BISSAU – Le voile se lève sur le véritable chef du putsch en Guinée-Bissau. Le général Horta N’Tam, jusque-là chef d’état-major de l’armée de terre, prend officiellement la tête du Haut conseil militaire pour le rétablissement de la sécurité nationale et de l’ordre public. Il devient ainsi le nouvel homme fort du pays, un jour après le renversement du président Umaro Sissoco Embalo.
Sa désignation pour une transition d’un an clarifie les rapports de force au sein de l’armée. Jusqu’ici, le général Dinis N’Tchama, chef de la maison militaire de la présidence, parlait au nom des putschistes. L’émergence du général N’Tam confirme son rôle de dirigeant principal dans ce coup de force.
Un putsch qui interrompt une élection contestée
Le coup d’État de mercredi 26 novembre interrompt brutalement le processus électoral, alors que la proclamation des résultats de la présidentielle était imminente. Les militaires arrêtent le président Embalo, le chef d’état-major de l’armée et le ministre de l’Intérieur.
Le général N’Tchama explique cette action en évoquant un « plan de déstabilisation » impliquant des politiciens et des « barons de la drogue ». Le putsch survient dans un climat tendu, car l’opposant Fernando Dias da Costa revendiquait déjà la victoire dès le premier tour.
Condamnations internationales unanimes
La prise de pouvoir militaire déclenche une vague de condamnations internationales. L’Union africaine, la Cédéao et le Nigeria rejettent fermement ce changement anticonstitutionnel. Ils exigent la restauration rapide de l’ordre constitutionnel et la libération des responsables arrêtés.
Le Nigeria, par la voix de son ministère des Affaires étrangères, avertit que les putschistes devront « répondre de leurs actes ». Abuja annonce aussi son intention de travailler avec ses partenaires régionaux pour rétablir la normalité.
Ce neuvième coup d’État depuis 1974 confirme l’instabilité politique chronique de la Guinée-Bissau, malgré le déroulement ordonné du scrutin de dimanche salué par les observateurs internationaux.
BISSAU – La Guinée-Bissau, habituée aux soubresauts politiques, replonge dans l’incertitude. Ce mercredi 26 novembre 2025, des tirs nourris ont retenti en milieu de journée près du palais présidentiel, de la Commission électorale et de plusieurs ministères, plongeant la capitale dans la panique.
Quelques heures après ces événements, une information capitale est tombée : le président Umaro Sissoco Embalo a personnellement contacté Jeune Afrique pour annoncer son arrestation. Selon le chef de l’État, il a été appréhendé dans son bureau vers midi, en même temps que le ministre de l’Intérieur Botché Candé, le chef d’état-major général des armées, le général Biague Na Ntan, et son adjoint, le général Mamadou Touré.
Un coup d’État dans l’attente des résultats
Le président Embalo, qui affirme n’avoir subi aucune violence, accuse directement le chef d’état-major de l’armée de terre d’être l’auteur de ce qu’il qualifie de « coup d’État ». Ces événements surviennent à un moment particulièrement sensible : le pays attend les résultats officiels de l’élection présidentielle de dimanche dernier, que le président sortant et son principal rival, Fernando Dias da Costa, ont tous deux revendiqués.
Selon un porte-parole du président, des hommes armés non identifiés auraient attaqué la commission électorale pour empêcher l’annonce des résultats, officiellement attendus jeudi 27 novembre.
Un calme précaire règne désormais
Sur le terrain, la situation semble s’être apaisée. Les tirs ont cessé et des éléments de la Garde présidentielle occupent les artères stratégiques menant au palais. Cependant, l’incertitude reste totale quant au sort du président et à l’issue de cette nouvelle crise.
Ce coup de force intervient alors que la Guinée-Bissau tentait de tourner la page après la tentative de coup d’État de 2023, également dirigée contre Umaro Sissoco Embalo. Le pays, indépendant depuis 1974, a connu pas moins de neuf coups d’État ou tentatives, faisant de l’instabilité politique une triste tradition nationale.
Un voile d’angoisse plane sur la Tanzanie depuis les élections du 29 octobre 2025. Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a tiré la sonnette d’alarme mardi, appelant à des enquêtes transparentes sur les meurtres, disparitions et arrestations arbitraires qui auraient marqué le scrutin.
D’après les informations recueillies par le Haut-Commissariat, des centaines de manifestants auraient été tués, d’autres blessés ou détenus, tandis que des corps auraient été emmenés vers des lieux inconnus par les forces de sécurité. La situation reste difficile à évaluer : la coupure d’Internet et l’instabilité sécuritaire empêchent toute vérification indépendante du nombre exact de victimes.
« Les témoignages de familles cherchant désespérément leurs proches sont bouleversants », a déclaré Volker Türk. « Les autorités doivent révéler le sort de toutes les personnes disparues et remettre les corps aux familles pour qu’elles puissent offrir des funérailles dignes. »
Des preuves effacées et une répression étouffée
Selon plusieurs sources, les forces de sécurité auraient retiré des corps des rues et des hôpitaux afin de les transporter vers des sites non divulgués, une manœuvre que l’ONU estime destinée à faire disparaître les preuves des exactions.
Le Haut-Commissaire appelle le gouvernement tanzanien à mener une enquête complète et transparente, à identifier les responsables et à garantir la justice pour les victimes.
Dans le même souffle, il a exigé la libération immédiate de toutes les figures de l’opposition arrêtées avant les élections, dont Tundu Lissu, chef du parti Chadema, ainsi que des plus de 150 personnes détenues arbitrairement, parmi lesquelles se trouveraient des enfants. Plusieurs d’entre elles sont accusées de trahison, sans fondement légal clair.
Un appel urgent à la justice et à la transparence
Volker Türk a rappelé que toute personne arrêtée doit être présentée rapidement à un magistrat et pouvoir contester la légalité de sa détention, conformément au droit international.
« Le respect de la procédure régulière n’est pas un luxe, mais une obligation », a-t-il insisté.
Alors que le pays s’enfonce dans un silence pesant, la communauté internationale observe avec inquiétude. Pour les familles des disparus, une seule attente demeure : la vérité sur le sort de leurs proches et la fin d’une impunité qui menace les fondements mêmes de la démocratie tanzanienne.
ABIDJAN – L’annonce était prévisible, mais son contexte lui donne une résonance particulière. Ce mardi 4 novembre, le Conseil constitutionnel ivoirien a entériné la réélection d’Alassane Ouattara avec 89,77 % des suffrages. Un score écrasant qui masque une réalité plus complexe : l’absence des principaux opposants et une abstention record.
Une proclamation dans les formes
C’est dans le cadre strict des institutions que Chantal Nanaba Camara, première femme à présider le Conseil constitutionnel, a officialisé l’issue du scrutin. L’institution « n’a enregistré aucune réclamation » et n’a relevé « aucune irrégularité de nature à entacher la sincérité du scrutin », a-t-elle déclaré.
Les chiffres validés confirment la domination du président sortant : 3,76 millions de voix, loin devant Jean-Louis Billon (3,09 %) et l’ex-Première dame Simone Ehivet (2,42 %). Des résultats qui reflètent moins une adhésion massive qu’une compétition déséquilibrée, où les adversaires les plus redoutables avaient été écartés avant même le début de la course.
L’opposition en pointillés
Le véritable récit de cette élection s’est écrit en amont du scrutin. Le rejet des candidatures de Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam, leaders du Front commun PPA-CI/PDCI, a vidé la compétition de sa substance. Leur exclusion a conduit la principale coalition d’opposition à appeler au boycott, un mouvement qui a trouvé écho dans les urnes : seulement 50,10 % des électeurs se sont déplacés.
Cette abstention massive dessine les contours d’une Ivoirienne politiquement divisée. Derrière le score triomphal du président sortant se profile un pays où près d’un électeur sur deux n’a pas souhaité participer à ce scrutin considéré comme joué d’avance.
Les défis d’un dernier mandat
À 83 ans, Alassane Ouattara engage ce qui devrait être son ultime quinquennat. Le défi sera double : poursuivre la transformation économique du pays tout en restaurant un dialogue politique rompu. La jeunesse ivoirienne, qui représente la majorité de la population, attend des perspectives concrètes dans un contexte de chômage endémique.
La question de la succession se profile déjà à l’horizon. Ce quatrième mandat ouvre une période de transition où le président devra soit imposer un héritier, soit ouvrir la voie à une alternance apaisée. Les années à venir détermineront si la stabilité actuelle préfigure une réconciliation durable ou simplement un entre-deux guerres politiques.
La Côte d’Ivoire entre dans une ère nouvelle, marquée par l’absence de véritable opposition structurée. Un paysage politique redessiné qui pose autant de questions qu’il n’apporte de réponses.
BAMAKO – Il est entré impassible, il ressort condamné. Moussa Mara, ancien Premier ministre du Mali, a été frappé ce lundi 27 octobre par la justice de son pays. Deux ans de prison, dont un an ferme, pour avoir osé sur les réseaux sociaux une déclaration de solidarité envers les « détenus d’opinion ».
