Guinée : les députés réclament des éclaircissements sur le fonctionnement de la CRIEF

La gestion des fonds publics et le fonctionnement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) ont…

La gestion des fonds publics et le fonctionnement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) ont animé les débats à l’Assemblée nationale guinéenne. Lors de la séance plénière consacrée à la présentation du projet de loi de finances rectificative (PLFR), le samedi 24 octobre 2026, des députés ont demandé que cette juridiction spéciale puisse venir s’expliquer devant les élus, notamment sur son budget et la gestion des ressources publiques qui lui sont allouées.

À l’origine de cette interpellation, le député Salimou Fofana a d’abord relevé l’absence de la Primature et de la Présidence de la République dans le chronogramme présenté par la commission des Finances. « Sur le chronogramme présenté par la commission Finances, je vois tous les ministères, je ne vois pas la primature et la présidence. Pourquoi ? », a-t-il interrogé.

Le parlementaire a ensuite soulevé la question de la CRIEF, estimant que son fonctionnement méritait un examen plus approfondi de la part des députés. Il a notamment souhaité obtenir des informations sur le nombre de personnes arrêtées dans le cadre des procédures suivies par la juridiction, les sommes récupérées et les modalités de gestion de ces fonds.

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« Vu que c’est une cour spéciale, on doit savoir comment ça marche ? Combien de personnes ont été arrêtées ? Combien est entré dans la caisse et comment c’est géré », a-t-il déclaré.

La Primature et la Présidence : des absences expliquées

Face à ces préoccupations, Hamidou Camara, président de la commission des Affaires économiques, financières, du Plan et de la Coopération, a apporté des précisions sur le calendrier des auditions. Il a indiqué que la Primature avait répondu aux invitations lors des précédents exercices, mais qu’elle n’avait pas encore été reçue dans le cadre des travaux en cours.

« C’est la première fois que nous n’avons pas reçu la Primature parce que nous pensons qu’on va les recevoir dans les jours à venir. Chaque fois qu’on a invité la Primature, elle a répondu », a-t-il expliqué.

Concernant la Présidence de la République, Hamidou Camara a justifié son absence du calendrier par la nature des sujets examinés. Selon lui, les questions budgétaires abordées par la commission ne nécessitaient pas nécessairement une audition distincte de la Présidence, la Primature étant jugée suffisamment outillée pour répondre aux préoccupations des députés sur les orientations des politiques sectorielles.

Une éventuelle audition de la CRIEF reste possible

Sur la demande visant la juridiction financière, le président de la commission a rappelé que la CRIEF relevait du ministère de la Justice et que celui-ci devait être entendu par la commission des Lois. Il a néanmoins indiqué qu’une audition spécifique de la Cour pouvait être envisagée si les parlementaires souhaitaient approfondir les questions relatives à son budget et à ses orientations.

Il a précisé que le secrétaire général de l’Assemblée nationale pourrait lui adresser un courrier si le président de la commission des Lois et les autres membres en faisaient la demande.

« Je pense que la CRIEF n’aura aucun problème à venir devant les députés pour expliquer leurs politiques sectorielles », a affirmé Hamidou Camara.

La possibilité d’une audition reste donc ouverte, sous réserve d’une démarche formelle de la commission des Lois. Une telle rencontre permettrait aux députés d’interroger directement la juridiction sur son fonctionnement, les ressources publiques dont elle bénéficie et les modalités de gestion de son budget.

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