Mamadou Barry prend les commandes de l’ENA

La Guinée donne un nouveau visage à la formation de ses cadres publics. Mercredi 26 août 2026, le président de…

La Guinée donne un nouveau visage à la formation de ses cadres publics. Mercredi 26 août 2026, le président de la République, Mamadi Doumbouya, a nommé Mamadou Barry au poste de directeur général de la nouvelle École nationale d’administration (ENA).

Cette nomination intervient dans le cadre de la transformation de l’Institut national de formation et de perfectionnement (INFP) en ENA. Placée sous la tutelle technique du ministère de la Modernisation de l’Administration et de la Fonction publique, cette nouvelle structure est appelée à occuper une place centrale dans la formation des cadres et agents de l’État. L’établissement public à caractère administratif devra assurer aussi bien la formation initiale que la formation continue des agents publics. Pour conduire cette nouvelle étape, le ministre Faya François Bourouno a choisi un administrateur dont le parcours s’étend sur plus de deux décennies et traverse plusieurs institutions guinéennes et internationales.

Né à Fria de parents originaires de Dalaba, Mamadou Barry s’est d’abord formé en droit public à l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry. Il y obtient son diplôme en 1997, au sein de la 33e promotion. Il poursuit ensuite son parcours au Canada, où il décroche en 2004 un DESS en gestion publique à l’École nationale d’administration publique du Québec (ENAP). Un an plus tard, il complète cette formation par une maîtrise en droit international et relations internationales à l’Université du Québec à Montréal.

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Cette double formation en droit et en gestion publique va rapidement l’orienter vers les questions de gouvernance et de coopération institutionnelle. Entre 2014 et 2022, il exerce notamment comme point focal et conseiller aux affaires internationales de l’ENAP du Québec en Guinée. Il devient également un interlocuteur stratégique du CAFRAD au Maroc. Son parcours professionnel s’est parallèlement construit au contact de plusieurs institutions publiques et internationales. Avant de prendre la direction de l’INFP en juillet 2024, puis d’accompagner sa transformation en ENA, Mamadou Barry avait occupé les fonctions de directeur général adjoint de cette institution.

Au fil des années, il accumule ainsi plus de vingt ans d’expérience dans la conception, la coordination et la mise en œuvre de projets et programmes publics. Son expertise en gouvernance l’a également conduit auprès d’organisations internationales.

Entre 2007 et 2010, il travaille notamment au sein de l’Unité Gouvernance du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), comme expert électoral et analyste politique. De 2011 à 2013, il rejoint le National Democratic Institute (NDI), où il exerce comme Senior Program Officer. Son expérience ne se limite pas aux fonctions administratives. Mamadou Barry a également participé au comité restreint chargé de la rédaction du Groupe international de contact sur la Guinée en 2009. Il a par ailleurs contribué à des équipes d’évaluation internationale impliquant notamment la Banque mondiale et le Partenariat mondial pour l’éducation.

Cette expérience internationale a aussi nourri une politique de partenariats autour de la formation des cadres publics guinéens. Sous son impulsion, et avec l’appui du ministre François Bourouno, l’ENA de Guinée a développé des passerelles avec plusieurs institutions de référence, parmi lesquelles l’ENAP du Québec au Canada, l’Institut national du service public de Paris, l’École nationale supérieure d’administration du Maroc à Rabat et l’École nationale d’économie appliquée et de statistique de Côte d’Ivoire.

Sa nomination a d’ailleurs rapidement suscité des réactions favorables au sein de ce réseau. Après l’officialisation du décret mercredi soir, plusieurs institutions et partenaires internationaux lui ont adressé des messages de félicitations et d’encouragement. L’ENAP du Québec, l’INSP de Paris, le CAFRAD, l’Université Saint Joseph de Macao en Chine, le CIRJUS Paris, l’Institut supérieur de finance de Dakar ou encore Expertise France figurent parmi ceux cités.

À la tête de la nouvelle ENA, Mamadou Barry devra désormais transformer cette expérience en résultats institutionnels. Sa feuille de route comprend notamment la formation initiale et continue des élèves fonctionnaires et des fonctionnaires élèves, mais aussi l’ouverture de l’école au secteur privé.

L’établissement devra également développer une activité d’assistance et de conseil auprès des administrations de l’État, des collectivités locales et des établissements publics. Son ambition sera aussi internationale, avec la possibilité d’accueillir des auditeurs étrangers dans le cadre d’accords spécifiques.

À ces missions s’ajouteront la recherche appliquée dans le domaine de l’administration publique et la certification des formateurs. Autant de chantiers qui placent l’ENA au cœur de la stratégie de renforcement des compétences de l’administration guinéenne.

Avec son expérience dans la gouvernance, la formation publique, la coopération internationale et la gestion de projets, Mamadou Barry arrive donc à la tête de l’institution avec un parcours directement lié aux ambitions qui lui sont assignées. L’enjeu sera désormais de faire de cette nouvelle ENA un véritable centre de formation de cadres publics compétents, éthiques et engagés dans le développement de la Guinée.

Une ambition que le nouveau directeur général résume à travers une citation de Sénèque qu’il reprend régulièrement : « Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles. »

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