La Guinée fait face à plusieurs procédures internationales après le retrait de permis miniers. Des entreprises étrangères réclament des milliards de dollars.
La Guinée traverse une phase sensible, marquée par une série de différends portés devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), une institution rattachée à la Banque mondiale. Ces contentieux font suite au retrait unilatéral de plusieurs permis miniers par les autorités, dans le cadre d’une réforme du secteur extractif.
L’origine de cette situation remonte à mai 2025, lorsque le président Mamadi Doumbouya a procédé, par décret, à l’annulation de licences détenues par plusieurs sociétés minières. Dans ce contexte, la société canadienne Falcon Energy Materials a saisi le CIRDI. Elle accuse l’État guinéen d’avoir procédé à une expropriation illégale de son projet de graphite situé à Lola.
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Dans un communiqué publié le 16 mars 2026, l’entreprise estime son préjudice à 100 millions de dollars. Elle indique avoir tenté, sans succès, d’ouvrir des discussions à l’amiable avec les autorités guinéennes.
Dans le même temps, la société émiratie Axis Minerals, présente en Guinée depuis plus de dix ans, a également engagé une procédure devant le CIRDI. Elle réclame près de 29 milliards de dollars après l’annulation de son permis d’exploitation de bauxite à Boffa.
Selon l’entreprise, cette décision a entraîné l’arrêt immédiat de ses activités, le blocage de ses comptes ainsi qu’une atteinte à ses droits. Sa maison mère, Axis International Ltd, évalue le préjudice à environ 29 milliards de dollars, faisant de cette plainte l’une des plus importantes jamais introduites devant le CIRDI.
Ces différentes affaires s’inscrivent dans une volonté affichée de l’État guinéen de reprendre le contrôle de ses ressources naturelles et de restructurer le secteur minier.
Toutefois, ces litiges, portant sur des montants considérables, pourraient affecter l’image du pays à l’international. Ils interviennent à un moment où Conakry cherche à renforcer son attractivité auprès des investisseurs tout en promouvant une gestion plus équitable de ses richesses.