Le Pôle national de lutte contre la cybercriminalité de Bamako a rendu son verdict après des semaines de suspens. Les juges n’ont que partiellement suivi les réquisitions du parquet, mais la sanction reste lourde pour celui qui dirigea le gouvernement malien de 2014 à 2015.
Tout est parti d’une publication datée du 4 juillet. « Solidarité indéfectible avec les détenus d’opinion », avait écrit l’ancien chef de gouvernement, ajoutant : « Aussi longtemps que dure la nuit, le soleil finira évidemment par apparaître ! » Des mots poétiques, mais perçus comme subversifs par les autorités en place.
Arrêté le 1er août et placé en détention préventive, Moussa Mara a vu son procès s’ouvrir fin septembre dans une atmosphère tendue. Son avocat, Me Mountaga Tall, avait alors plaidé la modération, invoquant « la sagesse de la cour ». En vain.
À l’annonce du verdict, le principal concerné est resté de marbre. « Serein », selon son défenseur, qui a immédiatement annoncé le dépôt d’un appel. Le combat judiciaire continue donc, mais l’heure est désormais à la prison pour l’ancien Premier ministre.
Cette condamnation intervient dans un contexte politique malien particulièrement sensible, où la liberté d’expression semble se contracter comme peau de chagrin. Le message de Moussa Mara, perçu comme une métaphore de l’espoir démocratique, lui vaut aujourd’hui de partager le sort de ceux qu’il défendait.
Le soleil se lèvera-t-il un jour sur une justice apaisée ? Pour l’ancien Premier ministre, la nuit institutionnelle vient de tomber, plus épaisse que jamais.
YAOUNDÉ, 27 octobre 2025 — La scène politique camerounaise rejoue une partition bien connue. À 92 ans, Paul Biya vient d’être réélu pour un huitième mandat, avec 53,66 % des suffrages, selon les résultats officiels proclamés lundi par le Conseil constitutionnel. Au pouvoir depuis 1982, le chef de l’État perpétue un règne aussi long qu’inébranlable, malgré les contestations et l’usure du temps.
Son principal adversaire, Issa Tchiroma Bakary, refuse la défaite. Selon ses propres chiffres, il aurait remporté l’élection avec 54,8 % des voix. Dès la veille de la proclamation, il appelait à des manifestations pacifiques à Douala, Yaoundé et Garoua pour dénoncer une « confiscation du vote populaire ».
Quelques heures après la validation du scrutin, l’opposant déclare depuis son domicile à Garoua : « L’assaut est lancé », en évoquant des tirs sur des civils rassemblés devant sa résidence. La tension est palpable. Le gouvernement, par la voix du ministre de l’Administration territoriale Paul Atanga Nji, dénonce un « plan de déstabilisation » et met en garde contre la diffusion de faux résultats électoraux. Plusieurs arrestations ont déjà eu lieu à Garoua et Yaoundé.
Une victoire sans suspense, un pays sans alternance
Depuis des décennies, chaque élection camerounaise ressemble à une répétition générale. Les résultats sont prévisibles, les recours balayés, les contestations vite réprimées. La Cour constitutionnelle, présidée par Clément Atangana, entérine sans surprise le verdict des urnes, malgré les accusations de fraude, les bulletins préremplis et les bureaux fictifs.
Issa Tchiroma, lui, rejoint la longue liste des opposants tolérés pour la forme : Maurice Kamto, Cabral Libii, tous battus avant même de concourir. Le Cameroun semble avoir transformé la démocratie en rituel immobile, où l’alternance n’est plus une perspective, mais un mythe.
Une démocratie fatiguée, un symbole régional
En Afrique francophone, Paul Biya n’est pas une anomalie : il est un modèle. Du Togo au Congo-Brazzaville, de la Côte d’Ivoire au Tchad, les présidents se succèdent… à eux-mêmes. Les cours constitutionnelles ne jugent plus, elles valident. Le peuple vote, mais les institutions décident.
Le Cameroun de 2025 illustre cette mécanique bien huilée : un pays figé, une jeunesse désabusée, et un pouvoir devenu son propre monument.
Et pendant que le monde observe sans surprise la réélection du « sphinx d’Étoudi », une question flotte, presque ironique : le temps, lui, osera-t-il un jour battre Paul Biya ?
ANTANANARIVO – Il y a un an, il cuisinait et jouait au football en résidence surveillée, accusé de complot contre l’État. Ce vendredi 17 octobre 2025, le colonel Michael Randrianirina, 51 ans, devient le « président de la refondation » de Madagascar. Originaire de l’aride région d’Androy, son parcours épouse les soubresauts de l’histoire récente de la Grande Île.
Né en 1974 à Sevohipoty, Randrianirina s’engage d’abord comme gouverneur de l’Androy entre 2016 et 2018. Cette expérience lui permet de connaître intimement les difficultés d’une des régions les plus pauvres du pays.
En novembre 2023, son destin bascule. Le général Richard Ravalomanana, alors allié du président Rajoelina et président du Sénat, ordonne son arrestation pour complot avant les élections controversées. Randrianirina reste en résidence surveillée dans un hôpital militaire avec son complice présumé, Thierry Rampanarivo. Début 2024, la justice le condamne à un an de prison avec sursis pour atteinte à la sûreté de l’État.
Libéré en février 2024, le colonel décrit une vie d’officier « dans l’ombre » : il travaille à la maison, cuisine et joue au football. Cette période ne freine pas son ambition. Selon l’analyste Velomahanina Razakamaharavo, son « attitude courageuse » et son image d’homme de foi issu de l’Église luthérienne renforcent sa légitimité.
Le ralliement populaire et la refondation
Le tournant survient en octobre 2025. Quand le collectif Gen Z descend dans les rues d’Antananarivo, Randrianirina refuse de réprimer les manifestants. Le 12 octobre, il demande même à ses troupes : « Ne tirez pas sur nos amis, nos frères, nos sœurs ».
En trois jours, le président Rajoelina s’exile. L’Assemblée nationale le destitue et l’armée prend le contrôle du pays. Investi devant la Haute Cour Constitutionnelle et décoré de la Grand Croix de première classe de l’Ordre national, Randrianirina promet d’organiser des élections dans « 18 à 24 mois maximum ».
Cependant, la communauté internationale reste prudente. L’ONU condamne un changement inconstitutionnel de pouvoir, tandis que l’Union africaine suspend Madagascar de ses instances. La France appelle à entendre les « aspirations profondes du peuple malgache ».
Homme de foi et de terrain, Randrianirina incarne désormais les espoirs d’une jeunesse lasse des coupures d’eau et d’électricité et du pillage des ressources. De sa cellule d’hôpital militaire au palais de la refondation, il a connu une ascension fulgurante et improbable. Le pays observe maintenant s’il saura transformer l’essai et écrire un nouveau chapitre pour Madagascar.
ANTANANARIVO – Vendredi 17 octobre 2025, l’histoire de Madagascar a bifurqué. Dans l’enceinte sobre de la Haute Cour Constitutionnelle (HCC), le colonel Michael Randrianirina est devenu le « président de la refondation ». Trois jours après la destitution d’Andry Rajoelina par l’Assemblée nationale et la prise de contrôle par l’armée, un nouveau chapitre s’ouvre sur la Grande Île, né d’un mouvement de protestation inédit et d’un putsch militaire.
Vêtu d’un costume civil mais arrivé juché sur un véhicule blindé, entouré de militaires armés et masqués, le nouvel homme fort a prêté serment. Le contraste était saisissant. Cette première prestation de serment à la HCC, organisée par « souci de sobriété », visait à ancrer dans le marbre de la loi une légitimité née dans la rue.
Un pouvoir né de la rue
Dans son discours inaugural, le colonel Randrianirina a dressé un réquisitoire sévère contre l’ancien régime. Dénonçant un « régime autoritaire » ayant plongé le pays « dans l’obscurité pendant des années », il a promis une « rupture avec le passé ». Son allocution a sonné comme un écho aux griefs de la jeunesse malgache, descendue dans les rues depuis le 25 septembre pour protester contre les coupures d’eau et d’électricité et réclamer un changement radical.
« Malheureusement, 65 ans après son indépendance, Madagascar figure encore parmi les pays les plus pauvres du monde », a-t-il lancé, dénonçant les « injustices, pillages des ressources et détournements de biens publics ». Le nouveau président a salué cette « jeunesse audacieuse » victime de ces abus, majoritairement issue de la Génération Z, qui a forcé le destin du pays.
Entre légitimité constitutionnelle et soutien militaire
La cérémonie, bien que sobre, n’en était pas moins significative. La présence de diplomates – français, suisse, allemand, ainsi que des représentants britanniques, chinois et de l’Union européenne – et d’anciennes figures politiques comme l’ex-président Marc Ravalomanana, envoyait un signal : la communauté internationale observe.
Pourtant, derrière les apparences constitutionnelles, la réalité du pouvoir reste teintée de militarisme. L’arrivée du colonel en blindé, escorté de soldats, rappelait le soutien crucial de l’armée – celui-là même qui, sous son impulsion, avait refusé de « tirer sur nos amis, nos frères, nos sœurs » manifestants.
