Avant les urnes, les coffres : la DGE impose sa loi financière pour la campagne

Mardi 21 octobre 2025, la Direction générale des Élections (DGE) a publié le cadre financier de la campagne présidentielle du 28 décembre. Derrière les chiffres, un message clair : la course à la magistrature suprême sera coûteuse, encadrée et surveillée.

Une caution record pour filtrer les candidatures

La DGE a fixé la caution à 900 millions de francs guinéens, à verser avant le 8 novembre sur le compte du Trésor public. Cette somme, non remboursable pour les candidats battus, agit comme un filtre redoutable. En conséquence, seuls les prétendants capables de réunir cette garantie pourront affronter les urnes. Ce premier obstacle marque la volonté de la DGE de limiter les candidatures fantaisistes et d’imposer un certain sérieux dans la compétition.

Un compte de campagne obligatoire et plafonné

En parallèle, la DGE exige l’ouverture d’un compte de campagne dédié, où devront transiter toutes les transactions financières. Chaque dépense, chaque don, chaque contribution devra être traçable. Cette transparence vise à assainir les pratiques électorales souvent critiquées pour leur opacité.

De plus, le plafond de dépenses est fixé à 40 milliards de francs guinéens. Dépasser cette limite exposera le candidat à des poursuites pénales. Par cette mesure, la DGE veut prévenir la surenchère financière et garantir une campagne « raisonnable ».

Une transparence salutaire ou une démocratie à deux vitesses ?

En prônant la rigueur budgétaire, la DGE affiche son ambition : rendre la compétition plus équitable. Pourtant, ces règles pourraient renforcer les inégalités entre candidats riches et moins nantis. À quelques semaines du dépôt des cautions, la bataille électorale se joue déjà sur le terrain financier.

Reste à savoir si cette stratégie favorisera la transparence ou si elle installera une démocratie à deux vitesses, où seuls les mieux dotés pourront espérer concourir. Une chose est sûre : le compte à rebours est lancé.

Présidentielle en Guinée : une nouvelle coalition entre en lice

CONAKRY – La course à la présidentielle du 28 décembre 2025 prend un nouveau tournant. Ce lundi 20 octobre, plusieurs figures de l’opposition et de la société civile ont officialisé la création de l’Alliance des Forces pour la Démocratie et le Développement (AFDD). Cette coalition veut « proposer une alternative » sur l’échiquier politique guinéen.

Lors d’un point de presse à Conakry, les leaders Diabaty Doré (RPR), Abdoulaye Kourouma (RRD) et Mamadou Oury Diallo (Les Sociaux) ont expliqué les raisons de leur rapprochement. Selon eux, cette alliance résulte de « plusieurs concertations » menées depuis des semaines.

« Nous avons décidé d’unir nos intelligences et nos forces pour conquérir l’électorat », ont-ils déclaré. Face aux prochaines « grandes joutes électorales », leur objectif est clair : mutualiser les moyens et coordonner les stratégies pour que leurs candidats soient élus dans les circonscriptions ciblées.

Mutualiser, rassurer et appeler au fair-play

La question d’une candidature unique à la présidentielle reste ouverte, mais seulement si elle s’accorde à leur « vision commune ». Les responsables de l’alliance AFDD Guinée 2025 affirment vouloir contribuer à la stabilité institutionnelle et à une gouvernance plus inclusive.

Dans un climat politique souvent tendu, la coalition a lancé un appel au fair-play. Elle invite partis, institutions et candidats indépendants à faire preuve de discipline pour garantir une « transition apaisée et inclusive ».

Les portes de l’AFDD restent ouvertes à toute formation ou personnalité souhaitant rejoindre cette dynamique unitaire. Avec cette nouvelle alliance, le paysage politique guinéen se complexifie à deux mois du scrutin. Reste à savoir si ce mouvement parviendra à s’imposer face aux poids lourds déjà en lice.

Code électoral et DGE : Faya Millimouno saisit la Cour suprême pour « illégalité »

CONAKRY – La bataille pour les règles du jeu électoral vient de monter d’un cran. Le président du Bloc Libéral (BL), Dr Faya Lansana Millimouno, a déposé un recours ce vendredi 17 octobre devant la Cour suprême, réclamant rien de moins que l’annulation pure et simple du Code électoral et la dissolution de la Direction générale des élections (DGE).

Sortant de l’enceinte du palais de justice, l’opposant a, devant la presse, dépeint un processus entaché d’illégalités et de partialité. « Je demande deux choses : l’annulation du Code électoral, parce qu’il a été promulgué dans l’illégalité, et la dissolution de la DGE », a-t-il lancé, la voix tranchante.

Une promulgation dans la « précipitation »

Au cœur de son argumentaire, un vice de procédure qu’il estime rédhibitoire. Faya Millimouno rappelle que le Code électoral, adopté par le Conseil national de la transition (CNT) le 27 septembre, a force de loi organique. À ce titre, la Constitution exigeait, selon lui, qu’il soit soumis à la Cour suprême pour contrôle de constitutionnalité avant sa promulgation. « Cela n’a pas été fait. Dans la précipitation, on a promulgué la loi. On ne fait pas ça dans une République », a-t-il fustigé.

Incohérences et « violation » des droits

Le leader du Bloc Libéral ne s’arrête pas à la forme. Il s’attaque aussi au fond, pointant des contradictions flagrantes, selon lui, entre le code et la loi fondamentale. Il dénonce une « violation du principe de la présomption d’innocence », critiquant l’article qui rend inéligible toute personne « sous mandat ou interpellée ». « Être accusé ne veut pas dire être coupable », assène-t-il.

Autre incohérence soulevée : l’âge des candidats. « La Constitution fixe l’âge minimum pour être candidat à 40 ans, mais le code parle de 35 ans. » Pour lui, ces contradictions justifient à elles seules le retrait du texte et son réexamen par le CNT.

La DGE, une administration « aux ordres »

Mais la cible de Faya Millimouno ne se limite pas au texte de loi. Il vise aussi l’institution chargée de son application. Il réclame la dissolution de la DGE, qu’il présente comme un instrument « politisé » et sous la coupe de l’exécutif. « La DGE relève du ministère de l’Administration du territoire, qui fait partie d’une administration publique totalement politisée. On ne peut pas confier l’organisation d’une élection présidentielle à une administration aux ordres. »

Son plaidoyer est clair : remplacer la DGE par « un organe véritablement indépendant », seul garant à ses yeux d’un scrutin « crédible, transparent et inclusif ».

Face aux caméras, l’opposant a conclu par un avertissement lourd de menaces. Si le pays devait aller aux élections dans les conditions actuelles, a-t-il prévenu, ce serait « mettre en danger la paix ». Un ultimatum judiciaire qui place désormais la Cour suprême au centre d’une crise politique dont l’enjeu n’est autre que la légitimité même du prochain scrutin.

L’UFR de retour : Sidya Touré candidat à la présidentielle guinéenne

CONAKRY – Après une longue traversée du désert administratif, l’Union des Forces Républicaines (UFR) retrouve enfin son droit de cité. La certification officielle, délivrée mercredi 15 octobre par le ministère de l’Administration du Territoire, marque une véritable renaissance pour le parti de Sidya Touré. Elle ouvre surtout la voie à sa participation à la présidentielle du 28 décembre prochain.

Pour le secrétaire général de la jeunesse de l’UFR, Mouctar Kalissa, cette décision était « logique et attendue ». Selon lui, « l’UFR est un grand parti ». Ce qui leur était reproché, a-t-il ajouté, « n’était qu’un vide administratif désormais comblé ». Il a ainsi balayé toute spéculation sur une éventuelle « manœuvre politique ».

Sidya Touré, un retour stratégique sur la scène électorale

La levée de la suspension et la certification débloquent l’horizon électoral. « M. Sidya Touré sera le candidat potentiel de l’UFR à l’élection présidentielle du 28 décembre 2025 », a confirmé Mouctar Kalissa. Cette annonce met fin à plusieurs mois de flou stratégique et replace l’ancien Premier ministre au cœur de la compétition.

Interrogé sur l’âge et la forme physique de Sidya Touré, toujours à l’étranger, son porte-parole se veut clair : « Dire que M. Sidya Touré ne peut pas être candidat à cause de son âge est un faux débat. » Il a ensuite ajouté : « Dans la plupart des démocraties, il n’existe aucune limite d’âge pour se présenter. »

Si la candidature semble acquise, la stratégie électorale reste gardée secrète. « C’est une question interne. Nous ne devons pas exposer notre plan de bataille », a précisé Kalissa. Il appelle cependant à une mobilisation immédiate : « Il faut relancer les réunions dans les bases et reprendre les activités du parti. » Confiant, il a conclu : « La victoire finale sera celle de l’UFR et de M. Sidya Touré. »

Ce retour de l’UFR sur la scène politique guinéenne ajoute un acteur majeur à une présidentielle déjà très attendue. L’annonce de la candidature de Sidya Touré, expérimenté mais souvent perçu comme appartenant à une autre génération, pourrait bien rebattre les cartes d’un paysage politique en pleine mutation.

Avec cette certification, l’UFR espère retrouver son influence passée. Désormais, le défi consiste à transformer cette réhabilitation administrative en une dynamique capable de porter Sidya Touré vers le palais de Sékhoutouréya.

