managériale, l’autre la puissance économique.

Leur mission ? Transformer l’essai d’une candidature encore peu connue en une alternative crédible. Ils devront coordonner les actions stratégiques, politiques et opérationnelles pour porter ce projet de « transformation politique, économique et sociale » que Yéro Baldé appelle de ses vœux.

Une campagne générationnelle

Dans les coulisses, on présente cette équipe comme l’incarnation d’une « dynamique d’ouverture ». La campagne veut surfer sur l’énergie de la jeunesse et des femmes, ces forces vives qui « nourrissent l’espoir d’une Guinée de progrès et de responsabilité ».

Le programme reste encore à préciser, mais les grandes orientations sont déjà tracées : justice sociale, transparence, développement inclusif. Autant de concepts qui résonnent comme une antithèse des pratiques politiques traditionnelles.

Alors que la Guinée s’apprête à vivre un scrutin décisif, la nomination de ces deux directeurs de campagne marque le premier acte concret d’une candidature qui se veut technocratique et générationnelle. Reste à savoir si cette équipe, compétente sur le papier, saura trouver les mots pour émouvoir l’électorat. Le temps de la stratégie commence maintenant.

Cellou Dalein Diallo boycotte la présidentielle guinéenne

L’opposant historique Cellou Dalein Diallo a exclu toute participation de son parti à la présidentielle de décembre 2025. Lors d’un meeting à Paris, il a qualifié le scrutin de « mascarade » et a affirmé que l’UFDG ne soutiendra aucun candidat.

Devant ses partisans réunis dans la capitale française, il a été catégorique : « L’UFDG ne s’associera pas à cette mascarade. Nous ne participerons ni directement, ni indirectement ». Ces propos confirment la position du parti face au processus électoral.

« Perdre notre âme »

Cellou Dalein Diallo a expliqué sa décision en dénonçant un processus qu’il juge illégitime. « Si nous nous associons à cette mascarade, à cette confiscation du pouvoir, nous allons perdre notre âme », a-t-il insisté. Il a rappelé que l’UFDG maintient sa position depuis le référendum controversé.

Se présentant en défenseur des valeurs démocratiques, il a ajouté : « Nous sommes des démocrates convaincus. Nous n’allons pas participer à l’enterrement de la démocratie et de la liberté publique dans notre pays ».

Un scénario déjà écrit

L’opposant a suggéré que les résultats de la présidentielle sont connus d’avance. Il les compare à ceux du référendum boycotté par son parti, mais qui avait enregistré officiellement 91 % de participation et 89,3 % de votes favorables.

Pour lui, la seule solution pour restaurer la démocratie en Guinée reste « le départ de la junte ». Il a appelé les Guinéens à se mobiliser autour de « la liberté, la justice et la démocratie ». Selon lui, l’UFDG sera en première ligne de ce combat.

Cette prise de position ferme survient alors que neuf candidats sont en lice pour le scrutin du 28 décembre 2025. L’opposition historique, par sa décision, continue donc de bouder l’élection.

Amadou Thierno Diallo conteste son exclusion de la liste finale

CONAKRY. – C’est un rejet qui laisse perplexe. Amadou Thierno Diallo, candidat de l’UGD-Synthèse à l’élection présidentielle du 28 décembre, ne figure sur aucune liste officielle. Pas parmi les candidats validés. Pas parmi les irrecevables. Pas même parmi ceux qui se sont retirés. Un vide administratif qui, pour l’ancien ministre de la Coopération internationale, équivaut à une exclusion délibérée.

Dans un communiqué publié ce jeudi 13 novembre, l’homme politique exprime son incompréhension face à la décision de la Cour suprême. Celle-ci a justifié son rejet en estimant que « le nom et le prénom d’une personne ne constituent pas un élément déterminant » – un argument juridique qui laisse l’intéressé dubitatif. « Je ne comprends pas la motivation de la Cour », confie-t-il, y voyant « la volonté manifeste d’exclure » sa candidature.

Une absence qui interroge

Le cas Diallo est singulier. Alors que la Cour suprême a rendu publique sa liste définitive de neuf candidats, l’ancien ministre se retrouve dans un angle mort procédural. Son dossier n’a été classé ni comme recevable, ni comme irrecevable. Cette absence totale de mention soulève des questions sur les véritables motifs de son éviction.

Pourtant, l’intéressé affirme avoir « pleinement satisfait à tous les critères exigés par la Constitution ». Son exclusion ne serait due « ni à une incompétence ni à une incapacité », mais relèverait d’un choix politique déguisé en décision technique.

La sagesse d’un vieux routier de la politique

Face à cette déconvenue, Amadou Thierno Diallo a choisi la retenue. Loin des sorties incendiaires habituelles, le responsable politique affiche son respect des institutions. « En tant que citoyen respectueux des institutions, je tiens à affirmer mon respect total pour la décision de la justice nationale », déclare-t-il, appelant ses partisans à « rester mobilisés, unis et confiants ».

Cette modération n’est pas sans arrière-pensée. En évitant la confrontation directe, l’ancien ministre préserve son capital politique et sa crédibilité d’homme d’État. Un calcul stratégique qui pourrait s’avérer payant dans l’après-élection.

L’avenir en pointillé

Si Diallo s’incline, il ne renonce pas. « Ce rejet n’est pas la fin de notre parcours au service du peuple de Guinée », promet-il, laissant entendre que son engagement politique se poursuivra sous d’autres formes. Reste que son éviction crée un précédent inquiétant pour la démocratie guinéenne.

L’homme espère que « cet arrêt ne servira pas de jurisprudence », conscient que l’interprétation donnée par la Cour pourrait à l’future fragiliser d’autres candidatures. En s’exprimant avec mesure mais fermeté, Amadou Thierno Diallo pose en gardien vigilant des règles du jeu démocratique. Son silence, désormais, pèse autant que ses mots.