Les défis de la refondation
Le nouveau pouvoir promet de « réparer les torts » subis par les victimes de la répression et de garantir les libertés fondamentales. Mais des doutes persistent. Un petit rassemblement s’est formé devant la HCC pour rappeler au régime naissant de « continuer à écouter la voix du peuple ».
Madagascar entre ainsi dans une période de transition incertaine, portée par les espoirs d’une génération et la poigne d’un colonel. La « refondation » est annoncée ; son accomplissement reste à écrire.
ANTANANARIVO – Le Palais d’État d’Iavoloha, symbole du pouvoir présidentiel, s’est transformé ce mardi en quartier général d’une junte militaire. Le colonel Mikaël Randrianirina, entouré d’officiers, a annoncé la création d’un Conseil militaire de transition, désormais chargé d’assurer l’intérim du pouvoir. Cette prise de contrôle survient dans un contexte de chaos institutionnel, alors que le président Andry Rajoelina a fui le pays après avoir tenté, en vain, de dissoudre l’Assemblée nationale.
La chute précipitée d’un président
Tout a commencé par un ultime geste de défi. Depuis son exil, Andry Rajoelina a signé un décret de dissolution de l’Assemblée nationale. Mais cette manœuvre a immédiatement été jugée illégale par le vice-président du Parlement, Siteny Randrianasoloniaiko, qui a dénoncé un acte « dépourvu de valeur juridique », faute de signature et de tampon officiels.
Refusant de céder, les députés ont poursuivi leurs travaux. Dans un vote quasi unanime – 130 voix sur 131 –, ils ont approuvé la destitution du président, scellant ainsi la rupture totale entre les institutions.
L’armée comble le vide du pouvoir
Profitant de ce vide politique, l’armée a pris les devants. « On est ici pour prendre le pouvoir parce que ça a assez duré, la crise », a déclaré le colonel Randrianirina, d’une voix ferme. Le Conseil militaire, composé d’officiers de l’armée, de la gendarmerie et de la police nationale, assume désormais les fonctions présidentielles.
Le chef de la junte a toutefois promis une transition courte : « Après quelques jours, un gouvernement civil sera mis en place », a-t-il assuré, promettant que l’armée ne s’immiscerait pas dans la gestion des affaires sécuritaires courantes.
Le départ précipité d’Andry Rajoelina, officiellement pour « des raisons de sécurité », vient clore plusieurs semaines de tensions politiques. Son exfiltration présumée par la France et sa volonté de gouverner à distance ont accéléré sa chute.
Désormais, Madagascar entre dans une zone d’incertitude. Ce coup d’État à Madagascar ouvre une période de transition dont l’issue reste floue. Le conseil militaire tiendra-t-il parole en cédant le pouvoir à un civil, ou s’installe-t-il pour durer ? Les prochains jours seront déterminants.
ANTANANARIVO – La scène a de quoi surprendre : un président qui gouverne à distance, un palais vide, et une nation suspendue à un décret signé depuis l’étranger. Andry Rajoelina a choisi la fuite en avant. Après avoir quitté Madagascar dans des conditions rocambolesques – une exfiltration par avion militaire français selon RFI –, le chef de l’État a dissous l’Assemblée nationale ce lundi. Une décision radicale qui sonne comme un coup de poker politique, pris à des milliers de kilomètres de son peuple.
Le décret présidentiel, daté du 14 octobre et dont APA a obtenu copie, invoque l’article 60 de la Constitution. Le texte entre « immédiatement en vigueur », contournant la publication au Journal Officiel au nom de « l’urgence ». Une précipitation qui en dit long sur la gravité de la crise.
L’étrange allocation d’un président absent
Dans la nuit de lundi à mardi, les Malgaches ont finalement entendu la voix de leur président, après plus de deux heures d’attente. Un discours enregistré, déconnecté des réalités du terrain. Rajoelina y a rejeté toute idée de démission, évoquant un « complot » contre sa vie qui justifierait son exile temporaire. « Je n’abandonnerai jamais Madagascar », a-t-il assuré, depuis son lieu de retrait tenu secret.
Pendant ce temps, à Antananarivo, la situation échappait à son contrôle. La veille, des militaires avaient tenté de prendre le contrôle des médias publics. Le colonel Mikaël Randrianirina, présent sur place, niait toute tentative de coup d’État, se présentant comme un simple « officier exécutant » répondant à « l’appel du peuple ».
La rue, véritable pouvoir
Sur la place du 13 Mai, l’onde de choc fut immédiate. Des milliers de citoyens, rejoints par des membres des forces armées, scandaient leur colère. La Génération Z malgache, fer de lance de la contestation, avait réussi l’impensable : rassembler l’ancien président Marc Ravalomanana et l’ex-président du Sénat Rivo Rakotovao dans une même protestation.
Le pouvoir semble avoir basculé dans la rue. Alors que Rajoelina se réfugie derrière des procédures constitutionnelles, la légitimité se construit désormais sur les pavés d’Antananarivo.
Le pari risqué de la dissolution
En dissolvant l’Assemblée nationale, Rajoelina mise sur le temps. Il espère sans doute que de nouvelles élections législatives lui permettront de reprendre la main sur un processus politique qui lui échappe. Sur le réseau X, il justifie sa décision : « Place aux jeunes ».
Mais la manœuvre est périlleuse. Comment organiser des élections crédibles quand le président lui-même gouverne depuis l’étranger ? Comment assurer la transparence du scrutin dans un climat de défiance généralisée ?
La France, acteur invisible
En arrière-plan, Paris joue un rôle trouble. L’exfiltration de Rajoelina par un avion militaire français, dans le cadre d’un accord avec Emmanuel Macron, place l’ancienne puissance coloniale au cœur de la crise. Une ingérence qui ne manquera pas d’alimenter les tensions, dans un pays où la relation avec la France reste une plaie ouverte.
Aujourd’hui, Madagascar se réveille plus divisé que jamais. Un président en exil, une Assemblée dissoute, une rue en colère : la Grande Île navigue en eaux troubles. La dissolution, loin d’apaiser les tensions, pourrait bien être l’étincelle qui met le feu aux poudres. Le peuple malgache, lui, attend toujours des réponses. Et son président, où qu’il soit, devra bien un jour en donner.
ABIDJAN – La nuit a été longue, trop longue, dans le camp de l’opposition ivoirienne. Entre samedi et dimanche, tandis qu’Abidjan dormait à moitié, deux de ses figures majeures ont été la cible d’opérations d’intimidation d’une rare violence. Le domicile de Noël Akossi Bendjo, numéro deux du PDCI, a été pris d’assaut comme en terrain conquis. Dans le même temps, la résidence d’Affi N’Guessan, leader du FPI, a été encerclée par des hommes armés. À moins de deux semaines du scrutin présidentiel, cette escalade sonne comme un avertissement sans équivoque.
Le Parti des peuples africains (PPA-CI) de Laurent Gbagbo a été le premier à réagir. Dans un communiqué, il exprime une profonde indignation face à ce qu’il qualifie de « véritable raid militaire ». Selon le récit du parti, des individus encagoulés et lourdement armés ont défoncé le portail de M. Bendjo avant d’investir les lieux. Le ton est grave et l’émotion palpable.
Des pratiques dénoncées comme “d’un autre âge”
L’alliance PPA-CI/PDCI n’a pas tardé à dénoncer ces actes, les qualifiant de « pratiques d’un autre âge » révélatrices « d’un régime autoritaire et liberticide ». La cible est clairement désignée : le pouvoir d’Alassane Ouattara, accusé d’utiliser la force pour museler l’opposition. Dans la même nuit, le FPI a signalé l’encerclement du domicile de son président, Pascal Affi N’Guessan. Ce double incident laisse entrevoir une stratégie coordonnée de pression sur les derniers leaders encore en liberté.
Une tension croissante à l’approche du vote
Ces événements surviennent dans un climat politique déjà explosif. La présidentielle du 25 octobre se prépare sans Laurent Gbagbo ni Tidjane Thiam, tous deux exclus de la course. Le pouvoir semble décidé à verrouiller le jeu électoral, quitte à user de la contrainte. Malgré l’interdiction de leur marche du 11 octobre, les militants du Front commun PPA-CI/PDCI ont bravé l’ordre, entraînant 237 interpellations. Le ministre de l’Intérieur, le général Vagondo Diomandé, a qualifié ces jeunes manifestants de « totalement irresponsables », preuve du fossé qui s’est creusé entre les camps.
Face à la répression, l’opposition prône désormais une résistance pacifique, en arborant la couleur orange. Ce symbole, simple mais puissant, pourrait bien devenir celui du défi dans les rues d’Abidjan. À l’aube d’une élection décisive, la Côte d’Ivoire oscille entre peur et colère.
