Après des mois d’attente, de reports successifs et d’incertitudes judiciaires, le dossier du vol de nouveau-né au Centre médico-communal (CMC) de Ratoma connaît enfin son épilogue judiciaire. Ce jeudi 25 juin 2026, Haby Diallo et ses coaccusées comparaissent devant le tribunal de première instance de Dixinn, dans une affaire qui a profondément marqué l’opinion publique en Guinée.
Tout commence en octobre 2025. Le 21 octobre précisément, Haby Diallo, âgée de 43 ans, ainsi que trois sages-femmes soupçonnées de complicité, sont présentées à la presse par la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) à Kaloum. À l’époque, les autorités annoncent avoir élucidé le rapt d’un nouveau-né survenu au sein du CMC de Ratoma, à l’issue d’une enquête qu’elles qualifient de concluante.
Dans la foulée, le 22 octobre 2025, les principales mises en cause sont placées sous mandat de dépôt à la maison centrale de Conakry. Le lendemain, le tribunal de première instance de Dixinn confirme leur détention, maintenant derrière les barreaux la principale suspecte ainsi que les trois agentes de santé impliquées dans le dossier. L’époux de Haby Diallo est également interpellé dans le cadre de l’enquête.
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Mais très vite, l’affaire, pourtant annoncée comme résolue, s’enlise dans les lenteurs de la procédure judiciaire. Les mois passent sans qu’aucune date d’audience ne soit fixée, malgré la détention prolongée des accusées. Dans le même temps, des informations font état de la remise en liberté de l’homme également mis en cause, alimentant encore davantage les interrogations autour du dossier.
Le silence judiciaire et les renvois répétés nourrissent progressivement les critiques dans l’opinion publique, dans un contexte plus large de dénonciation des dysfonctionnements de la justice guinéenne. Le dossier reste ainsi en suspens devant le TPI de Dixinn, symbole d’une procédure qui peine à avancer.
Face à ces retards, le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory II Tounkara, avait lui-même reconnu, lors d’une visite au tribunal de Dixinn le 25 février 2026, l’existence de « retards préoccupants dans le traitement des dossiers ». Il évoquait notamment les renvois successifs d’audiences, l’incomplétude de certains dossiers et l’engorgement des juridictions.
C’est dans ce contexte chargé d’attentes et de tensions que s’ouvre enfin le procès de Haby Diallo et de ses coaccusées, un procès scruté de près par l’opinion et qui devra lever les zones d’ombre d’une affaire devenue emblématique des lenteurs judiciaires dans le pays.




