le président Guinéen suspend les pénalités jusqu’à fin janvier

La mesure est aussi inédite que révélatrice de la gravité de la situation. Face à la congestion paralysante du Port autonome de Conakry, le président de la transition, le général Mamadi Doumbouya, a ordonné la suspension totale de toutes les surestaries et pénalités. Le porte-parole du gouvernement a précisé que cette décision s’appliquera du 15 décembre 2025 au 31 janvier 2026.

Une suspension pour désengorger le port

Lors du compte-rendu du Conseil des ministres, Ousmane Gaoual Diallo a expliqué la directive présidentielle : le chef de l’État a « instruit le ministre du budget et celui des transports de suspendre toutes les surestaries au Port autonome de Conakry ». Cette suspension exceptionnelle vise à pallier « les difficultés de congestion enregistrées ces dernières semaines », qui ralentissent la fluidité des importations et renchérissent les coûts.

L’intervention directe du président poursuit un double objectif. À court terme, elle soutient financièrement les importateurs souvent étranglés par les frais de stockage accumulés lorsque les conteneurs ne peuvent être dédouanés et évacués rapidement. À long terme, elle doit faciliter la mise en œuvre des réformes structurelles pour désengorger le port.

Fluidité et modernisation en ligne de mire

Le président insiste sur la nécessité de fluidifier les opérations. Il souhaite déployer un service 24h/24 dans l’ensemble des entités portuaires pour réduire les délais et désengorger les terminaux. L’ambition est claire : accélérer la circulation des marchandises, alléger les coûts et, in fine, contribuer à réduire le panier de la ménagère.

Le porte-parole a précisé que le président a demandé un « suivi rigoureux de l’effectivité de cette mesure », signe que l’exécutif guinéen entend éviter tout contournement ou lenteur administrative.

Cette suspension temporaire des pénalités constitue un coup d’accélérateur face à une crise logistique persistante. Elle traduit la volonté des autorités de traiter l’urgence tout en préparant la modernisation en profondeur des installations portuaires. Pour les opérateurs économiques et les consommateurs guinéens, les six prochaines semaines seront un test décisif de la capacité de l’État à désenclaver son principal point d’entrée maritime.

2 900 km d’autoroutes prévus dans le plan Simandou 2040

Le ministre guinéen des Infrastructures et des Travaux publics, Laye Sékou Camara, a dévoilé une ambition routière historique pour la Guinée : la construction de 2 900 kilomètres d’autoroutes dans le cadre du programme Simandou 2040. Dans des déclarations faites ce lundi, le ministre a présenté une vision où la Guinée deviendrait un carrefour routier majeur en Afrique de l’Ouest, profitant de la jeunesse et de la vision du président Mamadi Doumbouya.

Simandou 2040 : la feuille de route pour transformer la Guinée

« Nous avons un problème de réseau routier. Pour que tout le monde puisse se déplacer facilement, il faut avoir un bon réseau routier », a reconnu le ministre. La solution ? Le programme Simandou 2040, un plan de développement sur 15 ans qui capitalise sur les revenus attendus du gigantesque projet minier de Simandou.

« Dans ce programme, tout a été pensé, c’est-à-dire le nombre de kilomètres à faire pendant les 15 prochaines années », a expliqué Laye Sékou Camara. L’objectif est double : fluidifier les déplacements et connecter les zones de production agricole aux marchés urbains.

2 900 km d’autoroutes pour une intégration régionale

Le chiffre est impressionnant : 2 900 km d’autoroutes à réaliser. « Dans la première étape, nous allons lancer beaucoup d’études sur ces projets autoroutiers », a précisé le ministre. Ces infrastructures visent à relier Dakar à Conakry et Conakry à la Côte d’Ivoire, transformant ainsi la Guinée en un carrefour stratégique pour la mobilité sous-régionale.

Ces projets s’ajoutent aux efforts déjà en cours pour moderniser le réseau routier national, avec une attention particulière portée aux routes préfectorales qui atteignent les producteurs agricoles.

« Profitons de la jeunesse de Doumbouya »

Le ministre a livré une analyse politique frappante, comparant la situation actuelle à l’époque de Sékou Touré : « En 1958, quand le président Sékou Touré avait la trentaine, il a révolutionné la Guinée. Nous avons aujourd’hui encore un autre jeune qui est aussi dans la trentaine-quarantaine, qui est en train de révolutionner notre pays. »

Pour Laye Sékou Camara, la jeunesse du président est un atout : « Nous allons profiter avant qu’il n’ait 70 ans pour qu’on fasse le maximum. » Une déclaration qui interroge sur la longévité politique de Doumbouya, alors que la nouvelle Constitution prévoit un mandat de 7 ans renouvelable une fois.

Une vision comparée à l’âge d’or de Sékou Touré

Le ministre a dressé un parallèle historique ambitieux : « Quand Sékou Touré a commencé, tout le monde était en Guinée. Tous les intellectuels sous-régionaux étaient en Guinée […] Et aujourd’hui encore, quand vous voyez dans la sous-région, nous avons un jeune comme Mamadi qui est président. Donc, ça ne doit pas étonner que le pays, la Guinée, bouge. »

Cette comparaison avec l’ère Sékou Touré, où la Guinée attirait les intellectuels panafricains, vise à positionner le pays sous Doumbouya comme un nouveau pôle d’attraction régional.

Les défis d’une ambition démesurée

Si la vision est ambitieuse, plusieurs défis se posent :

  1. Le financement : Les 2 900 km d’autoroutes représentent un investissement colossal qui dépend largement des revenus de Simandou, dont la production vient à peine de commencer.

  2. Les délais : Un programme de 15 ans suppose une continuité politique et économique que l’histoire récente de la Guinée ne garantit pas.

  3. L’impact environnemental et social : La construction d’autoroutes transfrontalières implique des déplacements de population et des impacts écologiques majeurs.

Le ministre conclut sur une note à la fois ambitieuse et fataliste : « Déjà, en tant que musulman, on se dit c’est Dieu qui te donne […] On verra après la suite. » Une phrase qui résume à la fois l’ambition démesurée du projet et les incertitudes qui pèsent sur sa réalisation complète.

Avec ce plan routier pharaonique, la Guinée de Mamadi Doumbouya affiche clairement ses ambitions : transformer le pays non seulement grâce à ses mines, mais aussi par des infrastructures qui pourraient redéfinir sa place dans la géographie économique ouest-africaine.

80 nouveaux masters et 2400 places disponibles dans l’enseignement supérieur

Le gouvernement guinéen a annoncé ce vendredi 5 décembre 2025 une vaste réforme de l’enseignement supérieur. Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation (MESRSI), dirigé par Alpha Bacar Barry, ouvre 80 programmes de master rénovés. Ces formations offriront 2 400 places pour la prochaine année universitaire.

Une nouvelle génération de masters alignée sur les standards internationaux

Selon le ministère, cette initiative lance « une nouvelle génération de masters alignée sur les standards internationaux et les besoins du marché ». Le gouvernement veut moderniser le système éducatif et rapprocher la formation des attentes professionnelles.

Les 80 programmes couvrent plusieurs domaines stratégiques. Le MESRSI met l’accent sur les secteurs jugés prioritaires pour le développement économique. Le but est clair : réduire le décalage entre les compétences enseignées et celles recherchées par les employeurs.

Un système de places gratuites pour valoriser l’excellence

Le ministère détaille aussi un nouveau dispositif d’accès. Il réserve 800 places gratuites aux dix premiers de chaque programme de licence 2024. Cette récompense valorise l’excellence académique et facilite la poursuite d’études pour les meilleurs étudiants.

Deux autres catégories de places gratuites complètent ce dispositif :

  • 800 places destinées aux enseignants titulaires d’une licence. L’objectif est de renforcer leur formation continue et d’améliorer la qualité de l’enseignement.

  • 800 places ouvertes au public au tarif de 5 000 000 GNF par an (environ 580 euros). Elles offrent une solution pour les étudiants qui ne répondent pas aux critères des places gratuites.

Un contexte de réforme globale de l’enseignement supérieur

Cette annonce s’inscrit dans une transformation plus large du système éducatif guinéen. Depuis plusieurs années, l’État investit dans les infrastructures universitaires et tente d’améliorer la gouvernance des établissements.

Elle intervient aussi à un moment politique sensible. La Guinée se prépare à l’élection présidentielle du 28 décembre 2025. L’éducation occupe une place centrale dans la campagne, plusieurs candidats en faisant un pilier de leur programme.

Des défis de mise en œuvre à relever

Malgré l’accueil globalement positif, plusieurs défis persistent. Le gouvernement doit garantir l’adéquation réelle entre les nouveaux programmes et les besoins du marché du travail. Les universités doivent aussi disposer d’enseignants qualifiés pour dispenser ces formations rénovées.

La capacité d’accueil reste un autre enjeu. L’arrivée de nombreux étudiants pourrait mettre les établissements sous pression. La transparence dans l’attribution des places gratuites sera également déterminante.

Le succès de cette réforme dépendra de la qualité de sa mise en œuvre et de la stabilité des financements. Elle constitue néanmoins une avancée importante pour moderniser l’enseignement supérieur et mieux préparer les jeunes diplômés à un marché du travail déjà très compétitif.

Doumbouya nomme de nouveaux commandants militaires et policiers

Le général Mamadi Doumbouya a procédé, ce mercredi 3 décembre 2025, à un vaste remaniement au sein des forces de défense et de sécurité guinéennes. Il a annoncé ces décisions par décret à la télévision nationale. Le chef de l’État a nommé de nouveaux commandants dans l’armée, la gendarmerie et la police nationale. Il a accordé une attention particulière aux régions militaires de Kankan et N’zérékoré.

Ces nominations arrivent à moins d’un mois de l’élection présidentielle du 28 décembre. Elles interviennent dans un moment où la stabilité des institutions sécuritaires devient essentielle pour garantir un scrutin calme et crédible.

