Guinée : près de 920 millions de francs guinéens de chichas et produits dérivés saisis

La lutte contre l’importation et la commercialisation de la chicha se poursuit en Guinée. Mardi 27 octobre 2026, les Services…

La lutte contre l’importation et la commercialisation de la chicha se poursuit en Guinée. Mardi 27 octobre 2026, les Services spéciaux ont présenté une importante saisie de chichas, de tabac à chicha et de charbon, dont la valeur totale est estimée à près de 920 millions de francs guinéens. Les autorités s’inquiètent également de la consommation de ces produits par des adolescents, certains âgés de seulement 14 ans.

Au total, les opérations ont permis de saisir 442 cartons de chichas, 142 cartons de tabac à chicha et 178 cartons de charbon. La valeur estimée de l’ensemble des marchandises s’élève à 919 990 903,44 francs guinéens.

Face à la presse, le commissaire principal de police Aboubacar Sampil, relevant de la Direction centrale de lutte contre le crime organisé des Services spéciaux, a présenté le bilan de cette opération. Menée sur réquisition du procureur général, elle a été transmise aux unités opérationnelles par le secrétaire général à la présidence chargé des Services spéciaux.

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Pour les autorités guinéennes, ces saisies s’inscrivent dans une offensive contre la circulation et la consommation de la chicha, considérées comme une préoccupation de santé publique, notamment en raison de leur progression chez les jeunes.

Le commissaire principal a expliqué le fonctionnement de la chicha, un dispositif qui permet d’inhaler de la fumée issue d’un mélange de tabac, d’arômes, de mélasse et d’autres composants chauffés au charbon. Il a justifié la fermeté des autorités par les risques sanitaires associés à cette pratique. « Tout simplement, c’est au regard de sa dangerosité pour la santé publique », a-t-il déclaré.

Selon Aboubacar Sampil, les consommateurs peuvent être exposés à différentes substances nocives, notamment la nicotine, le goudron et le monoxyde de carbone. Il a également évoqué les risques de dépendance, de maladies respiratoires et cardiovasculaires ainsi que de certains cancers. Le partage d’un même tuyau entre plusieurs personnes peut, par ailleurs, favoriser la transmission de certaines infections.

Le responsable policier a toutefois rappelé que les dangers sanitaires ne concernent pas uniquement la chicha. « La cigarette, elle est également cancérigène. La cigarette, elle est également nocive pour la santé », a-t-il insisté.

Les opérations ont notamment été menées à Dixinn, à la Camayenne et à Kénien, ainsi que dans d’autres secteurs de Conakry. Plusieurs personnes ont été interpellées puis déférées devant les juridictions compétentes. Leur nombre exact n’a toutefois pas été communiqué. D’après Aboubacar Sampil, différents services de sécurité, dont les commissariats centraux et les unités chargées du maintien de l’ordre, participent à cette lutte.

Malgré les saisies réalisées, les autorités reconnaissent que le phénomène persiste. Le commissaire principal estime néanmoins que les opérations ont permis des avancées importantes dans la capitale. « Pour le cas spécifique de Conakry, qui était envahi par cette mauvaise substance, nous pouvons dire que la lutte est menée à 80 % », a-t-il affirmé, tout en appelant à poursuivre les efforts : « Ce n’est pas encore gagné, il faut continuer de façon constante, sans relâche ».

Les mineurs, au cœur des préoccupations

Au-delà de la répression, les Services spéciaux entendent intensifier les actions de sensibilisation, particulièrement auprès des familles. La présence de mineurs parmi les consommateurs constitue l’un des principaux motifs d’inquiétude des autorités.

« Le constat amer est que, parmi les consommateurs aujourd’hui, nous remarquons des mineurs de 14 ans, ce qui est très dangereux », a déclaré Aboubacar Sampil.

Face à cette situation, il appelle les parents à renforcer leur vigilance et à sensibiliser leurs enfants aux risques liés à la consommation de la chicha. Pour les Services spéciaux, les saisies et les interpellations doivent donc s’accompagner d’un travail de prévention. Les autorités comptent notamment sur l’implication des familles pour freiner la consommation de ces produits, en particulier chez les plus jeunes.

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