Candidature de Doumbouya : Le Compte à Rebours est Lancé

CONAKRY – Le silence est souvent plus lourd que les mots. En Guinée, un suspense politique haletant se joue à huis clos. La question obsède les conversations, des salons feutrés de Conakry aux ruelles animées de l’intérieur du pays : le président de la transition, Mamadi Doumbouya, sera-t-il candidat à l’élection présidentielle du 28 décembre ? À moins de deux semaines de l’échéance, le chef de l’État cultive le flou avec un art consommé, laissant partisans et opposants dans l’expectative.

Beaucoup guettaient son discours à la nation, le 2 octobre dernier, espérant y déceler une intention, un indice. En vain. Le Général est resté muet sur le sujet qui agite pourtant tout le pays. Ce silence stratégique place la nation entière dans l’attente, suspendue à une décision qui définira son avenir.

La Date Butoir du 2 Novembre

Le Code électoral, dans son article 128, est sans ambiguïté : le dépôt des candidatures doit intervenir « 55 jours au plus tard avant la date du scrutin ». Un compte à rebours implacable qui expire le 2 novembre 2025. Passé ce délai, la Cour constitutionnelle ne pourra plus valider aucun dossier. La porte se refermera. Cette date cruciale sert de ligne d’horizon à toutes les spéculations, un ultimatum constitutionnel qui plane sur les calculs politiques.

Le Poids d’une Promesse Solennelle

La tension actuelle trouve sa source dans un engagement passé. Le 31 décembre 2022, devant la nation, la parole de Mamadi Doumbouya était claire et ferme : « Ni moi, ni les membres du CNRD, ni ceux du CNT, ni les membres du gouvernement ne seront candidats. » Cette déclaration solennelle résonne aujourd’hui comme un écho gênant aux oreilles de ceux qui le pressent de se présenter.

Cette promesse n’est cependant pas la première que le chef de la transition serait amené à revisiter. Il avait initialement fixé la fin de la transition au 31 décembre 2024, une échéance qui a depuis été dépassée. Ce précédent alimente le doute et permet tous les scénarios. Le respect de la parole donnée s’effacera-t-il une nouvelle fois devant la raison d’État ou l’appel de ses partisans ?

Le pays retient son souffle. Chaque jour qui passe rapproche de l’échéance fatidique. Dans les coulisses du pouvoir, la décision se mûrit. Aux yeux de nombreux Guinéens, la crédibilité du processus de transition se jouera dans ce choix. Verdict : au plus tard le 2 novembre.

Le MATD impose la discipline maximale à trois mois de la présidentielle

À moins de trois mois du scrutin présidentiel du 28 décembre 2025, le ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD) resserre la discipline. Le lundi 13 octobre, à Conakry, le ministre Ibrahima Kalil Condé a réuni son équipe pour annoncer des mesures exceptionnelles. L’objectif est clair : garantir la mobilisation totale des cadres et agents jusqu’à l’investiture du prochain président.

Des mesures strictes pour une administration en alerte

Le ministre a suspendu immédiatement tous les congés, permissions et sorties du territoire pour le personnel du ministère. Cette décision, sans exception, ne souffre que d’un cas d’urgence ou de force majeure dûment justifiée. Une source proche du MATD a confirmé l’application immédiate de cette directive.

Ibrahima Kalil Condé a insisté sur la mission stratégique de son département :

« L’année 2025 marque un tournant décisif pour la Guinée. La mobilisation totale de l’administration territoriale est indispensable à la réussite du processus électoral. »

Cette orientation traduit la pression croissante qui pèse sur l’appareil administratif à l’approche du scrutin. Chaque cadre doit désormais jouer un rôle actif et constant dans le déroulement du vote. Le ministre a d’ailleurs prévenu : aucun relâchement ne sera toléré jusqu’à la fin du cycle électoral.

La Guinée vit ainsi au rythme d’une administration en état de veille maximale, déterminée à soutenir l’organisation d’un scrutin décisif pour l’avenir politique du pays.

l’Union sacrée sonne l’alerte électorale

CONAKRY – Lundi, l’Union sacrée a tiré la sonnette d’alarme dans une salle de presse attentive. La coalition politique dénonce les risques d’organiser une présidentielle dans la précipitation. Selon elle, tenir un scrutin national sans élections locales préalables constituerait une faute politique majeure. Cette précipitation pourrait replonger le pays dans l’instabilité.

« Il faut commencer par les élections communales pour poser les bases administratives et légitimes d’un processus électoral crédible », a plaidé Ibrahima Sory Diallo, président de l’Union sacrée. Il a rappelé le précédent de 2010 : plus de cinquante morts et une instabilité prolongée. Un scénario que personne ne souhaite voir se répéter.

L’illégalité constitutionnelle en question

La coalition s’appuie sur une lecture stricte de la Constitution. Selon elle, les articles 174 et 175 ne peuvent s’appliquer sans l’installation préalable des institutions locales. L’Union sacrée dénonce une violation de la loi fondamentale et pointe la Direction générale des élections (DGE), accusée d’outrepasser son mandat limité au référendum.

Le Code électoral, bien que promulgué, n’a toujours pas été rendu public. Pour la coalition, cette opacité représente un déficit de transparence grave, susceptible de nuire à la crédibilité du scrutin.

L’Union sacrée a également rappelé le serment prêté en 2021 par le président Mamadi Doumbouya : ne pas se présenter à la prochaine présidentielle. « Ceux qui l’encouragent à violer son serment ne défendent que leurs intérêts », a prévenu Ibrahima Sory Diallo.

La crainte d’une transition accélérée

En filigrane, la coalition questionne la philosophie même de la transition. Elle défend un processus « cohérent et concerté », où les élections locales servent de fondement à l’édifice démocratique. Sans cette base, la Guinée s’exposerait à une transition accélérée, sans fondement institutionnel solide.

Le message est clair : la légitimité se construit et ne se décrète pas. Elle passe par le respect scrupuleux des étapes, de la commune à la nation. À l’heure où la Guinée tente de tourner la page des crises passées, l’Union sacrée se pose en gardienne des principes, rappelant que les raccourcis électoraux mènent souvent à des impasses historiques.

Bah Oury, l’apôtre de la neutralité

KANKAN – Le message est , clair et ferme, dans la chaleur de la cité du Manding. Ce vendredi 10 octobre, le Premier ministre Bah Oury, en tournée nationale, s’est adressé aux autorités locales de Kankan. Devant elles, il a tracé la ligne rouge, celle que l’administration ne devra pas franchir : la neutralité absolue dans le processus électoral à venir.

D’entrée, le chef du gouvernement a salué le référendum du 21 septembre comme une victoire collective. « Nous avons réussi une grande chose ensemble », a-t-il déclaré, évoquant un scrutin organisé « dans la paix, dans la convivialité et dans la sécurité pour tous ». Des mots qui résonnent comme un hommage, mais aussi comme un standard à maintenir.

Puis est venu le cœur de son discours, la raison véritable de sa présence. « Dans les processus électoraux, l’administration territoriale doit marquer sa neutralité et son impartialité », a-t-il asséné, regardant son auditoire droit dans les yeux. Le ton n’était pas suppliant, mais prescriptif. « C’est cela qui fonde la transparence, la crédibilité et le sérieux du processus que nous sommes en train d’accomplir aujourd’hui. »

Tourner la page des « pulsions antérieures »

Le Premier ministre n’a pas éludé les démons du passé. Il a appelé à rompre définitivement avec les pratiques qui ont trop souvent ensanglanté les scrutins guinéens. « La victoire sur nos défauts, nos insuffisances antérieures, nos pulsions antérieures qui consistent à tout régler par des coups de poing… »

Sa voix s’est faite plus grave pour l’exhortation finale : « Il faut faire en sorte que les étapes à venir se fassent dans la cohésion, la paix et dans le respect des règles démocratiques. » Chaque mot pesait son poids de mémoire et d’espoir.

Chaque voix compte, hier comme demain

Mais c’est dans sa conclusion que Bah Oury a peut-être livré son message le plus fort, une leçon de démocratie élémentaire et essentielle. « Cette voix compte pour le oui, elle compte pour le non, et demain elle comptera pour monsieur ou madame X, ou monsieur ou madame Y. »

Une phrase simple, qui résume l’enjeu fondamental : la voix de chaque Guinéen, quelle que soit sa couleur politique, doit être « protégée et consacrée ». C’est là, a-t-il estimé, le socle de la refondation de l’État, la condition sine qua non pour que « la sécurité et la paix civile continuent de régner dans notre pays ».

Dans la salle, le silence était éloquent. Le message était passé. À quelques semaines d’une présidentielle cruciale, le gouvernement semble vouloir jouer la carte de la transparence. Reste à savoir si, sur le terrain, les acteurs entendent raison.

Présidentielle Conakry 2025 : Mamadi Doumbouya prêt à répondre à « l’appel du peuple »

Conakry – Le suspense touche à sa fin. Ce vendredi, Abdourahmane Baldé, directeur général du Fonds national pour l’insertion des jeunes (FONIJ), a annoncé que le général Mamadi Doumbouya déposera dans les prochaines heures sa candidature à l’élection présidentielle du 28 décembre 2025.