Présidentielle guinéenne : la Cour suprême valide l’ultime liste de 9 candidats

CONAKRY. – Le verdict est tombé dans la nuit du mercredi 12 novembre, mettant un terme définitif aux incertitudes qui planaient sur la présidentielle guinéenne. La Cour suprême a rejeté l’ensemble des recours déposés par les candidats recalés, validant ainsi une liste finale de neuf prétendants à la succession. Parmi eux, le chef de la transition, le Général Mamadi Doumbouya, et huit autres personnalités politiques, dont une femme, Makalé Camara.

La décision, rendue en audience publique, clôt une bataille juridique intense. Sur les trente-cinq dossiers initialement rejetés, dix-huit avaient fait l’objet de réclamations. Aucune n’a été jugée fondée. Le premier président de la Cour et ses conseillers ont confirmé la validité de l’arrêt n°001 du 8 novembre, estimant que les conditions légales n’étaient pas remplies par les postulants écartés.

Une campagne à neuf voix

Les noms des candidats autorisés à concourir le 28 décembre sont désormais officialisés :

  • Abdoulaye Yéro Baldé

  • Makalé Camara

  • Ibrahima Abe Sylla

  • Faya Lansana Millimouno

  • Abdoulaye Kourouma

  • Mohamed Nabé

  • El Hadj Bouna Keïta

  • Mamadi Doumbouya

  • Mohamed Chérif Tounkara

Cette liste, réduite mais diversifiée, ouvre une campagne électorale où l’actuel président de la transition, Mamadi Doumbouya, fera figure de favori. L’inclusion de Makalé Camara, seule femme dans la course, reste symbolique dans un paysage politique encore très masculin.

La fin des contestations

La Cour a notifié son arrêt à la Direction générale des élections (DGE) et à l’Organisation des nations du Sahel (ONASUR), garantissant ainsi la transmission officielle de la liste définitive. Pour les candidats évincés, plus aucune voie de recours n’est possible. Le processus électoral entre maintenant dans sa phase opérationnelle, avec moins de six semaines pour convaincre un électorat guinéen en attente de stabilité et de perspectives.

Alors que la Guinée s’achemine vers un scrutin historique, destiné à tourner la page de la transition, la campagne s’annonce intense. Les neuf candidats devront faire preuve de pédagogie et de transparence pour rassurer une population meurtrie par les crises successives. La balle est désormais dans le camp des électeurs.

Simandou : La promesse d’acier du président Doumbouya

FORECARIAH. Ce mardi 11 novembre, l’air de Morebaya est chargé d’histoire et de poussière rouge. Sur cette terre guinéenne qui recèle l’un des plus grands trésors ferreux de la planète, le ministre Djiba Diakité se fait le messager d’une confidence présidentielle. Devant les officiels et les partenaires du mégaprojet Simandou, il révèle la phrase serment, celle qui plane désormais sur ces collines minérales comme un garde-fou.

« Monsieur le président, vous avez dit ceci : ‘Simandou, c’est un bijou pour nous. Si ce n’est pas fait, tel que c’est écrit dans les documents, je le reprendrai.’ »

Ces mots, lâchés le jour de la relance des travaux après l’accord de Shanghai, résonnent comme un mantra dans la chaleur de la préfecture de Forécariah. Le président Mamadi Doumbouya y a inscrit sa ligne rouge, une philosophie de fer qui a guidé les négociations et qui présidera désormais à l’exploitation. « Cette phrase nous guidera durant la phase de construction et d’exploitation », assure le ministre directeur de cabinet, garant de l’orthodoxie contractuelle.

Une souveraineté reconquise

Le lancement officiel de la phase d’exploitation marque l’aboutissement d’un parcours semé d’embûches. « Un jour historique pour le peuple souverain de Guinée », souligne Djiba Diakité, rappelant l’attente « avec espoir depuis des décennies ». Le chemin parcouru en « à peine trois ans, sous le leadership éclairé du président de la République », dessine les contours d’une nouvelle ère minière en Afrique de l’Ouest.

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Le 18 mars 2023, le démarrage des travaux ferroviaires et portuaires sous la direction du chef de l’État sonnait déjà comme une révolution. « Une preuve éloquente que notre pays a clairement choisi une nouvelle voie », martèle le président du comité stratégique de Simandou. Cette voie, c’est celle de « la mise en œuvre de nos minéraux pour le bien-être », une souveraineté retrouvée après des années de concessions souvent déséquilibrées.

La transformation locale, ligne rouge

La vision minière de Mamadi Doumbouya, dévoilée dès le 16 décembre 2021 lors d’une rencontre avec les sociétés minières, repose sur un principe intangible : « le juste équilibre entre les intérêts des investisseurs et ceux de la Guinée ». Un équilibre qui passe par une exigence désormais non négociable : « la transformation locale des minéraux ».

« Nous devons accroître la chaîne de valeurs dans notre pays », insiste Djiba Diakité, rappelant que le respect des normes environnementales, sociales et gouvernementales fait partie intégrante de ce nouveau contrat social minier. Le comité stratégique veille au « strict respect de la mise en œuvre du contenu des documents contractuels », un engagement solennel pris « dans l’intérêt du peuple souverain de Guinée et des partenaires industriels, dans un esprit gagnant-gagnant ».

Alors que les premiers convois de minerai s’apprêtent à quitter les flancs de Simandou, la promesse d’acier du président continue de planer sur les installations. Un bijou qui, pour la première fois, pourrait vraiment briller pour ceux qui en sont les propriétaires légitimes.

le PEDN contre-attaque après le rejet de Kouyaté

CONAKRY – Le Parti de l’Espoir pour le Développement National (PEDN) ne baisse pas les bras. Quelques heures après l’annonce du rejet de la candidature de son leader, Lansana Kouyaté, à l’élection présidentielle du 28 décembre, le parti a fait savoir, par la voix de son porte-parole Mohamed Cissé, qu’il engageait sans délai une bataille juridique pour inverser la décision.

« Nous avons tous pris connaissance de l’arrêt rendu par la Cour suprême dans la nuit du 08 novembre 2025, déclarant provisoirement irrecevable la candidature de Lansana Kouyaté », a déclaré Mohamed Cissé, avant d’ajouter : « Le délai de recours est ouvert, et l’avocat du parti est pleinement mobilisé pour entreprendre toutes les démarches nécessaires. »

Une réaction rapide, qui s’appuie sur l’article du Code électoral accordant 72 heures aux candidats éconduits pour introduire un recours. La Cour suprême, elle, aura ensuite 48 heures pour examiner la requête et trancher.

