À Siguiri, la viande se fait rare sur les étals. En cause, un désaccord entre les bouchers et les autorités locales sur une éventuelle hausse des prix, à quelques semaines du mois de Ramadan.
Depuis plusieurs jours, les habitants de Siguiri éprouvent des difficultés à s’approvisionner en viande sur les marchés locaux. Selon nos informations, cette situation résulte d’un mouvement de réticence des bouchers à écouler leurs produits. En toile de fond, une revendication : la revalorisation du prix du kilogramme de viande, une demande que les autorités communales et la direction préfectorale du commerce rejettent pour l’heure.
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Joint par notre rédaction, le président de la délégation spéciale de Siguiri, Souleymane Koïta, s’est montré catégorique sur la position des autorités locales.
« Il y a environ trois jours, nous avons appris avec regret que certains bouchers avaient décidé d’augmenter le prix du kilogramme de viande. Or, toute augmentation ou diminution doit résulter d’une décision concertée entre les autorités préfectorales, communales, les bouchers et la chambre de commerce. Ce qui n’a pas été le cas. Il s’agissait d’une décision unilatérale. Je leur ai donc demandé de suspendre immédiatement cette hausse, car elle ne respecte pas les procédures en vigueur, surtout à l’approche du mois de Ramadan. Nous ne pouvons pas accepter que la vie devienne plus difficile pour les citoyens », a-t-il expliqué.
Poursuivant, Souleymane Koïta a indiqué qu’une rencontre s’est tenue avec les représentants des bouchers, en présence des techniciens de la chambre de commerce. « Après avoir écouté leurs préoccupations, les techniciens ont estimé qu’une augmentation des prix n’était pas envisageable à cette période. Ils ont toutefois promis de transmettre la doléance à Conakry, aux services habilités à statuer sur les prix. En attendant, j’ai demandé au chef des bouchers de patienter. Ceux qui peuvent vendre le kilogramme de viande à 50 000 francs guinéens, le prix en vigueur, doivent continuer à vendre. Ceux qui ne peuvent pas, peuvent suspendre temporairement leur activité. Mais toute personne qui vendra au-delà de 50 000 francs guinéens s’exposera à des sanctions prévues par la loi », a-t-il averti.
De leur côté, les bouchers justifient leur position par la hausse des prix du bétail au Mali voisin, principal marché d’approvisionnement, ainsi que par l’impact de la montée du franc CFA sur leurs coûts d’achat.




