Guinée : six mois de sursis pour les sachets d’eau

Des rayons vides, des files d’attente devant les points de vente et une flambée des prix : voilà le visage…

Des rayons vides, des files d’attente devant les points de vente et une flambée des prix : voilà le visage qu’offre, depuis quelques jours, le marché de l’eau conditionnée à Conakry ainsi que dans plusieurs grandes villes de Guinée. Au cœur de la tourmente, l’interdiction des plastiques à usage unique, entrée en vigueur le 21 septembre, qui a brusquement retiré de la circulation les sachets d’eau, format ultra-populaire dans le pays.

Quand la crise de l’approvisionnement force la main de l’État

Face à la grogne montante et aux signaux de pénurie, l’exécutif a fini par relâcher un peu son emprise. Mercredi 7 octobre, le gouvernement a accordé un moratoire de six mois aux producteurs de sachets destinés au conditionnement de l’eau minérale et minéralisée. La mesure, annoncée par le porte-parole Faya François Bourouno, répond à un recours des industriels, qui réclamaient un délai pour adapter leurs chaînes de production et basculer vers des emballages conformes.

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Dans le même temps, les autorités ont plafonné les prix des bouteilles d’eau, dont les tarifs ont explosé depuis la sortie des sachets du marché. L’objectif : calmer une crise de l’accès à l’eau potable qui touche en priorité les ménages les plus modestes, gros consommateurs de sachets à bas coût.

Un compromis soigneusement encadré par des considérations environnementales

Conakry insiste : la dérogation reste strictement limitée aux sachets d’eau. L’interdiction des autres plastiques à usage unique – gobelets, pailles, vaisselle jetable, sacs de caisse – demeure intacte. Les autorités rappellent que les opérateurs disposaient déjà d’une fenêtre de deux ans pour se conformer à la réglementation, notamment en mettant en place des filières de collecte et de valorisation des déchets.

Pour accompagner la transition, l’État promet des incitations en faveur des emballages biodégradables, ainsi que de la production et de l’importation de résine PET et de préformes, matières premières clés pour les bouteilles réutilisables.

Une commission au chevet de la transition

Le pilotage de cette phase transitoire a été confié à une commission interministérielle placée sous l’autorité du Premier ministre. Sa mission est de veiller à ce que le moratoire ne se transforme pas en brèche durable dans la politique anti-plastique, tout en garantissant un approvisionnement stable en eau conditionnée.

À Conakry, la rue attend désormais de voir si ce compromis permettra de faire disparaître, à terme, les sachets plastiques – sans priver les populations d’un bien de première nécessité.

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