Un appel au calme, une base mobilisée

Dans ce communiqué officiel, le PEDN a également tenu un discours de fermeté et d’apaisement à l’égard de ses militants. « Nous vous invitons au calme, à la discipline, et à poursuivre le travail de terrain », a lancé le porte-parole, insistant sur la nécessité de « rester unis, sereins et déterminés autour de notre candidat et de notre idéal commun pour la Guinée ».

Un message soigneusement calibré, alors que la décision de la Cour suprême pourrait créer des tensions sur le terrain. Le parti choisit, pour l’instant, de jouer la carte de la légitimité procédurale plutôt que celle de la contestation frontale.

La présidentielle guinéenne dans l’attente

Ce rejet – encore provisoire – de la candidature de l’ancien Premier ministre Lansana Kouyaté représente un coup dur pour l’opposition et un tournant dans la campagne. Tous les regards sont désormais braqués sur la Cour suprême, qui devra, dans un délai très contraint, examiner le recours du PEDN et d’autres candidats concernés par des irrecevabilités.

La suite dépendra de sa décision : soit elle valide le rejet et prive le scrutin d’une figure historique, soit elle revient sur sa position et rouvre la course à un candidat qui dispose d’une assise politique non négligeable. Dans les deux cas, la présidentielle guinéenne vient de connaître son premier rebondissement majeur.

Présidentielle en Guinée : L’étrange disparition des grands noms

CONAKRYLe lundi 3 novembre, alors que les portes de la Cour suprême se fermaient sur la période de dépôt des candidatures, un constat s’imposait : la présidentielle du 28 décembre se jouera sans une grande partie de ses têtes d’affiche habituelles. Une page se tourne, laissant place à un paysage politique redessiné, où les absences parlent aussi fort que les présences.

Les présents et les fantômes

Ils étaient là, sous les projecteurs. Le Général Mamadi Doumbouya, chef de la transition, a officialisé son entrée en lice dans un apparat calculé. À ses côtés, des noms familiers de la scène politique – Oumane Kaba, Lansana Kouyaté, Faya Millimouno – ont déposé leurs dossiers, espérant incarner une alternative.

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Mais dans ce tableau, les silhouettes manquantes creusent un vide saisissant. Où est Cellou Dalein Diallo, l’opposant historique, contraint à l’exil ? Où est Sidya Touré, pourtant réhabilité, mais désormais frappé par la nouvelle barrière constitutionnelle des 80 ans ? Leurs noms, qui ont rythmé les joutes électorales des deux dernières décennies, brillent ce jour par leur absence.

Les exclus du jeu politique

Les absences ne sont pas seulement le fait de l’exil ou de l’âge. Elles sont aussi le résultat de sanctions administratives et de recompositions stratégiques. Le RPG Arc-en-ciel, l’ancien parti au pouvoir d’Alpha Condé, reste suspendu par le ministère de l’Administration du Territoire. Son silence est celui d’une machine politique mise sous cloche.

Quant à Mamadou Sylla, l’ancien chef de file de l’opposition qui avait contesté le troisième mandat d’Alpha Condé en 2020, il renonce à son tour. Son parti, l’UDG, a évoqué des matériels de campagne bloqués à la frontière. Une explication qui cache peut-être une lecture plus stratégique d’un contexte devenu hostile.

L’incertitude persiste

Pour les candidats qui ont franchi le premier obstacle du dépôt de dossier, rien n’est encore gagné. La Cour suprême, gardienne de la constitutionnalité du processus, doit maintenant examiner chaque candidature avec une loupe juridique. Des invalidations restent possibles, susceptibles de modifier une dernière fois la physionomie de la course.

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Cette présidentielle se dessine ainsi comme un moment de bascule. Elle n’opposera pas les figures qui ont structuré la vie politique guinéenne depuis des années. À la place, elle offre l’image d’une arène recomposée, où de nouveaux visages tentent de s’imposer sur les ruines d’un ancien système. Le scrutin du 28 décembre ne sera pas seulement un vote pour un président, mais un référendum sur cette nouvelle donne.

Matériels bloqués, élection ratée : le coup de gueule de l’UDG

L’annonce est tombée, teintée d’amertume et de frustration. Ce mardi 4 novembre, l’Union Démocratique de Guinée (UDG) de Mamadou Sylla a officialisé son forfait pour la présidentielle du 28 décembre. La raison ? Un stock de matériels de campagne, vital pour ses ambitions, bloqué à la frontière sénégalaise depuis mai dernier. Une explication inédite qui jette une lumière crue sur les coulisses souvent opaques de la préparation électorale.

Un parti habitué des joutes électorales contraint à la défection

Par la voix de son vice-président, Elhadj Dembo Sylla, le parti a tenu à rappeler qu’il n’était pas un novice de la scène politique. « Depuis 2010, l’UDG a pris part à toutes les élections nationales », a-t-il souligné, insistant sur les « très bons résultats » engrangés. Une manière d’affirmer que ce retrait n’est ni un aveu de faiblesse, ni un choix stratégique, mais bien une conséquence subie.

La préparation, pourtant, avait été méticuleuse. Fidèle à ses habitudes, le parti s’était tourné vers un fournisseur sénégalais de confiance, un « frère », pour commander les fameux matériels qui avaient fait leur preuve lors des scrutins précédents. « Ces matériels, on les a. Ils ont été commandés, et malheureusement, ils ont été tous bloqués à la frontière guinéo-sénégalaise de Sambaïlo à Koundara depuis mai 2025 », a détaillé Dembo Sylla, pointant du doigt l’incident qui a tout fait basculer.

Des millions engloutis et des démarches dans l’impasse

Le drame de l’UDG se niche dans les détails. Des « millions et des millions » de francs guinéens investis dans des T-shirts, affiches, banderoles et autres supports qui n’ont jamais franchi la frontière. Pire, le parti ignore jusqu’à l’état dans lequel se trouvent ces précieux équipements.

