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Réveil des Symboles : La Guinée redonne un sens à son identité

Conakry. – Ils flottent sur les bâtiments publics, ornent les documents officiels, résonnent lors des cérémonies. Pourtant, leur signification profonde s’est…

Journal de Conakry

Conakry. – Ils flottent sur les bâtiments publics, ornent les documents officiels, résonnent lors des cérémonies. Pourtant, leur signification profonde s’est peu à peu érodée, comme un patrimoine oublié. Ce lundi, les Journées des Sceaux s’ouvrent dans la capitale guinéenne avec une ambition : réveiller la mémoire collective et redonner toute sa vigueur à l’identité nationale.

Sous l’impulsion du Garde des Sceaux, Yaya Karaiba Kaba, cette rencontre rassemble magistrats, juristes et universitaires autour d’une mission aussi simple qu’essentielle : expliquer, incarner et célébrer les symboles qui fondent la République. Le drapeau, les armoiries, la devise et l’hymne ne sont pas de vaines icônes. Ils sont le souffle d’une nation.

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Un constat sans appel : la méconnaissance

À quelques heures du lancement officiel, Yaya Karaiba Kaba dresse un constat sans fard. La méconnaissance des symboles nationaux est préoccupante. « La technique de porter nos couleurs doit être enseignée à tout le monde et doit être respectée par tout le monde », souligne-t-il, d’une voix qui porte la conviction bien au-delà des salles de conférence.

Il poursuit, pédagogue et ferme : « Quand vous prenez notre emblème, la signification n’est pas maîtrisée par tous. Notre devise, qui comporte trois mots clés – Travail, Justice, Solidarité –, peu de Guinéens pourront vous en donner la signification exacte. Ces termes ne sont pas choisis au hasard. Chaque couleur a son histoire, son message. Ce n’est pas un fait de hasard. »

Une souveraineté qui se décline en couleurs et en valeurs

L’enjeu dépasse la simple leçon de civisme. Il touche à la souveraineté elle-même. « Les symboles nationaux constituent un patrimoine immatériel qui ne peut faire l’objet de cessions, d’hypothèques ou de gages », insiste le ministre. Ils sont ce qui, sur la scène internationale, distingue et affirme la Guinée. Ils racontent son histoire, portent ses aspirations et scellent son unité.

Cette initiative n’est pas isolée. Elle s’inscrit dans un mouvement plus large de retour aux fondamentaux républicains. Début novembre, Yaya Karaiba Kaba a officiellement remis au président Mamadi Doumbouya le Sceau officiel de la République, un geste solennel qui acte la volonté de renouer avec les emblèmes de l’État.

Éduquer pour mieux rassembler

Les Journées des Sceaux ne s’adressent pas qu’aux élites. Elles visent toutes les couches de la population, des écoliers aux fonctionnaires, des citoyens des villes à ceux des campagnes. Il s’agit de reconstruire, patiemment, un lien intime entre le peuple et les signes qui le représentent.

Car un drapeau n’est pas qu’un tissu. Une devise n’est pas qu’une formule. Ils sont le miroir d’une nation qui se regarde et se reconnaît. En expliquant le rouge, le vert et le jaune du drapeau, en décryptant le sens du travail, de la justice et de la solidarité, la Guinée ne célèbre pas seulement son passé. Elle prépare son avenir.

Ces journées sont bien plus qu’un colloque : une reconquête symbolique, une invitation à se réapproprier ce qui, au fond, n’a jamais cessé d’appartenir à tous.

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