Au lendemain de la démission du gouvernement Bah Oury, la Guinée attend désormais la nomination de son futur Premier ministre. Entre spéculations et contraintes constitutionnelles, trois exigences majeures : intégrité, compétence et connaissance du pays encadrent ce choix stratégique.
Au lendemain de la démission du gouvernement dirigé par Bah Oury, la question de la nomination du prochain Premier ministre s’impose au centre de l’attention en Guinée. Sur le plan légal, le choix du chef du gouvernement relève du pouvoir discrétionnaire du Président de la République, Mamadi Doumbouya. Cependant, cette latitude n’exclut pas l’existence de balises strictes fixées par la Constitution, que le président doit respecter.
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Dans l’opinion publique, les hypothèses vont bon train. Chacun tente de dresser le portrait-robot du futur occupant de la Primature. L’annonce présidentielle d’un mandat dédié aux femmes a ravivé les attentes : certains y voient une opportunité historique pour nommer une femme à la tête du gouvernement, d’autres rappellent que cette promesse avait déjà été formulée sous l’ère Alpha Condé, sans concrétisation à ce niveau.
Mais la Constitution est claire. L’article 80 encadre le profil du Premier ministre et fixe trois exigences fondamentales, véritables « lignes rouges » à respecter.
Première ligne rouge : l’intégrité
Le futur chef du gouvernement doit être un citoyen guinéen « reconnu pour son intégrité ». Cette condition est impérative dans un contexte de transition, où la crédibilité des institutions et la confiance des citoyens sont des enjeux majeurs.
Deuxième ligne rouge : la compétence et l’expérience
La Constitution impose une « expérience professionnelle » attestée et une « haute qualification » dans des domaines essentiels tels que l’économie, le social, le juridique, le technique ou le scientifique. Autrement dit, le poste ne peut être confié à un profil purement politique ou inexpérimenté, sans expertise avérée.
Troisième ligne rouge : la connaissance du pays
Le futur Premier ministre doit posséder une « bonne connaissance des réalités sociopolitiques, économiques et culturelles » de la Guinée. Cette exigence est capitale dans un contexte national où les attentes sociales sont fortes et où les équilibres politiques demeurent sensibles.
Qu’il s’agisse d’une femme ou d’un homme, le prochain chef du gouvernement aura pour mission de piloter, coordonner et impulser l’action gouvernementale. En tant que président du Conseil interministériel et des réunions ministérielles, il servira de pivot essentiel entre le Président de la République et l’ensemble de l’appareil exécutif.




