Le Tribunal de première instance de Kaloum a mis un terme, dans la soirée du lundi 20 juillet 2026, à l’affaire opposant le notaire Me François Fana Bangoura à un particulier. Au terme d’une audience particulièrement suivie, le professionnel du droit a été reconnu coupable d’abus de confiance et d’émission de chèques sans provision. La juridiction l’a condamné à un an d’emprisonnement ferme, assorti d’une amende de 20 millions de francs guinéens, marquant ainsi l’épilogue d’une procédure marquée par de vifs affrontements entre les différentes parties.
Quelques heures avant le verdict, les débats avaient opposé les avocats de la défense, ceux de la partie civile et le ministère public autour des faits reprochés au notaire. À la barre, Me Lansana Condé, conseil du plaignant, a soutenu que Me François Fana Bangoura avait reconnu par écrit devoir 6 milliards 473 millions de francs guinéens à Elhadj Mohamed Lamine Soumah, avec l’engagement de rembourser 300 millions de francs guinéens chaque mois. Un engagement qui, selon lui, n’a jamais été respecté. L’avocat a ainsi sollicité une condamnation exemplaire, réclamant notamment deux milliards de francs guinéens de dommages et intérêts, la délivrance d’un mandat de dépôt ainsi que la publication de la décision dans les journaux d’annonces légales.
Le ministère public a lui aussi adopté une position ferme. La procureure Djènè Cissé a estimé que la défense n’avait produit aucun élément susceptible d’écarter la responsabilité du prévenu. S’appuyant sur les dispositions des articles 416, 417 et 418, elle avait requis trois ans de prison, une amende de 25 millions de francs guinéens et la publication du jugement. La magistrate avait également affirmé qu’une condamnation sévère permettrait, selon elle, de prévenir la récidive et de restaurer la confiance dans l’institution judiciaire.
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Face à ces accusations, la défense, assurée par Me Facinet Soumah, a dénoncé un dossier « fabriqué de toutes pièces ». L’avocat a soutenu que les chèques évoqués relevaient d’une ancienne affaire déjà réglée et a demandé la relaxe pure et simple de son client. Il a également réclamé la restitution de 2 milliards 133 millions de francs guinéens, affirmant que cette somme avait été obtenue de son client « sous la menace et la contrainte ».
Invité à s’exprimer une dernière fois avant les délibérations, Me François Fana Bangoura a rejeté l’ensemble des accusations portées contre lui. Il a affirmé qu’aucun litige financier ou matériel ne l’opposait à Elhadj Mohamed Lamine Soumah, estimant que les faits évoqués relevaient d’un dossier déjà clos. S’en remettant à la décision du tribunal, il a déclaré accepter que « la volonté de Dieu se fasse » si les poursuites étaient, selon lui, infondées.
Après examen du dossier, la présidente du tribunal, la juge Aïssata Sacko, a finalement retenu la culpabilité du notaire. Outre la peine d’un an de prison ferme et l’amende de 20 millions de francs guinéens, la juridiction a décerné un mandat de dépôt à l’audience, entraînant son placement immédiat en détention.
Sur le plan civil, le tribunal a ordonné à Me François Fana Bangoura de rembourser au plaignant la somme de 6 milliards 473 millions de francs guinéens correspondant au montant du litige, ainsi que le versement de 500 millions de francs guinéens à titre de dommages et intérêts.
À l’issue de la décision, Me Lansana Condé s’est félicité d’un verdict qu’il juge conforme aux éléments présentés au cours des débats, estimant que le tribunal avait pleinement pris en compte les arguments de la partie civile. De son côté, la défense du notaire a fait part de sa déception face au jugement, sans se prononcer davantage sur le fond de la décision.




