CONAKRY. – C’est un rejet qui laisse perplexe. Amadou Thierno Diallo, candidat de l’UGD-Synthèse à l’élection présidentielle du 28 décembre, ne figure sur aucune liste officielle. Pas parmi les candidats validés. Pas parmi les irrecevables. Pas même parmi ceux qui se sont retirés. Un vide administratif qui, pour l’ancien ministre de la Coopération internationale, équivaut à une exclusion délibérée.
Dans un communiqué publié ce jeudi 13 novembre, l’homme politique exprime son incompréhension face à la décision de la Cour suprême. Celle-ci a justifié son rejet en estimant que « le nom et le prénom d’une personne ne constituent pas un élément déterminant » – un argument juridique qui laisse l’intéressé dubitatif. « Je ne comprends pas la motivation de la Cour », confie-t-il, y voyant « la volonté manifeste d’exclure » sa candidature.
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Une absence qui interroge
Le cas Diallo est singulier. Alors que la Cour suprême a rendu publique sa liste définitive de neuf candidats, l’ancien ministre se retrouve dans un angle mort procédural. Son dossier n’a été classé ni comme recevable, ni comme irrecevable. Cette absence totale de mention soulève des questions sur les véritables motifs de son éviction.
Pourtant, l’intéressé affirme avoir « pleinement satisfait à tous les critères exigés par la Constitution ». Son exclusion ne serait due « ni à une incompétence ni à une incapacité », mais relèverait d’un choix politique déguisé en décision technique.
La sagesse d’un vieux routier de la politique
Face à cette déconvenue, Amadou Thierno Diallo a choisi la retenue. Loin des sorties incendiaires habituelles, le responsable politique affiche son respect des institutions. « En tant que citoyen respectueux des institutions, je tiens à affirmer mon respect total pour la décision de la justice nationale », déclare-t-il, appelant ses partisans à « rester mobilisés, unis et confiants ».
Cette modération n’est pas sans arrière-pensée. En évitant la confrontation directe, l’ancien ministre préserve son capital politique et sa crédibilité d’homme d’État. Un calcul stratégique qui pourrait s’avérer payant dans l’après-élection.
L’avenir en pointillé
Si Diallo s’incline, il ne renonce pas. « Ce rejet n’est pas la fin de notre parcours au service du peuple de Guinée », promet-il, laissant entendre que son engagement politique se poursuivra sous d’autres formes. Reste que son éviction crée un précédent inquiétant pour la démocratie guinéenne.
L’homme espère que « cet arrêt ne servira pas de jurisprudence », conscient que l’interprétation donnée par la Cour pourrait à l’future fragiliser d’autres candidatures. En s’exprimant avec mesure mais fermeté, Amadou Thierno Diallo pose en gardien vigilant des règles du jeu démocratique. Son silence, désormais, pèse autant que ses mots.