« Le général Doumbouya va déposer sa candidature, car il ne peut pas abandonner le peuple », a déclaré M. Baldé à la Maison de la presse. Selon lui, le chef du CNRD répond ainsi à un véritable mandat moral populaire.

Une jeunesse aux commandes et un pays rassemblé

Le directeur du FONIJ a rappelé que, avant le 5 septembre, la Guinée « s’enfonçait dans les ténèbres » et était « déchirée ». Depuis l’arrivée de Doumbouya, le gouvernement a posé des actes concrets pour rassembler le pays et offrir aux jeunes une place centrale dans la gouvernance. « Avant, c’étaient les vieux qui dirigeaient. Aujourd’hui, ce sont les jeunes qui gouvernent », a-t-il insisté.

Baldé s’est également appuyé sur le succès du référendum constitutionnel, où le Oui l’a emporté massivement. Il voit là un signe clair de l’adhésion populaire aux valeurs du CNRD : rassemblement, unité nationale et renouvellement des idées. « Partout, le peuple a dit Oui au CNRD, Oui à la Constitution », a-t-il martelé. Puis il a ajouté : « Il faut désormais respecter le peuple, l’honorer, l’écouter et l’entendre. »

Une candidature au service de la continuité nationale

Pour M. Baldé, la candidature de Doumbouya ne relève pas d’un choix personnel. Elle répond à l’appel du peuple et vise à poursuivre le projet d’une Guinée « heureuse, glorieuse, dirigée par des jeunes avec du sang neuf et des idées nouvelles ». L’objectif : assurer la continuité de la prospérité nationale amorcée depuis le début de la transition.

Alors que tous les yeux, dans le pays et à l’international, restent braqués sur Conakry, l’officialisation de Doumbouya pourrait transformer cette transition en véritable épreuve électorale. Le verdict populaire déterminera le destin du général et confirmera la légitimité de son mandat.

Transition Guinéenne : La directrice des élections lève le voile sur le scrutin à venir

CONAKRY – Dans un bureau face aux caméras, une femme clarifie le destin électoral de toute une nation. Ce jeudi 09 octobre, la directrice générale des élections, Djenab Touré, a rompu un silence lourd d’interrogations. Devant la presse, elle a dessiné les contours d’un processus aussi fragile qu’essentiel : l’organisation de la future présidentielle. Son message, à la fois technique et éminemment politique, est sans équivoque : sa direction agira, provisoirement, comme le pilote technique du scrutin.

La conférence de presse répondait à une inquiétude latente. Après le référendum constitutionnel, des doutes persistaient sur une éventuelle mainmise du pouvoir de transition sur le processus électoral, via une Direction générale des élections (DGE) placée sous la tutelle du ministère de l’Administration du territoire. Djenab Touré a choisi la transparence offensive pour désamorcer les critiques.

« La DGE va jouer le rôle de l’organe technique. Ainsi que l’ONU va jouer ce rôle jusqu’à ce que nous mettions en place l’organe technique qui est prévu dans la Constitution », a-t-elle affirmé, d’une voix posée. Cette déclaration, simple en apparence, opère un double transfert de légitimité : vers la future institution indépendante, l’OTIGE, et vers l’organisme onusien comme garant extérieur.

La lettre de la loi pour étayer la transition

La cheffe de la DGE ne s’est pas contentée de promesses. Elle s’est appuyée sur la froideur des textes pour assoir sa position. Le nouveau Code électoral, tout juste adopté par le Conseil national de la transition (CNT), sert de piédestal légal à cette phase transitoire. Il acte, noir sur blanc, la continuité administrative de la DGE.

« Comme nous avons commencé, nous allons toujours continuer, et je vous ai dit qu’à titre transitoire, en attendant la mise en place de l’OTIGE, la Direction générale continue d’assurer ce rôle conformément aux dispositions transitoires du Code électoral », a-t-elle insisté, scellant son propos par une référence juridique incontestable.

Un pari sur la confiance

Au-delà de la mécanique institutionnelle, Djenab Touré a lancé un appel. En réaffirmant sa volonté de « collaborer étroitement avec les médias », elle tend la main à un contre-pouvoir essentiel. Elle parie sur l’ouverture comme rempart contre la défiance.

Dans la chaleur de Conakry, cette annonce apaise temporairement les tensions tout en reportant les échéances. La DGE tient les manettes, mais son mandat est emprunté. L’ombre de l’OTIGE, institution permanente promise par la Constitution, plane sur chaque décision. Le véritable test ne réside pas dans la gestion courante, mais dans la capacité de l’équipe en place à préparer sa propre obsolescence – à construire, pierre après pierre, l’édifice indépendant qui devra un jour la remplacer. La transition électorale guinéenne est désormais lancée, sur un fil tendu entre l’urgence du présent et les exigences de l’avenir.

Présidentielle 2025 : la DGE active les commissions clés pour la course à la magistrature suprême

CONAKRY – La machine électorale guinéenne s’active. Ce mardi 7 octobre, la Direction Générale des Élections (DGE) a annoncé la création de deux commissions essentielles pour la préparation de la présidentielle du 28 décembre 2025. Cette étape marque un tournant vers le retour à l’ordre constitutionnel.

La première, Commission de réception et de validation des parrainages, jouera un rôle central. Elle vérifiera l’identité des candidats et la conformité de leurs parrainages, conformément au code électoral.

La seconde, Commission financière, fixera deux paramètres décisifs : le montant de la caution exigée et le plafond des dépenses autorisées pour la campagne. Ces règles visent à garantir l’équité entre les candidats.

Un processus sous pression mais sous contrôle

La DGE invite dès à présent les partis politiques et candidats indépendants à désigner leurs mandataires avant le 9 octobre. Les dossiers doivent être déposés au siège de la DGE, dans la commune de Dixinn, avec une lettre d’engagement “sur l’honneur” et les coordonnées du représentant.

Cette étape technique s’annonce cruciale. En effet, le processus électoral se déroule dans un contexte politique tendu, où chaque décision fait l’objet d’un suivi rigoureux. Toutefois, la DGE assure “compter sur la participation active et la collaboration de tous les acteurs” pour assurer la crédibilité du scrutin.

Alors que la Guinée s’avance vers un vote décisif pour son avenir démocratique, la mise en place de ces commissions symbolise le véritable lancement de la course présidentielle. Reste désormais à savoir quels candidats franchiront toutes les étapes vers la magistrature suprême.

Une indépendance célébrée dans la sobriété

Soixante-sept ans après son indépendance, la Guinée a célébré son histoire dans une atmosphère inhabituelle. Ce jeudi 2 octobre, le défilé militaire traditionnel a laissé place à une cérémonie sobre, organisée à la Place des Martyrs de Kaloum. Le général Mamadi Doumbouya y a présidé un hommage solennel aux pères de la nation.

Une rupture avec les habitudes

Contrairement aux éditions passées, aucune parade n’a traversé les rues de Conakry. Le chef de la Transition, vêtu d’un boubou blanc, est arrivé aux côtés de son épouse Lauriane Doumbouya vers 11 heures. La cérémonie a mis en avant le symbole et le recueillement, loin du faste habituel.

Hommage aux martyrs et message politique

Le moment fort a été le dépôt de gerbe de fleurs par Mamadi Doumbouya. Il a honoré la mémoire des grandes figures de l’indépendance avant d’observer un long moment de recueillement. Autour de lui, membres du gouvernement, institutions républicaines et corps diplomatique ont partagé ce silence chargé d’émotion.

Cette célébration épurée, ponctuée par la levée des couleurs et les saluts protocolaires, contraste avec les commémorations antérieures. Elle pourrait symboliser une volonté de rupture avec certaines traditions, dans un contexte économique et social tendu.

Alors que le pays se dirige, en principe, vers une élection présidentielle en décembre, ce choix sobre envoie un message clair. La Guinée veut honorer son passé tout en affirmant son désir d’ouvrir un nouveau chapitre de son histoire.

Souveraineté économique et unité nationale : le double message de Doumbouya pour les 67 ans de la Guinée

 Soixante-sept ans après l’indépendance, la Guinée se cherche un nouveau destin. Dans son discours à la nation prononcé mercredi, le général Mamadi Doumbouya a dévoilé sa feuille de route pour la transformation du pays, mêlant ambitions économiques et appel à l’unité nationale.

La souveraineté économique comme colonne vertébrale

Le chef de la Transition a présenté la « souveraineté économique » comme le pilier central de son action. « Elle n’est pas une fin en soi, mais le moyen de garantir à chaque Guinéen et chaque Guinéenne l’amélioration des conditions de vie », a-t-il affirmé, liant explicitement la reconquête des ressources nationales à l’accès aux services sociaux de base.

Parmi les outils dévoilés, la création imminente d’un Fonds souverain de Guinée, présenté comme un instrument stratégique pour « garantir la gestion optimale » des richesses du pays. Une annonce concrète qui s’inscrit dans la lignée des réformes engagées depuis la prise du pouvoir en septembre 2021.

