Drame




Un journaliste de la RTG sauvagement agressé en plein Conakry

 Conakry : Daouda Bah, journaliste sportif, agressé à Bomboly — une violence qui interroge la sécurité des voix publiques  …

 Conakry : Daouda Bah, journaliste sportif, agressé à Bomboly — une violence qui interroge la sécurité des voix publiques

 

Conakry, 26 août 2025— Le lundi soir, dans les rues de Bomboly, quartier populaire de la haute banlieue de Conakry, un drame a secoué le monde des médias. Un groupe de jeunes manifestants non identifiés a violemment pris à partie Daouda Bah, le journaliste sportif bien connu de la RTG. Alors qu’il circulait à moto, ils ont intercepté son véhicule. Sans aucune sommation, ils l’ont roué de coups et l’ont grièvement blessé à la tête et à l’œil gauche.

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Pendant de longues minutes, aucun secours ne lui est parvenu, le laissant seul face à ses agresseurs. C’est finalement grâce à l’intervention de quelques passants courageux que l’agression a pris fin. Grièvement blessé, les riverains ont transporté Daouda Bah en urgence à l’hôpital national de Donka, où il a reçu des soins intensifs.

 

Un journaliste sportif : l’avenir d’un œil en péril et l’urgence d’un transfert

 

D’après un médecin sur place, Daouda Bah risque de perdre l’usage de son œil gauche. Ses blessures sont si graves qu’il a besoin d’une prise en charge spécialisée et rapide pour éviter ce sort. Face à cette situation critique, la direction de la RTG, où il exerce depuis plusieurs années, a immédiatement entamé des démarches pour son transfert vers une clinique privée, voire une évacuation sanitaire à l’étranger. Cette tragédie met malheureusement en lumière les fragilités du système de prise en charge des urgences en Guinée et la nécessité de renforcer les dispositifs de protection des professionnels exposés au quotidien.

Le journaliste et son métier : une profession sous haute tension

 

Daouda Bah n’est pas seulement un journaliste. Il est une voix familière pour des milliers de Guinéens, un visage du service des sports de la RTG, et un acteur du lien social à travers le sport. Son agression résonne donc comme une atteinte à la parole publique et à la liberté d’informer. Issiaga Sylla, directeur du service des sports, a exprimé son indignation. « Ce n’est pas seulement Daouda qui a été frappé, a-t-il déclaré. C’est toute une profession qui est mise en danger. » Ses mots illustrent la tension croissante qui pèse sur les journalistes de terrain en Guinée.

Une violence ciblée au cœur d’un quartier sous tension

 

Les mouvements sociaux et les tensions communautaires traversent régulièrement le quartier de Bomboly, qui devient aujourd’hui le théâtre d’une violence ciblée. Les enquêteurs n’ont pas encore éclairci les circonstances exactes de l’agression, mais certaines rumeurs évoquent un règlement de comptes personnel, une piste encore non confirmée. Ce flou alimente les inquiétudes et appelle à une enquête rigoureuse, transparente et rapide afin de faire toute la lumière sur cette affaire.

 

Impunité en Guinée : une alerte de trop pour la liberté de la presse

 

Cette attaque relance un débat trop souvent étouffé : celui de la sécurité des journalistes en Guinée. Ces dernières années, de nombreux professionnels des médias ont été victimes de violences, dans un climat marqué par l’absence de poursuites et la banalisation des agressions. Face à cette réalité, l’urgence est plus que jamais de renforcer la protection des journalistes, de créer des cellules d’écoute et de soutien psychologique, et de mobiliser les autorités pour garantir la liberté d’informer.

 

Agression de Daouda Bah : quand une voix se tait, des questions s’élèvent

 

À Conakry, ce lundi soir, ce n’est pas seulement un homme qui a été agressé. C’est une voix, un métier, une mémoire collective. Et si cette violence, au lieu de semer la peur, devenait le point de départ d’une mobilisation nationale pour protéger ceux qui racontent et éclairent la société ? L’agression de Daouda Bah ne doit pas être un fait divers de plus, mais un signal d’alarme. C’est un appel à l’action. Le silence ne peut être une réponse, car c’est dans la solidarité que réside la solution.

 

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