« Malgré ces démarches et les millions de nos francs qui ont été investis (…) nous n’avons pas pu, à ce jour, savoir où se trouvent même ces matériels », a confessé le vice-président, dépeignant une situation kafkaïenne. Toutes les instances du parti – conseil politique, bureau politique, bureau exécutif national – se sont réunies en urgence pour trouver une issue. En vain.

La conséquence inéluctable : un retrait forcé

Face à ce blocage administratif ou douanier dont l’origine reste mystérieuse, l’UDG s’est retrouvée acculée. La logistique, colonne vertébrale de toute campagne électorale dans un pays à la géographie complexe comme la Guinée, faisait défaut.

« Il n’est pas possible pour un parti qui doit s’engager pour la campagne, tous ces matériels déjà saisis dans lesquels il a investi des millions et des millions de nos francs de s’engager », a tranché Dembo Sylla, la voix lourde de regret. C’est donc « en tirant les conséquences » de cette situation bloquée que la formation a pris la décision cruelle de ne pas se présenter.

Un coup dur pour les militants, préparés « tout le long de l’année 2024 à 2025 » et qui se trouvaient « sur les rampes de lancement ». Ce retrait forcé de l’UDG, au-delà du sort d’un parti, interroge sur les conditions pratiques et équitables de la compétition électorale en Guinée, où un convoi bloqué peut suffire à modifier le paysage politique.

Mamadi Doumbouya entre dans l’arène Présidentielle

CONAKRY – Le dernier jour. Celui où les promesses se muent en actes, où les rumeurs se figent dans le marbre de l’histoire. Ce lundi 3 novembre, dans la chaleur accablante de la capitale, le chef de la transition guinéenne, le Général Mamadi Doumbouya, a franchi le pas. Vêtu d’un boubou traditionnel, tissu de rigueur et d’affirmation, il a gravi les marches de la Cour suprême pour y déposer sa candidature à l’élection présidentielle du 28 décembre. Une image forte, presque solennelle, qui clôt un chapitre pour en ouvrir un autre, bien plus incertain.

Une entrée en scène calculée

La scène était réglée au cordeau. Escorté par la garde présidentielle, l’homme fort de Conakry a matérialisé, par sa seule présence, un tournant que beaucoup appelaient de leurs vœux et que d’autres redoutaient dans le silence. Il y a quatre ans, le jeune officier prenait le pays par les armes, promettant une transition et une refondation. Ce lundi, il en a épousé les règles, officiellement devenu un candidat parmi d’autres. Ou presque.

Car derrière ce dépôt de dossier, c’est une marée humaine et institutionnelle qui a déferlé. Une « vaste mobilisation », comme un écho à la pression populaire. La Synergie GMD25, coalition hétéroclite de mouvements citoyens, a orchestré la symphonie des appels. L’Alliance des forces patriotiques (AFP) l’a désigné sans surprise. Plus significatif peut-être, les 368 présidents des délégations spéciales, ces rouages locaux du pouvoir, ont presque tous apporté leur pierre à l’édifice de sa candidature. Ils invoquent, en chœur, le « leadership stabilisateur » de celui qui a su, selon eux, tenir la barre.

Un paysage politique méthodiquement recomposé

Le chemin vers ce lundi historique avait été balisé par les urnes. Le référendum constitutionnel de septembre dernier, approuvé par une écrasante majorité, a servi de sas. La nouvelle Loi fondamentale, en redessinant les règles du jeu, a offert le cadre légal à cette mue du soldat en politicien.

Pourtant, le décor dans lequel le Général Doumbouya fait son entrée n’a plus rien de celui de 2021. Le paysage politique a été méthodiquement recomposé, labouré par la transition. L’annonce, en octobre, de la certification de 51 nouveaux partis politiques – portant le total à 124 formations autorisées – dessine une arène électorale démultipliée, fragmentée. Une stratégie du nombre qui noie les voix dissonantes dans une polyphonie désordonnée.

Dans cette recomposition, certains noms resurgissent. L’UFR de Sidya Touré, désormais réhabilité, reprend sa place sur l’échiquier. D’autres, en revanche, brillent par leur absence. L’UFDG de Cellou Dalein Diallo et le RPG de l’ancien président Alpha Condé, toujours suspendus, voient leurs leaders contraints à l’exil. La nouvelle Constitution, avec sa barrière d’âge à 80 ans, a aussi fait le ménage, écartant discrètement plusieurs figures historiques de la vieille garde.

L’ouverture d’une ère inédite et incertaine

En cédant aux appels de ses partisans, Mamadi Doumbouya a donc fait voler en éclats son engagement initial de ne pas se présenter. Il ouvre une ère inédite, où sa légitimité de soldat sera confrontée à celle, plus fragile, du suffrage universel.
Face à lui, à ce stade, seulement quatre prétendants ont réussi à franchir la porte de la CENI

  • Lansana Kouyaté, ancien Premier ministre et chef du PEDN ;

  • Ousmane Kaba, président du PADES ;

  • Makalé Camara, présidente du FAN et seule femme en lice ;

  • Faya Lansana Millimouno, leader du Bloc Libéral.

Conakry retient son souffle : Doumbouya fera-t-il le grand saut ?

Conakry vit ce lundi 3 novembre 2025 au rythme d’une tension palpable et d’une ferveur inédite autour de la Cour suprême, alors que le délai pour déposer les candidatures à la présidentielle du 28 décembre expire aujourd’hui.

Dès l’aube, la capitale s’est transformée. Les rues menant à l’institution judiciaire ont été bouclées, et un impressionnant dispositif sécuritaire, composé de forces spéciales, de la police nationale et de la gendarmerie, contrôle chaque accès avec rigueur. Le quartier, habituellement paisible, ressemble à une forteresse sous haute surveillance.

Une ferveur populaire qui contraste avec la rigueur militaire

Aux abords, des centaines de partisans ont convergé de tous les quartiers de Conakry. Brandissant drapeaux et pancartes à l’effigie du chef de la transition, ils scandent à l’unisson : « Doumbouya candidat ! »
Le vert, le jaune et le rouge colorent la scène, créant un tableau vibrant où espoir et impatience se mêlent.