Une reconnaissance financière inédite

Le président a mis en avant un symbole fort de cette nouvelle crédibilité : la première notation souveraine du pays, classée B+ avec perspective stable par une agence internationale. « Une première dans notre histoire », s’est félicité le général Doumbouya, y voyant le signe de « la confiance de la communauté financière internationale » et un passeport pour des financements compétitifs.

Simandou 2040, projet phare de la nouvelle Guinée

Le programme « Simandou 2040 » a été érigé en « moteur de l’avenir ». Le chef de l’État en a précisé la double vocation : financer des infrastructures modernes (chemins de fer, ports, routes, énergie) et investir dans le « capital humain d’excellence » via l’éducation, la recherche et la formation.

« Simandou 2040, c’est avant tout vous, les femmes, les hommes, les filles et les fils de notre nation, ensemble, en unissant nos forces et nos intelligences », a-t-il déclaré, associant la population à ce projet structurant.

Un appel à l’unité dans un contexte politique tendu

Alors que la Guinée s’achemine vers une élection présidentielle théoriquement prévue le 28 décembre, le discours s’est conclu par un plaidoyer pour la cohésion nationale. « À toutes et à tous, je lance un appel. Restons unis, disciplinés et solidaires, car c’est ensemble et seulement ensemble que nous construirons la Guinée de demain. »

Cet appel à l’unité, répété à plusieurs reprises, semble vouloir apaiser les tensions politiques dans un pays où la transition accuse un retard certain dans son calendrier initial. Entre ambitions économiques affichées et réalités politiques complexes, le général Doumbouya tente de tracer sa voie, soixante-sept ans après que la Guinée eut ouvert la marche des indépendances africaines.

67 ans d’indépendance : les Guinéens dans l’attente du discours de Doumbouya

Soixante-sept ans après la proclamation historique de l’indépendance, la Guinée retient son souffle. Ce jeudi 2 octobre, le général Mamadi Doumbouya s’adresse à la nation dans un discours télévisé très attendu, le deuxième depuis le référendum constitutionnel du 21 septembre dernier.

Le chef de l’État, porté au pouvoir par un coup d’État le 5 septembre 2021, prononce cette allocution dans un moment charnière pour l’avenir du pays. Alors que la présidentielle du 28 décembre 2025 approche à grands pas, le mystère demeure sur ses intentions.

Un silence politique qui interroge

Quatre ans après son arrivée à la tête du pays, le général Doumbouya n’a toujours pas officialisé sa position concernant le scrutin présidentiel. Cette incertitude plane sur les célébrations de l’indépendance, créant un suspense politique inhabituel pour ce traditionnel exercice de communication présidentielle.

La récente adoption de la nouvelle Constitution, qui autorise désormais les candidatures indépendantes, ouvre théoriquement la voie à toute personne éligible – y compris le chef de la Transition – de se porter candidate. Un changement institutionnel qui ajoute encore au flou entourant les ambitions du leader militaire.

Un discours scruté à la loupe

Chaque mot, chaque nuance du discours de Doumbouya sera analysé avec attention par la classe politique et les observateurs internationaux. Son allocution pourrait lever – ou confirmer – le voile sur ses intentions réelles à moins de trois mois de l’échéance électorale.

La nation tout entière, entre célébration patrimoniale et interrogation démocratique, se trouve à la croisée des chemins. Soixante-sept ans après s’être affranchie de la puissance coloniale, la Guinée attend de savoir qui dirigera sa prochaine étape historique.

Un référendum sans violence, preuve d’une stabilité retrouvée ?

Quatre ans après la prise du pouvoir par l’armée, le gouvernement guinéen dresse un bilan contrasté de sa transition. Face aux investisseurs réunis ce mercredi à Conakry, le ministre du Budget Facinet Sylla a célébré la « stabilité politique » retrouvée sous l’égide du Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD).

« Depuis le 5 septembre 2021, notre pays s’est engagé dans un processus de refondation. Sous le leadership du général Mamadi Doumbouya, la Guinée a retrouvé la stabilité politique », a déclaré le ministre, évoquant « un climat de sérénité propice aux investissements ».

Un plébiscite en terrain miné

Preuve de cette normalisation, selon le pouvoir : le référendum constitutionnel du 21 septembre dernier, adopté à 89,38 % avec une participation officielle de 86,42 %. Les chiffres donnent le vertige : plus de cinq millions de « Oui » contre 610 000 « Non ». Mais cette consultation s’est déroulée dans un contexte particulier. Pendant la campagne, l’espace médiatique était contrôlé, les manifestations interdites. L’opposition historique avait choisi le boycott, dénonçant un processus verrouillé.

« Nous qui sommes des acteurs, nous savons tous ici qu’avant, l’élection était synonyme de chaos, de paralysie, de victimes, de sang versé », a relativisé Facinet Sylla. « Pour la première fois, nous avons fait des élections sans aucune victime, sans effusion de sang. Je pense que cela mérite d’être salué. »

La présidentielle de décembre en ligne de mire

Le lendemain de la promulgation de la nouvelle Constitution, le président Doumbouya a fixé la prochaine échéance : l’élection présidentielle se tiendra le 28 décembre 2025. « Cette stabilité politique qui est l’œuvre du Général Mamadi Doumbouya, je dirais même son principal achievement », a souligné le ministre du Budget.

Stabilité politique, dividendes économiques ?

Selon Facinet Sylla, cette stabilité a des retombées concrètes. « Cet afflux des investissements directs étrangers a eu un effet de ruissellement sur tous les secteurs socio-économiques du pays », a-t-il assuré, citant la création d’emplois et l’amélioration des infrastructures.

Pourtant, derrière les annonces optimistes, une autre réalité persiste. Alors que le pouvoir vante une transition apaisée, ses détracteurs dénoncent un régime autoritaire qui muselle toute contestation. La campagne pour la présidentielle de décembre s’annonce comme le véritable test de cette stabilité tant célébrée – et de sa légitimité réelle auprès des Guinéens.

La Guinée enclenche la vitesse supérieure : 240 millions pour les routes et l’eau

 Le président de la Transition, Mamadi Doumbouya, a officialisé le mardi 30 septembre deux engagements majeurs pour l’avenir de la Guinée. Par décrets, il a promulgué les lois autorisant la ratification d’accords de financement d’envergure, débloquant plus de 240 millions de dollars pour les infrastructures routières et de l’assainissement.

La route du désenclavement : 30 millions pour l’axe Labé-Mali

Le premier décret entérine un prêt de 30 millions d’Unités de Compte (UC) accordé par le Fonds Africain de Développement (FAD). L’objectif est clair : aménager la route inter-États qui relie Labé à la ville de Mali, en traversant Kédougou et Fongo-Limbi. Cet axe vital, longtemps laissé en déshérence, représente bien plus qu’un simple ruban de bitume. Il est la promesse d’une ouverture économique, d’une mobilité accrue pour les populations et d’un renforcement des échanges commerciaux avec les pays voisins.

La révolution de l’eau : 210 millions pour le PEAG

Le second décret ouvre la voie à une transformation profonde du secteur de l’eau et de l’assainissement. Il concerne le Projet Eau et Assainissement de Guinée (PEAG) et valide deux accords distincts :

  • Un prêt de 200 millions de dollars de l’Association Internationale de Développement (IDA).

  • Un don de 10,92 millions de dollars du Fonds pour l’Environnement Mondial, administré par la Banque Mondiale (BIRD).

Au total, ce sont 210,9 millions de dollars qui seront injectés pour renforcer l’accès à l’eau potable et moderniser en profondeur les infrastructures d’assainissement sur l’ensemble du territoire. Une manne financière qui vise à répondre à un besoin criant de la population.

Une vision stratégique pour les infrastructures de base

La ratification simultanée de ces deux lois illustre la priorité accordée par les autorités de transition aux infrastructures fondamentales. D’un côté, désenclaver les régions et fluidifier les échanges ; de l’autre, garantir l’accès à l’eau potable et améliorer les conditions sanitaires. Deux piliers du développement qui, une fois consolidés, devraient poser les bases d’une croissance économique plus inclusive et durable.

Ces projets, une fois mis en œuvre, marqueront un tournant tangible dans la vie des Guinéens. Ils traduisent sur le terrain une volonté politique affirmée de combler le déficit infrastructurel du pays. La route vers le développement, désormais, a un calendrier et un financement.

La Nouvelle Loi Fondamentale : À Quel Moment la Constitution Devient-elle Vivante ?

Quatre années après le basculement de septembre 2021, la Guinée a choisi son nouveau cap. Par la voix des urnes, le 21 septembre 2025, les Guinéens ont massivement adopté une nouvelle Loi fondamentale. Le « Oui » l’a emporté avec près de 90 % des suffrages, pour une participation avoisinant les 86 %.

Mais après les applaudissements et les décrets, une question cruciale se pose : à partir de quel moment précis cette Constitution cesse-t-elle d’être un texte pour devenir l’âme juridique de la nation ?

Promulgation ou publication : le point du juriste

Pour trancher, l’éclairage du juriste Kalil Camara s’impose. Ce spécialiste plonge dans le Code civil guinéen et exhume des articles souvent méconnus. Il distingue clairement la promulgation de la publication.

« La promulgation est l’acte par lequel le président atteste de la régularité de la procédure et ordonne l’exécution de la loi. La publication, elle, consiste à porter la loi à la connaissance de tous via le Journal officiel », explique-t-il.

