Guinée : l’opération anti-orpaillage à Siguiri provoque des mouvements de ressortissants étrangers

L’offensive engagée par les autorités guinéennes contre l’orpaillage clandestin dans la région de Siguiri dépasse désormais le cadre de la…

L’offensive engagée par les autorités guinéennes contre l’orpaillage clandestin dans la région de Siguiri dépasse désormais le cadre de la lutte contre l’exploitation minière illégale. Alors que les opérations de sécurisation se poursuivent sur les sites aurifères, plusieurs ressortissants étrangers, dont des Burkinabè, ont quitté la localité en direction du Mali. Face à ces mouvements de population, Bamako annonce des mesures d’accueil tandis qu’Ouagadougou prépare l’assistance et le retour de ses ressortissants.

À Siguiri, les autorités guinéennes affichent leur volonté de reprendre le contrôle des activités minières artisanales. Cette décision intervient après plusieurs missions d’inspection qui ont mis en évidence les conséquences environnementales de l’exploitation anarchique de l’or : destruction de terres agricoles, pollution des cours d’eau et utilisation de substances chimiques dangereuses.

Dans un communiqué, le gouvernement a annoncé l’interdiction totale de l’exploitation anarchique de l’or dans la région administrative de Siguiri. Les inspections menées ces derniers mois ont révélé, selon l’exécutif, une « dégradation alarmante de l’environnement » imputable à des opérateurs artisanaux ne respectant pas la réglementation en vigueur.

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Pour faire appliquer cette décision, les autorités ont mis en place un dispositif permanent de surveillance et de contrôle. Celui-ci mobilise les forces armées, la gendarmerie nationale, la police nationale, les Douanes ainsi que les conservateurs de la nature.

Au-delà de la fermeture des sites concernés, les opérations comprennent également des contrôles d’identité et des vérifications de la régularité du séjour des personnes présentes dans les zones d’exploitation.

La riposte de Conakry prend aussi une dimension administrative. Dans un décret publié mardi 3 novembre, le chef de l’État a prononcé la radiation de 22 administrateurs territoriaux des effectifs de la fonction publique et des forces de défense et de sécurité. Parmi les personnes concernées figure Fayimba Mara, présenté comme gouverneur par intérim.

Les motifs avancés dans le décret font notamment état de leur implication présumée dans la facilitation d’activités d’orpaillage clandestin et d’exploitation artisanale ou semi-artisanale de l’or dans la région administrative de Siguiri.

Sur le terrain, les forces de défense et de sécurité ont déjà procédé à la fermeture de plusieurs sites. Ces interventions ont entraîné le départ de ressortissants étrangers, parmi lesquels des Burkinabè présentés comme étant en situation irrégulière, qui prennent la direction du territoire malien.

Bamako mobilise ses services face à l’afflux de ressortissants étrangers

L’arrivée de ces personnes préoccupe les autorités maliennes. Face à l’afflux de ressortissants de différentes nationalités à la frontière avec la Guinée, le gouvernement a convoqué une réunion d’urgence au ministère de la Sécurité et de la Protection civile.

À l’issue de cette rencontre, le Centre de coordination et de gestion des crises (CECOGEC) a fait état d’un mouvement important de personnes en provenance de la Guinée et se dirigeant vers le district de Bamako.

Dans son communiqué, l’organisme établit un lien direct entre cet afflux et les mesures prises par Conakry pour mettre un terme à l’exploitation minière illégale. Il indique que les autorités maliennes ont déjà engagé des dispositions pour organiser l’accueil des personnes concernées.

Bamako prévoit notamment de leur assurer une prise en charge dans des conditions appropriées, avant de faciliter leur acheminement vers leurs pays d’origine respectifs. Le gouvernement malien réaffirme également son engagement à leur apporter l’assistance nécessaire et à manifester la solidarité nationale face aux difficultés rencontrées.

Ouagadougou prépare le retour de ses ressortissants

Au Burkina Faso, les autorités suivent également l’évolution de la situation. Le gouvernement a engagé des démarches pour accompagner les ressortissants burkinabè concernés par les opérations menées dans les zones minières guinéennes.

Selon l’Agence d’information du Burkina (AIB), plusieurs milliers de compatriotes ayant travaillé sur des sites d’exploitation artisanale de l’or en Guinée sont concernés par les mesures de retour annoncées par Ouagadougou. L’agence indique que le gouvernement entend organiser leur retour dans « la dignité et la décence ».

Dans cette perspective, une délégation gouvernementale doit se rendre au Mali ce mercredi 4 novembre 2026. Elle aura pour mission d’apporter une assistance aux ressortissants burkinabè confrontés à des difficultés après leur départ de Guinée.

Les autorités burkinabè ont, par ailleurs, appelé les populations au calme et à la retenue. Elles les invitent à ne pas céder aux manipulations et à la désinformation, alors que la situation suscite de nombreuses réactions.

Conakry assure que les opérations respecteront les droits humains

De son côté, le gouvernement guinéen défend le cadre légal de son intervention. Dans son communiqué, il met notamment en garde contre la diffusion, sur les réseaux sociaux, d’images et de vidéos qu’il considère comme subversives et susceptibles de provoquer la panique ou de discréditer les opérations en cours.

L’exécutif assure que les interventions seront conduites conformément aux lois et règlements de la République de Guinée, avec rigueur et professionnalisme.

Il affirme également que toutes les dispositions nécessaires seront prises pour préserver la libre circulation des personnes et de leurs biens. Les forces de défense et de sécurité sont, en outre, appelées à mener leurs missions dans le strict respect des droits humains.

Initialement engagée pour mettre fin à l’orpaillage clandestin et limiter ses conséquences sur l’environnement dans la région de Siguiri, l’opération guinéenne prend ainsi une dimension transfrontalière. Les mouvements de ressortissants étrangers vers le Mali, les mesures d’accueil annoncées par Bamako et les préparatifs de retour engagés par Ouagadougou illustrent désormais les répercussions régionales de cette intervention.

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