Guinée : Sangarédi en deuil après l’assassinat brutal d’une adolescente
Sangarédi, 22 août 2025 – La sous-préfecture de Sangarédi, dans la préfecture de Boké, est en deuil. Dans la nuit du 21 au 22 août 2025, une adolescente d’environ 15 ans a été retrouvée morte, la gorge tranchée, près de la rivière Samayabé. La découverte, faite à proximité de la concession familiale de la victime, a plongé la communauté dans l’effroi et le chagrin. Ce drame, survenu trois jours seulement après un autre meurtre dans la région, ravive les inquiétudes sur l’insécurité croissante qui règne dans cette zone minière.
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Un crime d’une violence rare
Les autorités ont retrouvé tôt ce vendredi matin le corps d’une jeune fille, dont l’identité n’a pas encore été officiellement dévoilée. Par ailleurs, les premières constatations révèlent une profonde blessure à la gorge, signe d’un acte d’une cruauté extrême. Le colonel Abdoulaye Barry, président de la délégation spéciale de la commune rurale de Sangarédi, a confirmé l’information en déclarant : « C’est une perte tragique pour toute la communauté. »
Les services de police ont également ouvert une enquête pour élucider les circonstances du meurtre et déterminer d’éventuels liens avec d’autres actes violents récemment enregistrés dans la région. À ce jour, ils n’ont identifié ni suspect ni mobile précis. Sous le choc, la population appelle les autorités à agir rapidement pour traduire les responsables en justice.
Sangarédi, une localité minière minée par l’insécurité
Ce crime odieux survient dans un contexte de tensions accrues à Sangarédi. En effet, la localité est un centre névralgique de l’industrie minière où l’exploitation de la bauxite par des compagnies comme la Compagnie des Bauxites de Guinée (CBG) attire une main-d’œuvre nombreuse, mais engendre aussi des défis sécuritaires. Trois jours plus tôt, des individus ont assassiné un père de famille dans un autre district de la sous-préfecture, ce qui a intensifié les craintes parmi les habitants.
Des habitants dénoncent d’ailleurs un manque de présence policière et de mesures concrètes pour endiguer cette vague de violence. « Nous vivons dans la peur. Nos enfants ne sont plus en sécurité, même près de chez eux », a confié une mère de famille du district de Lavage.
Le gouvernement face à ses responsabilités
Face à cette tragédie, les autorités locales et régionales sont sous pression. Le colonel Barry a promis une mobilisation des forces de l’ordre pour renforcer la sécurité dans la sous-préfecture et empêcher de nouveaux drames. De plus, des organisations de la société civile ont également appelé à une enquête approfondie et à des mesures de protection pour les populations vulnérables, notamment les jeunes filles.
Ce meurtre s’inscrit dans un contexte national marqué par des défis sécuritaires et sociaux. À Conakry et dans d’autres régions, des incidents similaires ont mis en lumière les fragilités structurelles du pays. Ainsi, la société civile et les médias insistent sur la nécessité d’une réponse coordonnée pour protéger les citoyens et restaurer la confiance.
Une communauté en deuil et en quête de justice
La perte de cette adolescente, dont la vie a été brutalement fauchée, laisse la communauté de Sangarédi dans une profonde tristesse. Des rassemblements spontanés ont eu lieu dans le district de Lavage pour rendre hommage à la victime et soutenir sa famille.
Alors que l’enquête se poursuit, ce drame servira-t-il de catalyseur pour une véritable politique de sécurité dans cette région, minée par l’insécurité grandissante due à l’exploitation minière ?