OSLO/CARACAS – Ce vendredi 10 octobre, la nouvelle est tombée dans un silence de cathédrale avant de se répandre comme une traînée de poudre. Le prix Nobel de la Paix 2025 ne récompense pas un traité ni un cessez-le-feu, mais une femme. Une femme traquée, contrainte à la clandestinité, dont la voix porte pourtant plus loin que les verrous du pouvoir. Son nom : Maria Corina Machado. Le Comité Nobel norvégien a sacré la cheffe de l’opposition vénézuélienne, offrant à sa lutte un écho planétaire.
Dans son annonce, le président du comité, Jørgen Watne Frydnes, a salué ses efforts « en faveur d’une transition juste et pacifique de la dictature à la démocratie ». Il a décrit une « figure clé » capable d’unir une opposition morcelée autour d’une exigence simple : des élections libres. « Maria Corina Machado est l’un des exemples les plus extraordinaires de courage civique en Amérique latine », a-t-il déclaré. Son discours a résonné dans un monde qui regarde le Venezuela sombrer.
La « libératrice » et l’émotion de Caracas
À Caracas, la nouvelle a d’abord suscité l’incrédulité. Dans une vidéo partagée par son équipe, on voit la leader de 58 ans apprendre la décision. « Je suis sous le choc ! », lance-t-elle à Edmundo González Urrutia, le candidat qu’elle soutenait à la présidentielle. Son visage est bouleversé. « C’est quoi ce truc ? Je n’arrive pas à y croire », souffle-t-elle, entre émotion et surprise. Cette réaction sincère contraste avec l’image de « libertadora » – la libératrice – que lui ont forgée des millions de Vénézuéliens. Lors des primaires de 2023, elle avait recueilli plus de 90 % des voix.
Un prix, un symbole, un message
Ce Nobel dépasse la récompense individuelle. Il devient un symbole politique puissant. L’Union européenne, les États-Unis et une grande partie de la communauté internationale y voient la légitimation d’un combat. Pour eux, Nicolás Maduro a usurpé sa réélection, et Edmundo González Urrutia reste le véritable vainqueur. Depuis son exil en Espagne, ce dernier a salué un prix « mérité ».
Le comité Nobel a rappelé la part d’ombre derrière la gloire : une année de clandestinité, des menaces constantes, et le choix de rester au pays. « Un choix qui a inspiré des millions de personnes », a-t-il souligné. Le porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU, Thameen Al-Kheetan, a salué « une reconnaissance qui reflète les aspirations claires du peuple vénézuélien ».
L’annonce du Nobel a provoqué un choc bien au-delà du Venezuela. Elle a éclipsé d’autres prétendants, dont Donald Trump, qui espérait ce titre. Ses déclarations sur son rôle de pacificateur mondial paraissent désormais dérisoires face au combat de Maria Corina Machado.
Dans les rues de Caracas, comme au sein de la diaspora, son nom est devenu un étendard de liberté. Son Nobel éclaire les fissures d’un régime autoritaire. C’est l’histoire d’une femme qui, en refusant le silence et l’exil, a offert à son peuple une victoire dont l’écho ne s’éteindra plus.
Sharm El-Sheikh – La station balnéaire égyptienne est devenue, cette semaine, le théâtre d’un événement diplomatique d’une ampleur historique. Après quatre jours de négociations indirectes, Israël et le Hamas ont accepté la première phase du plan de paix proposé par Donald Trump, avec l’appui décisif de l’Égypte et du Qatar.
Le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi a qualifié l’accord de « tournant majeur », annonçant que les combats cesseront officiellement dès la signature du texte, prévue jeudi à Sharm El-Sheikh, en présence de Donald Trump. L’objectif est clair : mettre fin à deux années de conflit dévastateur, libérer les otages et permettre le retour progressif des déplacés.
L’échange d’otages est l’un des points les plus sensibles : 20 otages encore vivants détenus par le Hamas seront libérés contre près de 2 000 prisonniers palestiniens en Israël. Ce mécanisme devrait être exécuté dans les 72 heures suivant la signature de l’accord.
Le cessez-le-feu prévoit également un retrait israélien progressif, la réintroduction massive d’aide humanitaire – 400 camions par jour au minimum –, et la création des conditions pour la reconstruction et la stabilité régionale.
Malgré les annonces, la situation reste fragile : la Défense civile de Gaza a signalé des frappes israéliennes après l’annonce de l’accord, et les deux parties maintiennent leurs revendications sur le contrôle et le désarmement.
Pour la communauté internationale, cet accord représente une opportunité unique de transformer la diplomatie en résultats concrets pour les populations de Gaza. La signature officielle pourrait, selon Donald Trump, permettre le retour de tous les otages dès lundi, offrant une rare lueur d’espoir dans un conflit qui a coûté la vie à des dizaines de milliers de civils.
KIGALI – Ils étaient venus du monde entier, mais c’est un Slovène qui a écrit l’histoire, et un pays africain qui l’a accueillie. Du 21 au 28 septembre, Kigali a vibré au rythme des Championnats du Monde Route UCI, organisés pour la première fois sur le continent. Huit jours de compétition intense, couronnés par un final d’anthologie : Tadej Pogačar a remporté le titre mondial pour la deuxième année consécutive, après une échappée solitaire de 77 kilomètres qui restera dans les annales.
Face aux pentes abruptes du Mont Kigali et du Mur de Kigali, le favori a livré une démonstration de force pure. Lâchant tous ses adversaires à moins de 80 km de l’arrivée, il a survolé la course, confirmant son statut de phénomène du cyclisme mondial. Derrière lui, le Belge Remco Evenepoel a décroché l’argent, tandis que l’Irlandais Ben Healy offrait à son pays sa première médaille sur course en ligne depuis 1989.
L’Afrique en lumière
Si Pogačar a volé la vedette, cette édition restera comme celle de la consécration du cyclisme africain. Organisée pour la première fois en terre africaine, elle a offert une vitrine exceptionnelle à des coureurs jusqu’ici souvent relégués au second plan.
Les Rwandais, portés par un public en délire, ont tenu leur rang. Mais la révélation est venue d’ailleurs : l’Éthiopienne Tsige Kiros, seulement septième de la course en ligne juniors femmes, a montré la voie. Sa performance, modeste en apparence, symbolise les progrès accomplis et l’émergence timide mais réelle de nouveaux talents.
Un tremplin pour l’avenir
Cette semaine de compétition intense aura donc rempli sa mission : créer un héritage. En accueillant cet événement planétaire, le Rwanda a prouvé que l’Afrique pouvait organiser, et bien organiser, un rendez-vous d’envergure mondiale.
Les pentes rwandaises, aussi exigeantes soient-elles, sont désormais gravées dans la mémoire collective des cyclistes. Et les jeunes Africains qui ont vu Pogačar franchir la ligne d’arrivée, seul, sous le soleil de Kigali, n’oublieront jamais cette image. Peut-être certains d’entre eux voudront-ils, un jour, lui emboîter le pas.
Le Mondial 2025 s’achève. Mais à Kigali, il ne fait que commencer.
L’histoire judiciaire de la Ve République bascule. Jeudi, le tribunal de Paris a condamné l’ancien président Nicolas Sarkozy à cinq ans de prison pour « association de malfaiteurs » dans le dossier du financement libyen présumé de sa campagne de 2007. Pour la première fois, un ex-chef d’État français va être incarcéré avant l’épuisement des voies de recours, sur la base d’un mandat de dépôt différé avec exécution provisoire.
Visage marqué par plus de dix ans de procédures, Nicolas Sarkozy a affiché une « colère froide » et annoncé son intention de faire appel. Il a déclaré à la presse : « Si on veut absolument que je dorme en prison, je dormirai en prison. Mais la tête haute. »
Le tribunal a reconnu l’absence de preuves d’un financement effectif par des fonds libyens, mais a estimé que l’ancien président avait laissé ses proches solliciter le régime de Kadhafi pour obtenir un soutien financier. Cette « préparation » suffit à caractériser le délit d’association de malfaiteurs.
Claude Guéant et Brice Hortefeux également condamnés
L’ancien ministre de l’Intérieur Claude Guéant a écopé de six ans de prison pour association de malfaiteurs, corruption passive et faux. Brice Hortefeux a reçu deux ans de prison, tandis qu’Eric Woerth, trésorier de la campagne, a été relaxé. La récente mort au Liban de Ziad Takieddine, intermédiaire clé de l’affaire, a compliqué les débats mais n’a pas atténué la sévérité du verdict.
Dans l’heure suivant le verdict, l’épouse de Nicolas Sarkozy, Carla Bruni, a publié un message de soutien sur les réseaux sociaux avec les hashtags #LoveIsTheAnswer et #HateWillNotWin.
À 70 ans, Nicolas Sarkozy sera convoqué dans un mois par le parquet pour connaître sa date d’incarcération. Son appel ne suspendra pas la mesure.
Cette condamnation clôt un chapitre judiciaire vieux de plus de dix ans, mais ouvre une période inédite : un ancien président de la République française dormira derrière les barreaux. Un séisme institutionnel dont les répercussions se font déjà sentir bien au-delà des prétoires.