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Chaque mouvement, chaque minute alimente les spéculations sur une annonce imminente : le Général Mamadi Doumbouya, qui a longtemps promis de ne pas briguer la présidence, pourrait franchir le pas. Aucun communiqué officiel n’a encore confirmé cette hypothèse, mais les indices s’accumulent et captivent toute la nation.

Une journée historique pour la transition guinéenne

Le 3 novembre pourrait entrer dans les annales politiques du pays. Entre nervosité et enthousiasme, Conakry retient son souffle. Le suspense est à son comble : le pays pourrait assister à un moment décisif de sa transition, celui où le Général Doumbouya décidera de se lancer dans la course à la présidence, bouleversant l’équilibre politique et captivant l’attention de toute la communauté internationale.

Présidentielle 2025 : Doumbouya fera-t-il le grand saut ?

Le compte à rebours est terminé. Ce lundi 3 novembre 2025, la Guinée vit l’un des tournants les plus attendus de sa transition : la clôture du dépôt des candidatures pour la présidentielle du 28 décembre.

Selon l’article 46 de la Constitution, les prétendants à la magistrature suprême devaient impérativement déposer leurs dossiers au greffe de la Cour constitutionnelle 55 jours avant le scrutin. Faute d’institution pleinement fonctionnelle, c’est la Cour suprême qui assure provisoirement ce rôle crucial, en attendant de publier la liste définitive des candidats au plus tard 45 jours avant le vote.

Dans les couloirs de la haute juridiction, l’effervescence est palpable. Plusieurs figures politiques, parmi lesquelles Lansana Kouyaté du PEDN et Ousmane Kaba du PADES, ont déjà franchi le pas. Mais un nom continue de dominer toutes les conversations : Mamadi Doumbouya.

Présidentielle Guinée 2025 : le grand suspense autour de Doumbouya

Le président de la transition, qui a obtenu sans difficulté le parrainage des présidents des délégations spéciales — tous nommés par ses soins en remplacement des maires élus — maintient le flou total sur ses intentions.
Ses proches laissent filtrer des signaux de plus en plus explicites en faveur d’une candidature, tandis que les cercles du pouvoir oscillent entre loyauté et prudence.

Dernière prise de position en date : celle du général Ibrahima Sory Bangoura, chef d’état-major général des armées, qui a publiquement invité le chef de l’État à « écouter les aspirations du peuple » — un message à peine voilé perçu comme un appel à se lancer dans la course.

Une transition à la croisée des chemins

À quelques heures de la fermeture du dépôt des dossiers, l’atmosphère politique est suspendue à une seule interrogation : Mamadi Doumbouya franchira-t-il le pas ?
Entre attente, calculs et manœuvres de dernière minute, la Cour suprême s’apprête à jouer un rôle historique. Car de sa décision — ou du silence du président — pourrait dépendre l’avenir de toute une transition.

Présidentielle guinéenne : Ousmane Kaba entre en piste

Le ballet des candidats s’accélère devant les portes de la Cour suprême. À quatre jours de la clôture des dépôts, les prétendants à la présidence guinéenne se succèdent pour officialiser leur participation. Ce vendredi, Ousmane Kaba, figure historique de l’opposition, a déposé son dossier, rejoignant une liste qui ne cesse de s’allonger.

L’économiste et ancien ministre a choisi ses mots avec précision. « Cet acte marque une étape importante dans notre engagement commun pour une Guinée unie, juste et prospère », a-t-il déclaré sur ses réseaux sociaux. Le ton est solennel, presque grave. Le leader du Parti des Démocrates pour l’Espoir (PADES) sait que cette troisième tentative pourrait être la bonne.

Un vétéran de la scène politique

Ousmane Kaba n’est pas un novice en matière électorale. L’homme a déjà affronté Alpha Condé lors des présidentielles de 2010 et 2015. Ces expériences passées semblent avoir affûté sa détermination. « Je mesure pleinement la responsabilité qui m’incombe », a-t-il assuré, promettant de servir le peuple « avec honnêteté, courage et détermination ».

Son dépôt de candidature intervient dans un contexte particulier. La Guinée tente de tourner la page de la transition militaire, et les électeurs semblent assoiffés de stabilité. Kaba mise sur son image d’économiste expérimenté pour convaincre un pays en quête de développement.

Une mobilisation en crescendo

La Cour suprême vit ces jours-ci au rythme des arrivées successives. Avant Kaba, Lansana Kouyaté (PEDN) et Ben Youssouf Keita (NFD) avaient déjà franchi le pas. Chaque candidat apporte son style, ses soutiens, sa vision. Mais tous partagent la même urgence : respecter l’échéance du 3 novembre.

Le message du candidat du PADES s’est voulu rassembleur. « L’heure est venue de redonner espoir, de bâtir ensemble un avenir meilleur », a-t-il lancé, conscient que la division des oppositions a souvent profité au pouvoir en place.

La présidentielle du 28 décembre s’annonce comme un moment crucial pour l’avenir de la Guinée. Avec chaque nouvelle candidature, le scrutin gagne en intensité. Les prochains jours révéleront si d’autres poids lourds politiques rejoindront la compétition. Une chose est sûre : les Guinéens assistent à la renaissance d’un pluralisme politique que beaucoup croyaient enfoui.

Lansana Kouyaté : le retour d’un ancien Premier ministre

Le couloir de la Cour suprême a vu défiler ce vendredi un habitué des scrutins nationaux. Lansana Kouyaté, l’ancien Premier ministre de l’ère Conté, est venu déposer son dossier de candidature pour l’élection présidentielle du 28 décembre. Une démarche protocolaire qui marque son grand retour sur la scène politique guinéenne après dix ans d’absence des urnes présidentielles.

Accompagné d’une délégation de son Parti de l’Espoir pour le Développement National (PEDN), le leader politique a accompli les formalités avec la sérénité d’un homme qui connaît la partition. Son service de communication a confirmé l’information dans la foulée, scellant officiellement son entrée dans la course à la magistrature suprême.

