Guinée : les 35 victimes de l’éboulement de Dar-es-Salam seront inhumées ce vendredi à Bambeto

La Guinée se prépare à une journée de recueillement après le drame survenu sur le site de la décharge de Dar-es-Salam. Ce vendredi 4 septembre 2026, les 35 personnes décédées dans l’éboulement seront conduites à leur dernière demeure au cimetière de Bambeto, à Conakry. Le gouvernement a confirmé ce bilan dans un communiqué, faisant également état de plusieurs blessés.

À la veille des obsèques, les autorités guinéennes ont annoncé une journée d’hommage destinée à honorer la mémoire des victimes. « À la suite du tragique éboulement survenu sur le site de la décharge de Dar-es-Salam, qui a coûté la vie à 35 de nos compatriotes et fait plusieurs blessés », le gouvernement dit s’incliner « avec une profonde émotion » devant les disparus.

Au nom du chef de l’État, l’exécutif a adressé ses condoléances aux familles touchées par la catastrophe. Il leur a également exprimé la solidarité et la compassion de la Nation. Les autorités ont, dans le même temps, formulé des vœux de « prompt et complet rétablissement » à l’endroit des blessés.

Le pays observera ce vendredi un geste symbolique en mémoire des victimes. Le drapeau guinéen sera mis en berne sur l’ensemble du territoire national. Cette mesure s’étendra également aux représentations diplomatiques et consulaires de la République de Guinée à l’étranger.

À Conakry, le programme des obsèques prévoit d’abord la prière mortuaire à la Mosquée Turque de Bambeto. Celle-ci interviendra après la grande prière du vendredi. Les victimes seront ensuite inhumées au cimetière de Bambeto.

Le gouvernement souhaite voir la Nation entière s’associer à cette cérémonie. Il invite les familles endeuillées, les autorités administratives, religieuses et coutumières ainsi que toutes les composantes du pays à participer à cet hommage. La journée devra se dérouler dans « la dignité, le recueillement et le respect dû aux victimes et à leurs proches ».

Dans son message, l’exécutif formule également une prière pour les disparus, les blessés et leurs familles. Il demande au Tout-Puissant, dans Son infinie miséricorde, d’accueillir les victimes dans Son Paradis, de restaurer la santé des blessés et d’accorder aux familles éprouvées la force nécessaire pour surmonter cette douloureuse épreuve.

Ce vendredi 4 septembre sera ainsi marqué en Guinée par le deuil et le recueillement, alors que le pays accompagnera les familles des 35 personnes disparues dans l’éboulement de Dar-es-Salam.

L’éboulement de Dar-es-Salam fait au moins 31 morts et relance l’urgence autour de la décharge

À Dar-es-Salam, dans la commune de Gbessia, à Conakry, la nuit du 22 au 23 août 2026 s’est transformée en cauchemar. Vers 2 heures du matin, alors que de fortes pluies s’abattaient sur la capitale guinéenne, une partie de l’immense montagne de déchets s’est effondrée sur les habitations et les baraques de fortune installées au pied de la décharge. Plusieurs maisons ont été ensevelies avec leurs occupants, surpris dans leur sommeil.

Selon le dernier bilan provisoire communiqué par la Protection civile, au moins 31 personnes ont perdu la vie. Des blessés ont également été pris en charge, tandis que plusieurs habitants restaient portés disparus dimanche. Toute la journée, les forces de défense et de sécurité et les équipes de la Protection civile ont poursuivi les recherches au milieu des tonnes de déchets. Une opération particulièrement délicate, alors que le site demeure instable et que chaque mouvement des secouristes doit être effectué avec précaution.

Pendant ce temps, l’attente est devenue insoutenable pour de nombreuses familles venues chercher des nouvelles de leurs proches. À la mosquée du quartier, la douleur domine les échanges. Une jeune femme, soutenue par ses proches, tente notamment de surmonter le choc après avoir perdu trois membres de sa famille dans l’effondrement.

Pour les riverains, cette nouvelle catastrophe aurait pourtant pu être évitée si la décharge avait été définitivement déplacée. « Nous voulons qu’ils nous enlèvent la décharge », témoigne ainsi un habitant, estimant que le départ du site aurait permis de mettre fin au danger. Car Dar-es-Salam était depuis longtemps identifiée comme une zone à risques.

Selon le gouvernement, la fermeture de la décharge était même programmée pour ce dimanche 23 août, avec des dispositions prévues pour évacuer les populations vivant à proximité. La ministre de l’Administration du territoire, Djénabou Touré, rappelle que les autorités cherchaient depuis plusieurs années à éloigner les habitants de cette zone en raison des risques sanitaires et sécuritaires qu’elle représente.

La veille du drame, des équipes étaient encore présentes sur place pour demander aux familles de se préparer à quitter les lieux. Après la catastrophe, le gouvernement assure vouloir accélérer le processus afin de mettre à l’abri les familles encore exposées. Mais l’éboulement de Dar-es-Salam ne constitue pas un accident isolé. Il ravive le souvenir d’une précédente tragédie survenue au même endroit en 2017.

Cette année-là, un effondrement avait déjà provoqué neuf morts et une vingtaine de blessés. Plusieurs années plus tard, les habitants dénoncent toujours la persistance de cette montagne d’ordures au cœur d’une zone habitée. Pour Abdoul Karim, riverain du quartier, la responsabilité de l’État est directement engagée en raison du retard pris dans la sécurisation et la libération du site. Le drame du 23 août 2026 remet ainsi au premier plan une question devenue récurrente à Dar-es-Salam : combien de temps encore les populations devront-elles vivre au pied d’une décharge dont les dangers sont connus depuis des années ?