La soirée de dimanche a viré au drame à Kountia, dans la préfecture de Coyah. Mariame Yombouno, une jeune couturière âgée de 13 ans, a perdu la vie après avoir été frappée par la foudre alors qu’elle se trouvait dans un conteneur. Sur place, la confusion autour de la nature de l’incident a retardé l’intervention des témoins, qui pensaient dans un premier temps à une électrocution.
Selon les témoignages recueillis, le drame s’est produit aux environs de 19 heures, alors qu’un violent orage s’abattait sur la zone. Aboubacar Camara, dont le conteneur est situé à proximité du lieu de l’incident, raconte avoir été témoin d’un phénomène soudain.
« Ça s’est passé hier vers 19 heures. Le conteneur dans lequel elle était se trouve juste à côté de ma boutique. Comme il pleuvait, je n’ai pas pu aller à la prière. Nous étions tous sur place », explique-t-il.
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Alors que plusieurs personnes étaient regroupées à l’abri de la pluie, un grondement de tonnerre suivi d’un éclair intense a provoqué la panique.
« Quand le tonnerre a grondé, il y a eu une lumière très forte. Nous étions quatre dans mon conteneur et nous nous sommes dit que la foudre était tombée quelque part, tout près de nous », poursuit le témoin.
Quelques instants plus tard, une fillette est venue alerter les personnes présentes qu’une jeune fille venait de tomber dans le conteneur voisin. En arrivant sur les lieux, Aboubacar Camara affirme que les habitants craignaient une présence électrique dans l’installation.
« Les gens m’ont averti qu’il y avait du courant. Nous ne savions pas s’il s’agissait d’une électrocution ou des effets de la foudre », raconte-t-il.
Face à cette incertitude, les témoins ont cherché à faire couper l’électricité avant d’intervenir. Le temps de contacter le responsable de zone et de trouver un électricien, les secours ont été retardés. Avant même son retour, le père de la victime était déjà arrivé sur place avec un technicien. Une fois l’alimentation coupée, les habitants ont pu pénétrer dans le conteneur, sortir Mariame et l’acheminer vers un centre de santé. Mais malgré les efforts engagés, le médecin a annoncé son décès après les examens.
« J’ai aussitôt informé son père. À l’heure où je vous parle, les parents sont en route pour Guéckédou avec le corps », a indiqué Aboubacar Camara. Il précise que la victime s’appelait Mariame Yombouno, qu’elle était couturière et qu’elle n’avait que 13 ans.
Une autre témoin présente au moment du drame affirme avoir entendu les derniers appels de l’adolescente lorsque la foudre a frappé le conteneur.
« Nous étions toutes assises. Avant même que la pluie ne commence, elle m’avait demandé de lui acheter du poisson. J’ai demandé à la vendeuse de le lui donner », raconte-t-elle.
Lorsque l’orage s’est intensifié, Mariame et une autre personne se sont réfugiées dans le conteneur tandis que les autres étaient restées à proximité.
« Lorsque le tonnerre a éclaté, je les ai entendues crier. Mariame a seulement eu le temps de dire : Aidez-moi. La femme qui se trouvait à côté d’elle a réussi à s’échapper », témoigne-t-elle.
Sous le choc, les personnes présentes n’ont pas immédiatement osé intervenir, craignant toujours un risque électrique. Le père adoptif de la victime, Yacouba Traoré, raconte avoir été alerté alors qu’il était en pleine prière. Arrivé sur les lieux, il a découvert une situation déjà critique.
« Ce sont les enfants qui sont venus me chercher pendant que je priais. J’ai interrompu ma prière pour venir voir ce qui se passait », explique-t-il.
Selon lui, les premières informations reçues évoquaient également une électrocution, ce qui a contribué à ralentir la prise en charge.
« On m’a immédiatement dit que Mariame avait été frappée par le courant. Les gens pensaient qu’il s’agissait d’une électrocution et criaient qu’il y avait du courant. C’est ce qui a retardé les secours », affirme-t-il.
Il a alors dû faire appel à un électricien du quartier pour interrompre l’alimentation du conteneur avant que la jeune fille puisse être extraite. D’après les informations rapportées par les personnes qui l’ont accompagnée à la clinique puis à la morgue, Mariame présentait des brûlures au niveau des orteils et des cuisses.
Encore marqué par le drame, Yacouba Traoré tente désormais de faire face à la perte de cette adolescente dont la disparition a plongé tout le quartier de Kountia dans la consternation.