Remaniement dans l’armée : Kankan et N’zérékoré en ligne de mire

Dans la Région militaire de Kankan, plusieurs officiers supérieurs reçoivent de nouvelles missions. Le Lieutenant-Colonel Ousmane Yasser Camara devient commandant adjoint du Bataillon de Portion Centrale. Le Colonel Sekou Lamine Sidibé prend le même rôle au Bataillon d’Infanterie de Siguiri.

Dans la 4ᵉ Région militaire de N’zérékoré, le mouvement reste tout aussi important. Le Colonel Laye Touré devient commandant adjoint du Bataillon de Portion Centrale. De son côté, le Colonel Alpha Kabinet Naïmy Nabé prend la fonction de commandant adjoint du Bataillon Autonome de Guékédou.

La gendarmerie nationale également réorganisée

Le décret réorganise aussi la gendarmerie nationale. À Kankan, le Colonel Mamoudou Kaba prend la tête de la région gendarmerie. Il est secondé par le Colonel Souana Doré. À N’zérékoré, le Colonel Bakary Camara dirige désormais la région. Le Colonel Maxime Goumou l’assiste comme adjoint.

Les groupements spécialisés connaissent aussi des changements. Le Colonel Rigobert Kolié dirige la gendarmerie territoriale de Kankan. Le Colonel Mohamed Kamara prend le même poste à N’zérékoré. Les unités routières et mobiles des deux régions accueillent également de nouveaux commandants.

La police nationale concernée par un jeu de chaises musicales

La police nationale connaît un large mouvement d’échanges entre Kankan et N’zérékoré. Abdel Kader Bady Touré, ancien directeur régional de la police de Kankan, dirige désormais celle de N’zérékoré. En retour, Almamy Bala Conté quitte N’zérékoré pour prendre la tête de la police de Kankan.

Le même système d’échange touche les adjoints et les commandants des Compagnies Mobiles d’Intervention et de Sécurité (CMIS). Michel Diawara et Seidou Kaba permutent ainsi leurs postes et prennent chacun la direction du groupement CMIS de l’autre région.

Un timing stratégique avant la présidentielle

Ces nominations interviennent dans une phase sensible de la vie politique guinéenne. À moins de quatre semaines du scrutin présidentiel, où Mamadi Doumbouya est candidat, ce remaniement apparaît comme une manière de renforcer le contrôle des forces de l’ordre avant la campagne finale.

Kankan et N’zérékoré jouent un rôle clé sur les plans stratégique et démographique. Les nouveaux commandants devront assurer l’ordre public pendant le vote et gérer la période post-électorale, souvent décisive dans le pays.

Ce vaste réaménagement au sein des forces de défense et de sécurité traduit la préparation du pouvoir pour la présidentielle. Il souligne l’importance de la stabilité et de la sécurité pour garantir la crédibilité du processus électoral.

Grève des enseignants : l’Intersyndicale rejette l’accord signé par le gouvernement

Le conflit social dans le secteur éducatif guinéen s’envenime. Ce mercredi 3 décembre 2025, l’Intersyndicale de l’Éducation, regroupant la Fédération Syndicale Professionnelle de l’Éducation (FSPE) et le Syndicat National de l’Éducation (SNE), a publié un communiqué d’une rare virulence pour rejeter catégoriquement le protocole d’accord signé la veille entre le gouvernement, le Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée (SLECG) et un syndicat qu’elle qualifie de « fantôme ».

Un accord signé avec un syndicat « fantôme »

L’Intersyndicale ne mâche pas ses mots pour décrire l’accord intervenu mardi. Elle le qualifie d' »accord honteux et source de discorde » et reproche aux signataires d’avoir outrepassé leur légitimité. Le document pointe du doigt en particulier un « prétendu Syndicat de l’Enseignement Technique » qui, selon l’Intersyndicale, « n’est pas membre de l’Intersyndicale de l’Éducation, ni signataire du mémorandum que nous avons déposé ».

Plus grave encore, l’organisation syndicale affirme que ce syndicat « n’a, de surcroît, jamais tenu de congrès pour légitimer sa représentativité ». Malgré cela, dénonce-t-elle, « il s’est permis, avec la complicité du Gouvernement et du SLECG, de parapher un protocole dont la négociation était exclusivement réservée aux trois syndicats légitimes composant l’Intersyndicale ».

Le gouvernement accusé d' »amateurisme consternant »

L’Intersyndicale porte également une accusation sévère contre le gouvernement, qu’elle taxe d' »amateurisme consternant« . Selon elle, les autorités ont choisi de traiter avec des organisations qui « n’ont ni lancé ni déposé d’avis de grève ». « Ils ne peuvent s’arroger le droit de suspendre ou de lever un mot d’ordre de grève qu’ils n’ont jamais lancé », martèle le communiqué, ajoutant que « cette incohérence flagrante démontre l’empressement du Gouvernement à contourner les véritables acteurs du conflit ».

La médiation gouvernementale est elle aussi critiquée, jugée partiale par l’Intersyndicale qui estime qu’elle « a manifestement choisi de prendre fait et cause pour une seule partie, trahissant ainsi l’esprit et les techniques fondamentales de la négociation ».

Les revendications restent inchangées

Face à cette situation, l’Intersyndicale appelle les enseignants à considérer ce protocole comme « un non-événement » et réaffirme le caractère « apolitique et purement social » de leur mouvement. Elle maintient intégralement ses revendications, qui demeurent inchangées depuis le début du conflit.

Parmi les exigences principales figurent :

  • La signature du statut particulier des personnels de l’Éducation

  • L’engagement des enseignants contractuels communaux non retenus après l’évaluation pratique

  • Le déblocage et le paiement des arriérés de salaire ainsi que de la prime d’incitation

  • Le paiement de la prime de fonction des hauts cadres et responsables déconcentrés du secteur

Une crise qui s’aggrave à l’approche des examens

Ce rejet catégorique de l’accord par l’Intersyndicale, qui représente une partie significative des enseignants grévistes, risque d’aggraver la crise scolaire en Guinée. Les cours sont déjà fortement perturbés dans de nombreuses régions, comme l’a montré la manifestation d’élèves à Télimélé plus tôt dans la semaine.

La position intransigeante des syndicats et les accusations de mauvaise foi portées contre le gouvernement laissent présager une prolongation du conflit, alors que l’année scolaire touche à sa fin et que les préparatifs des examens devraient normalement s’intensifier.

Le gouvernement se trouve désormais face à un dilemme : poursuivre les discussions avec l’Intersyndicale en revenant sur l’accord signé mardi, ou tenter de faire appliquer un protocole rejeté par une partie importante des enseignants. Dans les deux cas, la rentabilité des négociations et la crédibilité des parties en présence semblent sérieusement compromises.

Salles vides, colère pleine : les enseignants guinéens en grève générale

Ce lundi 1ᵉʳ décembre 2025, les cours n’ont presque pas eu lieu dans les écoles guinéennes. Le mot d’ordre de grève générale lancé par l’intersyndicale de l’éducation a été largement suivi. Le pays a découvert des salles de classe vides, des élèves sans encadrement et une colère enseignante arrivée à son point de rupture.

Dès le matin, le constat était clair. Dans de nombreuses écoles publiques et privées, les élèves se sont présentés, mais les professeurs étaient absents. Beaucoup d’enfants ont donc quitté les établissements après une longue attente dans les cours ou dans les classes.

À Yimbaya, la tension est montée d’un cran. Des incidents ont éclaté au collège et au lycée, preuve du malaise qui traverse plusieurs écoles.

Le gouvernement a tenté de minimiser la situation. Dans un communiqué, le ministère de l’Éducation nationale affirme que certains cours se sont tenus « dans le calme et la sérénité ». Il a cité Fria comme exemple. Le ministre Jean Paul Cédy et l’inspecteur régional Thiapato Barry ont même visité quelques écoles pour saluer « le sens de responsabilité » de certains enseignants. Ce discours contraste pourtant avec la réalité observée sur le terrain.

La grève était prévisible. Elle suit l’échec des négociations entre le gouvernement et les syndicats. Les enseignants réclament une amélioration nette de leurs conditions de vie et de travail. Ils demandent une hausse des salaires, le paiement des arriérés et de meilleures infrastructures. Ils dénoncent aussi des conditions d’enseignement de plus en plus difficiles.

Cette mobilisation intervient à quelques semaines de l’élection présidentielle du 28 décembre 2025. Le candidat Abdoulaye Yéro Baldé a d’ailleurs promis de mieux traiter les enseignants. Beaucoup attendent maintenant des engagements concrets et non de simples déclarations.

La grève relance une question centrale : l’éducation est-elle vraiment une priorité en Guinée ? Le pays possède d’importantes ressources minières, mais le secteur reste sous-financé. Cette situation pèse sur la qualité des cours et sur la motivation des enseignants.

La suite dépendra de la capacité du gouvernement à rétablir un dialogue sérieux avec les syndicats. En attendant, des millions d’élèves restent privés d’école. Ils paient le prix d’un conflit qui dure et dont l’issue demeure incertaine.

Colère des travailleurs face à l’envahissement des sites par les orpailleurs

Très tôt ce jeudi 20 novembre 2025, les employés de Kouroussa Gold Mine (KGM) ont investi les locaux de la préfecture. Ils dénoncent les incursions répétées d’orpailleurs sur les sites industriels.

Massivement mobilisés, les travailleurs ont marché depuis les installations de la société jusqu’à la préfecture. Ils scandaient :
« Vive KGM ! Vive l’exploitation industrielle ! Vive le travail ! » et « Nos emplois sont menacés ! »

Selon les manifestants, ces envahissements quotidiens perturbent gravement la production et mettent les emplois en danger.


Un blocage des activités qui inquiète

« Chaque jour, les orpailleurs bloquent les activités en affirmant que c’est leur tour », explique Mohamed Mara, secrétaire général du bureau syndical de KGM. Il ajoute : « De 17h à 5h du matin, tout est à l’arrêt. »

Si l’entreprise ne peut produire normalement, certains travailleurs risquent des congés techniques. Les syndicats souhaitent éviter cette situation coûte que coûte.