Le texte de la Constitution elle-même le confirme. Son article 199 stipule : « La présente Constitution […] entre en vigueur à compter de la date de sa promulgation par le Président de la République. »

Le verdict du juriste est sans appel : « Le président a promulgué la Constitution par décret. Dès cet instant, elle est exécutoire sur tout le territoire national. » L’insertion au Journal officiel, si elle informe les citoyens, reste une formalité. La Loi fondamentale est déjà vivante.

Kalil Camara rappelle enfin une disposition renforçant la primauté de la loi : même en cas de silence prolongé du chef de l’État, une loi devient exécutoire de plein droit après un mois. Cette règle garantit que la loi, une fois adoptée, s’impose toujours.

UPR dément la candidature de son président à la présidentielle de décembre

Conakry – L’Union pour le progrès et le renouveau (UPR) a officiellement démenti, ce lundi 29 septembre 2025, les rumeurs annonçant la candidature de son président, Elhadj Ousmane Bah, à l’élection présidentielle prévue le 28 décembre prochain.

Dans un communiqué d’une page, le Bureau exécutif du parti qualifie ces informations de « non fondées » et dénonce leur propagation sur les réseaux sociaux.

Des rumeurs jugées organisées

« Sitôt publié le décret fixant la date du scrutin, certaines plateformes se sont empressées d’annoncer la candidature de notre président. Or, quiconque connaît le fonctionnement de l’UPR sait que de telles décisions relèvent des instances du parti et non d’initiatives individuelles », souligne le communiqué.

Le parti insiste sur le respect de ses procédures internes, rappelant que toute décision stratégique doit passer par ses organes dirigeants. Il accuse également les auteurs de ces rumeurs de mener « une campagne organisée pour intoxiquer, déstabiliser et manipuler l’opinion ».

Une prise de position mesurée

Tout en réaffirmant sa vocation de « conquérir et exercer le pouvoir à tous les échelons », l’UPR précise qu’elle se prononcera « en temps opportun », conformément à ses textes fondateurs et aux nouvelles dispositions de la Constitution.

« Jusque-là, les informations distillées çà et là n’engagent que leurs auteurs », conclut le communiqué, mettant un terme aux spéculations sur la future candidature de son président.

Faya Millimouno répond à ses détracteurs : « Je ne suis pas un opposant fabriqué par la junte »

 Les rumeurs courent, tenaces, dans les milieux politiques guinéens. Faya Millimouno, président du Bloc Libéral et figure de l’opposition ayant mené campagne pour le « Non » au référendum constitutionnel, serait-il en réalité un « opposant fabriqué » par le Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD) ? Interpellé sur ces suspicions, le leader politique a répondu avec une fermeté teintée d’agacement : « Je ne suis pas quelqu’un qu’on peut fabriquer ».

Face à ceux qui voient en lui un pantouin du pouvoir, Millimouno rappelle son parcours. « Avant que certains membres du CNRD ne soient dans l’armée, j’étais déjà dans la politique. Avant que certains militaires, membres du CNRD, ne soient même à l’école secondaire, au collège, j’étais déjà dans la politique », a-t-il asséné, rejetant catégoriquement l’idée que son opposition puisse être orchestrée par la junte.

« Pourquoi lui, on ne le tue pas ? »

Le dirigeant libéral va plus loin, évoquant les questions que certains se posent ouvertement : « Pourquoi lui, on ne le tue pas ? Pourquoi lui, on ne le kidnappe pas ? Pourquoi lui, on ne le torture pas ? ». Des interrogations qui, selon lui, trahissent une mentalité dangereuse. « Quand on raisonne comme ça, on dit à la dictature en place qu’on est vraiment mûrs pour l’esclavage ».

Pour Millimouno, le véritable scandale n’est pas son impunité relative, mais bien la répression qui frappe d’autres opposants. « La question qu’on devrait se poser aujourd’hui, c’est pourquoi Aliou Bah devait être aujourd’hui en prison ? Pourquoi Abdoul Sacko a été enlevé de son domicile et torturé ? Pourquoi nous permettons ça ? ».

Défendre les victimes, pas justifier les bourreaux

En citant nommément des personnalités victimes d’enlèvement, de torture ou d’emprisonnement – comme Mohamed Traoré –, Millimouno opère un renversement du débat. Il ne s’agit pas, explique-t-il, de se demander pourquoi certains sont épargnés, mais pourquoi d’autres sont persécutés. « Les vraies questions, c’est à ce niveau. Ce n’est pas pourquoi on ne m’arrête pas ».

Une réponse qui vise autant à désamorcer les rumeurs qu’à recentrer l’attention sur les abus du régime. En se présentant comme un opposant historique et indépendant, Faya Millimouno tente de préserver sa crédibilité tout en maintenant la pression sur une junte de plus en plus accusée de méthodes brutales.

Reste que dans le climat de défiance généralisée qui règne en Guinée, ces explications ne suffiront probablement pas à calmer toutes les suspicions. Mais une chose est sûre : Millimouno a choisi son camp – celui d’une opposition frontale, même si elle n’est pas persécutée.

Référendum en Guinée : le Premier ministre BAH célèbre « la victoire de toute la nation »

Conakry, 24 septembre 2025 – Le visage du Premier ministre Amadou Oury BAH reflète la solennité d’un moment historique. Ce mercredi matin, il s’est adressé à la presse nationale et internationale, quelques heures après la proclamation des résultats provisoires du référendum du 21 septembre. Selon le ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, la nouvelle Constitution a été adoptée par 89,38 % des suffrages exprimés, sur un taux de participation impressionnant de 86,42 %.

« Le peuple de Guinée a fait le choix souverain d’adopter une Constitution qui consacre la réconciliation de l’État et de la société civile », a déclaré M. Bah, saluant la maturité démocratique et l’engagement exemplaire des citoyens. Il a souligné que ce processus s’est déroulé dans la transparence, sans incident, et avec la participation de toutes les composantes de la Nation, y compris la diaspora.

Au nom du Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, le Chef du gouvernement a rendu hommage à l’ensemble des acteurs : partis politiques, syndicats, organisations de jeunesse et de femmes, leaders communautaires, observateurs nationaux et internationaux, forces de défense et de sécurité, ainsi qu’à la Direction générale des élections. Il a aussi remercié le président pour son « soutien déterminé » à ce processus.

« Le oui n’est pas la victoire d’un camp contre un autre, mais celle de toute la Guinée », a-t-il insisté, rappelant l’attachement du gouvernement au dialogue et à la réconciliation. Cette étape ouvre désormais la voie aux prochaines échéances électorales – présidentielle, législatives, communales, régionales et sénatoriales – essentielles pour le retour complet à l’ordre constitutionnel.

« Le peuple souverain de Guinée a tracé un chemin vers un avenir républicain et démocratique », a conclu le Premier ministre, appelant à l’unité nationale et à la responsabilité collective pour bâtir un pays apaisé et stable.

la Cédéao et l’UA valident le référendum, appel à un soutien international pour la transition

 C’est un satisfecit qui tombe à point nommé. Les missions d’observation conjointes de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et de l’Union africaine (UA) ont rendu leur verdict, mercredi 24 septembre, sur le référendum constitutionnel guinéen du 21 septembre : le scrutin s’est « bien déroulé » et les acteurs électoraux ont « rempli leurs missions convenablement ». Une validation de poids pour les autorités de transition, au lendemain de la proclamation des résultats provisoires donnant le « Oui » vainqueur avec 89,38% des voix.

Dans un communiqué public, les organisations régionales et continentales ont salué le professionnalisme du personnel électoral et le travail des observateurs nationaux et internationaux. Leur mission, composée de 50 experts répartis équitablement entre la Cédéao et l’UA, a couvert les huit régions administratives du pays et visité 389 bureaux de vote le jour J.

Une mission bien déployée et inclusive

Sur place, les délégations ont rencontré l’ensemble des parties prenantes : autorités guinéennes, Direction générale des élections (DGE), Cour suprême, société civile et partenaires techniques et financiers. Une approche inclusive destinée à recueillir une vision panoramique du processus.

Leurs conclusions positives confortent les chiffres officiels annoncés mardi par le ministre de l’Administration du territoire, Ibrahima Kalil Condé : plus de 5,1 millions de « Oui », un taux de participation de 86,42%, et un processus déployé dans 16 722 centres de vote.

Un appel au soutien international

Au-delà du constat technique, la Cédéao et l’UA lancent un appel clair : la communauté internationale doit poursuivre son soutien aux autorités de transition et au peuple guinéen pour « la consolidation de la paix, de la sécurité et de la stabilité ». Un message adressé notamment aux bailleurs et partenaires techniques, parfois réticents à accompagner des processus de transition non issus d’élections pluralistes.

Cet appel intervient à un moment crucial : la Guinée s’apprête à tourner la page de la transition avec la promulgation prochaine de la nouvelle Constitution, puis l’organisation d’élections générales. Les deux institutions estiment que cet accompagnement est essentiel pour garantir un retour à l’ordre constitutionnel apaisé et crédible.

Vers une normalisation politique ?