Un pari financier et politique

La candidature de Kouyaté repose sur un engagement concret : neuf cents millions de francs guinéens. Une caution colossale payée jeudi à la Banque centrale, comme l’a confirmé une source proche du candidat. « L’argent a été compté jusqu’au dernier billet », précise-t-on dans son entourage, soulignant ainsi la détermination du PEDN.

Ce dépôt de candidature couronne un processus interne entamé en janvier dernier, lorsque le parti avait désigné son champion lors d’un congrès national à Conakry. Une préparation minutieuse qui contraste avec l’improvisation de certains autres prétendants au trône de Sékhoutouréya.

L’expérience pour atout maître

L’ancien chef de gouvernement mise sur son parcours pour convaincre. Son passage à la Primature en 2007 sous la présidence de Lansana Conté lui offre une stature d’homme d’État, tandis que ses participations aux scrutins de 2010 et 2015 face à Alpha Condé attestent de sa persévérance.

À soixante-dix-sept ans, Kouyaté incarne une alternative à la fois expérimentée et renouvelée. Son absence de la scène gouvernementale durant la dernière décennie pourrait jouer en sa faveur, le présentant comme un homme non usé par les récentes batailles politiques.

La présidentielle s’annonce comme un test crucial pour cet habitué des défis. Face à une nouvelle génération de candidats et dans un contexte politique volatile, sa candidature apporte une touche de stabilité et de continuité. Les Guinéens devront décider s’ils accordent leur confiance à ce vétéran de la politique ou s’ils préfèrent tourner résolument la page des anciennes gardes.

Le dépôt de ce dossier à la Cour suprême ouvre une nouvelle séquence dans la bataille pour la succession. Lansana Kouyaté rejoint officiellement la danse des prétendants, portant l’espoir de ceux qui croient encore que l’expérience peut l’emporter sur la nouveauté.

Sahel : la dernière chance se joue à Conakry

Dans un complexe hôtelier de Conakry, c’est le destin de toute une région qui se négocie. Sous la présidence du Premier ministre Amadou Oury Bah, la 18e session du Comité de pilotage de la Stratégie intégrée des Nations unies pour le Sahel (UNISS) a ouvert ses portes ce jeudi. Les décisions qui y seront prises pourraient marquer un tournant décisif pour des millions de personnes.

Pendant deux jours, diplomates et experts planchent sur un bilan sans concession et dessinent les contours d’une nouvelle feuille de route. L’objectif est clair : réinventer la réponse onusienne aux Objectifs de développement durable dans une région en proie à des défis multidimensionnels.

Un moment charnière pour l’avenir régional

La coordinatrice résidente de l’ONU en Guinée, Kristèle Younès, n’a pas mâché ses mots. « La région du Sahel se trouve à un tournant décisif », a-t-elle affirmé, soulignant l’impérieuse nécessité d’allier sécurité, gouvernance et opportunités économiques. Son plaidoyer appelle à une action concertée pour « bâtir un espace plus sûr, plus résilient et plus prospère ».

Face à l’urgence, le Premier ministre guinéen a situé la position singulière de son pays. « La Guinée, à la lisière géographique du Sahel, partage pleinement les enjeux et les dynamiques de cette région », a déclaré Amadou Oury Bah. Il a décrit la nation guinéenne comme un carrefour humain et économique stratégique, un véritable « trait d’union entre le Sahel et la façade atlantique ».

La Guinée, pivot de la résilience sahélienne

Ce rôle de pont géopolitique confère à la Guinée une responsabilité particulière. Le Chef du gouvernement l’a clairement assumé, réaffirmant au nom du président de la République l’engagement ferme de son pays à soutenir la mise en œuvre des conclusions de cette session cruciale.

Dans les couloirs de la réunion, les attentes sont palpables. Les participants le savent : les recommandations qui émergeront de ces travaux devront concilier urgence humanitaire et vision à long terme. Comment transformer la spirale de l’insécurité en cercle vertueux de développement ? Quelle architecture de paix imaginer pour des territoires fragilisés ?

Les conclusions de ce rendez-vous de Conakry s’annoncent historiques. Elles dessineront peut-être les prémisses d’une nouvelle approche, plus intégrée et plus efficace, pour sortir le Sahel de l’ornière. Le monde observe, conscient que l’avenir de cette région cruciale se joue aussi sur les rives du fleuve Konkouré.

Télly Oury Diallo interpellée pour vol présumé de 15 000 dollars

CONAKRY – Une communication officielle du Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance (TPI) de Dixinn a fait le point sur l’interpellation de Télly Oury Diallo, élève domiciliée au quartier Hamdallaye-Mosquée, impliquée dans une affaire de vol présumé de 15 000 dollars US.

Selon le parquet, les faits remontent au samedi 25 octobre 2025, à la suite d’une plainte déposée par Monsieur Lamarana Diallo, résident du quartier Cosa, auprès de l’Escadron de Gendarmerie Mobile N°18 de Cosa.

L’enquête, menée par l’Officier de Police Judiciaire (OPJ), a rapidement progressé grâce à des indices techniques, notamment l’exploitation du compte Orange Money de la suspecte. Ces éléments ont conduit à une réquisition pour comparution forcée, adressée au parquet le 27 octobre 2025.

Le Procureur Algassimou Diallo rappelle que cette mesure s’inscrit dans le cadre légal :

« Conformément à l’article 81, alinéa 3, du Code de procédure pénale guinéen, l’OPJ peut contraindre à comparaître par la force publique, avec l’autorisation préalable du Procureur, les personnes qui n’ont pas répondu à une convocation ou dont on peut craindre qu’elles ne répondent pas. »

Suite à cette réquisition, Télly Oury Diallo a été interpellée le mardi 28 octobre 2025 dans son quartier et conduite à l’unité de gendarmerie pour enquête.

Le Procureur appelle à la prudence et à la responsabilité de la population en attendant la suite de la procédure :

« La suite de la procédure fera l’objet d’une communication ultérieure », conclut Algassimou Diallo.

