Vendredi 21 novembre 2025, la Primature de Conakry était le théâtre d’une conférence de presse dense, où le Premier ministre Bah Oury a abordé plusieurs enjeux cruciaux pour la Guinée. Entre la recrudescence des enlèvements, la gestion des fonds publics et le rapatriement de compatriotes bloqués à l’étranger, le chef du gouvernement a tenté de poser le cadre d’une action progressive et structurée.
Sécurité intérieure : un processus de normalisation
La récente série d’enlèvements, touchant acteurs politiques, membres de la société civile et même des proches de l’artiste Elie Kamano, a ravivé les inquiétudes sur la sécurité nationale. Face aux critiques d’inaction, Bah Oury a appelé à la patience. « La normalisation de nos sociétés ne se fait pas par décret », a-t-il expliqué, comparant la transition à un phénomène naturel : « Lorsqu’il y a un tremblement de terre, il faut du temps pour que tout se stabilise. »
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Revenant sur le passé politique du pays, marqué par la violence et l’abus de pouvoir, le Premier ministre a souligné les progrès des quatre dernières années. « Grâce à Dieu, nous sommes dans une phase d’apaisement, où nos compatriotes comprennent mieux la nécessité du vivre-ensemble », a-t-il affirmé.
Réformes institutionnelles et renforcement de l’État de droit
Le chef du gouvernement a mis en avant la nouvelle Constitution du 21 septembre, fruit d’un processus participatif, comme fondement d’un État de droit plus solide. L’introduction du droit de pétition pour les citoyens a été qualifiée d’« innovation magnifique », renforçant la participation citoyenne et la responsabilité publique. « Nous allons travailler d’arrache-pied pour que toutes les administrations se conforment à l’ordre constitutionnel », a insisté Bah Oury.
Projet Simandou : transparence sur les fonds publics
Interrogé sur le versement de 99 millions de dollars par la société chinoise Baowu dans le cadre du projet Simandou, le Premier ministre a assuré que « le processus est tout à fait en conformité avec les règles » et a invité la population à ne pas s’inquiéter. « L’argent public est à la disposition des pouvoirs publics pour une utilisation conforme aux recommandations », a-t-il précisé.
Rapatriement des Guinéens bloqués en Mauritanie
Un autre dossier sensible concerne les 300 Guinéens bloqués en Mauritanie, dont les familles réclament le retour. Bah Oury a expliqué que le gouvernement est mobilisé depuis le début, en coordination avec l’Organisation internationale pour les migrations, et que les efforts se poursuivent grâce à l’implication active de la communauté guinéenne sur place. « Si de nouveaux flux de compatriotes doivent être rapatriés, nous ferons le nécessaire pour assurer leur retour en sécurité », a-t-il assuré.
Un appel à la responsabilité collective
Reconnaissant l’ampleur des défis, le Premier ministre a conclu sur un message de responsabilité collective et de patience. « Ce n’est pas évident… mais c’est le concours de tous qui permettra au pays d’atteindre sécurité, respect des droits et développement », a-t-il rappelé, insistant sur la nécessité d’accompagner les transformations en cours pour bâtir une Guinée stable et prospère.
