Les 375 communes de Guinée disposent désormais de leurs exécutifs élus. À l’issue du processus d’installation des conseils communaux et de l’élection des maires et vice-maires, le Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD) a salué ce qu’il qualifie de « processus historique », marquant la fin officielle des délégations spéciales mises en place durant la période transitoire. Une étape majeure pour la gouvernance locale, que le département encadre toutefois d’une mise en garde sur les conditions de gestion des collectivités.
Dans une déclaration publiée au terme des opérations qui se sont déroulées du 2 au 4 juillet 2026 sur l’ensemble du territoire national, le ministère indique que cette phase « consacre la mise en place effective des organes délibérants et exécutifs des collectivités décentralisées », conformément aux dispositions de la Constitution, du Code électoral et du Code révisé des collectivités locales. Le MATD affirme que le processus s’est déroulé avec succès grâce à l’implication coordonnée des superviseurs du ministère, des autorités administratives, des forces de défense et de sécurité, ainsi que des partenaires techniques et financiers, sans oublier les conseillers communaux nouvellement élus.
Le département de l’Administration du territoire considère cette étape comme « l’aboutissement d’un processus transparent, rigoureusement tenu », et insiste sur son caractère structurant pour la démocratie locale. Il y voit un jalon majeur dans la consolidation de l’État de droit et de la gouvernance de proximité. Au total, 8 753 conseillers communaux ont été installés, avec une présence significative de femmes et de jeunes, aux côtés de 375 maires et 1 149 vice-maires désormais en fonction dans l’ensemble des communes du pays.
LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ
Avec cette installation, le ministère estime que la page des missions transitoires confiées aux délégations spéciales est désormais tournée. Toutefois, il rappelle que ce dispositif ne disparaît pas totalement du cadre institutionnel. Le MATD précise en effet que le recours aux délégations spéciales reste une option légale de régulation, de normalisation et de sauvegarde de l’intérêt général prévue par le Code révisé des collectivités locales.
Dans cette logique, le gouvernement avertit qu’il n’exclut pas de faire appel à ce mécanisme en cas de défaillances graves dans la gestion locale, de déséquilibres budgétaires ou d’inconduite notoire d’élus. Une prérogative que les autorités présentent comme un instrument de continuité du service public et de préservation de la stabilité administrative.
Enfin, s’adressant aux nouveaux exécutifs communaux, le MATD les appelle à inscrire leur action dans une dynamique de développement local ambitieux. Les collectivités, souligne la déclaration, ne doivent pas se limiter à être de simples réceptacles de décisions venues de la capitale, mais devenir de véritables moteurs de la transformation économique, sociale et environnementale du pays.




