Le calme a de nouveau été rompu dimanche à Balimana, dans la sous-préfecture de Balandougou, préfecture de Kankan. Des habitants de Fodécariah et de Kakan se sont affrontés autour d’un différend foncier qui oppose les deux communautés depuis plusieurs années. Plusieurs blessés sont signalés et chacun des deux camps évoque un décès. Mais à ce stade, aucun bilan officiel ne permet encore de confirmer le nombre exact de victimes.
Dans les deux communautés, les témoignages recueillis décrivent une confrontation violente sur fond de désaccord autour de terres agricoles. Les versions divergent toutefois sur le déroulement des événements, les responsabilités et même l’identité des personnes qui auraient perdu la vie. Le bilan définitif reste donc à établir par les autorités compétentes.
À Kakan, Moussa Doumbouya situe l’origine du conflit à environ neuf ans. Selon lui, les tensions sont liées à la délimitation d’un domaine agricole, une situation qui aurait progressivement détérioré les relations entre les deux communautés. Malgré cette longue période de désaccord, il affirme que les habitants souhaitent toujours parvenir à une solution pacifique. « Forécariah et Kakan sont des frères. Nous voulons qu’il y ait une entente entre nous », témoigne-t-il.
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Concernant les violences de dimanche, il affirme que des habitants de Kakan s’étaient rendus dans une zone agricole pour procéder à des travaux de plantation d’acajou. Ils auraient alors été encerclés par des hommes armés, avant que des tirs ne retentissent. Moussa Doumbouya affirme que Kouramoudou Djan Doumbouya a été blessé et que Nadouba Kèh aurait perdu la vie. Cette version n’a toutefois pas encore été confirmée par une source officielle.
Le représentant de Kakan reproche également aux autorités locales de ne pas avoir suffisamment anticipé la montée des tensions. Il reconnaît néanmoins que des appels au calme ont été lancés aux deux communautés après les affrontements.
Du côté de Fodécariah, le récit est différent. Mamadi Doumbouya précise qu’il n’était pas présent au moment des faits et qu’il se trouvait à Siguiri lorsqu’il a appris la nouvelle. Selon lui, un membre de sa communauté aurait été touché par balle lors de l’affrontement. Il situe lui aussi l’origine du conflit dans la question de la délimitation des terres et appelle à une clarification officielle des limites entre les deux communautés.
Mamadi Doumbouya conteste toutefois la version faisant état d’affrontements sur un domaine agricole. Il invite les autorités à dépêcher une mission sur place afin de vérifier les circonstances exactes dans lesquelles les violences se sont produites.
Le désaccord se poursuit également autour du bilan humain. Pour Kakan, Nadouba Kèh serait décédé et plusieurs personnes auraient été blessées, dont Kouramoudou Djan Doumbouya. Du côté de Fodécariah, Mamadi Doumbouya évoque plutôt la mort d’un homme présenté comme Yacouba Doumbouya et fait également état de plusieurs blessés. Une personne aurait notamment été évacuée vers une structure sanitaire.
Ces versions contradictoires ne permettent pas, pour l’heure, d’établir avec certitude le nombre de morts et de blessés. Une confirmation des autorités administratives, sécuritaires et sanitaires reste nécessaire pour déterminer le bilan réel des violences à Balimana.
Après les affrontements, les forces de défense et de sécurité ainsi qu’une équipe conduite par le préfet auraient été mobilisées afin de rétablir le calme et d’éviter une nouvelle escalade. Mais derrière les événements de dimanche demeure un conflit foncier ancien, dont les contours restent contestés par les deux communautés.
La délimitation officielle des terres apparaît ainsi comme l’un des principaux enjeux pour sortir durablement de cette crise. Une médiation entre Fodécariah et Kakan pourrait également permettre de renouer le dialogue et de prévenir de nouvelles confrontations.
Pour l’heure, les regards restent tournés vers les autorités, attendues sur la clarification des faits et du bilan. Car à Balimana, au-delà des blessures provoquées par l’affrontement, c’est un conflit vieux de neuf ans qui menace une nouvelle fois de fragiliser la coexistence entre deux communautés.