Ainsi, les employés demandent aux autorités locales de prendre leurs responsabilités et de mettre fin à ce désordre.


Réaction des autorités locales

Face à la colère des manifestants, les autorités assurent avoir engagé des mesures. Moussa Kourouma, président de la délégation spéciale de Kouroussa, indique que des réunions de concertation se multiplient avec les services de sécurité pour « éliminer tous ceux qui encombrent les sites de KGM ».

Il précise que certains envahisseurs viennent d’autres préfectures. Une réunion de crise a été tenue avec des responsables de la jeunesse pour soutenir les autorités dans l’exclusion des perturbateurs étrangers.

KGM reste un acteur clé dans la région. La société a récemment versé 7 milliards de francs guinéens à la population locale.


Tensions dans la coopération avec les autorités

Pour sa part, le préfet de Kouroussa, Colonel Idrissa Camara, déplore le manque de collaboration entre KGM, la jeunesse et les autorités.

« La société ne respecte pas toujours ses engagements », souligne-t-il. Selon lui, les incidents récents, comme une voiture de police caillassée et un militaire blessé, témoignent de ce dysfonctionnement.

Il évoque également une complicité interne qui faciliterait l’accès des orpailleurs aux sites, malgré la présence de 70 agents de sécurité.

Carte d’identité « gratuite » en Guinée : le CNT dénonce un scandale

Conakry. – Le Conseil national de la Transition (CNT) a dénoncé ce lundi un scandale administratif. Malgré un décret officiel, les services continuent de faire payer les cartes d’identité biométriques. Pire, des retards inexplicables et des pratiques douteuses privent les citoyens de leurs droits.

Des directives ignorées sur le terrain

Lors de l’examen du budget rectificatif 2025, le CNT a rappelé la loi. Un décret de février 2025 garantit la gratuité de la première CNI biométrique. La présidence de la République prend en charge tous les coûts. Pourtant, sur le terrain, la réalité diffère.

Les délais de délivrance atteignent parfois plusieurs mois. Cette lenteur excessive encourage des pratiques illégales. Certains agents réclament des sommes abusives aux citoyens désemparés.

Le CNT exige des actions concrètes

L’institution somme le gouvernement d’intervenir. Elle recommande au ministre de la Sécurité de prendre des mesures immédiates. L’objectif : appliquer strictement le décret sur tout le territoire.

La légitimité de l’État se joue dans ce dossier. Les Guinéens attendent que leurs droits fondamentaux soient respectés. Cette affaire teste la capacité de l’administration à servir sa population.

L’échangeur de Bambéto inauguré ce Samedi

Ce samedi 15 novembre 2025, Conakry franchira une étape majeure dans sa mobilité urbaine. Le colonel Mamadi Doumbouya inaugurera l’échangeur de Bambéto, conçu pour décongestionner le carrefour le plus fréquenté de la capitale. Pour l’occasion, le tronçon Bambéto-Cosa sera fermé à la circulation de 7h à 14h.

Le ministère des Infrastructures et des Travaux publics a annoncé : « Le tronçon Bambéto-Cosa sera totalement fermé à la circulation des engins roulants dans la journée du samedi 15 novembre 2025 entre 7h et 14h ».

Des mesures pratiques pour les usagers

Les autorités appellent les automobilistes à la vigilance. En parallèle, elles ont prévu des itinéraires de déviation clairement signalés et surveillés par des agents. Le ministère a présenté ses excuses pour les désagréments et promet une circulation plus fluide dès l’ouverture de l’échangeur.

Un projet structurant pour l’avenir

Sinohydro, une société chinoise, a réalisé l’échangeur pour un coût de 26 millions de dollars, financé par le Fonds koweïtien pour le développement économique arabe. Cette infrastructure fait partie du programme « Simandou 2040 », qui vise à moderniser l’économie guinéenne.

Elle complète les échangeurs Enco 5 et Cosa et contribue à la stratégie du gouvernement pour améliorer la mobilité urbaine. Face à la croissance rapide de la population et aux embouteillages chroniques du rond-point de Bambéto, cet échangeur représente un soulagement concret pour des milliers de conducteurs.

Enfin, les travaux de finition incluent l’aménagement paysager, l’éclairage public et la sécurisation des abords. L’infrastructure marque ainsi une étape majeure dans la modernisation du réseau routier de Conakry.

Cybastion pose sa forteresse numérique en Guinée

Dans la nuit du jeudi 13 novembre 2025, Conakry a vibré au rythme de l’innovation. Le lancement du bureau local de Cybastion, une société américaine de technologies, est bien plus qu’une simple inauguration. C’est le déploiement d’une ambition stratégique pour l’Afrique de l’Ouest. L’entreprise parie sur l’avenir numérique de la Guinée, portée par la volonté de créer des « partenariats mutuellement bénéfiques ». L’événement coïncidait d’ailleurs avec le Transform Africa Summit, un symbole fort pour tout le continent.

Présidée par Daschbach Mary, cheffe de mission de l’ambassade des États-Unis, la cérémonie a réuni investisseurs, entrepreneurs et partenaires publics. Le moment était solennel. Il marque l’arrivée d’un acteur déterminé. Le nom même de Cybastion — contraction de « cyber » et « bastion » — annonce la couleur : l’entreprise veut devenir une véritable forteresse numérique.

Une vision technologique élargie et inclusive

Si la cybersécurité reste son ADN, Cybastion a élargi son expertise. Aujourd’hui, la société conçoit des solutions technologiques globales : data centers, services de e-gouvernement, gestion d’actifs numériques… Cependant, la véritable nouveauté réside dans sa philosophie. « Nous ne venons pas avec l’état d’esprit de venir prendre quelque chose et de partir », affirme le COO André Biyong. L’objectif est clair : s’ancrer localement et renforcer l’écosystème guinéen.

La formation, moteur du modèle Cybastion

Le discours d’André Biyong a rappelé une priorité : le transfert de compétences. Le déploiement de chaque projet s’accompagnera d’une formation locale. « La première ligne de support, en général, c’est une compagnie locale », insiste-t-il. Cette stratégie repose sur la montée en compétences des partenaires et sur l’accès aux technologies les plus récentes.

De plus, Cybastion annonce le lancement rapide de formations gratuites dans les métiers du digital. Elles seront destinées aux étudiants et aux jeunes entrepreneurs. L’entreprise veut également jouer un rôle de passerelle vers les investisseurs internationaux, en créant des « avenues » pour connecter les talents guinéens aux fonds de Venture Capital.

Une coopération renforcée entre la Guinée et les États-Unis

La présence de Daschbach Mary a donné une dimension diplomatique à l’événement. En rappelant les « plus de 65 ans de relations diplomatiques » entre les deux pays, elle a inscrit cette initiative dans une coopération économique renouvelée. « Nous voulons être un partenaire avec la Guinée d’une manière de partager ce bénéfice mutuel », a-t-elle déclaré, réaffirmant le soutien américain aux entreprises investissant en Guinée.

Ainsi, l’arrivée de Cybastion à Conakry dépasse le cadre d’un simple service technologique. L’entreprise s’installe comme un catalyseur de compétences et d’opportunités. En misant sur la jeunesse guinéenne, elle ambitionne de contribuer, par l’innovation, à l’écriture d’un nouveau chapitre économique pour le pays.

Kagamé à Conakry : l’IA, nouveau champ de bataille africain

CONAKRY. – La voix était calme, le propos délibéré. Face à un parterre de dirigeants et d’innovateurs réunis à Conakry pour le Transform Africa Summit, Paul Kagamé a déroulé la généalogie d’une ambition continentale. Ce mercredi 12 novembre, le président rwandais, devenu l’architecte en chef de la révolution numérique africaine, a transformé la tribune guinéenne en chaire de prospective. Son message : l’Afrique ne peut plus se contenter de suivre le rythme effréné de l’innovation technologique ; elle doit l’anticiper, l’épouser, la modeler à son image.

« Il y a une décennie, le Transform Africa Summit naissait à Kigali. » La phrase, simple, résonne comme un acte fondateur. Kagamé, en témoin et artisan de cette épopée, dresse le bilan d’une Alliance Smart Africa passée de quelques visionnaires à 42 pays membres. Mais derrière ce succès quantitatif, l’homme d’État perçoit une urgence qualitative. Le monde, souligne-t-il, est devenu « plus complexe et plus interconnecté », l’évolution technographique désormais « sans précédent ».

5 % de PIB en jeu

Au cœur de cette mutation, l’intelligence artificielle s’impose comme le nouveau nerf de la guerre économique. Le chiffre est lancé, précis et lourd de promesses : 5 % de PIB continental supplémentaire. Une manche que l’Afrique pourrait saisir, à condition de faire les bons choix. « Le succès dépend non seulement de la rapidité avec laquelle nous déployons cet outil, mais aussi des domaines d’application que nous choisissons », insiste-t-il, visant en priorité la santé, l’éducation et l’agriculture. Loin des fantasmes dystopiques, Kagamé prône une IA utilitaire, ancrée dans les réalités locales.

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Le Rwanda montre la voie. Le pays a entrepris d’élaborer sa propre politique nationale en la matière, un cadre destiné à orienter une croissance jusqu’ici souvent subie. Car le défi, reconnaît le président, n’est pas seulement technologique. Il est structurel : « Le déficit d’investissement dans les infrastructures numériques, les compétences et le cadre réglementaire demeure. » La réponse devra être collective, mêlant étroitement secteurs public et privé, exigeant une utilisation « plus créative et plus stratégique » des ressources.

