À Dar-Es-Salam II, dans la commune de Gbessia, à Conakry, l’accumulation des déchets continue de bouleverser le quotidien des habitants. La principale décharge de la capitale a progressivement envahi le quartier, jusqu’à rendre impraticable l’une de ses rares infrastructures encore fonctionnelles : la mosquée, aujourd’hui ensevelie sous les ordures.
Lors d’une immersion réalisée le jeudi 30 juillet, le constat est sans appel. Le lieu de culte est presque entièrement encerclé par des montagnes de déchets, empêchant désormais toute célébration religieuse. Pour Ibrahima Sory Mara, responsable adjoint de la jeunesse du quartier, cette situation illustre l’abandon dont souffre Dar-Es-Salam II.
« Cette mosquée est devenue un lointain souvenir. Avant, c’est ici que l’on priait les vendredis. Mais aujourd’hui, elle est à l’arrêt à cause de l’avancée des ordures », a-t-il confié.
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Selon lui, la dégradation du site s’est accélérée après le glissement de la montagne de déchets qui avait touché plusieurs habitations il y a près de six ans. À l’époque, les autorités avaient demandé aux riverains de quitter la zone, mais les fidèles continuaient encore à fréquenter la mosquée.
« Depuis que les ordures se sont déversées sur la mosquée, elle a cessé de fonctionner. Pourtant, elle était en bon état, avec sa toiture, ses portes et ses fenêtres », a-t-il expliqué.
Au-delà de la disparition de ce lieu de culte, les habitants dénoncent un manque criant d’infrastructures publiques. Selon Ibrahima Sory Mara, le quartier ne dispose ni d’école primaire, ni de centre de santé, ni de marché, ni de terrain de sport, ni même d’un poste de police ou d’un véritable bureau administratif.
« Ici à Dar-Es-Salam II, nous manquons de tout. Les responsables du quartier sont contraints de transformer leurs propres salons en bureaux », a-t-il regretté.
Face au mécontentement grandissant de la population, les responsables communautaires disent multiplier les actions de sensibilisation afin d’éviter des manifestations spontanées liées à la gestion des déchets.
Ils lancent également un appel aux autorités guinéennes, en particulier au président de la transition, Mamadi Doumbouya, pour une intervention rapide visant à améliorer les conditions de vie dans ce quartier confronté depuis plusieurs années aux conséquences de la décharge de Conakry.




