Nommé Premier ministre lundi dernier, Amadou Oury Bah a officiellement pris fonction cette semaine à la Primature de la République de Guinée. L’heure est désormais à la formation du prochain gouvernement, dont les grandes lignes ont été dévoilées en même temps que sa nomination.
Ce jeudi 29 janvier 2026, l’ancien directeur de campagne du président Mamadi Doumbouya lors de la présidentielle de décembre dernier a accordé une interview exclusive à GMD TV, une chaîne de télévision numérique dédiée à la valorisation de l’action gouvernementale à Conakry. À cette occasion, le chef du gouvernement a détaillé les orientations majeures de la gouvernance qu’il entend impulser.
LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ
Amadou Oury Bah a d’abord justifié la réduction du nombre de portefeuilles ministériels, qu’il présente comme l’expression d’« une dynamique profonde de transformation de la société », engagée depuis plusieurs années. Selon lui, l’architecture gouvernementale antérieure souffrait d’un déficit de coordination et d’une fragmentation excessive des centres de décision.
Il a notamment déploré la lourdeur des circuits administratifs et financiers, responsables de retards chroniques dans l’exécution des projets publics. « Des projets urgents prennent parfois un an et demi ou deux ans, des chantiers démarrent et ne se terminent jamais », a-t-il regretté, évoquant un fonctionnement en silos et une absence de culture de la transversalité entre les ministères.
Pour le Premier ministre, cette situation a favorisé une logique de cloisonnement institutionnel, où chaque ministère fonctionnait comme une entité autonome, au détriment de l’efficacité collective. La nouvelle configuration gouvernementale vise, selon lui, à instaurer davantage de collégialité, de communication et de cohérence dans l’action publique.
Au-delà de la réforme structurelle, Amadou Oury Bah a insisté sur l’urgence de moderniser l’administration. « La digitalisation n’est plus un choix, mais une obligation », a-t-il affirmé, annonçant une évolution des systèmes d’information afin de garantir plus de célérité, de traçabilité et de transparence dans la gestion des affaires publiques.
Le chef du gouvernement a également souligné que la mission de l’équipe en cours de formation s’inscrira dans la continuité des réformes engagées depuis le 5 septembre 2021. Parmi les priorités figure la mise en œuvre du budget-programme, appelé à remplacer la logique des budgets annuels ou biennaux.
Selon lui, ce modèle permettra de renforcer la cohérence de la gouvernance économique en favorisant une planification à moyen et long terme. « Il faut réfléchir au-delà de deux ou trois ans, afin de garantir plus de constance, de prévisibilité et d’efficacité dans l’action publique », a-t-il expliqué, estimant que cette approche facilitera le suivi des investissements et limitera les interruptions de projets.
Enfin, Amadou Oury Bah a défendu la création d’un ministère regroupant l’économie, les finances et le budget, présenté comme un levier pour réduire les déperditions, accélérer la mise en œuvre des projets et améliorer la capacité d’absorption de l’État. L’objectif affiché est de mieux orienter les ressources issues du secteur minier et de l’activité économique vers des projets à fort impact social.
À travers cette nouvelle gouvernance, le Premier ministre affirme vouloir impulser un changement de paradigme, fondé sur l’anticipation, l’efficacité et une utilisation plus rationnelle des ressources publiques, afin de répondre concrètement aux attentes des populations guinéennes.