Cette validation internationale pourrait contribuer à désamorcer les tensions politiques internes et à crédibiliser la suite du processus. Reste que l’opposition, qui a boycotté le scrutin et rejette ses résultats, ne devrait pas se laisser convaincre si facilement.

La balle est maintenant dans le camp de la Cour suprême, qui doit examiner les résultats et proclamer les chiffres définitifs. Ensuite, le gouvernement devra prouver que la « stabilité » promise n’est pas un leurre, mais bien le prélude à une démocratie renouvelée.

Bah Oury campe sur ses positions : « Aucune démission du gouvernement après la nouvelle Constitution »

Le gouvernement guinéen ne tremblera pas sur ses bases. Interpellé ce mercredi 24 septembre sur une éventuelle démission du gouvernement suite à l’adoption de la nouvelle Constitution, le Premier ministre Bah Oury a opposé une fin de non-recevoir catégorique. Lors d’un point de presse au palais de la Colombe, le chef du gouvernement a assuré qu’aucune disposition de la loi fondamentale n’exige une telle mesure.

« Dans aucun article de cette présente Constitution, il n’est dit que le gouvernement doit démissionner », a-t-il martelé, face aux journalistes. Une réponse ferme à ceux qui anticipaient un remaniement ou une dissolution suite à la victoire écrasante du « Oui » au référendum du 21 septembre.

« Ce n’est pas une modification, c’est une nouvelle Constitution »

Bah Oury a tenu à préciser un point crucial : le scrutin ne visait pas à modifier la Constitution, mais à en adopter une nouvelle. Une nuance qui, selon lui, change tout. « Il faut se conformer aux principes édictés par cette Constitution qui devra être promulguée le plus rapidement possible après un passage de 72 heures au niveau de la Cour suprême », a-t-il expliqué.

Le Premier ministre a fustigé ceux qu’il qualifie d’adeptes des « changements perpétuels » et des « éternelles questions de changement de postes ». Pour lui, la priorité absolue doit être la stabilité – un axe majeur de l’action publique qu’il entend défendre.

La stabilité comme ligne directrice

« Nous recherchons la stabilité. Et cette stabilité doit être adossée par le respect scrupuleux des règles démocratiques, des règles constitutionnelles et dans une vision très ouverte et constructive du présent et du futur », a-t-il insisté.

Il a appelé à « revisiter les paradigmes » pour privilégier une « logique de cohérence absolue ». Un plaidoyer pour la continuité, dans un contexte où beaucoup s’interrogeaient sur l’avenir de l’équipe en place après l’entrée en vigueur de la nouvelle loi fondamentale.

Des changements possibles… mais plus tard

Le chef du gouvernement n’a pas totalement fermé la porte à un éventuel remaniement, mais il en a conditionné la possibilité à deux facteurs : le timing et la volonté présidentielle. « Je ne dis pas qu’il n’y aura pas à un moment donné des changements, c’est tout à fait nécessaire. Mais ce sera lorsque le moment sera là et en fonction du pouvoir discrétionnaire du président de la République ».

Un message clair : si changement il y a, il ne se fera pas sous la pression, mais selon le calendrier et l’appréciation du général Mamadi Doumbouya.

Ce discours tranchant montre que le pouvoir transitionnel entend verrouiller sa trajectoire et éviter toute précipitation. La balle est désormais dans le camp de la Cour suprême, qui doit valider les résultats. Ensuite, ce sera au président de décider de l’étape suivante. Mais d’ores et déjà, Bah Oury a signifié que le cap restait celui de la stabilité.

Cellou Dalein Diallo déclare la guerre à la junte : « La victoire sera de notre côté »

Le ton n’est plus à la contestation, mais à l’insurrection. Ce mardi 23 septembre, l’ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo a lancé un appel vibrant à la résistance contre la junte militaire du général Mamadi Doumbouya. Dans une allocution enflammée, le leader de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) a juré que le CNRD ne parviendrait pas à imposer son « diktat » ni à détruire les acquis démocratiques du pays.

« Peuple de Guinée, jamais Mamadi Doumbouya ne réussira son nouveau coup d’État, ne parviendra pas à imposer sa volonté de confisquer le pouvoir et à détruire nos acquis démocratiques obtenus, comme vous le savez, dans la sueur et le sang de notre peuple », a-t-il averti, dans un message qui sonne comme une déclaration de guerre.

« Rien ni personne ne pourra entraver notre marche »

Face à la répression, Diallo affiche une détermination de fer. « Ni les canons braqués sur nous, ni la répression, ni les campagnes de terreur et d’intimidation, ni les violences physiques et morales exercées sur les citoyens, ni les assassinats, ni les disparitions forcées, ni les détentions arbitraires, ni les harcèlements judiciaires ne nous ébranleront dans notre détermination à libérer notre pays de la dictature ».

Et de marteler : « Rien ni personne ne pourra entraver la marche de notre peuple vers le respect de sa dignité et la réalisation de ses légitimes aspirations à la démocratie et à la liberté ».

Un serment solennel au peuple

L’ancien chef du gouvernement a même fait le serment solennel que la victoire serait du côté des démocrates. « Nous aurons le dernier mot et la victoire sera de notre côté parce que nous sommes déterminés à défendre, si nécessaire, au prix de nos vies, la vérité, la justice et les intérêts supérieurs de notre nation ».

Pour lui, les signes de « fébrilité » du régime sont évidents : « déploiement massif et disproportionné d’un arsenal de guerre », « mobilisation forcée des fonctionnaires », « utilisation de ressources financières considérables pour acheter la conscience des leaders d’opinion ».

« C’est maintenant ou jamais »

Son appel se veut un électrochoc. « Il faut sortir dès maintenant de notre réserve et nous tenir debout comme un seul homme pour libérer notre patrie de leur gouvernance liberticide, clanique et antidémocratique ».

Et de conclure, dans un élan quasi mystique : « Ensemble, main dans la main, dans un élan patriotique et un esprit de sacrifice, nous triompherons de la dictature et de tous les imposteurs. Tous, debout et mobilisés pour une Guinée libre et souveraine ».

Un discours qui marque un tournant. La résistance passe à la vitesse supérieure. Et la junte, désormais, est prévenue : la bataille pour la Guinée ne fait que commencer.

Référendum guinéen : le « Oui » écrasant à plus de 90%, la contestation persiste

Les chiffres tombent, nets et massifs. Selon les résultats partiels publiés ce lundi par la Direction générale des élections (DGE), le « Oui » à la nouvelle Constitution l’emporte largement avec plus de 90% des suffrages exprimés. Sur les 4,8 millions de votants – soit un taux de participation de 91% –, 4,3 millions se sont prononcés en faveur du texte, contre seulement 405.430 « Non ».

Des résultats qui, à ce stade du dépouillement (82% des bureaux pris en compte), dessinent une victoire sans appel pour le camp du pouvoir, porteur de ce projet de loi fondamentale. La directrice générale des élections, Djénabou Touré, a présenté ces chiffres comme le reflet d’une adhésion large et transversale.

Une approbation massive dans toutes les régions

Le plébiscite semble généralisé. À Kankan, le « Oui » frise les 95,5% ; à Faranah, il atteint 96% ; à N’Zérékoré, il culmine à 96,2%. Seule la capitale, Conakry, affiche un score légèrement moins uniforme : 74,4% de « Oui », mais 25,6% de « Non » – signe peut-être d’une opposition plus structurée en milieu urbain.

Ces chiffres, s’ils sont confirmés par la Cour constitutionnelle – seule habilitée à proclamer les résultats définitifs –, donneront une légitimité statistique incontestable au texte. Ils acteraient l’avènement d’une Troisième République sous l’égide des autorités de transition.

Une victoire en demi-teinte ?

Pourtant, derrière ces pourcentages écrasants, plusieurs questions persistent. Le taux de participation annoncé de 91% contraste avec les images de bureaux de vote clairsemés rapportées par certains observateurs et les appels au boycott de l’opposition, menée par l’ancien président Alpha Condé.

Pour les détracteurs du régime, un score aussi uniforme – dépassant souvent 90% – évoque moins une adhésion démocratique qu’un verrouillage du processus électoral. Ils dénoncent un scrutin organisé dans un contexte d’absence de libertés fondamentales et de contrôle étroit des médias.

L’après-référendum s’annonce tendu

Reste à savoir si cette large victoire annoncée suffira à éteindre les contestations. L’opposition a déjà rejeté par avance des résultats qu’elle estime « trafiqués ». La communauté internationale, notamment la CEDEAO, observe avec une vigilance accrue.

La bataille politique ne fait que commencer. La promulgation de la nouvelle Constitution ouvrira un nouveau chapitre, marqué par la mise en place des institutions issues du texte et, surtout, par la préparation de la prochaine élection présidentielle – celle qui doit, en principe, marquer le retour des civils au pouvoir.

Le « Oui » a gagné. Maintenant, le pouvoir doit gagner la paix.

Référendum en Guinée : Doumbouya nomme les superviseurs du scrutin

À trois jours du référendum constitutionnel, le général Mamadi Doumbouya a procédé, jeudi, à la nomination des membres de l’Observatoire national autonome de supervision du référendum (ONASUR). Une instance clé, censée garantir la « régularité, la transparence et la sincérité » du scrutin du 21 septembre. Mais dans un climat politique déjà tendu, la composition de cette structure – majoritairement issue des rangs du pouvoir – suscite scepticisme et défiance.