Katmandou, mardi 9 septembre 2025 – La colère née d’un écran noir a embrasé les rues de Katmandou et renversé le pouvoir. L’annonce du blocage de 26 plateformes numériques, dont Facebook, YouTube et X (ex-Twitter), a déclenché des manifestations massives. Lundi, la capitale népalaise s’est transformée en champ de bataille. Mardi, les habitants ont enterré leurs morts et assisté à la démission du Premier ministre Khadga Prasad Sharma Oli.
Un lundi sanglant à Katmandou
Les forces de l’ordre ont tué au moins 19 civils et blessé des centaines d’autres lors d’affrontements d’une violence exceptionnelle. Les manifestants dénonçaient d’abord la censure numérique, perçue comme une atteinte aux libertés fondamentales, avant de dénoncer la corruption et l’autoritarisme présumés du gouvernement Oli. Les autorités avaient justifié le black-out digital par « la nécessité de contenir les tensions », mais cette explication n’a pas freiné la détermination des Népalais.
Démission en cascade et effondrement du pouvoir
Face à la pression populaire, le gouvernement a levé le blocage des réseaux sociaux. Quelques heures plus tard, le Premier ministre KP Sharma Oli a présenté sa démission dans une lettre adressée au président, évoquant « la nécessité de trouver une solution politique et de résoudre les problèmes ». La chute du pouvoir a été précédée par la démission d’au moins trois ministres, dont celui de l’Intérieur, critiqué pour la répression sanglante.
Une crise majeure pour la jeune démocratie népalaise
Ces événements marquent l’une des crises politiques et sociales les plus graves de l’histoire récente du Népal. Après une décennie de guerre civile et des séismes dévastateurs, le pays se retrouve plongé dans l’incertitude. Les manifestants ont peut-être remporté une bataille, mais le combat pour la démocratie et les libertés continue. Le Népal retient son souffle, entre deuil et espoir d’un nouveau départ.
Ce lundi 8 septembre 2025, la présidente du Conseil constitutionnel, Mme Chantal Camara Nanaba, a rendu une décision qui bouleverse le paysage politique ivoirien. Sur soixante dossiers examinés, seuls cinq candidats ont été jugés éligibles à l’élection présidentielle du 25 octobre. Ce tri drastique élimine les principales figures de l’opposition et laisse le président sortant, Alassane Ouattara, en position de force pour briguer un quatrième mandat déjà très contesté.
Des exclusions qui secouent l’opposition
Le verdict du Conseil constitutionnel frappe au cœur de l’opposition et provoque un véritable séisme politique. Tidjane Thiam, président du PDCI et ex-CEO de Crédit Suisse, a été disqualifié pour un motif administratif : il ne figure pas sur les listes électorales. Cette condition d’éligibilité essentielle l’a empêché de concourir, malgré les recours de son parti.
Laurent Gbagbo, président de 2000 à 2011, a subi le même sort pour la même raison. Son camp, le PPA-CI, dénonçait pourtant l’irrégularité de sa condamnation dans l’affaire du « braquage de la BCEAO », estimant que seule la Haute Cour de justice pouvait juger un ancien chef d’État. Le Conseil constitutionnel a rejeté cet argument.
Pascal Affi N’Guessan, leader du FPI, a également vu sa candidature invalidée. Ses parrainages présentaient un déficit de plus de 20 000 signatures, un écart jugé rédhibitoire. Ainsi, trois poids lourds de la scène politique ivoirienne disparaissent de la course électorale à cause d’une application stricte du code électoral.
Une liste réduite et inattendue
Les cinq candidats retenus forment un panel contrasté :
Henriette Lagou (Groupement des Partenaires Politiques pour la Paix, GP-PAIX)
Jean-Louis Billon (Congrès Démocratique, CODE), cadre du PDCI
Ehivet Simone Gbagbo (Mouvement des Générations Capables, MGC), ex-Première dame
Ahoua Don-Mello Jacob (Indépendant)
Alassane Ouattara (RHDP, président sortant)
La candidature d’Alassane Ouattara, validée pour un quatrième mandat, reste la plus polémique. L’opposition la juge « anticonstitutionnelle ». Sa présence sur la liste officielle accentue les critiques et ouvre la voie à une réélection très clivante.
Un processus électoral sous haute tension
Le dépôt des candidatures, organisé du 1er juillet au 26 août 2025, avait déjà suscité de vives polémiques. Désormais, la publication de la liste définitive, limitée à cinq noms, risque d’attiser encore davantage les tensions. Dans un pays marqué par les traumatismes des crises électorales passées, le climat politique demeure fragile.
Le Conseil constitutionnel a également rejeté la demande du PDCI, qui réclamait une révision exceptionnelle des listes électorales pour régulariser la situation de Tidjane Thiam. L’institution a rappelé que ce dossier relevait de la Commission électorale indépendante (CEI).
Ainsi, la campagne officielle s’annonce déséquilibrée : un président sortant omnipotent affrontera une opposition affaiblie et fragmentée. La Côte d’Ivoire s’achemine donc vers une élection dont l’issue paraît écrite d’avance, mais dont l’impact sur la stabilité nationale reste incertain.
Ce mardi, l’Éthiopie hisse un monument de fierté nationale et de défi géopolitique. Le Grand Barrage de la Renaissance (GERD), plus grande structure hydroélectrique d’Afrique, sera inauguré en grande pompe, couronnant plus d’une décennie de travaux titanesques. Mais derrière les festivités se cache une réalité plus âpre : celle d’une région au bord de la crise hydrique, où le Nil bleu devient un enjeu de puissance.
Une fierté nationale, un cauchemar régional
Pour Addis-Abeba, le GERD est bien plus qu’un barrage. Lancé en 2011, cet ouvrage pharaonique – affichant une capacité de 5 150 mégawatts – incarne l’ambition d’une Éthiopie qui se rêve en lion économique africain. Il doit produire chaque année 15 760 GWh, de quoi électrifier des millions de foyers et d’usines, et porter le pays vers le rang des économies à revenu intermédiaire.
Pourtant, cette « renaissance » éthiopienne se fait dans la controverse. En aval, l’Égypte et le Soudan observent, inquiets, les festivités. Le Caire, qui dépend à 97 % des eaux du Nil pour son agriculture et sa survie, crie à la menace existentielle. Khartoum redoute pour sa stabilité et ses propres barrages. Tous dénoncent un risque majeur pour leur sécurité hydrique.
Abiy Ahmed, entre invitation et fermeté
Face à ces craintes, le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, joue la carte de l’apaisement offensif. Il a convié les peuples et gouvernements du bassin du Nil à « se joindre à cette célébration », assurant que le barrage est une « opportunité commune ». Dans un message vidéo diffusé en août, il a insisté : « Le barrage de la Renaissance n’est pas une menace. » Et de marteler : « Le barrage d’Assouan n’a jamais perdu un seul litre d’eau à cause du GERD. »
Un discours rodé, qui mêle coopération et ferme rappel à la souveraineté nationale. Le chef du gouvernement vante « les infrastructures modernes et les systèmes automatisés du barrage », fruit d’un « investissement massif et de l’implication de tous ». Il en appelle à la « collaboration » et au « travail collectif », tout en rappelant la détermination de son peuple à « progresser sans nuire à ses voisins ».
Un bras de fer qui couve depuis des années
Derrière les mots, le contentieux reste entier. Les négociations trilatérales peinent à aboutir sur un accord contraignant de remplissage et d’exploitation du réservoir. L’Éthiopie affirme avancer sans malveillance, mais refuse toute entrave à son développement. L’Égypte, elle, brandit des traités coloniaux – aujourd’hui contestés – qui lui garantissent des droits historiques sur le fleuve.
Alors que la cérémonie se prépare, l’ombre d’un conflit larvé plane sur le Nil bleu. Le GERD est devenu le symbole d’une nouvelle donne géopolitique : celle où les pays en amont entendent bien reprendre la main sur des ressources longtemps contrôlées par d’autres.
Mardi, l’Éthiopie célébrera sa renaissance énergétique. Mais le vrai test commencera après les discours : celui de gérer l’or bleu sans embraser la région.
Agadir, perle de la côte atlantique, s’est transformée en vitrine sportive du Maroc avec la rénovation du Grand Stade. Inspectée le 1er septembre 2025 par les autorités marocaines, l’enceinte se prépare à accueillir des matchs majeurs de la CAN 2025 et, à plus long terme, la Coupe du Monde 2030.
Inauguré en 2013, le Grand Stade d’Agadir affiche désormais plus de 41 500 places, des vestiaires modernisés, un gazon flambant neuf et des loges VIP prêtes à recevoir les plus grands noms du football africain et mondial. La première phase de rénovation, estimée à 450 millions de dirhams, a permis d’agrandir les parkings (désormais 4 100 places), de renforcer les infrastructures techniques et d’améliorer le confort des spectateurs.
Le stade accueillera plusieurs rencontres du groupe B, dont le très attendu Égypte-Zimbabwe le 22 décembre 2025, avant de vibrer au rythme d’un huitième de finale et d’un quart de finale en janvier 2026.