Dépasser la peur de l’inconnu

Face aux craintes légitimes – emploi, vie privée, sécurité – Kagamé oppose un pragmatisme tranquille. « Certaines préoccupations sont légitimes ; d’autres relèvent de la crainte de l’inconnu. » Pour lui, cette « nouvelle réalité » est désormais incontournable. L’Afrique n’a d’autre choix que d’apprendre à vivre avec, comme elle a su, par le passé, absorber d’autres vagues de progrès. « Rappelons-nous que la science et la technologie sont des moteurs puissants de créativité et de performance, et non des menaces pour l’humanité. »

Son allocution se clôt sur un appel à l’action, une exhortation à « saisir pleinement les opportunités de notre époque ». Dans la salle, le message est reçu. Paul Kagamé n’est pas seulement venu partager une vision ; il a planté à Conakry le drapeau d’une souveraineté technologique en construction. L’Afrique, semble-t-il dire, a les moyens d’écrire elle-même les codes de son avenir numérique. Reste à présent à passer de la parole aux actes.

Conakry, capitale Africaine de l’intelligence artificielle

CONAKRY. – Ils se sont retrouvés sous le soleil de plomb de Conakry, venus de quarante pays, deux mille convives à ce grand banquet des possibles numériques. Ce mercredi 12 novembre, la capitale guinéenne a ouvert la 7e édition du Transform Africa Summit, arborant pour la première fois son statut de porte-étendard de la révolution technologique ouest-africaine. Une consécration : la Guinée est le premier pays francophone à accueillir cet événement continental.

Dans la salle de conférence, deux silhouettes résument l’ambition de ce rendez-vous. Côte à côte, le président rwandais Paul Kagamé, vétéran des sommets technologiques, et le général Mamadi Doumbouya, hôte et nouvel architecte des ambitions numériques guinéennes. Leur présence conjointe dessine une carte nouvelle des alliances technologiques sur le continent.

« Innover localement, impacter globalement »

La thématique de cette année sonne comme un manifeste : « IA pour l’Afrique : transformer localement, impacter globalement ». Derrière les mots, une conviction portée par Lacina Koné, Directeur Général de Smart Africa : l’intelligence artificielle n’est pas qu’une affaire de circuits et de données. C’est une opportunité réelle, tangible, de transformation économique pour des millions d’Africains.

Le président Doumbouya, dans son discours d’ouverture, a inscrit cette ambition dans la durée. « Ce sommet s’aligne parfaitement avec ma vision du programme de développement socio-économique sur quinze ans – Simandou 2040 – notamment son troisième pilier, consacré aux nouvelles technologies pour améliorer le bien-être de nos populations. » Le lien est ainsi officiellement tissé entre les richesses du sous-sol et celles de l’intelligence. Le minerai de fer au service de la silicon valley africaine.

Un tremplin pour la Guinée

Jusqu’au 14 novembre, Conakry se mue en épicentre de la réflexion technologique continentale. Les panels de haut niveau se succèdent, explorant les applications de l’IA dans l’agriculture, la santé, l’éducation ou la finance. Mais au-delà des débats, ce sommet représente pour les autorités guinéennes une tribune unique. L’occasion de présenter les avancées réalisées dans le développement des infrastructures numériques et de lancer un appel aux investisseurs étrangers.

La présence de Paul Kagamé n’est pas anodine. Elle offre à la Guinée un parrainage de poids, celui d’un pays souvent cité en exemple pour sa transformation numérique réussie. Un symbole fort pour le gouvernement de transition qui entend bien profiter de ces trois jours pour assoir sa crédibilité sur la scène technologique internationale.

Alors que les discussions se poursuivent, une certesse émerge : l’Afrique ne veut plus être simple consommatrice de technologies conçues ailleurs. Elle entend bien participer à leur écriture. Et Conakry, le temps d’un sommet, en est devenue la plume.

Simandou s’éveille : la Guinée entre dans l’ère du fer

CONAKRY. – Ils étaient venus en habits de lumière, sourires aux lèvres et discours plein les poches. Ce mardi 11 novembre, les dignitaires ont célébré en grande pompe le lancement de l’exploitation de Simandou, ce serpent de fer enfoui dans les montagnes guinéennes, promesse vieille de vingt ans enfin tenue. Le premier minerai a quitté le port de Morebaya. La Guinée entre dans la cour des géants du fer. Mais derrière les fumées des chantiers et l’éclat des cérémonies, une ombre plane : celle de la malédiction des matières premières, ce poison qui transforme trop souvent l’or en poussière.

Le projet est titanesque. Vingt milliards de dollars investis. 650 kilomètres de voie ferrée tracés à travers le pays. Une production annuelle visée de 120 millions de tonnes. De quoi propulser la Guinée au rang de premier exportateur mondial de minerai de haute qualité. Le Fonds monétaire international esquisse des projections vertigineuses : jusqu’à 26 % de croissance du PIB d’ici 2030, les exportations minières potentiellement doublées. Le programme « Simandou 2040 » promet, sur papier, une transformation structurelle : 122 projets, 36 réformes, cinq piliers de développement. La route vers l’émergence, enfin pavée de fer.

Les fantômes de la bauxite

Pourtant, à la veille des célébrations, un rapport du Conseil national de transition est venu jeter un froid. Il évoque 100 millions de dollars manquants, issus du ticket d’entrée du chinois BAOWU dans le projet. Une somme qui n’apparaîtrait pas dans les comptes publics. Comme un mauvais présage.

Car la Guinée connaît déjà la mélodie de l’abondance minière. Elle est déjà le premier exportateur mondial de bauxite. Pourtant, malgré une croissance économique soutenue, la pauvreté a gagné du terrain : 1,8 million de personnes supplémentaires sont tombées dans la précarité entre 2019 et 2024. Le secteur minier pèse 20 % du PIB, mais ne représente que 6,5 % des emplois. Les rapports s’accumulent pour décrire les failles béantes d’un système : favoritisme dans les conventions, manipulation des prix et des volumes, collusion entre entreprises et administration.

Le mirage de la richesse partagée

Les institutions internationales applaudissent, mais avec réserve. Le FMI prévient : sans politique active, Simandou ne réduirait la pauvreté que de 0,6 point, et pourrait même accroître les inégalités. La Banque mondiale souligne que même avec des réformes, les recettes publiques resteraient en deçà des standards régionaux. L’avertissement est limpide : la valeur ne réside pas dans le minerai, mais dans la capacité de l’État à la transformer en progrès tangible.

Aujourd’hui, les autorités n’ont toujours pas publié la convention signée avec les consortiums majoritairement chinois. Le secret persiste, comme si l’on craignait que la lumière ne révèle des faiblesses structurelles. Le programme Simandou 2040 peut-il vraiment éviter les écueils qui ont transformé la manne de la bauxite en mirage pour les populations ?

Le lancement de Simandou n’est pas une fin, mais un commencement. Celui d’un test crucial pour la Guinée. Le pays tient entre ses mains non seulement du minerai à 65 % de fer, mais l’opportunité de briser le cycle infernal où l’abondance nourrit la pauvreté. Les trains chargés de fer quittent maintenant les montagnes. Reste à savoir s’ils emporteront avec eux les vieux démons de la gouvernance, ou s’ils traceront enfin la voie d’une prospérité partagée.

AMC verse près d’un milliard de GNF aux communautés de Koumbia et Wendou M’Bour

GAOUAL – La société minière Alliance Mining Commodities (AMC) a procédé ce mercredi 29 octobre 2025 à la remise officielle des chèques correspondant au paiement de la taxe superficiaire 2024 pour son projet de bauxite de Koumbia, désormais en phase de production.

Le montant total de 945 680 889 GNF a été distribué aux populations des communes rurales de Koumbia et Wendou M’Bour, illustrant l’engagement de l’entreprise pour le développement local et le bien-être des communautés riveraines.

La cérémonie s’est déroulée en présence du préfet de Gaoual, Colonel Augustin Fancinandouno, de l’inspecteur régional des Mines et de la Géologie de Boké, Ismaël Wattara, des représentants des communautés bénéficiaires et des équipes de AMC.

Selon la répartition, 566 239 422 GNF reviennent à Koumbia et 379 441 467 GNF à Wendou M’Bour.

Un impact concret sur le développement local

Le Vice-président de la délégation spéciale de Wendou M’Bour, Abdoulaye Baldé, a souligné les réalisations rendues possibles grâce à ces fonds : « Grâce aux taxes versées par AMC, nous avons construit un hangar pour le marché des femmes, deux forages et plusieurs projets générateurs d’emplois pour les jeunes, contribuant à la réduction de la pauvreté. »

Pour le président de la délégation spéciale de Koumbia, Mamadou Jimmy Camara, ces fonds seront utilisés conformément au Plan Annuel d’Investissement (PAI), avec des microprojets ciblant directement les besoins des communautés.

Le Directeur Général Adjoint de AMC, Mamadou Kéita, a rappelé l’importance de ces paiements dans le cadre de la Responsabilité Sociétale d’Entreprise (RSE) : « Payer cette taxe est une étape clé pour le projet de bauxite de Koumbia, mais surtout un levier puissant de développement local. AMC s’engage à honorer tous ses engagements pour améliorer les conditions de vie des populations de Koumbia et Wendou M’Bour. »

Une gouvernance minière responsable

Au nom de l’autorité préfectorale, Mamadou Aliou Baldé a insisté sur l’importance d’une utilisation rationnelle des fonds pour assurer paix et stabilité dans les villages.

L’inspecteur régional des Mines et de la Géologie de Boké, Ismaël Wattara, a rappelé que depuis le lancement du projet, AMC contribue à un développement durable, dotant les communautés d’infrastructures et créant des opportunités économiques locales. Il a encouragé le maintien d’un partenariat solide et solidaire entre l’entreprise et les populations riveraines.

L’entrée en production du projet de bauxite de Koumbia marque ainsi le début d’une nouvelle ère économique et sociale pour la préfecture de Gaoual, illustrant pleinement l’engagement d’AMC envers une RSE proactive et durable.

Kassa, nouveau sanctuaire de la natation Africaine

CONAKRY – Leur nom résonne comme une promesse : Kassa. Ces îles vierges, caressées par l’Atlantique, s’apprêtent à devenir le théâtre d’une révolution sportive. Du 28 au 30 novembre 2025, elles accueilleront la première Coupe d’Afrique des Nations de natation en eau libre. Cette première continentale placera la Guinée sur le pavois du sport africain.

