Guinée : le gouvernement justifie la suspension du préfet de Siguiri et de plus d’une centaine d’agents

Le gouvernement guinéen a apporté des éclaircissements sur les raisons ayant conduit à la suspension du préfet de Siguiri ainsi…

Le gouvernement guinéen a apporté des éclaircissements sur les raisons ayant conduit à la suspension du préfet de Siguiri ainsi que de plus d’une centaine de cadres et agents de l’administration préfectorale. Cette décision, qui a suscité de nombreuses réactions, est directement liée au non-respect d’une interdiction portant sur l’utilisation d’engins lourds dans les exploitations artisanales d’or.

Invité sur le plateau de la Radiodiffusion Télévision Guinéenne (RTG), le porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, a expliqué que les sanctions découlent de la violation d’une décision conjointe prise par plusieurs départements ministériels, notamment ceux de l’Administration du territoire, des Mines et de la Géologie ainsi que de l’Environnement. Cette mesure interdisait formellement l’usage de bulldozers, d’excavatrices et d’autres équipements mécanisés dans les activités d’orpaillage artisanal à Siguiri et dans l’ensemble de la région.

Selon le ministre, les missions d’inspection dépêchées sur le terrain ont constaté que cette interdiction n’était pas appliquée. Les engins continuaient d’être utilisés dans plusieurs sites d’exploitation, malgré les instructions officielles. Pour les autorités, cette situation traduisait un défaut manifeste de suivi administratif et une remise en cause de l’autorité de l’État.

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« On a constaté aujourd’hui que cette interdiction n’a pas fait l’objet d’un suivi sur le terrain. C’est à la suite d’inspections diligentées par ces différents ministères, qui se sont rendus sur le terrain, qu’il a été constaté que les bulldozers, les excavatrices et autres engins mécanisés continuaient à travailler comme si cette interdiction formelle n’avait jamais été émise », a déclaré Ousmane Gaoual Diallo. Face à ces constats, le gouvernement estime avoir agi pour faire respecter les décisions administratives et réaffirmer l’autorité publique.

L’exécutif met également en avant les conséquences environnementales liées à l’utilisation incontrôlée des engins lourds dans l’exploitation artisanale de l’or. Selon les autorités, ces pratiques contribuent à la destruction des terres agricoles, à la dégradation des écosystèmes et à la pollution des cours d’eau, avec des impacts directs sur les populations locales et leurs moyens de subsistance.

Le porte-parole du gouvernement a rappelé que la préservation des ressources naturelles constitue une priorité des autorités de transition. Il a souligné que l’exploitation minière doit être menée de manière responsable afin de protéger non seulement les ressources minières, mais également l’agriculture, l’élevage et les réserves en eau pour les générations futures.

Tout en réaffirmant l’importance économique de l’orpaillage artisanal pour de nombreuses communautés, le gouvernement assure que sa démarche ne vise pas à interdire cette activité. Les autorités disent plutôt vouloir mettre fin aux pratiques illégales qui dénaturent le secteur et entraînent des dommages importants sur l’environnement et les populations.

Cette affaire illustre la volonté affichée de l’exécutif de renforcer le contrôle des activités extractives et de faire respecter les réglementations en vigueur. Ousmane Gaoual Diallo a d’ailleurs prévenu que le gouvernement entend maintenir une ligne de fermeté face aux manquements administratifs et environnementaux, affirmant qu’aucune complaisance ni négligence ne sera tolérée dans l’application des lois et des règlements de la République.

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