Sékoutouréyah ou rien : le retour inattendu de Faya Millimouno

CONAKRY – La politique a ses silences qui en disent long, et ses retraits qui n’en sont pas. Ce dimanche 26 octobre, dans l’enceinte du siège du Bloc Libéral, l’histoire a bégayé, puis infléchi sa trajectoire. Faya Millimouno, qui avait pourtant annoncé son départ de la tête du parti, est ressorti de ce troisième congrès national plus fort que jamais. Non pas en simple président, mais en candidat investi pour la présidentielle du 28 décembre. Un retournement que seul le verbe des militants, souverain, pouvait sceller.

Un plébiscite sans équivoque

Le suspense, pourtant, planait. Face à lui, Moussa Dougo Guilavogui. Le vote, lui, n’a laissé place à aucune équivoque. Sur 185 inscrits, 112 ont déposé leur bulletin. Et dans l’urne, une quasi-unanimité s’est dessinée : 101 voix sont allées à Millimouno, balayant les 10 de son adversaire. Un plébiscite. Une vindicte silencieuse de la base, déterminée à offrir une autre chance à celui qu’elle considère comme son étendard.

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Dans un discours d’investiture qui sentait bon la poudre de campagne et le souffle des défis à venir, le désormais candidat a planté le décor des semaines décisives qui s’annoncent. Sa voix, portée par une ferveur retrouvée, a résonné comme un engagement sans retour.

« Nous allons balayer toute la République. Et quand nous arriverons ici, ce sera avec la promesse de tous les Guinéens que nous rentrerons à Sékoutouréyah. »

Les mots sont lourds de sens. Sékoutouréyah, plus qu’un lieu, un symbole. Le point de départ, peut-être, d’une reconquête.

Un retour forgé par la base

« En ce jour solennel où j’accepte, avec humilité et une détermination sans faille, l’investiture du Bloc libéral pour être votre candidat à l’élection présidentielle du 28 décembre 2025, je m’adresse à vous. Non pas seulement comme des électeurs, mais comme les premiers artisans du destin de notre nation. »

Par cette allocution, Faya Millimouno n’a pas seulement accepté une candidature ; il a épousé un destin collectif, celui que lui ont tendu, une nouvelle fois, ceux qui n’avaient pas voulu le voir partir. Son retour sur le devant de la scène n’est pas un simple fait d’appareil. C’est un mouvement organique, venu du terreau militant, qui replace l’homme au cœur de l’échiquier politique guinéen.

La campagne, désormais, est ouverte. Et dans le sillage de ce congrès, une certitude : Millimouno n’est plus un candidat comme les autres. Il est celui que son parti n’a pas voulu lâcher. Celui par qui la promesse, peut-être, arrivera.

Présidentielle guinéenne : la DGE peaufine la dernière ligne droite

Ce vendredi 24 octobre, dans un hôtel de Conakry, la Directrice générale des élections, Camara Djénabou Touré, a tenu une réunion cruciale. Face aux représentants des partis politiques et de la société civile, elle a présenté les ultimes préparatifs de la présidentielle du 28 décembre. La troisième séance du comité technique interpartis ressemblait à une séance de déminage, tant les ambiguïtés restaient présentes sur le processus.

Camara Djénabou Touré dissipe les malentendus

La patronne des élections est allée droit au but. Elle a expliqué :

« Certains ont confondu la mise en place de la commission financière et celle de réception et de validation des candidatures avec la phase de dépôt. »

Son message était clair : les déclarations d’intention récentes ne constituent pas des candidatures officielles. Seule la Cour suprême peut valider les dossiers.

Dépôt des candidatures : vers la phase décisive

Le calendrier électoral entre désormais dans sa phase décisive. Après la validation des candidatures par la haute juridiction, la DGE se concentrera sur l’organisation matérielle du scrutin. Mme Touré a détaillé les priorités :

  • Impression des bulletins de vote et des spécimens

  • Préparation des procès-verbaux

  • Gestion des autres documents sensibles

Elle a expliqué ces étapes avec la précision d’une chef d’orchestre préparant un grand concert démocratique. Les acteurs politiques, conscients de l’enjeu, écoutaient attentivement.

De plus, la Directrice générale a rappelé que les candidats indépendants bénéficient d’une procédure spécifique. Ainsi, tous les cas de figure sont couverts.

La société civile salue la transparence

Du côté de la société civile, l’accueil fut positif. Gabriel Haba, président du CNOSCG, a salué cette initiative qui renforce la transparence et l’inclusivité du processus. Selon lui, ces échanges permettent de formuler des préoccupations, de faire des plaidoyers et de contribuer à la crédibilité du scrutin.

Vers une élection apaisée

Alors que la Guinée s’apprête à tourner la page de sa transition, ces derniers réglages techniques sont essentiels. La DGE, sous la direction ferme de Camara Djénabou Touré, semble déterminée à conduire le pays vers une élection apaisée. Reste à voir si cette transparence convaincra les derniers sceptiques. Dans un contexte politique où chaque détail est scruté, la présidentielle du 28 décembre apparaît comme le test décisif de la maturité démocratique guinéenne.

Constitution contre Code électoral : la DGE tranche

Le doute n’est plus permis. Ce vendredi 24 octobre, devant le Comité interparties, la Directrice générale des élections Djenab Touré a tranché : dans le duel Constitution contre Code électoral, c’est la loi fondamentale qui l’emportera. Alors que le code électoral fixe à 44 ans l’âge minimum pour se porter candidat à la présidentielle, la Constitution, elle, établit la barre à 40 ans. Un écart de quatre ans qui alimentait toutes les spéculations.

« L’âge qui est dans la Constitution, c’est celui-là que la Cour suprême va appliquer », a affirmé avec autorité la patronne de la DGE. D’un revers de main, elle balaie ainsi les ambiguïtés textuelles : « Elle ne va pas appliquer autre chose ». Une clarification qui tombe à point nommé, à soixante jours exactement du scrutin du 28 décembre.