« Combien de fois la Guinée restera-t-elle dans l’histoire comme le premier pays à organiser cette compétition ? » a demandé le Dr Mbembé Sakho, présidente de la Fédération guinéenne de natation. Son regard brûle de la flamme des pionniers. Lors d’une conférence de presse, elle a expliqué que cet événement dépasse le simple cadre sportif. Organiser la compétition sur les « magnifiques îles de Kassa » représente, selon elle, « un symbole fort : une Guinée ouverte sur l’Afrique et engagée pour le sport et la jeunesse ».

Des chiffres et des épreuves historiques

La dotation globale s’élève à 14 000 dollars, soit environ 121,6 millions de francs guinéens. Elle récompensera les meilleurs nageurs africains. En tout, 54 pays participeront. Les épreuves incluent 3 km, 5 km et un relais mixte pour les nageurs de plus de 14 ans. « On commence petit, mais c’est une étape historique », précise la présidente Sakho, consciente de porter les espoirs d’un continent entier.

Le ministère des Sports soutient pleinement l’événement. MASS Barry, directeur national adjoint, rappelle : « Certains pays n’ont même pas accès à la mer. Nous, la nature nous l’a offerte. » La Guinée veut valoriser cet atout naturel pour renforcer son rayonnement international.

Une vision pour la cohésion et la fierté continentale

Au-delà de la compétition, la Fédération veut faire de la natation un vecteur de cohésion sociale et de fierté africaine. Les eaux guinéennes, jusque-là fréquentées par les pirogues des pêcheurs, verront bientôt s’affronter les meilleurs nageurs du continent dans une symphonie de brasses et de crawl.

En novembre, lorsque le premier nageur s’élancera vers les bouées du parcours, ce sera tout le sport africain qui effectuera son grand plongeon vers de nouveaux horizons. La Guinée, pionnière, aura montré la voie. Le sport deviendra ainsi un langage universel pour un continent en mouvement.

La recherche scientifique en quête d’excellence

Sous les brises atlantiques de Taouyah, le futur de la recherche scientifique guinéenne s’écrit en lettres d’ambition. Ce mardi 28 octobre 2025, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Alpha Bacar Barry, a ouvert les travaux du séminaire national consacré au renforcement des capacités et à l’élaboration des Plans stratégiques de développement (PSD) des institutions de recherche et des centres de documentation du pays.

Organisé à la Cité des sciences de Taouyah, ce rendez-vous d’envergure réunit jusqu’au 1er novembre les têtes pensantes de la recherche guinéenne. Directeurs d’instituts, experts et responsables de laboratoires y tracent la voie d’un système scientifique moderne, planifié et mieux connecté aux priorités nationales.

« Un cadre pour repenser la performance »

Dans un discours empreint d’espoir, Alpha Bacar Barry a salué une initiative « modeste dans sa forme, mais ambitieuse dans son esprit ».

« Ce séminaire permet aux acteurs de la recherche scientifique de se parler, d’échanger, mais surtout de bénéficier de formations qui renforcent leurs capacités de gestion et de management », a-t-il déclaré.

Le ministre a insisté sur l’importance d’un cadre d’évaluation des performances des centres de recherche et de documentation :
« Nous le faisons déjà avec les universités. Désormais, nous voulons le faire avec les centres de recherche, pour mieux comprendre leurs défis et leur offrir des solutions adaptées. »

Les institutions unies pour la modernisation du savoir

Le Pr Mohamed Sahar Traoré, président du Conseil des directeurs d’institutions de recherche, a salué une première nationale :
« Nous remercions le ministre pour son leadership inspirant et sa vision éclairée. L’état de la recherche scientifique est le miroir de notre avenir éducatif. À nous de le renforcer. »

Même ton du côté de Dr Fatoumata Sylla, directrice générale de la Recherche scientifique, qui a souligné que le système national se trouve « à la croisée des chemins ».
Elle a plaidé pour une modernisation de la gouvernance, une meilleure valorisation des résultats scientifiques, et une intégration accrue de la recherche dans les priorités nationales de développement.

« Ce séminaire n’est pas une simple formation, mais une étape clé vers la transformation et la modernisation de nos institutions. Ensemble, faisons de la recherche un levier du développement économique et social de la Guinée », a-t-elle conclu avec conviction.

Une semaine pour planifier l’avenir

Pendant six jours, les participants suivront des modules interactifs animés par des experts nationaux et internationaux : planification stratégique, management, suivi-évaluation, gouvernance institutionnelle.

Dans une atmosphère studieuse et porteuse d’espoir, la Guinée scientifique amorce ainsi un tournant décisif : celui d’une recherche refondée, mieux organisée et au service d’un développement durable et souverain.

SOGUIPAH : Amnesty International révèle des salaires sous le SMIC

La Maison de la presse de Conakry a servi de cadre, ce jeudi 23 octobre, à une révélation qui pourrait faire date. Amnesty International y a présenté un rapport accablant sur les conditions de travail au sein de la Société guinéenne de palmiers à huile et d’hévéa (SOGUIPAH). Fabien Offner, chercheur pour l’organisation en Afrique de l’Ouest, n’a pas mâché ses mots en détaillant les manquements observés.

Des salaires en dessous du minimum légal

Le constat le plus frappant concerne la rémunération. « Le SMIC, révisé en 2022 à 558 000 francs guinéens, n’est pas appliqué à la SOGUIPAH », a affirmé le chercheur. Preuves à l’appui, l’organisation a examiné des dizaines de bulletins de paie montrant que les travailleurs perçoivent des salaires inférieurs au seuil légal. Cette situation viole directement l’article 241 du Code du travail guinéen.

Le rapport aborde également d’autres abus. Amnesty International a documenté des expulsions forcées de travailleurs et des restrictions à la liberté d’expression dans l’entreprise publique. Ce tableau sombre contraste avec les engagements internationaux que la Guinée a ratifiés.

L’État guinéen face à ses responsabilités

Face à ces révélations, Habibatou Gologo, directrice adjointe d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest, a rappelé la mission de l’organisation : « Notre rôle est d’attirer l’attention des acteurs concernés ». Elle a souligné que dans d’autres pays, les campagnes de l’ONG ont entraîné des réactions positives des autorités.

L’organisation a formulé des recommandations précises à l’État guinéen. Au-delà du respect du SMIC, Amnesty International demande que les travailleurs de la SOGUIPAH et les producteurs familiaux perçoivent une rémunération garantissant une vie décente.

Le ballon est désormais dans le camp des autorités. Accepteront-elles de jouer pleinement leur rôle de régulateur et de garantir le respect des droits des travailleurs ? La réponse pourrait marquer un tournant dans les relations entre pouvoir public et entreprises d’État en Guinée.

Faranah : le nouveau pont qui relie la Guinée à son avenir

Ce mercredi 25 octobre, les rives du fleuve Niger à Faranah ont été le théâtre d’une scène symbolique. Le Premier ministre Bah Oury a lancé officiellement les travaux du nouveau pont, un ouvrage stratégique qui remplacera l’ancienne structure datant de 1957. Financé par le Japon via l’agence JICA, ce projet incarne le renouveau des infrastructures guinéennes.

Jusqu’à présent, plus de 4 000 usagers devaient affronter quotidiennement le goulot d’étranglement de l’ancien pont à voie unique. Véritable cauchemar logistique sur la RN2, cet axe vital reliant Conakry à N’zérékoré et desservant la Sierra Leone, la Côte d’Ivoire et le Libéria, retrouvera enfin sa fluidité. Le nouveau pont, long de 70 mètres, offrira deux voies de circulation et des passages sécurisés pour piétons et deux-roues.

Un pont entre histoire et modernité

Dans une décision chargée de symbolisme, le gouvernement a choisi de conserver l’ancien ouvrage. « L’œuvre doit être conservée, car elle représente une image du passé », a expliqué le ministre des Infrastructures Laye Sékou Camara. Ce dialogue entre l’ancien et le nouveau raconte à lui seul l’évolution de la Guinée : celle qui honore son histoire tout se tournant résolument vers l’avenir.

Pour le ministre du Plan Ismaël Nabé, ce projet dépasse la simple infrastructure. « Nous préparons un lien vital vers l’économie, nous ouvrons de nouveaux horizons », a-t-il déclaré, soulignant l’impact du chantier sur les producteurs, commerçants et familles de toute la région.

Le début d’une vaste offensive routière

Le lancement de ce pont s’inscrit dans une stratégie plus large de désenclavement. Le Premier ministre a profité de cette occasion pour annoncer le lancement imminent, dès novembre, des travaux de réhabilitation des axes Mamou-Faranah et Mamou-Labé. « Ces deux axes sont stratégiques. Notre économie, notre stabilité et notre cohésion reposent sur ces voies », a insisté Bah Oury.

Le chef du gouvernement a même révélé l’implication personnelle du président de la Transition : « Il m’a dit que tant qu’on ne lance pas la construction de ces deux voies, ça l’empêche de dormir ». Une confidence qui souligne l’importance cruciale de ces infrastructures pour l’avenir du pays.

Confié à l’entreprise japonaise Dai Nippon Construction, le nouveau pont de Faranah devrait être achevé dans 24 mois. Pendant ce temps, l’ancien pont, témoin silencieux de 68 ans d’histoire guinéenne, continuera de veiller sur le fleuve, rappelant le chemin parcouru et la modernité en marche.

Viol ou relation consentie ? Le tribunal face au casse-tête de l’intime

Le tribunal de Mafanco a entendu, ce mardi 21 octobre, une version des événements qui contraste violemment avec l’acte d’accusation. Ibrahima Sory Condé, enseignant et prévenu, a reconnu les faits mais en a livré une interprétation radicalement différente. Face à des charges lourdes – séquestration, viol et torture sur la personne de Mariama Diouldé Diallo – l’homme a construit sa défense sur un récit détaillé, presque chirurgical.

