Guinée : le 28 septembre 1958, le « non » qui a ouvert la voie à l’indépendance

Soixante-huit ans plus tard, le 28 septembre 1958 reste une date centrale dans l’histoire politique de la Guinée. Ce jour-là,…

Soixante-huit ans plus tard, le 28 septembre 1958 reste une date centrale dans l’histoire politique de la Guinée. Ce jour-là, les électeurs de la Guinée française rejettent par référendum le projet de Constitution de la Ve République française et, avec lui, l’entrée du territoire dans la Communauté française proposée par le général Charles de Gaulle. La Guinée devient alors le seul territoire d’outre-mer africain administré par la France à voter « non ».

Le scrutin intervient dans une période où la France cherche à redéfinir ses relations avec ses territoires d’outre-mer. Le projet constitutionnel soumis aux électeurs prévoit la création d’une Communauté rassemblant la France et les territoires qui accepteraient la nouvelle Constitution.

En Guinée, le Parti démocratique de Guinée (PDG), dirigé par Ahmed Sékou Touré, choisit de s’opposer au projet. Alors président du Conseil de gouvernement de Guinée, Sékou Touré défend le principe de l’indépendance et appelle la population à rejeter la Communauté française.

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Le verdict des urnes est sans ambiguïté. Selon les données publiées dans une étude de l’Institut français des affaires internationales, 1 136 324 électeurs votent contre le projet, contre 56 981 favorables, sur 1 408 500 électeurs inscrits.

Ce résultat provoque immédiatement une rupture institutionnelle avec la nouvelle Communauté française. Contrairement aux autres territoires africains concernés, la Guinée refuse d’y adhérer. Les Archives diplomatiques françaises indiquent qu’à la suite du scrutin, la France annonce le retrait progressif de ses fonctionnaires ainsi qu’une révision de son aide administrative et financière au territoire.

Dès le 29 septembre 1958, le représentant du gouvernement français à Conakry annonce que l’indépendance de la Guinée est désormais un fait acquis. La France prévoit alors de réorganiser ses relations avec le territoire à la suite du résultat du référendum.

Deux jours plus tard, le processus aboutit à l’indépendance. Le 2 octobre 1958, l’Assemblée territoriale de Guinée, réunie en session extraordinaire et devenue Assemblée nationale constituante, proclame officiellement l’indépendance de la République de Guinée.

Ahmed Sékou Touré devient le premier président de la Guinée indépendante. Quelques semaines plus tard, le pays adopte sa première Constitution, le 10 novembre 1958.

Le 28 septembre 1958 marque ainsi un tournant dans l’histoire politique guinéenne. Le « non » au référendum ouvre directement la voie à l’indépendance, proclamée quatre jours plus tard, et inscrit la Guinée dans l’histoire de la décolonisation de l’Afrique francophone.

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