Le Premier ministre guinéen a présenté devant le Conseil national de la transition une feuille de route économique ambitieuse. Portée par un programme d’investissements de 330 milliards de dollars, elle vise une transformation structurelle du pays à l’horizon 2040.
Devant le Conseil national de la transition (CNT), le Premier ministre Amadou Oury Bah a dévoilé une stratégie économique d’envergure, fondée sur un programme d’investissements estimé à 330 milliards de dollars sur la période 2026-2040. Cette feuille de route entend soutenir 68 mégaprojets structurants et impulser une transformation profonde de l’économie guinéenne.
Une première phase prioritaire, couvrant la période 2026-2030, prévoit la mobilisation de 75 milliards de dollars, dont 20 milliards sont déjà engagés. À terme, les autorités ambitionnent de porter le produit intérieur brut (PIB) à 152 milliards de dollars d’ici 2040, contre environ 35 milliards actuellement.
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Les infrastructures, les transports et les technologies constituent le principal axe d’investissement, avec une enveloppe globale de 100 milliards de dollars. Le gouvernement projette notamment la construction de 2 900 kilomètres d’autoroutes, 2 500 kilomètres de voies ferrées et 5 500 kilomètres de routes d’ici 2030, afin de renforcer la connectivité du territoire et soutenir les échanges économiques.
Sur le plan numérique, l’exécutif vise une couverture de 95 % du territoire à l’horizon 2040, traduisant une volonté d’intégration accrue aux dynamiques économiques mondiales. Le secteur agricole, doté de 65 milliards de dollars, figure également parmi les priorités. Trente-deux mégaprojets sont annoncés, avec notamment l’aménagement de 10 000 kilomètres de pistes rurales et la relance des unités de transformation locale, dont les rizeries.
Dans ce cadre, près de 298,5 milliards de francs guinéens ont déjà été mobilisés à travers le Fonds de développement agricole (FODA) et le Programme de développement agricole et de commercialisation en Guinée (PDACG), afin de soutenir les producteurs.
Le capital humain occupe une place centrale dans cette stratégie. L’éducation et la culture bénéficieront d’une enveloppe de 40 milliards de dollars. Un mécanisme innovant prévoit l’affectation de 20 % des recettes de la Compagnie du TransGuinéen (CTG) et de 5 % des revenus miniers au financement du secteur éducatif.
Par ailleurs, la bourse d’entretien des étudiants a été revalorisée à 500 000 francs guinéens, contre 100 000 francs auparavant, dans une logique de renforcement des compétences nationales. Le secteur de la santé recevra, quant à lui, 30 milliards de dollars. Les investissements porteront sur la construction d’infrastructures sanitaires, notamment des centres spécialisés, ainsi que sur le renforcement de l’assurance maladie pour élargir l’accès aux soins.
En matière économique, une enveloppe de 1,5 milliard de dollars est dédiée au soutien du secteur privé et des PME. Des conventions de financement ont déjà été conclues, notamment avec Ecobank et la Banque nationale d’investissement de Guinée (BNIG), pour accompagner les entreprises.
Le gouvernement entend également accélérer la transition énergétique, en misant sur le solaire pour réduire la dépendance aux hydrocarbures. Plus de 300 localités ont déjà été électrifiées dans le cadre de ce programme, avec une extension progressive prévue.
Pour financer l’ensemble de ces projets, les autorités misent sur une combinaison de ressources : 32 % proviendraient du budget national, 38 % du secteur privé, 19 % des fonds souverains et 11 % des partenaires techniques et financiers.
À travers cette feuille de route, l’exécutif affiche sa volonté de restructurer durablement l’économie guinéenne, en s’appuyant notamment sur le programme Simandou. La réussite de cette ambition dépendra toutefois de la mobilisation effective des financements et de la capacité à conduire efficacement les réformes annoncées.