« Nous sommes sortis main dans la main », a-t-il assuré, dépeignant une scène d’intimité consentie là où le parquet voit une victime séquestrée. Détenu depuis janvier, l’accusé a décrit une rencontre planifiée : un garage comme point de rendez-vous, une chambre d’hôtel payée 90 000 francs guinéens, de la bière en terrasse. Puis l’entrée dans la chambre. « Elle m’a dit qu’elle n’était pas dans son bon jour », a-t-il concédé, avant d’ajouter : « Chacun a enlevé ses vêtements. »

Le consentement, cœur du débat judiciaire

L’enseignant ne nie pas l’acte sexuel, mais en conteste la nature. Il insiste sur un détail : la victime présumée lui aurait demandé de « doubler la capote ». Une preuve, selon lui, de son consentement et même de sa participation active. Le rapport, d’une trentaine de minutes selon l’accusé, aurait été suivi d’un départ ensemble, enlacés, sur une moto.

Pourtant, au-delà de ces quatre heures à l’hôtel, l’affaire prend une tournure plus sombre. Ibrahima Sory Condé est également accusé d’avoir menacé la mère de la plaignante, réclamant de l’argent sous la menace de diffuser des vidéos intimes. Une accusation de chantage qu’il rejette en bloc.

Un rapport médical qui change la donne

À la barre, son avocate, Me Thérèse Konady Traoré, a brandi une pièce à conviction de poids : le rapport médical de Mariama Diouldé Diallo. Selon la défense, ce document « ne confirme aucun des faits allégués » et évoque seulement une « éfloraison ancienne » – une terminologie clinique qui semble éloignée des sévices dénoncés.

Le tribunal, qui a renvoyé l’affaire au 29 octobre pour entendre la plaignante, se trouve face à un cas d’école : deux versions irréconciliables, des preuves médicales ambiguës, et des enjeux qui dépassent la simple affaire pénale. Dans une Guinée où les violences faites aux femmes font de plus en plus débat, ce procès teste aussi la capacité de la justice à démêler le vrai du faux dans les relations intimes. La parole de Mariama Diouldé Diallo, attendue mercredi prochain, devra soit contredire, soit confirmer cette sortie main dans la main qui hante déjà le prétoire.

Simandou Academy : l’architecture au défi de la souveraineté guinéenne

Ce mardi, l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry a vibré d’une ambition nouvelle. Sous les regards croisés des ministres, des académiciens et des jeunes talents, le Comité stratégique du Projet Simandou a officiellement lancé le concours national d’architecture pour la future Simandou Academy. Les candidats, tous architectes guinéens de moins de trente-cinq ans, ont jusqu’au 4 novembre pour imaginer le symbole de l’excellence éducative du pays.

Dans l’amphithéâtre comble, Ibrahima Sory Diallo, administrateur général de l’ACGP, a planté le décor. « Cette initiative s’inscrit dans la vision du président Doumbouya », a-t-il affirmé, rappelant que le Programme Simandou 2040 place le capital humain au cœur de la transformation nationale. Les projets devront allier innovation technique, durabilité environnementale et identité culturelle guinéenne, incarnant le label « La Guinée Fait ».

Une vitrine pour le génie national

Le professeur Ciré Diakité, directeur de l’Institut national d’architecture, a salué une approche « intelligente et inclusive ». Pour la première fois, la corporation des architectes est associée à la conception d’un édifice emblématique. « Le projet sélectionné devra porter une identité esthétique remarquable », a-t-il insisté, appelant à des solutions durables et fonctionnelles adaptées au contexte local.

La ministre de l’Environnement, Djami Diallo, a élevé le débat. « Cet instant incarne notre ambition collective », a-t-elle déclaré, soulignant que la Simandou Academy représente bien plus qu’un simple bâtiment. « C’est un investissement stratégique dans le capital humain, un pilier pour révéler le potentiel de notre jeunesse. »

La durabilité comme exigence fondamentale

Dans un appel vibrant aux participants, la ministre a invité à la responsabilité écologique. « Imaginez un modèle d’architecture durable, à la fois moderne et enraciné dans nos valeurs. Faites preuve d’audace et de sensibilité écologique. » Le futur siège devra marier harmonieusement modernité et mémoire, innovation et respect de l’environnement.

Les lauréats, qui seront dévoilés le 8 novembre, verront leur conception prendre forme dans le paysage guinéen. Ils écriront ainsi une page de l’histoire architecturale du pays, offrant à la Guinée un symbole tangible de sa souveraineté retrouvée.

Alors que le concours entre dans sa phase cruciale, une certesse s’impose : la Simandou Academy ne sera pas qu’un centre de savoir. Elle deviendra le manifeste d’une Guinée confiante, capable de construire son avenir avec les talents de sa jeunesse.

Tombolia déclare la guerre aux dépôts sauvages d’ordures

TOMBOLIA – Ce vendredi 17 octobre, le grondement des engins a remplacé le bruit habituel de la circulation. Dès l’aube, la commune urbaine a lancé une vaste opération d’assainissement sur un axe clé de la ville, de Wanindara Rails jusqu’à la T8. Cette initiative marque une reprise en main d’un territoire longtemps envahi par l’insalubrité.

Sur le terrain, deux camions et une tractopelle ont travaillé sans relâche sous la supervision du président de la délégation spéciale, Dr Moundjour Chérif. À ses côtés, le directeur de l’assainissement, M. Siremane Cissoko, coordonnait les équipes. Ensemble, ils ont dirigé le ramassage de tonnes d’ordures ménagères sur les tronçons T5 et T6 avant de poursuivre vers la T8.

« Sanctions exemplaires » et responsabilisation des citoyens

Le maire n’est pas venu uniquement pour observer. Il est venu avertir. Sur la route Le Prince, face au chef de quartier, il a lancé un message clair : « Toute personne surprise en train de jeter des ordures sur la voie publique sera traduite en justice. » Il a promis des « sanctions exemplaires » pour mettre fin aux comportements inciviques.

Son plan d’action repose sur trois axes : désigner des sites de dépôt précis, implanter des panneaux d’interdiction et impliquer les jeunes dans la surveillance. Cette stratégie combine fermeté et sensibilisation.

Cependant, les défis persistent. Selon M. Cissoko, le refus de plusieurs habitants de s’abonner aux PME chargées de la collecte reste un frein majeur. Sans cette contribution, a-t-il expliqué, aucune politique d’assainissement durable ne peut réussir.

Malgré ces obstacles, les résultats se font déjà sentir. De nouveaux sites de dépôt ont été aménagés, et plusieurs riverains, rencontrés sur place, ont salué l’initiative. Beaucoup ont promis de participer à l’effort collectif.

Sous la surveillance des gardes communaux, chargés de fluidifier la circulation sur cet axe très fréquenté, Tombolia a mené sa première bataille pour un environnement plus propre. Mais, comme le rappelle Dr Chérif, cette bataille pour la salubrité ne se gagnera qu’avec constance et discipline.

À Beyla, une marche populaire pour pousser le Général Doumbouya à la présidentielle

Le mercredi 15 octobre 2025, les rues de Beyla ont battu au rythme d’une seule et même revendication. Une marée humaine, pacifique et déterminée, a déferlé dans les artères de la ville. Venus des seize communes de la préfecture, des milliers de personnes ont marché d’une seule voix pour lancer un appel : celui de voir le Général Mamadi Doumbouya se porter candidat à la présidentielle du 28 décembre.

Le départ, donné au rond-point historique, a sonné comme un commencement. Le cortège, épais et vibrant, a serpenté dans la ville, traçant un parcours symbolique devant les lieux de pouvoir : l’hôpital préfectoral, la gendarmerie, la commune urbaine. Il a trouvé son point d’orgue sur la place des Martyrs, où la foule a déposé son espérance.

L’Arc de l’Allégeance

La manifestation n’était pas qu’un simple rassemblement. C’était une démonstration de force, structurée et unanime. À sa tête, l’arc entier du pouvoir et de la sagesse locales : les seize présidents des délégations spéciales, les présidents de districts, les directeurs de services, les sous-préfets et, surtout, les patriarches, garants de la tradition. Une coalition inédite, mêlant l’administration et la société civile, scellant par sa présence l’importance de l’enjeu.

Dans un concert de slogans – « Doumbouya candidat ! » –, les pancartes parlaient pour un peuple : « Doumbouya, candidature obligatoire ». Le message était sans équivoque : la base exige que celui qui dirige la transition aille au bout du processus.

La Voix de la Nation

C’est Fassou Hawa Camara, présidente de la délégation spéciale de Sinko, qui a donné un visage et une voix à cette attente collective. Avec une assurance tranquille, elle a exposé les raisons de cette mobilisation. « Depuis l’annonce de la date de l’élection, plusieurs personnalités ont déclaré leur candidature. Mais lui, notre choix, le choix du peuple, ne s’est pas encore prononcé. »

Devant une foule acquise, elle a dressé le bilan : l’amour du pays, l’espoir redonné à la jeunesse, le projet pharaonique de Simandou 2040, présenté comme un horizon pour toute la Guinée. Puis, elle est allée au-delà du politique. « Ce n’est pas parce qu’il est beau, grand ou qu’il parle bien. C’est parce qu’il est l’espoir du peuple. Ce sont ses pères, ses mères, ses enfants qui le réclament. Il est obligé d’écouter son peuple. » Un plaidoyer qui transforme l’appel politique en un devoir filial.

L’Ultimatum des Sages

La pression a atteint son paroxysme avec l’intervention des anciens. El hadj Vamougnè Kourouma, portant la voix du patriarche El hadj Abdoulaye Bérété, a joué la carte de l’autorité paternelle. « Nous savons qu’il nous considère comme ses pères. Et s’il est vraiment notre fils, il nous honorera en annonçant très prochainement sa candidature. »

Sous le soleil de Beyla, la place des Martyrs a retenu son souffle. La balle n’est plus dans le camp de la rue, mais dans celui du Palais. Le peuple, par la voix de ses élus et de ses sages, a lancé un ultimatum teinté d’affection. La pression populaire a cédé la place à l’injonction familiale. À Doumbouya, maintenant, de répondre à cet appel qui se veut moins une demande qu’un ordre, venu de la maison même.