Placée sous la présidence du Dr Sékou Koureissy Condé, ancien ministre et figure respectée, l’ONASUR rassemble pourtant des profils variés : anciens ministres, universitaires, magistrats, avocats et représentants d’organisations de la société civile. On y trouve notamment Mariama Diallo Sy, ex-ministre et présidente du Réseau des femmes africaines leaders, ou encore le Dr Michel Jeannette Tolno, enseignant-chercheur à l’Université de Sonfonia.

Une mission technique… et hautement politique

Conformément à la loi, l’Observatoire a pour mission de superviser l’ensemble du processus référendaire : respect du chronogramme, mise en place du matériel de vote, supervision des opérations de vote, centralisation des résultats et transmission des procès-verbaux à la Cour suprême. Il devra également déployer des antennes dans toutes les préfectures, les communes de Conakry et même à l’étranger.

Des prérogatives techniques essentielles, mais qui s’exercent dans un contexte où l’opposition – menée par Alpha Condé – a appelé au boycott et dénonce par avance une « mascarade ». La crédibilité de l’ONASUR dépendra donc autant de son impartialité que de sa capacité à résister aux pressions.

Des membres proches du pouvoir ?

Si la liste des membres affiche une certaine diversité, certains noms interpellent. Comme celui de Mamadou Sanoussy Bah, conseiller du président du CNT chargé des affaires religieuses, ou de Maïmouna Traoré, cheffe de division au CNT. Leur présence nourrit les critiques de ceux qui y voient une mainmise du pouvoir transitionnel sur l’instance de supervision.

Pour le régime, il s’agit au contraire de démontrer sa volonté d’organiser un scrutin incontestable. En nommant des personnalités reconnues – à l’image de Me Pépé Antoine Lamah, représentant de l’Ordre des avocats –, Doumbouya espère offrir des gages de sérieux à la communauté nationale et internationale.

Dernière ligne droite avant le vote

L’ONASUR devra rendre son rapport général après la proclamation des résultats par la Cour suprême. D’ici là, il devra faire preuve d’une transparence absolue pour convaincre une opinion publique profondément divisée.

Dans un pays où la confiance dans les processus électoraux est érodée, la mission de l’Observatoire est aussi symbolique que technique. Elle déterminera, en grande partie, la légitimité – ou l’illégitimité – du référendum et de la future Constitution.

Le compte à rebours est lancé. Les Guinéens trancheront dimanche. Mais c’est dès maintenant que se joue la bataille de la crédibilité.

Référendum en Guinée : l’ancien ministre Madifing Diané défend une Constitution « pour les populations rurales »

Alors que les appels au boycott résonnent encore, une voix s’élève pour défendre le projet de Constitution soumis aux Guinéens ce dimanche 21 septembre. Invité de l’émission « Coup de projecteur » sur la Radiodiffusion-Télévision Guinéenne (RTG), ce mercredi, l’ancien ministre de la Sécurité Madifing Diané a livré une plaidoirie appuyée en faveur du texte fondamental. Pour lui, cette Constitution n’est « pas faite pour les intellectuels » ou « les riches », mais bel et bien « pour la population rurale ».

Ancien gouverneur de Labé et figure respectée, Madifing Diané a qualifié le texte de « performant », le dépeignant comme « le socle de toutes les constitutions qui se sont succédé ». S’adressant aux téléspectateurs, il a insisté sur la nécessité d’une loi fondamentale évolutive, capable de s’adapter aux réalités modernes, notamment technologiques. « On est toujours à la connaissance de ce qui se passe ailleurs, on en tire toujours profit, et on s’améliore en conséquence », a-t-il argué.

Le développement local au cœur du texte

L’argument phare de son plaidoyer ? La place centrale accordée au développement local et la décentralisation de la prospérité. « Une préoccupation a été accordée au développement local. La prospérité, elle parle de la localité », a-t-il déclaré, avec une conviction palpable. Il s’est particulièrement félicité du mécanisme de l’ANAFIC (Agence Nationale de Financement des Collectivités), qui prévoit un pourcentage fixe des recettes minières directement reversé au profit des populations.

Pour lui, cette mesure concrète prouve que la nouvelle Constitution « regarde mieux et en profondeur les préoccupations de nos populations rurales ». Une manière de répondre aux détracteurs qui y voient un texte taillé sur mesure pour les ambitions politiques de la junte.

« Une constitution au service de la population rurale »

Face aux accusations de confiscation du pouvoir, Madifing Diané a opposé une vision résolument sociale et inclusive du texte. « Elle n’est pas faite pour les politiciens qui cherchent à avoir le pouvoir », a-t-il martelé. « Cette constitution est au service de la population rurale, rigoureusement pour le bien-être des populations guinéennes, dans l’ensemble et dans sa diversité ».

Selon lui, le texte opère une « synthèse des précédentes avec une amélioration nette » en direction des citoyens ordinaires, touchant aux questions essentielles « de la sécurité au développement social ».

Une intervention stratégique à trois jours du vote

Cette prise de parole, sur la chaîne nationale, à trois jours seulement du référendum, n’est pas anodine. Elle vise clairement à contrer la narrative du boycott portée par Alpha Condé et une partie de l’opposition, en repositionnant le débat sur le terrain du progrès social et de la justice économique.

Reste à savoir si ce discours axé sur les retombées locales et le développement rural parviendra à convaincre une population urbaine méfiante et une communauté internationale sceptique. Mais une chose est sûre : le camp du « oui » vient de trouver un porte-voix de poids, capable de porter un message alternatif à celui, exclusivement politique, de ses opposants.

Dimanche, les urnes trancheront. Mais d’ores et déjà, le combat des idées est lancé.

Bah Oury sur France 24 : « Laissons Doumbouya candidat comme tout citoyen »

Le verbe est posé, la rhétorique, maîtrisée. Face aux questions pressantes de Marc Perelman sur le plateau de France 24, ce mercredi, le Premier ministre guinéen Bah Oury a livré une performance d’équilibriste. Interrogé sur une éventuelle candidature du général Mamadi Doumbouya à la présidentielle – pourtant interdite par la charte de transition –, le chef du gouvernement a soigneusement évité de fermer toute porte. « Laissons-lui le soin, comme à d’autres citoyens de la République de Guinée, de se porter candidat », a-t-il déclaré, renvoyant la décision à la seule volonté du président de la transition.

Une réponse évasive qui contraste avec les promesses répétées du général de ne pas se présenter. Mais pour Bah Oury, cette question n’est tout simplement « pas à l’ordre du jour ». Le vrai débat, selon lui, devrait porter sur le projet de nouvelle Constitution, censé « rassembler le peuple de Guinée » et « renforcer l’intégration de toutes les communautés ».

Une Constitution « taillée sur mesure » ?

Le journaliste n’a pas lâché prise. « Le président avait promis à plusieurs reprises qu’il ne se présenterait pas. Cela ne vous trouble-t-il pas que, dorénavant, il y ait une constitution qui lui permette de se représenter, qui, en plus, élimine ses principaux opposants, taillée sur mesure pour lui ? »

En réponse, le Premier ministre a botté en touche, invoquant l’histoire « tragique » de la Guinée, souvent focalisée sur les individus plutôt que sur les projets. « Ce que nous cherchons, c’est de donner la chance à tous ceux qui estiment pouvoir incarner un projet de le proposer au peuple », a-t-il argué, sans jamais confirmer ni infirmer les ambitions électorales de Doumbouya.

Alpha Condé, un « has-been » ?

Parmi les opposants les plus virulents, l’ancien président Alpha Condé, qui a appelé au boycott du référendum, est directement visé par Bah Oury. « Voulez-vous qu’il restaure l’ordre ancien ? », lance-t-il, avant d’ajouter : « leur passé qui, peut-être, en relation avec la justice, les amène à être dehors ». Une allusion à peine voilée aux poursuites judiciaires qui pèsent sur l’ex-chef de l’État et à son exil de fait.

Pour le Premier ministre, l’heure n’est plus aux « individualités » mais aux « projets ». « Si tel n’est pas le cas, cela signifie qu’ils sont devenus des has-beens », assène-t-il, dans une formule cinglante qui résume sa vision : tourner la page des anciens régimes pour entrer dans une nouvelle ère politique.

Stratégie ou fuite en avant ?

Derrière les mots policés et les appels à l’apaisement, le message est pourtant clair : le régime transitionnel n’exclut rien. Ni la candidature de Doumbouya, ni l’éviction politique des figures de l’ancien système.

En refusant de fermer explicitement la porte à une candidature du général, Bah Oury l’entrouvre grand. Et en disqualifiant ses opposants au nom de leur « passé », il dessine les contours d’une future campagne où le président de la transition pourrait bien se présenter en outsider, porteur d’un « projet » nouveau face à des « has-beens » usés.

Reste à savoir si le peuple guinéen suivra – et si la communauté internationale acceptera de voir ainsi plier les règles d’une transition pourtant promise à un retour à l’ordre constitutionnel.

