Un nouveau mouvement se dessine au sein des forces armées guinéennes. Le président de la transition, le général Mamadi Doumbouya, a ordonné la radiation de 173 militaires des effectifs des Forces armées guinéennes pour motif de « désertion ». La décision a été rendue publique lundi soir à la télévision nationale à travers la lecture d’un décret.
L’annonce a été faite par le général Amara Camara, ministre secrétaire général de la Présidence et porte-parole du gouvernement, sur les antennes de la Radiodiffusion Télévision Guinéenne (RTG). Selon les autorités, les militaires concernés auraient abandonné leurs postes, une situation considérée comme une désertion au regard des règles applicables aux forces armées.
Parmi les noms figurant sur cette liste, celui du commandant Michel Lamah retient particulièrement l’attention. Ancien membre du Groupement des forces spéciales (GFS), il avait été fortement associé aux événements du 5 septembre 2021, qui avaient conduit à la chute du président Alpha Condé.
LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ
Au moment du renversement du régime, l’image de Michel Lamah avait largement circulé dans les médias et sur les réseaux sociaux. L’officier était notamment apparu aux côtés d’Alpha Condé lors du transfert de l’ancien président après la prise du pouvoir par le Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD), dirigé par Mamadi Doumbouya.
La radiation concerne plusieurs composantes des forces de défense et de sécurité, notamment les forces spéciales, l’armée de terre et la gendarmerie. Les autorités n’ont toutefois pas communiqué les circonstances propres à chacun des cas ni précisé les faits ayant conduit individuellement aux sanctions.
Officiellement, la mesure s’inscrit dans la volonté de faire respecter la discipline militaire et de sanctionner les absences prolongées ou injustifiées. Mais au-delà de cette justification, la décision intervient dans une institution profondément transformée depuis le coup d’État de septembre 2021.
La mise à l’écart de Michel Lamah donne ainsi une portée particulière à cette radiation collective. Plus de cinq ans après la chute d’Alpha Condé, son nom reste associé à l’un des épisodes politiques les plus marquants de la Guinée récente. Sa radiation, parmi celle de 172 autres militaires, intervient alors que les forces armées continuent de connaître d’importantes recompositions sous l’autorité du CNRD.




