Conakry-pénurie de carburant : la population accuse les autorités de transition

Quelques semaines après la hausse du prix des produits pétroliers, la capitale guinéenne connaît un manque de carburant dans les…

Quelques semaines après la hausse du prix des produits pétroliers, la capitale guinéenne connaît un manque de carburant dans les stations-services. Nos confrères de guinéematin.com ont interrogé quelques guinéens.

 

Alors que de nombreux citoyens sont agglutinés autour des stations ce mardi, 21 juin 2022, certains d’entre eux dénoncent l’irresponsabilité des autorités de la transition par rapport à cette situation, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

C’est à un véritable calvaire que les citoyens de Conakry sont confrontés ce mardi. Nombre d’entre eux font la queue au niveau des points de vente de carburant à l’attente d’être servi. Interrogés par notre reporter au carrefour de Bambéto, dans la commune de Ratoma, ils dénoncent l’irresponsabilité de l’Etat qui n’a fait aucune communication à ce sujet.

Sané Soriba Sorel, infirmier d’Etat : « je suis à la quête du carburant. J’ai fait presque toute la ville. J’ai quitté Matoto pour Sangoyah, après Enco5. Maintenant, je suis à Bambéto rond-point à la recherche du carburant et franchement c’est difficile pour nous ce matin. C’est un sentiment de frustration. Parce que je ne peux pas imaginer que dans un pays, on ne puisse pas avoir un stock de sécurité. Je viens d’apprendre à la radio FIM FM qu’il y a deux bateaux au port autonome de Conakry mais qu’il y a un problème administratif pour que les bateaux soient dépotés. Mais, c’est un véritable manque de responsabilité de la part de l’Etat. L’appel que je peux lancer au gouvernement, c’est de tout faire pour au moins mettre en place un stock de sécurité d’au moins de 2000 à 3000 litres, pour qu’on puisse faire face à ce genre de situation ».

Ousmane Camara, juriste en formation : « l’acte que j’ai vu ce matin m’a très mal touché. Comment ? Au niveau des pompistes, ils ont catégoriquement refusé de servir les gens de l’essence. Et pourtant, il y a de l’essence.  Moi je me demande pourquoi ça. On refuse, c’est lorsqu’il n’y en a pas. Mais s’il y l’essence, c’est mieux de servir les gens. Ce que moi je vois, je trouve ça anormal. Le refus ici, c’est par rapport à la mésentente entre les motards, qui ne font pas un alignement, chacun vient s’arrêter comme il veut, c’est de la pagaille et sûrement, pris de peur, le chef a ordonné aux pompistes de bloquer pour le moment d’abord. Je me sens très mal, car j’ai une urgence ce matin. Je dois aller faire une opération d’expertise avec un ingénieur, mais regarde mon carburant est fini, ma propre femme est descendue ici elle est partie chercher le véhicule pour rejoindre le service. Donc, ces choses ne peuvent pas nous rendre heureux ».

Alseny Diallo, vendeur motos à Madina : « cette situation nous étonne vraiment. Moi, c’est ce matin que je l’ai appris. Actuellement je suis à Bambéto pour acheter du carburant, je fais la queue comme vous le constatez. Le gouvernement doit revoir cette situation. Au moins, s’ils augmentent le prix du carburant, qu’ils aient suffisamment de carburant. Maintenant, s’ils augmentent il n’y a même pas un mois, nous tombons dans une crise, ce n’est pas bon. Ce n’était pas nécessaire de ravitailler le Mali d’essence alors que nous ne produisons pas d’essence. Nous ne sommes pas satisfaits nous-mêmes, ça n’est pas bon, et voilà que nous sommes dans une crise en cette période. C’est irresponsable de la part de l’Etat ».

Jérémy Guilavogui, technicien de laboratoire : « franchement, cette crise de carburant ce matin joue beaucoup sur la population. Même moi qui vous parle, ça m’affecte pour mes déplacements, car il est très difficile de se procurer du carburant ce depuis hier. Tu viens à la station, ça trouve qu’il y a trop de monde. Pour avoir du carburant à la station, il y a parfois de la bagarre. Donc, ça risque de nous pénaliser dans nos différentes activités et nous empêcher d’aller au service. Tu t’imagines, si tu as un malade à envoyer à l’hôpital avec cette crise d’essence ? ça fait plus de 30 minutes que je suis arrêté à la station de Bambéto, mais je n’ai pas eu d’essence pour le moment.  C’est vraiment désolant… ».