Référendum en Guinée : la CEDEAO déploie ses observateurs malgré la tempête politique

 Dans un geste à la fois protocolaire et politique, la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a annoncé ce  mercredi, le déploiement d’une mission d’observation électorale en Guinée. À peine quelques jours avant le référendum constitutionnel controversé du 21 septembre, l’organisation régionale envoie ainsi 11 experts électoraux sur le terrain, comme pour tenter d’encadrer un scrutin déjà rejeté par une large frange de la classe politique.

Dirigée par M. Serigne Mamadou Ka, chef par intérim de la Division de l’assistance électorale de la CEDEAO, la mission sera déployée du 17 au 23 septembre dans cinq régions stratégiques : Conakry, Kankan, Kindia, Mamou et Labé. Un maillage territorial ciblé, destiné à couvrir les principaux foyers de tension et de participation.

Un accompagnement sous conditions

Dans son communiqué, la CEDEAO justifie sa décision par son engagement à « accompagner le peuple et le gouvernement de la République de Guinée » dans cette « étape cruciale ». L’organisation souligne agir « conformément à ses protocoles », qui promeuvent la démocratie et la bonne gouvernance, et dans le but avoué de « contribuer à la réussite du processus de transition ».

Des mots choisis, presque diplomatiques, qui contrastent avec la réalité d’un pays profondément divisé. Quelques jours plus tôt, l’ancien président Alpha Condé appelait au boycott pur et simple du scrutin, qualifié de « mascarade » et rejetant en bloc la légitimité de la junte au pouvoir depuis le putsch du 5 septembre 2021.

Observer quoi ? Et comment ?

La mission de la CEDEAO se trouve ainsi dans une position délicate. Que viendra-t-elle observer ? La régularité technique du vote ? La liberté de campagne ? La sincérité du scrutin ? Autant de questions qui se heurtent à un contexte politique explosif, où l’opposition refuse de participer et où la population semble partagée entre lassitude et défiance.

Les experts devront donc naviguer entre les exigences protocolaires et une réalité de terrain hostile. Leur présence alone sera interprétée : comme un signe de légitimation par le pouvoir transitionnel, comme une caution impuissante par l’opposition.

La CEDEAO sur la corde raide

Pour l’organisation ouest-africaine, il s’agit aussi d’un test de crédibilité. Après avoir été critiquée pour son attentisme lors du coup d’État de 2021, puis pour sa difficulté à influer sur la transition, la CEDEAO tente de reprendre la main en s’immisçant dans le processus. Mais elle le fait avec prudence, évitant soigneusement toute prise de position qui pourrait être perçue comme un soutien ou une opposition frontale au régime.

Le véritable verdict, cependant, ne viendra pas des observateurs. Il viendra des urnes – ou plutôt de leur taux de remplissage. Si le boycott suit massivement l’appel d’Alpha Condé, le scrutin, même techniquement régulier, sera politiquement vide. Et le rapport de la CEDEAO, quel qu’il soit, ne changera rien à l’affaire : la Guinée restera ingouvernable, et la transition, bloquée.

La mission d’observation est donc moins un gage de démocratie qu’un baromètre de crise. Elle mesure l’étendue des dégâts bien plus qu’elle ne les répare. Et son succès ne se jugera pas à la qualité de son rapport, mais à sa capacité à éviter le pire : une nouvelle descente aux enfers politiques pour la Guinée.

Alpha Condé dénonce une « mascarade » et appelle au boycott du référendum du 21 septembre

La voix est ferme, le ton sans appel. Pour la première fois depuis son éviction brutale du pouvoir, l’ancien président guinéen Alpha Condé rompt un long silence. Et ce qu’il dit, ce mercredi, ressemble à une déclaration de guerre politique. Dans un message cinglant, l’ex-chef de l’État appelle les Guinéens à boycotter massivement le référendum constitutionnel annoncé pour le 21 septembre par la junte au pouvoir. Il qualifie sans détour la consultation de « mascarade », jetant une pierre lourde dans le jardin déjà bien encombré de la transition.

« Restez chez vous le 21 septembre », lance-t-il, s’adressant directement à une population qu’il exhorte à ne pas se laisser « abuser ». Pour lui, aucun acte posé par ce « régime illégal et illégitime » ne saurait avoir la moindre valeur. Le message est on ne peut plus clair : pas de légitimité, pas de reconnaissance, pas de participation.

Un réquisitoire sans concession contre la junte

Le fond de sa prose est bien plus qu’un simple appel à l’abstention. C’est un véritable réquisitoire, d’une rare violence verbale, contre les auteurs du putsch du 5 septembre 2021. Il les accuse d’avoir « plongé la nation dans une situation catastrophique », pointant du doigt une « gestion improvisée » et une « cupidité » qui auraient aggravé la misère économique, « détruit le tissu social » et isolé diplomatiquement la Guinée.

Pire encore, il fustige une junte « sans foi ni loi » qui « s’obstine à confisquer la souveraineté du peuple au profit de ses intérêts mafieux ». Des mots lourds, qui sonnent comme une accusation de haute trahison et dressent un portrait au vitriol d’un pouvoir accaparé par ses seuls appétits.

La légitimité perdue du 5 septembre 2021

Toute la stratégie rhétorique de Condé repose sur une date clé : le 5 septembre 2021. Ce jour-là, selon lui, la « marche démocratique » de la Guinée a été interrompue « dans la violence et le sang ». En refusant de participer au référendum, estime-t-il, les Guinéens rappelleront à la « face du monde » que leur pays est « pris en otage » depuis cette rupture.

Il en appelle donc à l’unité, à la dignité et à la mobilisation contre ce qu’il perçoit comme une « confiscation de la souveraineté » et un « braquage de l’avenir de la nation ». Et il assure lui-même vouloir poursuivre la lutte pour la « restauration de l’ordre constitutionnel ».

Une sortie qui change la donne

Cette intervention publique, rare et calculée, replace Alpha Condé au cœur de l’échiquier politique guinéen. Elle offre une voix et une figure de opposition structurée à tous ceux qui rejettent la légitimité de la transition.

En appelant au boycott, il ne fait pas que critiquer : il tente de délégitimer par avance le processus en cours, quel qu’en soit le résultat. Le risque est désormais celui d’une participation extrêmement faible, qui donnerait raison à l’ancien président et affaiblirait d’autant plus la junte.

La balle est maintenant dans le camp des autorités de la transition. Comment réagiront-elles à cette charge frontale ? Et surtout, comment les Guinéens répondront-ils à cet appel à la résistance passive ?

Une chose est sûre : le référendum du 21 septembre se tiendra désormais sous une pression et une polarisation accrues. Loin d’apaiser les tensions, la consultation promise pourrait bien être le déclencheur d’une nouvelle phase de confrontation dans une Guinée plus divisée que jamais.

Référendum en Guinée : l’appel à la résistance de Cellou Dalein Diallo

Depuis son exil, la voix porte loin. Ce lundi 15 septembre, Cellou Dalein Diallo, ancien Premier ministre et figure incontournable de l’opposition guinéenne, a rompu le silence. Dans une allocution poignante diffusée sur les réseaux sociaux, le leader de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) a appelé ses compatriotes à boycotter massivement le référendum constitutionnel prévu le 21 septembre. Un discours qui tombe comme un coup de tonnerre dans un pays sous tension.

« Une mascarade électorale » à boycotter

Le ton est donné, sans équivoque. « Ne participez pas à cette mascarade », lance-t-il, visage grave. Pour Diallo, ce référendum n’est qu’un instrument au service de la junte du général Mamadi Doumbouya pour « légitimer un coup d’État ». Sa consigne est claire : rester chez soi le jour du vote.

« Même si vous votez Non, votre vote sera compté Oui », affirme-t-il, mettant en garde contre ce qu’il présente comme une « vol en perspective des suffrages ». Un discours de défiance qui s’appuie sur une conviction : le processus électoral serait déjà verrouillé.

Un appel à l’unité nationale

Au-delà du boycott, Diallo tisse la toile de l’unité. « Aucune appartenance à un groupe particulier, politique, régional ou ethnique ne doit nous diviser », insiste-t-il. La Guinée comme « maison commune » : cette rhétorique vise à transcender les clivages traditionnels pour construire un front commun contre la junte.

Son message s’adresse aussi à la communauté internationale. Il l’exhorte à ne pas être « complice » de ce qu’il qualifie de « simulacre de démocratie ». « Comprenez qu’il n’y a pas de stabilité sans justice, pas de paix durable sans liberté », plaide-t-il.

Les enjeux d’une mobilisation

Ce discours intervient à un moment crucial. Alors que la Guinée s’apprête à tourner une page constitutionnelle, l’opposition tente de reprendre la main. Diallo, en exil depuis plus de trois ans, cherche visiblement à repositionner son leadership sur l’échiquier politique.

Pour les observateurs, cet appel pourrait relancer une contestation jusqu’ici fragmentée. Reste à savoir si cette voix venue de l’exil trouvera écho dans les rues de Conakry et à l’intérieur du pays.

Le 21 septembre s’annonce comme un jour de vérité. Entre urnes boycottées et bulletins contestés, la Guinée pourrait bien vivre un nouveau tournant dans sa tumultueuse transition politique. Le pouvoir devra compter avec une opposition qui, visiblement, n’a pas dit son dernier mot.