Djenab Touré lève le voile sur l’âge des candidats

La responsable électorale, qui affirme avoir participé aux travaux préparatoires des textes, se montre intraitable sur la hiérarchie des normes. « La Constitution demeure la loi supérieure », rappelle-t-elle, mettant fin aux débats d’experts sur la contradiction entre les deux documents. Sa position est sans appel : la Cour suprême, seule compétente pour valider les candidatures, suivra strictement la Constitution.

Cette précision technique a une portée éminemment politique. Elle ouvre la course présidentielle à une génération plus jeune de leaders, tout en refermant la porte à d’éventuels candidats qui comptaient sur la version du code électoral pour contester certaines candidatures.

La DGE en ordre de bataille pour le scrutin de décembre

Dans la salle de Conakry, face aux représentants des partis politiques et de la société civile, Djenab Touré a déployé une stratégie de transparence offensive. Alors que des voix dénonçaient un « manque de lisibilité » du processus, elle a présenté le calendrier opérationnel et assuré que « toutes les préoccupations exprimées ont trouvé des réponses satisfaisantes ».

La DGE concentre désormais ses efforts sur la production des documents sensibles : bulletins de vote, procès-verbaux, spécimens. Un travail de fourmi crucial pour la crédibilité du scrutin. La patronne des élections a également clarifié un malentendu tenace : la liste publiée récemment ne concernait que des « déclarations d’intention », et non les candidatures officielles qui relèvent de la seule Cour suprême.

Alors que la Guinée s’apprête à tourner la page de la transition, cette démonstration de maîtrise technique vise à rassurer tous les acteurs. Mais dans les coulisses du pouvoir, le débat sur l’âge des candidats n’est sans doute pas complètement éteint. Reste à voir comment cette clarification constitutionnelle sera accueillie par les prétendants à la succession.

Égalité parfaite au 2nd tour : ce que dit vraiment le code électoral Guinéen

À moins de deux mois du scrutin présidentiel du 28 décembre 2025, une question technique mais cruciale agite les cercles politiques guinéens : que se passerait-il en cas d’égalité parfaite entre les deux finalistes au second tour ? Le code électoral, méticuleux, a anticipé ce scénario improbable mais juridiquement sensible.

La procédure en cas de match nul

L’article 131 du code électoral est sans ambiguïté. Si les deux candidats du second tour obtenaient exactement le même nombre de voix – une situation rarissime mais pas impossible –, c’est le résultat du premier tour qui deviendrait le critère départageant. Le candidat ayant réalisé le meilleur score lors du premier tour serait ainsi déclaré élu.

Cette disposition, souvent méconnue du grand public, fonctionne comme un mécanisme de secours. Elle évite tout blocage institutionnel et empêche que l’élection ne tombe dans une impasse. Le législateur a ainsi verrouillé le processus pour qu’il y ait nécessairement un vainqueur, même dans l’hypothèse extrême d’une parfaite égalité.

Les garde-fous contre les contestations

Au-delà de ce cas d’école, le code électoral encadre strictement les délais de contestation. Toute réclamation doit être déposée auprès de la Cour constitutionnelle dans les 72 heures suivant la publication des premiers résultats par l’OTIGE. Ce délai très court vise à accélérer le processus de validation et à éviter les contentieux prolongés qui pourraient déstabiliser la transition.

Si aucune contestation n’est soulevée dans ce laps de temps, la Cour constitutionnelle proclame le candidat vainqueur sans autre formalité. Une procédure conçue pour garantir une passation de pouvoir rapide et incontestable.

Ces dispositions techniques, bien que semblant abstraites, représentent pourtant la colonne vertébrale du processus électoral. Dans un contexte politique tendu, leur robustesse pourrait s’avérer décisive pour assurer la crédibilité du scrutin et, in fine, la stabilité du retour à l’ordre constitutionnel.

900 millions de francs : la caution qui divise la Guinée

La décision est tombée comme un couperet. Neuf cents millions de francs guinéens. C’est le prix d’entrée, désormais, pour briguer la magistrature suprême en Guinée. Une annonce de la Direction Générale des Élections (DGE) qui a provoqué un séisme politique, et dont l’onde de choc a trouvé une caisse de résonance en la personne du Dr Faya Millimouno. Le président du Bloc Libéral n’a pas mâché ses mots pour qualifier une mesure qu’il estime « scandaleuse » et « totalement disproportionnée ».

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« On fait les choses de manière totalement disproportionnée », a-t-il tonné, la voix chargée d’indignation. Pour le leader politique, la caution, qui devrait n’être qu’une « participation symbolique », est en train de se transformer en une arme d’exclusion massive. Une dérive qu’il analyse à l’aune de l’histoire électorale récente : de 50 millions en 2005, la somme n’a cessé de croître de façon « démagogique », selon lui, pour atteindre aujourd’hui un niveau qu’il juge « du n’importe quoi ».

Une barrière financière ou un choix politique ?

L’argumentaire de Faya Millimouno est implacable. Dans un pays où les liquidités manquent, exiger une telle somme revient, selon lui, à réserver la compétition présidentielle à une élite financière. Il dénonce une « volonté d’écarter certaines candidatures », transformant l’élection en un club fermé. Pourtant, dans ce concert de critiques, le plafond des dépenses de campagne fixé à 40 milliards GNF trouve grâce à ses yeux. Il le juge « raisonnable », chiffres à l’appui, évoquant la logistique titanesque et le coût de la sécurisation du vote.

La bataille juridique en perspective

Mais la colère ne se limite pas aux déclarations. Le leader du Bloc Libéral a déjà saisi la Cour suprême, arguant de l’inconstitutionnalité du code électoral. Son avertissement est sans équivoque : « Si on continue dans cette pagaille, on sort du cadre républicain. » Un ultimatum qui place la DGE et les institutions face à leurs responsabilités.

L’affaire de la caution dépasse ainsi le simple débat technique. Elle touche à l’essence même de la démocratie guinéenne : une présidentielle doit-elle être une course où seuls les plus riches peuvent s’aligner ? La question, désormais, est sur la place publique. Et la réponse, quelle qu’elle soit, marquera durablement le visage de la prochaine transition politique en Guinée.