Le dossier judiciaire d’Algassimou Diallo prend une nouvelle tournure à la veille de son audience devant la Cour suprême. L’ex-magistrat affirme avoir été transféré de la prison de Coyah à celle de Macenta, à environ 700 kilomètres de Conakry, les yeux bandés pendant tout le trajet. L’information, rapportée par RFI, intervient alors que ses avocats dénoncent les conditions de ce déplacement et s’interrogent sur la possibilité de sa présence à l’audience prévue ce mardi 8 septembre à Conakry.
Pendant plusieurs jours, la défense était restée sans nouvelles de son client. Elle a finalement pu échanger avec lui à deux reprises lundi 7 septembre. Un premier contact téléphonique a notamment été établi avec l’ancien magistrat, poursuivi pour provocation à la discrimination, à la haine et à la violence ainsi que pour association de malfaiteurs.
Algassimou Diallo est notamment soupçonné d’avoir échangé avec l’ancien Premier ministre et opposant Cellou Dalein Diallo. Des accusations qu’il rejette. Lors de l’appel autorisé par la direction du centre de détention de Macenta, il a réaffirmé son innocence et réfuté les faits qui lui sont reprochés.
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L’échange n’a duré que trois minutes. Selon RFI, le juriste a également assuré qu’il entendait « se battre pour ses droits ». Un avocat établi dans la région a par ailleurs pu lui rendre visite, permettant à la défense d’obtenir davantage d’informations sur sa situation.
C’est au cours de ces échanges que les conditions de son transfert auraient été révélées. Algassimou Diallo affirme avoir quitté la prison de Coyah dans la nuit de vendredi à samedi pour rejoindre Macenta. Il assure avoir effectué le trajet « les yeux bandés, sans ses lunettes, sans ses médicaments » et dit avoir craint pour sa vie pendant le déplacement.
Cette situation intervient alors que l’ex-magistrat doit comparaître devant la plus haute juridiction du pays. Son audience est programmée ce mardi 8 septembre à midi devant la Cour suprême, à Conakry. Mais ses avocats disent ne disposer d’aucune information permettant de confirmer la présence de leur client à cette audience.
La défense avait déjà demandé, la semaine dernière, le renvoi du procès à octobre. Elle estimait nécessaire de disposer de davantage de temps pour préparer la défense d’Algassimou Diallo. Le transfert vers Macenta, à plusieurs centaines de kilomètres de la capitale, vient désormais renforcer les interrogations des avocats.
Pour la défense, l’éloignement de leur client pose une difficulté particulière alors même qu’il est appelé à comparaître devant la Cour suprême à Conakry. L’incertitude demeure donc autour de cette audience, tandis que les avocats continuent de contester les conditions dans lesquelles leur client a été transféré.