Mais l’ambition ne s’arrête pas là. Dès 2026, une deuxième phase d’investissement de plus de 2,3 milliards de dirhams portera la capacité à 46 000 places et couvrira entièrement les tribunes. Objectif : se conformer aux normes FIFA et devenir une référence pour le Mondial 2030 que le Maroc coorganisera avec l’Espagne et le Portugal.
Avec cette transformation, le Grand Stade Agadir CAN 2025 devient non seulement un écrin sportif, mais aussi un symbole du rayonnement international du Maroc.
L’économiste mauritanien Sidi Ould Tah a officiellement pris les commandes de la Banque africaine de développement (BAD) ce 1ᵉʳ septembre 2025 à Abidjan. Élu en mai dernier, il devient le 9ᵉ président de l’institution et succède au Nigérian Akinwumi Adesina.
« Je m’engage à exercer mes fonctions avec loyauté et conscience, dans l’intérêt exclusif de la Banque », a-t-il affirmé devant un parterre d’officiels.
Une vision tournée vers l’action
Dès sa prise de fonction, Sidi Ould Tah BAD a appelé à « revisiter le plan d’investissement » et à « changer de paradigme ». Il a insisté sur l’urgence d’agir face à trois défis majeurs : la baisse de l’aide publique au développement, l’endettement croissant des pays africains et l’impact du changement climatique.
Il veut renforcer les partenariats stratégiques. La présence de Rémy Rioux, président de l’Agence française de développement (AFD), illustre cette priorité. Le nouveau dirigeant de la BAD veut aussi donner à l’institution les moyens de bâtir des infrastructures solides capables de résister aux crises futures.
Soutiens politiques et confiance renouvelée
Le président ivoirien Alassane Ouattara, qui a soutenu sa candidature, a reçu de vifs remerciements. De leur côté, les gouverneurs ont confirmé leur confiance en sa vision. « Vous êtes l’homme de la situation », a déclaré Ludovic Gatsé, président du Conseil des gouverneurs.
Avec ce mandat, Sidi Ould Tah BAD entend incarner l’espoir d’une Afrique plus robuste, prospère et mieux intégrée économiquement.
Une matinée de prière s’est transformée en cauchemar à Minneapolis, où un tireur a abattu deux jeunes enfants et blessé 14 autres lors d’une messe scolaire dans l’église Annunciation, semant l’effroi dans une communauté déjà éprouvée par la violence.
Minneapolis, 27 août 2025 — Une fusillade d’une violence inouïe a endeuillé Minneapolis ce mercredi, frappant en plein cœur de l’église Annunciation. Le lieu de culte, qui abrite également une école catholique, a été le théâtre d’une attaque meurtrière alors que des élèves de la maternelle à la 8ᵉ année étaient rassemblés pour la messe de rentrée.
Minneapolis : Un assaillant mystérieux s’en prend à des enfants
Peu avant 8 h 30, un homme armé a ouvert le feu à travers les fenêtres de l’église, ciblant délibérément les enfants. Le bilan est lourd : deux élèves, âgés de 8 et 10 ans, ont perdu la vie, tandis que 17 autres personnes, dont 14 enfants, ont été blessées. Deux des victimes se trouvent toujours dans un état critique, a précisé le chef de la police de Minneapolis, Brian O’Hara. L’assaillant, Robin Westman dans la jeune vingtaine sans antécédents criminels significatifs, s’est donné la mort d’une balle dans le stationnement de l’église, mettant ainsi fin à l’attaque.
En effet, l’homme, vêtu de noir et armé d’un fusil, d’un pistolet et d’un fusil de chasse, aurait barricadé deux portes avec des planches de bois avant de tirer des dizaines de coups à travers les vitraux. « La cruauté et la lâcheté d’ouvrir le feu sur une église remplie d’enfants sont absolument inconcevables », a déclaré O’Hara, la voix empreinte d’émotion. Pour l’heure, les autorités n’ont pas encore déterminé le mobile de l’attaque, mais le FBI et le Bureau de l’alcool, du tabac, des armes à feu et des explosifs (ATF) analysent actuellement des indices, dont un possible engin fumigène retrouvé dans la voiture du tireur.
Le ballet des secours et la douleur d’une ville
Face à l’ampleur du drame, la réponse des secours a été immédiate. Plus de 65 unités de police, soutenues par le FBI, l’ATF et la patrouille d’État du Minnesota, ont convergé vers le lieu de la tragédie. Au total, onze victimes, dont neuf enfants, ont été transportées au Hennepin County Medical Center. Quatre d’entre elles ont même nécessité une intervention chirurgicale d’urgence. L’hôpital pédiatrique Children’s Minnesota a admis six autres enfants. En outre , le Dr Thomas Wyatt, chef du service des urgences de Hennepin Healthcare, a affirmé qu’il n’y a eu aucun décès supplémentaire parmi les blessés hospitalisés.
La douleur de la communauté s’est manifestée dans les mots des officiels. Le maire Jacob Frey a dénoncé un « acte indicible » et a appelé à une solidarité collective, insistant : « Ne considérez pas ces enfants comme ceux des autres. Ce sont les nôtres. » De son côté, le gouverneur du Minnesota, Tim Walz, a qualifié l’événement de « violence atroce ». Le président Donald Trump, informé de la tragédie, a exprimé ses condoléances sur Truth Social, assurant que la Maison-Blanche suivait la situation de près.
Témoignages poignants et statistiques glaçantes
L’attaque de l’église Annunciation s’inscrit dans un contexte de violence particulièrement alarmant à Minneapolis. En effet, la ville a déploré trois autres incidents armés qui ont fait cinq morts et 25 blessés en 24 heures. Mardi, une fusillade en plein jour a tué une personne et en a blessé six. De plus, deux autres homicides par arme à feu se sont produits dans la nuit.
Le chef de police O’Hara a déploré : « Le niveau de violence armée dans les dernières 24 heures est profondément troublant. »
Cette tragédie a également donné lieu à des témoignages bouleversants. Zuheir Safe, le grand-père d’une élève blessée, a partagé son désarroi : « Les gens ne devraient pas avoir d’armes. Je veux juste serrer ma petite-fille dans mes bras. » La sénatrice Amy Klobuchar a raconté l’histoire déchirante d’une collégienne qui a vu ses amis être touchés par balles, l’un au cou, l’autre à l’estomac. Bill Bienemann, un résident, a quant à lui affirmé avoir entendu « jusqu’à 50 coups de feu » sur trois à quatre minutes.
Une communauté unie face à l’horreur
Lundi, l’école Annunciation, forte de 400 élèves, a débuté son année scolaire, une année spéciale qui marque son 100ᵉ anniversaire. L’attaque a brisé une tradition annuelle : la messe matinale du mercredi, qui réunissait élèves, enseignants et parents. Le père Erich Rutten, prêtre d’une paroisse voisine, a décrit des parents en pleurs, certains « effondrés au sol » dans l’angoisse et le chagrin. D’ailleurs, la directrice des soins pastoraux de l’école, Helen Corkran, a souligné la réputation chaleureuse et unie de l’établissement.
Minneapolis au milieu du débat sur les armes à feu : L’ouverture vers l’avenir
Alors que Minneapolis pleure ses pertes, cette tragédie ravive un débat national sur la violence armée. L’incident met en lumière les limites des mesures actuelles, même si le Minnesota se classe 14e en termes de rigueur pour ses lois sur les armes. Cette tragédie est la cinquième du genre dans une école américaine depuis le début de l’année 2025. Des organisations comme Moms Demand Action ont appelé à une réforme urgente, tandis que les autorités locales promettent des réponses face à cette vague de violence.
Cependant, la question demeure : cette nouvelle tragédie poussera-t-elle les législateurs à agir, ou le débat restera-t-il, une fois de plus, confiné aux tribunes, laissant les communautés vivre dans la peur d’un prochain drame ?
Dans un acte qui a suscité l’indignation internationale, deux jeunes hommes ont été soumis à une punition brutale de 76 coups de fouet chacun à Banda Aceh, en Indonésie, pour avoir entretenu des relations homosexuelles, une pratique considérée comme une infraction grave dans cette région régie par la charia.
Indonésie, le 27 août 2025 — Hier, mardi, la province d’Aceh — seule région d’Indonésie à appliquer strictement la charia — a de nouveau fait la une des journaux à la suite de la flagellation publique de deux hommes âgés de 20 et 21 ans, reconnus coupables d’homosexualité. L’exécution de la sentence, prononcée par un tribunal islamique, s’est déroulée dans le parc Bustanussalatin de Banda Aceh, où les deux hommes, identifiés comme QH et RA, ont reçu chacun 76 coups de canne en rotin devant une foule de spectateurs, dont certains filmaient la scène.
Initialement condamnés à 80 coups, leur peine a été réduite de quatre coups en raison des quatre mois passés en détention avant le procès, selon Roslina A. Djalil, responsable de l’application des lois de la charia à Banda Aceh.
