GUINÉE, 16 octobre 2026 — La gestion de la Pharmacie centrale de Guinée (PCG-SA) suscite de sérieuses interrogations après un effondrement spectaculaire de ses résultats financiers en 2025. Le 14 octobre 2026, le procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), Alphonse Charles Wright, a demandé à l’Office de répression des délits économiques et financiers (ORDEF) d’approfondir les investigations sur des irrégularités présumées au sein de cette entreprise publique.
Une dégradation financière préoccupante
Selon les éléments transmis à la justice, la PCG-SA a enregistré une perte nette de 100,68 milliards de francs guinéens en 2025, alors qu’elle affichait un bénéfice de 2,8 milliards GNF en 2024. Ce retournement brutal soulève des questions sur les mécanismes de contrôle financier et les pratiques de gestion de cette structure stratégique pour le système sanitaire guinéen.
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La procédure fait suite à un signalement de l’Agence nationale de lutte contre la corruption et de promotion de la bonne gouvernance (ANLC-PBG). L’enquête devra notamment déterminer les causes de cette dégradation et établir si certaines opérations relèvent d’infractions pénales.
Des stocks pharmaceutiques au cœur des investigations
La gestion des médicaments constitue un autre volet sensible du dossier. Un inventaire réalisé par l’ANLC-PBG entre le 15 février et le 17 mars 2026 a évalué à 85,67 milliards GNF, au prix de vente, la valeur des produits périmés ou détériorés. De son côté, le rapport de gestion de la société avance un montant de 47,3 milliards GNF.
Cet écart entre les deux évaluations devra être expliqué. Les enquêteurs devront également examiner les conditions de conservation des produits, leur traçabilité et les procédures d’approvisionnement afin de comprendre comment une telle dépréciation des stocks a pu se produire.
Les marchés publics sous surveillance
Les investigations portent également sur de possibles manquements aux règles de passation des marchés publics. Le procureur spécial évoque notamment des soupçons de détournement de deniers publics et d’autres irrégularités susceptibles d’engager des responsabilités individuelles.
Les enquêteurs devront examiner les contrats, les opérations financières et les conditions de sélection des fournisseurs pour déterminer si les procédures ont respecté les obligations de transparence et de concurrence.
Un enjeu majeur pour l’approvisionnement sanitaire
Au-delà des questions comptables, cette affaire concerne une institution chargée de l’approvisionnement en médicaments et en produits de santé. Des dysfonctionnements prolongés dans sa gestion pourraient fragiliser la disponibilité des produits pharmaceutiques et affecter le fonctionnement du système sanitaire.
L’enquête devra désormais établir les responsabilités éventuelles et distinguer les défaillances administratives des infractions pénales. À ce stade, les pertes financières et les irrégularités signalées constituent des éléments à examiner, mais ne suffisent pas, à elles seules, à démontrer l’existence d’un détournement. La suite de la procédure permettra de préciser les circonstances de cette débâcle financière.