Kouriah : L’atelier des Reines, un bijou d’émancipation

KOURIAH – Mercredi 15 octobre 2025, l’air de Kouriah, dans la préfecture de Coyah, avait un parfum d’histoire en train de s’écrire. Sous le soleil guinéen, une promesse concrète prenait forme dans la pierre et le béton : le Centre d’Autonomisation et d’Entrepreneuriat des Femmes et Filles (CAEF). Pour sceller cet événement, la ministre Charlotte Daffé, gardienne de la Promotion féminine, de l’Enfance et des Personnes vulnérables, était présente.

Une foule en liesse, venue de Kouriah et des villages voisins comme Soumbouyah, s’était déplacée. Elle n’était pas là comme simple spectatrice, mais comme témoin reconnaissant d’une « révolution silencieuse ».

Le « bijou » de Kouriah

Devant les autorités préfectorales et communales, M. Kerfala Soumah, président de la délégation spéciale, a salué l’initiative de l’État. La voix chargée d’émotion, il a promis que sa communauté veillerait jalousement sur ce « bijou » : non pas un trésor de pierres précieuses, mais un joyau d’opportunités destiné à ses filles.

Mme Hawa Kami Camara, présidente du CAEF, a ensuite dévoilé le centre. Plus qu’un bâtiment, il est une citadelle de l’apprentissage. Derrière ses murs, un bâtiment administratif, des salles de formation et des ateliers de métiers prennent vie. Un restaurant, des magasins pour les intrants et produits finis, ainsi que des toilettes modernes complètent l’ensemble, dessinant un véritable écosystème autonome. Chaque année, au moins cinquante jeunes filles y forgeront leur indépendance.

L’engagement de la nation

Prenant la parole au nom du Chef de l’État et du gouvernement, la ministre Charlotte Daffé a réaffirmé l’engagement total de la nation pour ce phare de l’émancipation. Elle a salué les efforts des artisans de l’ombre qui ont transformé cette vision en réalité. Dans un pays où l’autonomie des femmes reste un chantier prioritaire, le CAEF de Kouriah devient une réponse concrète, un lieu où la théorie du développement devient pratique.

Alors que la cérémonie s’achevait, la foule restait sur place. Dans leurs yeux brillait plus que de la gratitude : une étincelle d’espoir. Derrière ces murs, des vies allaient basculer. Des mains habituées à subir allaient apprendre à créer, produire et conquérir leur liberté économique. À Kouriah, ce n’est pas seulement un centre qui a été inauguré : c’est une légende qui commence.

Kaloum : Un pêcheur retrouvé mort sous un abri de fortune

CONAKRY – Sous la tôle rouillée d’un abri de fortune au port de pêche de Boulbinet, un silence pesant s’est installé ce mercredi 15 octobre. Les pêcheurs ont découvert le corps sans vie de Sadio Diallo, allongé sur la terre battue qu’il partageait avec d’autres travailleurs sans domicile. Originaire de Labé, l’homme sillonnait la côte entre le Sénégal et la Guinée depuis dix ans.

Selon le commissaire divisionnaire N’Diaye Mohamed, chef de la police technique et scientifique, aucune trace de violence n’a été relevée. La mort proviendrait d’une hernie abdominale volumineuse et avancée, révélée lorsque les policiers ont examiné le corps. « Il gardait sa maladie secrète », confie l’officier. « Malheureusement, il est mort sans assistance. »

Une vie invisible sous les toits de fortune

Sadio Diallo faisait partie de cette communauté invisible des travailleurs de la mer. Comme d’autres pêcheurs sans abri, il dormait sous le toit de fortune, à quelques mètres des pirogues qu’il aidait à manœuvrer. Personne ne connaissait l’état de sa santé, pas même ses compagnons de travail.

La hernie, détectée seulement après sa mort, a fini par affaiblir son organisme. Ce drame illustre la précarité sanitaire des travailleurs du secteur informel, souvent obligés de taire leurs souffrances pour continuer à gagner leur vie.

Une question de prise en charge médicale

Cette mort pose la question de la protection des populations vulnérables. Comment un homme pouvait-il cacher une telle pathologie sans que personne ne s’inquiète ? Dans la pêche artisanale, où la solidarité est essentielle, la souffrance de Sadio Diallo est passée inaperçue.

Les autorités ont classé l’affaire comme mort naturelle, mais derrière ce constat se cache une réalité plus sombre : celle d’hommes vivant et mourant dans l’ombre, sans toit autre que le ciel étoilé de Boulbinet.

Rendu à sa famille en région, Sadio Diallo laisse le souvenir d’un pêcheur silencieux, emporté par une maladie qu’il n’a jamais voulu montrer. Son destin rappelle que la mer, généreuse, ne peut rien contre les maux qui rongent ses enfants sur terre.

Kamsar : Du rêve à la réalité, elle gagne 100 millions à la LONAGUI

KAMSAR – L’histoire semble trop belle pour être vraie, et pourtant. Ce vendredi 10 octobre, dans la cité industrielle de Kamsar, une jeune femme de 25 ans est entrée dans la légende des joueurs chanceux. Avec un modeste pari de 5 000 francs guinéens, elle a remporté la somme astronomique de 100 millions GNF à la LONAGUI. La cérémonie de remise du chèque, organisée par l’institution, a viré à la fête.

« Une parieuse vient de gagner un montant colossal. C’est un sentiment de joie qui m’anime », a confié Mamadou Coumbassa, chef d’agence par intérim de la LONAGUI à Kamsar. Visiblement ému, il a lancé un message clair aux autres joueurs : « Tous les parieurs sont invités à venir massivement. Il est possible de gagner comme celle-là. Il faut garder l’espoir. »

Une vie transformée par un pari

L’heureuse gagnante, qui a souhaité préserver son anonymat, n’a pas caché son bonheur. « J’ai joué et j’ai gagné », a-t-elle lancé, le sourire aux lèvres. Son récit est d’une simplicité désarmante : « J’ai misé 5 000 GNF lundi dernier pour remporter 100 millions GNF. Je suis très heureuse. »

Dans un élan de générosité, la jeune femme s’est muée en ambassadrice involontaire de la LONAGUI. « Je demande à tout le monde de tenter sa chance. La chance peut sourire à tout le monde », a-t-elle déclaré, avant de remercier l’institution : « Je tiens à remercier la LONAGUI, car sans elle, je n’aurais jamais pu réaliser mon rêve. »

Le chef d’agence, de son côté, a profité de l’occasion pour rappeler les avantages de la LONAGUI, dans un secteur souvent critiqué. « Chez nous, une fois qu’il y a un gain, quel que soit le montant, vous entrez immédiatement en possession de l’argent », a-t-il assuré, avant de marteler le slogan : « À la LONAGUI, c’est la fortune aux parieurs, les bénéfices à la Nation. »

Ce gain record, au-delà du simple fait divers, ressemble à un véritable conte moderne. Celui d’une jeune femme ordinaire dont la vie a basculé en un instant, grâce à un pari et à beaucoup de chance. Une histoire inspirante qui, sans aucun doute, fera rêver des milliers d’autres parieurs en Guinée.

Conakry s’apprête à devenir la capitale africaine du numérique

CONAKRY – La Guinée entre dans le cercle très fermé des nations africaines leaders du numérique. Ce mercredi, la ministre Rose Pola Pricemou a officialisé l’organisation du Transform Africa Summit à Conakry du 12 au 14 novembre 2025, un événement continental qui pourrait bien changer à jamais l’image internationale du pays.

Un raz-de-marée diplomatique et technologique attendu

Imaginez : plus de 2 000 délégués venant de 40 pays africains, des chefs d’État, des ministres, les plus grands investisseurs mondiaux de la tech et des startups prometteuses – tous réunis dans la capitale guinéenne. « Ce sommet est une opportunité sans précédent pour la Guinée », a affirmé la ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Économie numérique, visiblement enthousiaste.

Bien plus qu’un simple sommet numérique

« Ce n’est pas seulement un événement du ministère du Numérique, c’est un projet national, un moment de vérité pour notre pays », a insisté Mme Pricemou. L’impact économique promet d’être considérable : hôtels, restaurants, artisans et entreprises locales se préparent déjà à accueillir cette vague de visiteurs internationaux.

Le modèle rwandais, qui a fait des sommets technologiques un véritable moteur économique, inspire visiblement les autorités guinéennes. « Pourquoi pas la Guinée ? », lance la ministre, défiant les sceptiques.

La vitrine du savoir-faire guinéen

La Guinée profitera de cette tribune mondiale pour dévoiler ses dernières réalisations :

  • Le Data Center national Tier III de Koloma

  • Le backbone national qui connecte le territoire

  • Les projets d’interconnexion régionale

  • La modernisation de la Poste

  • La création de l’ANDE, l’ANSUTEN et l’ANSSI

« Les participants verront nos progrès, mais aussi nos défis. Et lorsqu’un décideur international découvre l’énergie d’un pays, il ne l’oublie plus », promet la ministre.

Les médias, « premiers ambassadeurs de la Guinée »

Dans un plaidoyer vibrant, Rose Pola Pricemou a appelé les journalistes guinéens à s’engager pleinement. « Vous êtes les premiers ambassadeurs de la Guinée. Nous avons besoin de vous pour vendre la destination Guinée, pour raconter cette aventure nationale avec fierté et professionnalisme. »

Alors que les premiers avions atterriront à Conakry le 10 novembre, un message est déjà clair : la Guinée de 2025 n’a plus rien à voir avec les clichés d’antan. Elle se présente au monde en nation « souveraine, connectée et influente », prête à écrire un nouveau chapitre de son histoire. Le compte à rebours est lancé !