Une dénonciation citoyenne à l’origine de la sentence
L’affaire a débuté le 16 juin 2025, lorsqu’un riverain a dénoncé les deux hommes après les avoir surpris en train de s’embrasser et de se tenir dans une toilette publique du parc Taman Sari. Alertée, la police de la charia est intervenue et les a arrêtés, les accusant de violer le code pénal islamique de la province, qui interdit les relations entre personnes de même sexe.
Ce code, en vigueur depuis 2015, découle de l’autonomie spéciale accordée à Aceh en 2001 par le gouvernement central indonésien pour mettre fin à une rébellion séparatiste. Contrairement au reste du pays, où les autorités ne criminalisent pas l’homosexualité, celles d’Aceh infligent jusqu’à 100 coups de fouet aux personnes reconnues coupables de tels actes. Elles appliquent également cette peine pour d’autres infractions, telles que l’adultère, la consommation d’alcool ou le jeu.
Une vague de protestations s’élève contre les droits humains en Indonésie
Cette nouvelle flagellation publique, la cinquième pour homosexualité depuis 2015, a provoqué une vague de condamnations de la part des organisations de défense des droits humains. Montse Ferrer, directrice régionale d’Amnesty International, a qualifié cet acte de « cruauté sanctionnée par l’État » et de « violation flagrante des droits humains ».
Selon un rapport de Human Rights Watch, la communauté LGBT d’Aceh vit dans un climat de peur constante, confrontée à des arrestations arbitraires, des surveillances intrusives et des violences. En février 2025, les autorités avaient déjà fouetté deux autres hommes pour des faits similaires. Après l’intrusion de résidents dans leur logement, l’un a reçu 77 coups et l’autre 82.
Un débat national sur la justice et les valeurs
La charia à Aceh, instaurée à la suite d’un accord de paix en 2005, suscite des débats intenses. Si certains habitants soutiennent ces châtiments, les considérant comme un rempart moral, d’autres, comme l’organisation ILGA Asia, dénoncent une instrumentalisation politique des lois religieuses pour cibler les minorités.
Par ailleurs, les autorités locales, de leur côté, défendent ces pratiques, arguant qu’elles visent à protéger les valeurs islamiques dans une province profondément religieuse.
Muhammad Hidayat, chef de la police de la charia, a ainsi affirmé que « l’homosexualité est largement réprouvée car c’est un acte ignoble » dans la région.
Ce même jour, les autorités de Banda Aceh ont sanctionné d’autres infractions. Elles ont fouetté trois femmes et cinq hommes pour des faits d’adultère, de proximité jugée inappropriée avec une personne de sexe opposé, ou de jeux d’argent en ligne. Ces châtiments, souvent exécutés après la prière du vendredi, attirent des foules, bien que les autorités aient parfois tenté de limiter la présence d’enfants pour éviter leur exposition à ces scènes.
En Indonésie, une réflexion est nécessaire sur les modèles de justice
Au-delà des réalités, ce dernier épisode met en lumière les défis persistants auxquels fait face la communauté LGBT à Aceh, où la surveillance citoyenne et les intrusions dans la vie privée sont monnaie courante. Alors que le gouvernement central indonésien, dirigé par le président Joko Widodo, prône une devise de « l’unité dans la diversité », les lois provinciales d’Aceh continuent de susciter des critiques pour leur incompatibilité avec les normes internationales des droits humains.
Mais au-delà de cette contradiction, la question demeure : comment construire des systèmes de justice qui respectent les identités territoriales tout en garantissant la protection des droits humains ? Comment accompagner les évolutions sociales sans nier les héritages culturels ?
Dans un monde en recomposition, où les revendications identitaires se heurtent aux principes universels, la gouvernance juridique devient un enjeu de cohésion, de transmission et de mobilisation collective.
Incendies dévastateurs en Espagne et au Portugal : six morts et des milliers d’hectares ravagés
Péninsule Ibérique, 18 août 2025 — Les flammes continuent d’engloutir l’ouest de la péninsule ibérique, provoquant la mort de six personnes. Des milliers de pompiers, appuyés par des moyens aériens et militaires, luttent sans relâche contre des incendies d’une ampleur sans précédent, attisés par une canicule historique.
Espagne et Portugal : Un bilan humain et écologique dévastateur
L’Espagne et le Portugal font face à une catastrophe écologique et humaine d’une gravité exceptionnelle. En effet, les incendies qui sévissent depuis plus d’une semaine ont déjà coûté la vie à six personnes, dont quatre en Espagne et deux au Portugal. Parmi les victimes, des pompiers et des volontaires ont péri dans des circonstances tragiques, notamment lors d’accidents de la route sur des terrains escarpés. De plus, ces feux, d’une violence rare, ont dévasté des dizaines de milliers d’hectares, principalement dans les régions espagnoles de Galice, de Castille-et-León et d’Estrémadure, ainsi que dans le centre et le nord du Portugal.
Des chiffres records et alarmants
D’après le Système Européen d’Information sur les Incendies de Forêt (EFFIS), un outil de l’observatoire européen Copernicus, les incendies ont réduit en cendres plus de 343 000 hectares en Espagne depuis le début de l’année 2025, un record historique pour le pays. Parallèlement, Au Portugal, les flammes ont consumé près de 185 000 hectares, surpassant déjà la superficie totale brûlée en 2024. Ces chiffres, en constante augmentation, témoignent de l’ampleur de la crise, aggravée par une sécheresse persistante et des températures extrêmes dépassant les 44 °C dans certaines zones.
Espagne et Portugal : une mobilisation internationale pour contenir le brasier
Face à cette situation critique, les autorités ont mobilisé des milliers de pompiers, soutenus par des unités militaires, des hélicoptères et des avions de plusieurs pays européens et du Maroc, afin de contenir les flammes. En Espagne, 23 incendies de niveau 2, qualifiés de menace grave pour les populations, sont toujours actifs, selon les autorités. Des évacuations massives ont été ordonnées, touchant des milliers d’habitants, notamment dans les provinces de Salamanque et d’Ourense. Au Portugal, le foyer d’Arganil mobilise à lui seul la moitié des 2 000 pompiers déployés sur le terrain.
Espagne et Portugal : Des mesures exceptionnelles et un mince espoir
En conséquence de cette urgence, les gouvernements espagnol et portugais ont activé le Mécanisme de Protection civile de l’Union européenne, permettant l’arrivée de renforts aériens, notamment des Canadair suédois et marocains. Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a annoncé hier un « pacte national » pour répondre à l’urgence climatique, soulignant l’ampleur inédite de cette mobilisation, qualifiée de « plus grande opération de protection civile en Europe ». Pendant ce temps, Au Portugal, le gouvernement a prolongé jusqu’à mardi des mesures exceptionnelles, comme l’interdiction d’accès à certaines zones forestières.
Néanmoins, un léger espoir émerge : selon l’Agence météorologique espagnole (Aemet), la vague de chaleur, qui a alimenté ces incendies pendant plus de deux semaines, devrait prendre fin ce lundi. Les températures, qui ont atteint 45 °C dans le sud de l’Espagne, commencent à baisser, offrant un possible répit aux équipes sur le terrain. Toutefois, la ministre espagnole de la Défense, Margarita Robles, a souligné la complexité des interventions, entravées par une épaisse fumée visible depuis l’espace.
Les experts pointent du doigt le changement climatique comme principal responsable de l’intensification de ces catastrophes. En effet, les vagues de chaleur, de plus en plus fréquentes et intenses, combinées à une sécheresse prolongée, créent des conditions propices à des incendies incontrôlables. Alors que la péninsule Ibérique lutte pour reprendre le contrôle, d’autres régions d’Europe, comme les Balkans et la Turquie, ont vu une amélioration grâce à des pluies récentes, mais le spectre de nouveaux feux reste omniprésent.
La bataille n’est pas finie et l’avenir en question.
En conclusion, si la fin de la canicule offre une lueur d’espoir, la bataille contre les flammes est loin d’être terminée. Les autorités appellent à la vigilance, tandis que les populations locales, marquées par les pertes humaines et matérielles, attendent des mesures concrètes pour prévenir de telles tragédies à l’avenir. Face à la répétition de ces événements dévastateurs, une question se pose : quelles actions concrètes et durables les gouvernements européens vont-ils mettre en place pour s’adapter à ces nouvelles réalités climatiques et protéger efficacement leurs citoyens ?
C’est désormais officiel. Le président ivoirien Alassane Ouattara a annoncé, ce mardi 29 juillet 2025, sa candidature à l’élection présidentielle prévue pour le 25 octobre prochain. C’est à travers un message télévisé que le chef de l’État a mis fin au suspense : « Après mûres réflexions, et en toute conscience, je vous annonce aujourd’hui que j’ai décidé d’être candidat à l’élection présidentielle du 25 octobre 2025. »
Une décision justifiée par des défis sécuritaires et économiques
Le président sortant justifie sa décision par la gravité des défis que traverse la Côte d’Ivoire : menace terroriste, incertitudes économiques, instabilité monétaire. Il affirme que « la gestion de ces enjeux exige de l’expérience » et que sa santé lui permet d’assumer un nouveau mandat. « Je veux que notre chère Côte d’Ivoire continue de demeurer un pays prospère, en paix et en sécurité », a-t-il martelé, promettant une transition générationnelle après ce mandat.
