Guinée : Amadou Oury Bah revient sur le « non » historique du 28 septembre 1958

Soixante-huit ans après le référendum qui a ouvert la voie à l’indépendance de la Guinée, le souvenir du 28 septembre…

Soixante-huit ans après le référendum qui a ouvert la voie à l’indépendance de la Guinée, le souvenir du 28 septembre 1958 reste profondément lié à l’histoire politique du pays. Ce lundi 28 septembre 2026, le Premier ministre guinéen, Amadou Oury Bah, est revenu sur cette journée considérée comme un acte fondateur, insistant sur le caractère populaire et unanime du choix effectué à l’époque.

Le 28 septembre 1958, les électeurs des colonies françaises étaient appelés aux urnes pour se prononcer sur le projet de Constitution de la Ve République française, défendu par le général Charles de Gaulle. Le scrutin devait notamment déterminer si les territoires concernés choisiraient d’intégrer la Communauté française ou de rompre immédiatement avec la métropole.

Dans l’ensemble des territoires de l’Afrique-Occidentale française (AOF) et de l’Afrique-Équatoriale française (AEF), la Guinée fut la seule à rejeter massivement le projet. Ce « non » allait ouvrir la voie à la proclamation de son indépendance quelques jours plus tard, le 2 octobre 1958.

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À l’occasion de la commémoration de cette date, Amadou Oury Bah a particulièrement insisté sur le poids du suffrage populaire dans cette décision historique.

« En cette journée du 28 septembre, ce que je souhaite rappeler à tous, c’est que le “non” qui a précédé la proclamation de l’indépendance de la République de Guinée a été le fruit d’une décision écrasante du peuple guinéen », a rappelé le chef du gouvernement.

Selon les chiffres évoqués par le Premier ministre, le corps électoral comptait alors environ 1,2 million d’électeurs. Plus de 1,1 million de personnes auraient voté « non » au référendum sur la Communauté proposé le 28 septembre 1958, soit, selon son estimation, près de 80 à 90 % des suffrages. Le « oui », pour sa part, n’aurait recueilli que 4,5 %.

Au-delà du résultat du scrutin, Amadou Oury Bah a également mis en avant la dimension collective de cette décision. Il a notamment souligné le rassemblement de plusieurs formations politiques autour du même choix.

« C’est dans l’unité de l’ensemble du peuple de Guinée que l’indépendance a été proclamée. Il ne faut jamais l’oublier », a-t-il déclaré, citant notamment le PDG-RDA de Sékou Touré, le BAG de Barry Diawadou et le DSG de Barry III. Selon lui, ces différentes formations avaient alors fait le choix du « non », contribuant ainsi à ce qu’il présente comme un consensus politique national autour de la souveraineté.

Pour le Premier ministre, le sens de cette décision ne doit toutefois pas être réduit à une simple commémoration. Le « non » de 1958 constitue, selon lui, un événement dont la portée mérite encore d’être étudiée à la lumière de l’histoire politique guinéenne.

« La portée de ce “non” mérite encore aujourd’hui d’être approfondie. Les historiens ainsi que les penseurs doivent continuer d’en analyser la signification, car c’est souvent dans les ambiguïtés apparues par la suite que notre pays a connu des errements », a lancé Amadou Oury Bah.

À ses yeux, l’analyse de cette période doit donc se poursuivre afin de mieux comprendre les trajectoires empruntées par la Guinée au cours des décennies qui ont suivi son accession à la souveraineté.

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