Djiba Millimono libre : les coulisses d’une libération surprise !

CONAKRY – Incroyable rebondissement ! Le journaliste Djiba Millimono, détenu depuis une semaine, a retrouvé la liberté ce mercredi dans des conditions dignes d’un thriller judiciaire. Une libération éclair obtenue grâce à une médiation secrète au plus haut niveau de la gendarmerie.

Le coup de théâtre

Alors que tout laissait présager un long procès, le haut commandement de la gendarmerie nationale a orchestré une médiation discrète qui a tout changé. Résultat : la vlogueuse Maya Kaba, dite « Maya la Solution », a purement et simplement retiré sa plainte !

« L’affaire s’arrête là », confirme Me David Béavogui, l’avocat du journaliste, visiblement soulagé. Une fin inattendue pour ce feuilleton qui a tenu la Guinée en haleine pendant des jours.

Les larmes aux yeux, le sourire aux lèvres

À sa sortie, un Djiba Millimono visiblement ému n’a pu retenir son bonheur. « Quand on arrive au-dessus de l’épreuve, on voit l’étendue de sa force morale », a-t-il déclaré, les larmes aux yeux.

Mais derrière l’émotion, un message fort : « J’ai compris que je n’étais pas seul ». Le journaliste a chaleureusement remercié les milliers de Guinéens qui l’ont soutenu pendant cette épreuve, révélant l’immense vague de solidarité qui a secoué le pays.

Fin du feuilleton

Cette libération surprise met un point final à l’une des affaires judiciaires les plus médiatisées de l’année. Plus d’auditions, plus de confrontations tendues – juste le soulagement d’un homme qui retrouve sa famille et sa liberté.

Alors que Conakry s’endort ce soir, une certitude : cette libération express restera dans les annales du journalisme guinéen. Djiba Millimono est libre, et toute une profession respire enfin.

Crise carburant à Conakry : la grève des citernes plonge la capitale dans la pénurie

CONAKRY – La capitale guinéenne suffoque. Depuis le déclenchement de la grève des conducteurs de citernes lundi, Conakry affronte une crise d’approvisionnement en carburant qui rappelle les heures les plus sombres. Ce mardi, la situation est devenue critique : la plupart des stations-service sont déjà à sec, provoquant des scènes de chaos devant les rares pompes encore approvisionnées.

Stations-service : le grand désert

À la station Star de Kipé, le gérant lève les bras au ciel. « Cette situation nous dépasse vraiment », confie-t-il, impuissant. « Nous avons des commandes qu’on n’arrive pas à obtenir. Le peu de carburant que nous avions, nous l’avons vendu, et ce matin même, c’est fini. »

Seule lueur dans ce paysage asséché : les réserves d’urgence. « Ce qui reste maintenant, c’est pour le service minimum, notamment pour les services de sécurité, les cas de maladie et autres. »

Le marché noir explose

Dans l’ombre de la pénurie, un business juteux prospère. À Morykanteyah et dans d’autres quartiers, le litre d’essence se négocie désormais à 15 000 GNF sur le marché noir, soit près du triple du prix officiel.

Une vendeuse rencontrée avec quelques bidons justifie sans complexe la flambée des prix : « Je suis allée acheter du carburant au niveau des stations, je n’ai pas eu. Le peu d’essence que j’ai là, je ne vais pas le revendre au prix habituel. »

Conakry paralysée

Les conséquences se font déjà sentir sur la circulation. Aux heures de pointe, plusieurs artères de la capitale sont anormalement fluides, signe que de nombreux automobilistes ont préféré laisser leur véhicule au garage.

Mais la crainte principale plane : une escalade des prix dans les prochaines heures si la grève se prolonge. Alors que les négociations entre les conducteurs de citernes et les autorités tardent à aboutir, Conakry retient son souffle, redoutant une paralysie totale de ses activités économiques.

Vol d’un nouveau-né à Ratoma : l’angoisse d’une mère après un rapt calculé

 Le cri d’un nouveau-né s’est tu, remplacé par le silence angoissé d’une chambre d’hôpital. Au Centre médical communal de Ratoma, un nourrisson de vingt-quatre heures a été arraché des bras de sa mère, mercredi, dans un scénario qui confine au cauchemar. Le drame s’est joué en pleine journée, au cœur même de l’enceence censée protéger la vie.

Makalé Soumah, épuisée par une césarienne récente, se souvient de chaque détail avec la précision de la douleur. Une femme, dont elle ignore tout, s’est approchée de son lit. Le dialogue, rétrospectivement glaçant, s’est engagé sur un ton de feinte compassion. « Elle a demandé après ma belle-sœur », raconte la jeune maman, la voix brisée par le choc. Prétextant une inquiétude, l’inconnue a évoqué les larmes de la famille, gagnant ainsi la confiance de Makalé, vulnérable et alitée.

La machination

Le stratagème s’est déroulé avec une froideur troublante. Alors que Makalé se plaignait de douleurs abdominales, la visiteuse a pris le bébé dans ses bras. Sous prétexte de s’enquérir d’un pansement, elle a maintenu la conversation, banalisant sa présence et son geste. « Je ne sais même plus à quel moment elle a repris le bébé », murmure la mère, hantée par ce blanc dans sa mémoire.

Le réveil fut brutal. À l’arrivée de sa sœur, la question tombe, comme un couperet : « À qui avais-tu remis ton bébé ? » La vérité éclate alors. L’enfant était entre les mains d’une parfaite inconnue, disparue depuis dans les couloirs de l’établissement.

L’impensable failte

Ce rapt, perpétré en toute discrétion, soulève des questions brûlantes sur la sécurité des nouveau-nés dans les structures sanitaires guinéennes. Comment une inconnue a-t-elle pu circuler librement, s’immiscer auprès d’une patiente vulnérable et repartir avec son enfant sans éveiller les soupçons ?

La famille, plongée dans un cauchemar éveillé, lance un appel désespéré aux autorités. « Je supplie les autorités de m’aider à retrouver mon enfant », implore Makalé Soumah. Pendant ce temps, à Ratoma, une traque s’organise. Mais les premières heures sont cruciales, et chaque minute qui passe éloigne un peu plus le petit garçon du premier berceau où il aurait dû reposer.

KŌMA, la machine à rêves : sur les rails de la Guinée souveraine

Ce dimanche, le soleil de Guinée ne s’est pas seulement levé sur un jour de commémoration. Il s’est posé sur des géants neufs. Quatre silhouettes massives, bardées d’acier et d’espoir, stationnaient dans une atmosphère de solennité. Le Chef de l’État et son Épouse en ont réceptionné les clés, geste symbolique fort pour ces quatre premières locomotives du TransGuinéen. La première, la locomotive-phare, porte un nom qui résonne comme un retour aux sources : KŌMA. Le village du Président. Un baptême qui sonne comme une promesse : celle d’une histoire qui se réécrit, fièrement, sur des rails guinéens.

La cérémonie, savamment calée sur l’anniversaire du référendum pour l’indépendance, n’avait rien d’un hasard. En effet, c’était tout un symbole qui se mettait en branle. Non plus seulement une souveraineté politique, acquise de haute lutte, mais aussi une souveraineté économique, concrète, tangible, qui s’annonce dans le grondement sourd des moteurs.

Par ailleurs, SANFINA, BALADOU, KIMBELY… Les autres locomotives, telles des pages de géographie intime, portent elles aussi le nom des terres natales des principaux artisans du projet. Chaque machine devient ainsi le véhicule d’une mémoire, roulant vers un avenir commun.

Une flotte titanesque pour une ambition continentale

Derrière ces quatre pionnières se profile une armada. La flotte complète comptera 143 locomotives et plus de 7 000 wagons, formant la colonne vertébrale d’un projet unique en Afrique. Chaque train, un convoi titanesque de deux locomotives et cent wagons, s’étirant sur près de deux kilomètres, est conçu pour traverser les quatre régions naturelles du pays.

L’objectif est à la mesure de l’ambition : transporter 120 millions de tonnes de minerai de fer dans les deux prochaines années. Cependant, le TransGuinéen est plus qu’un simple couloir minéralier. Il devient donc une artère vitale. Un quai commercial dédié aux marchandises et aux passagers connectera la Guinée à la sous-région, faisant du train le vecteur d’une intégration nouvelle.

Du minerai à l’acier : la naissance d’une nation industrielle

Les discours ont vibré d’une même conviction : la Guinée est sur les rails. Le Président du Comité Stratégique de Simandou a martelé l’atteinte des « impératifs non négociables » : main-d’œuvre locale, marchés pour les entreprises guinéennes, transfert de compétences via la Simandou Academy. Ainsi, le projet se veut une école à ciel ouvert, forgeant un capital humain pour les décennies à venir.

Et l’horizon s’étire bien au-delà de l’extraction. L’annonce choc est tombée : les études pour une aciérie doivent être finalisées deux ans après le début de la production. La volonté est claire : ne plus se contenter d’exporter la matière brute, mais la transformer. Ajouter de la valeur. De ce fait, la Guinée veut devenir une nation industrielle, soutenue par la notation financière B+ de Standard & Poor’s, un sésame qui ouvre les portes des marchés internationaux.

Sur le site de Morebayah, les trois quais majestueux se finalisent. Le rythme des travaux, accéléré depuis les signatures de contrats en 2024 et début 2025, témoigne d’une dynamique irréversible. Les partenaires industriels, réunis pour l’occasion, regardent vers la même ligne d’horizon : une entrée en production avant la fin de l’année.

Ce dimanche 28 septembre 2025, la Guinée n’a pas seulement reçu des locomotives. En réalité, elle a actionné la machine à rêves. KŌMA, SANFINA, BALADOU, KIMBELY… Ces noms de terroir, désormais inscrits sur la carlingue de géants de métal, racontent une autre histoire. Celle d’un pays qui, patiemment et résolument, pose ses propres rails vers son destin. Désormais, le voyage commence ici, dans le crissement des freins et la promesse d’un horizon qui se déplie.