Ce nouveau cycle serait, selon lui, au service de la stabilité et de l’unité nationale. Il reconnaît toutefois que cette décision va à l’encontre de ses engagements antérieurs : « Le devoir peut parfois transcender la parole donnée de bonne foi. »
Vers un quatrième mandat controversé
Désigné fin juin candidat du RHDP, Alassane Ouattara, élu en 2010, 2015 et 2020, brigue ainsi un quatrième mandat, une décision que l’opposition juge anti-constitutionnelle. Le débat autour de la légalité et de la légitimité de sa candidature risque d’animer une campagne déjà sous haute tension.
À trois mois du scrutin, cette déclaration de candidature relance les spéculations sur la stabilité politique du pays et laisse présager une présidentielle sous haute surveillance nationale et internationale.
La justice espagnole a tranché. L’ancien entraîneur du Real Madrid, Carlo Ancelotti, a été condamné pour fraude fiscale à un an de prison avec sursis par un tribunal de Madrid, pour des faits remontant à 2014.
Droits d’image et montages financiers en cause
Les procureurs espagnols accusaient l’entraîneur italien d’avoir dissimulé plus d’un million d’euros de revenus liés à ses droits d’image, en utilisant un système de sociétés écrans pendant son premier passage sur le banc du Real Madrid entre 2014 et 2015. Ils avaient requis quatre ans et neuf mois de prison contre lui.
Lors de son procès en avril, Carlo Ancelotti a nié toute intention de fraude, assurant qu’il n’avait pas conscience que le mécanisme mis en place pouvait constituer une évasion fiscale.
Une peine symbolique, mais une condamnation officielle
Le tribunal madrilène a jugé Ancelotti coupable pour l’année fiscale 2014, le condamnant à un an de prison et à une amende de 386 361 euros. Toutefois, aucune peine de prison ne sera purgée, la sentence étant inférieure à deux ans et l’entraîneur ne disposant d’aucun antécédent judiciaire.
Il a en revanche été blanchi pour l’année 2015, le tribunal estimant qu’il n’y avait pas assez de preuves pour retenir une fraude sur cet exercice.
Même si Carlo Ancelotti condamné pour fraude fiscale ne connaîtra pas l’incarcération, cette affaire ternit quelque peu l’image du technicien, pourtant l’un des plus respectés du football mondial. Un rappel que la célébrité ne met pas à l’abri des exigences fiscales.
Ce vendredi 20 et samedi 21 juin 2025, Abuja devient le théâtre d’un sommet économique régional d’envergure. Porté par le Nigeria et non par la Cédéao, cet événement inédit marque une volonté claire de redéfinir les dynamiques commerciales et d’investissement dans la région. Le président Bola Ahmed Tinubu, hôte du sommet, concrétise ainsi la promesse faite en 2023 à Bissau : offrir à l’Afrique de l’Ouest une plateforme stratégique dédiée aux échanges régionaux.
Un sommet économique tourné vers l’intégration continentale
Aligné sur les objectifs de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), le sommet réunit chefs d’État, ministres, investisseurs privés et institutions de développement. Des délégations du Burkina Faso, du Mali et du Niger – bien que sortis de la Cédéao – ont également été conviées, marquant une dernière tentative de réconciliation régionale avant la fin du mandat de Tinubu à la tête de la conférence des chefs d’État de l’organisation, le 22 juin.
Abuja, nouveau hub pour les PME et startups africaines
Au-delà des tables rondes présidentielles et des panels d’experts, le cœur du sommet battra au rythme de centaines de PME et startups africaines. Objectif : favoriser les connexions locales et catalyser une nouvelle dynamique économique. Le ministre nigérian des Affaires étrangères, Yusuf Maitama Tuggar, affirme vouloir créer non pas un « Davos africain », mais une plateforme d’inspiration locale et panafricaine.
Avec ce sommet économique, Abuja s’affirme comme une capitale prête à porter une ambition africaine, en misant sur la collaboration, l’innovation et l’intégration régionale.
Alors que la guerre Israël Iran suscite des tensions croissantes à l’échelle mondiale, la Guinée a clarifié sa position diplomatique. Ce vendredi 20 juin 2025, le ministre des Affaires étrangères, Dr Morissanda Kouyaté, a rappelé que Conakry reste neutre face à ce conflit.
« La Guinée ne se positionne pas vis-à-vis d’un conflit ou d’un autre conflit. Nous ne prenons pas », a-t-il affirmé au micro de Guinee360. Il a ajouté que la diplomatie guinéenne ne varie pas selon les événements. Elle reste fidèle à une ligne stable.
Selon lui, cette politique est fixée par le président de la transition, le général Mamadi Doumbouya. Elle repose sur deux piliers : la paix et la sécurité. « Cela ne change pas », a insisté le ministre.
Toutefois, le pays ne reste pas inactif. Dr Kouyaté a souligné que la Guinée reste engagée pour la paix mondiale. Elle participera à toute initiative visant à éteindre les foyers de tension, y compris dans le cadre de la guerre Israël Iran.
« Tout ce qui va dans le sens de l’apaisement, la Guinée y prendra part. Mais nous ne suivrons pas la logique des événements », a-t-il précisé.
Ainsi, la Guinée se démarque par une posture constante et équilibrée. Elle refuse d’être entraînée dans les rivalités géopolitiques tout en soutenant les efforts pour un monde plus pacifique.
Sa position dans le contexte de la guerre Israël Iran reflète une volonté de contribuer à la stabilité sans s’aligner sur des camps opposés.
Le Burkina Faso franchit une étape décisive dans sa politique énergétique. Ce jeudi 19 juin 2025, un accord burkina faso rosatom 2025 a été signé avec la Russie, en marge du Forum économique international de Saint-Pétersbourg (SPIEF 2025). L’objectif : développer l’énergie nucléaire à des fins pacifiques.
Le ministre de l’Énergie, Yacouba Zabré Gouba, et le directeur général de Rosatom, Alexei Likhachev, ont paraphé l’accord. Cette signature marque une nouvelle ère de coopération intergouvernementale dans le secteur énergétique.
Un partenariat stratégique dans le nucléaire civil
Cet accord burkina faso rosatom 2025 prévoit :
la construction de centrales nucléaires et de réacteurs de recherche ;
la fourniture et gestion du combustible nucléaire ;
la formation technique des ingénieurs burkinabè ;
des études d’infrastructure et une sensibilisation à l’usage pacifique de l’énergie atomique.
Il s’appuie sur une collaboration initiée en 2023, avec déjà des échanges sur la formation des ressources humaines et l’évaluation des besoins énergétiques.
Vers l’indépendance énergétique du burkina
Grâce à ce partenariat, Ouagadougou ambitionne de diversifier ses sources d’énergie et de réduire sa dépendance aux importations. Le développement du nucléaire civil est perçu comme un levier de croissance économique durable, capable de stabiliser l’approvisionnement énergétique du pays.
En soutenant la recherche, la formation et la construction d’infrastructures modernes, cet accord s’inscrit dans une vision à long terme. Il contribue également à renforcer la coopération internationale et positionne le Burkina Faso comme un acteur responsable dans le domaine nucléaire.
Alors que les tensions entre les États-Unis, l’Iran et Israël atteignent un nouveau sommet, le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a brisé le silence ce mercredi 18 juin 2025 dans une allocution télévisée à la nation.
Réagissant directement à l’appel du président américain Donald Trump, qui exigeait une « reddition sans condition » de l’Iran, Khamenei a été catégorique :
« L’Iran ne se rendra jamais sous la pression. Toute intervention militaire américaine coûtera sans aucun doute aux Américains des dommages irréparables », a-t-il lancé, dans une mise en garde au ton ferme et solennel.
Le chef de la Révolution islamique a condamné « le langage des menaces » employé par l’Occident, en affirmant que « les gens intelligents qui connaissent l’histoire et la dignité de l’Iran ne parlent pas ainsi à cette nation ». Il a insisté sur la détermination du peuple iranien à défendre sa souveraineté, même au prix du sang.
Israël également visé
Khamenei n’a pas épargné Israël, accusé d’avoir « commis une grave erreur » en attaquant l’Iran ces derniers jours.
« Le peuple n’oubliera ni le sang des martyrs ni l’attaque contre notre territoire. Israël paiera le prix fort. »
Ces propos, relayés par l’agence Fars, interviennent alors que des rumeurs d’intervention militaire américaine circulent, accompagnées de menaces d’assassinat du guide suprême iranien par des sources proches de Washington.
Une escalade sans précédent
Ce discours dramatique marque une nouvelle escalade dans la crise géopolitique qui secoue la région. Tandis que les États-Unis multiplient les démonstrations de force, Téhéran campe sur une position de fermeté. L’avenir s’assombrit à mesure que les acteurs majeurs du conflit s’enfoncent dans une logique de confrontation directe, avec un risque de guerre à grande échelle.